‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 113 sur 197 · AGNES SOREL · texte numérisé non relu

AGNES SOREL

le souverain pontife qui bénissait lagneau pascal; et Von voit dans le douziéme ordre romain que cet agneau était béni par le plus jeune des cardinaux. Il serait assez difficile @expliquer la cause de ce changement de personne. Le pape Benoit XIV, dans son Traité des Fétes, ne fait aucune mention ge Igneau pascal peur le jour de Paques.

A NELEYT ou AIGNEL , nom d’une ancienne monnaie dor, fabriquée pour Ja premiére fois, en France, sous le régne de Louis VII, au titre de 24 carats et du poids de 26 gros. Elle portait pour effigie un agneau, et tirait son nom de cette empreinte. Autour de l’agneau on lisait ; Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere mis; et, derriére, une croix fleurdelisée avec la légende XPS ( Christus) vincit, XPS regnat, XPS imperat. Saint Louis en fit fabriquer de la valeur de 12 sous d’argent et 6 deniers, représentant environ 13 francs de notre monnaie. Les agnelets du roi Jean, au titre légal de 990, représentaient une valeur actuelle de 16 francs 50 centimes. — Presque tous les rois de France, jusqu’a Charles VII, firent frapper de ces espéces, trés-recherchées dans les transactions, et qu’on nommait aussi assez communément moutons dor & la grande laine ou a la petite laine. A \imitation de nos rois, différents princes étrangers firent fabriquer des piéces d’or du ménfe poids, du meéme titre et a la méme empreinte.

AGNES (Sainte ), jeune vierge d’une beauté remarquable et dune vertu éprouvée, appartenait 4 une illustre famille romaine, Soupconnée d’avoir embrassé le christianisme, Agnés fut enveloppée dans Ja persécution qu’ordonna Dioclétien. La légende rapporte qu’un miracle préserva sa chasteté d’un attentat odieux ; le soldat chargé de lui enlever sa virginité fut frappé de cécité; mais la sainte lui rendit la vue. Elle subit le martyre l’an 303 avant J.-C. L’Eglise célébre sa féte le 21 janvier.

AGNES (Role d’). C’est, au thédtre, celui d’une jeune personne naive et simple, sans expérience. Ce nom est devenu synonyme d’ingénue depuis que Moliére a donné a la jeune fille de ’Ecole des Femmes ; il la caractérise ainsi :

Dans ses simpljcités 4 tous coups je l’admire ;

Et parfois elle en dit dont je pame de rire.

L’autre jour ( pourrait-on se le persuader ? )

Elle était fort en peine, et me vint demander,

Avec une innocence a nulle autre pareille,

Si les enfants qu’on fait se fafSaient par loreille. Destouches a donné une Fausse Agnés au théatre. AGNES DE MERANIE. Voyes Pamurre Il.

AGNES SOREL, maitresse du roi de France Char-

les VII, était la fille d’un gentilhomme attaché 4 la maison de Clermont, et naquit en 1409, a Fromenteau, en Touraine. Elle perfectionna si bien les dons qu’elle avait recus de la nature, qu’elle fut du nombre des femmes les plus distinguées de cette époque, tant par ses charmes personnels que par son esprit et son instruction. Dame @Whonneur de la duchesse d’Anjou Isabelle de Lorraine, elle vint a la cour de France, en 1431, avec cette princesse. Sa rare beauté captiva le cceur du roi; pour l’attacher & sa cour ce prince la nomma dame d’honneur de la réine. Aprés quelque résistance , Agnés céda aux impétueux désirs du monarque; cependant leur liaison resta quelque temps secréte. Les Anglais étaient alors maitres de la moi{is du royaume ; Charles VII, naturellement brave, mais inférieur A la crise dans laquelle il se trouvait, était tombé dans la ius fatale apathie, Agnés Sorel, d’aprés Brantéme, réussit a Pen faire sortir, et a lui rappeler ce qu’il devait a sa gloire. Le succés qui s’atfacha dés lors aux armes du roi lui rendit sa maitresse encore plus chére; elle n’abusa tous tefois jamais de sa faveur, et se retira méme dés Yan 1442 a Loches, ot Je roi lui avait fait construire un chateau. Charles VII lui donna en outre le comté de Penthiévre en Bretagne, les chatellenies de la Roche-Serviére et d’Issoudun dans le Berri, et Je chateau de Beauté sur les bords de

AGNES SOREL — AGONALES

Ja Marne, d’oii elle prit le nom de dame de Beauté. Elle y habitait depuis cinq ans, toujours en relation intime avec le roi, qui lui rendait de fréquentes visites, lorsqu’en 1449 Ja reine Pinvita & revenir a la cour. Agnés Sorel se rendit a cette invitation , et, pour se rapprocher davantage du roi, vint habiter le chateau du Mesnil, 4 un quart de lieue de Jumiéges, oi elle mourut, le 9 février 1449, si subitement qu’on soupconna avec raison qu'elle avait été empoisonnée. Plusieurs historiens prétendent que le crime fut commis par Pordre du dauphin, depuis Louis XI, qui ne laimait point, parce que son pére l’aimait trop; mais c’est une conjecture qui ne repose que sur le caractére cruel et vindicatif de ce prince. Agnés Sorel laissa trois filles, qui, reconnues par le roi, furent établies:aux frais de la couronne.

AGNESI (Manie-Gaetane), Pune des gloires de son sexe, naquit 4 Milan, le 16 mai 1718. Elle était fille de don Pedro di Agnesi, seigneur de Monteveglia, professeur de mathématiques 4 Bologne. Dés Page de neuf ans elle parlait Je latin avec la plus grande facilité, et elle prononga un discours, qui fut imprimé plus tard a Milan, en 1727, dans lequel elle s’efforcait de démontrer que les femmes ne doivent pas demeurer étrangdres 4 Vétude des langues classiques. On assure .qu’d Pdge de onze ans elle parlait le grec avec autant de facilité que sa langue maternelle. Elle mit autant d’ardeur a étudier les langues francaise, espagnole et allemande, ainsi que la géométrie et la philosophie spéculative. Son pére fayorisa encore ses rares dispositions pour les sciences en réunissant dans sa maison un cercle de littérateurs et de savants au milieu desquels sa fille, riche de beauté et de talents, dirigeait la conversation, exposant et défendant ses idées particuliéres en philosophie, qui ont été en partie rendues publiques par son pére dans les Propositiones philosophic publiées 4 Milan en 1734. A partir de Page de vingt ans Marie-Gaetane Agnesi se livra avec une ardeur toute particuli¢re 4 étude des mathématiques. Elle écrivit une dissertation des plus remarquables sur les sections coniques , mais qui n’a point été imprimée, et publia les Instituzioni analitiche, 2 vol., Milan, 1748, in-4° (traduites en francais par d’Antelmy, sous le titre de Traités élémentaires du calcul différentiel e¢ du calcul intégral, avec des notes de Bossut, Paris, 1775); ouvrage qui accrut & ce point sa réputation que le pape Benoit XIV n’hésita pas & la nommer professeur titulaire de mathématiques a Puniversité de Bologne, enremplacement de son pére, affaibli par Page et parla maladie. Elle n’ayait alors que trente-deux ans. Mais I’étude des mathématiques eut pour résultat de lui faire perdre la gaieté de caractére qui lui était naturelle. Bientét elle renonca a tout commerce avec le monde, entra dans une sévére congrégation religieuse, pour se consacrer exclusivement au soulagement des malades et des pauvres. Elle mourut en 1799. — Sa sceut Marie-Thérése Acnesi,est auteur de plusieurs cantates et de la musique de trois opéras, Sofonisbe, Ciro in Armenia et Nifocri, qui eurent du Sueces. | |

AGNOETES (du grec &yvoety, ignorer), hérétiques qui soutenaient avec Théophrone de Cappadoce que la prescience de Dieu n’est pas la méme que sa connaissance du présent et du passé. Ils changérent aussi dans la formule du baptéme le nom de la Trinité pour celui de Jésus-Christ. Ce Théophrone se fit chef de secte quand les Eunomiens, en dissidence avec lui, leurept chassé de leur communion, sous Valens, vers 370. —"Une autre secte porte encore ce nom. Détachée de celle des Eutychiens au sixiéme siécle, elle avait pour chef Thémistius, et prétendait que Jésus-Christ comme homme a ignoré plusieurs choses, et entre autres le jour du jugement; qu’il a paru timide, faible et abattu dans le temps de la Passion.

AGNUS CASTUS. Voyes Gartiuier.

AGNUS DEI (agneau de Dieu). On appelle ainsi une priére de la liturgie catholique romaine qui commence par

ces mots, et que ’on chante avant la communion. Suivant une bulle du pape Sergius I°', de 688, elle doit terminer la messe. — C’est aussi un morceau de cire rond et plat sur lequel est imprimé l’image de Pagneau pascal avec le labarum, ou la figure de saint Jean, et portant pour exergue V’année ef le nom du pape. Les papes bénissent ces morceaux de cire, et en donnent un trés-grand nombre en présent. Originairement ¢’était le bout des cierges de Paques que l’on distribuait au peuple dans les églises de Rome, et que les fidéles achevaient de braler chez eux pour s’attirer les faveurs célestes. Quand le nombre des demandeurs d’ 4gnus Dei devint trop grand, onimagina l’expédient de cette espéce de médaille en cire actuelle pour satisfaire tout le monde. — On appelle encore Agnus Dei le morceau d'une messe en musique qui se chante sur la priére de ce nom au moment de la communion.

AGOBARD, archevéque de Lyon, naquit en 779. Il fut un des soutiens de la révolte des fils de ’empereur Louis le Débonnaire; et quand la fortune eut trahi ce monarque, il le déposa dans Véglise Notre-Dame de Soissons. Mais lorsque l’année suivante Lothaire fut défait 4 son tour et que Louis reprit le pouvoir, Agobard fut privé de son siége. Quelques années apres, Louis, toujours clément, lui permit de le reprendre; et en 840, dans un voyage qu’il fit en Aquitaine, il lui confia le soin des affaires de ce royaume. Agobard mourut cette méme année a Saintes. I] fut canonisé sous le nom de saint Agebaud. Agobard est une des plus grandes figures de ces temps demi-barbares. Homme instruit et, éclairé, il combattit la doctrine de Félix d’Urgel sur Jésus-Christ, écrivit un traité contre la loi Gombette et les combats singuliers. Tl condamna aussi les jugements de Dieu, cest-a-dire les épreuves par l’eau et par le feu. Il se prononca contre le culte des images, qu’il ne yeut pas méme appeler saintes. Les ceuvres d’Agobard, si intéressantes pour lhistoire et la connaissance de ce qu’était il y amille ans l’esprit humain, furent retrouvées, par Papyre Masson, chez un relieur qui allait mettre en piéces, pour en couvrir des livres, le manuscrit en parchemin qui les contenait. Une premiére édition parut 4 Paris en 1606 in-8°. Baluze en 1666 en fit paraitre une seconde.

AGON, mot grec qui signifie lutte, en général toute espéce de combat: delale mot agonie. On appelait aussi de la agones les jeux que Jes anciens Grecs célébraient a certaines fétes , et qui consistaient non-seulement en luttes gymnastiques , mais encore en combats de musique, de poésie et de danse; des juges, nommés agonarques, y maintenaient les réglements et les lois instituées, décidaient les différends entre les concurrents, et décernaient les prix. Voyez Jeux.

AGONALES, fetes instituées par Numa en VPhonneur de Janus. On les célébrait le 9 de janvier ; elles furent nommées d’abord Agonies. Ovide rapporte plusieurs étymologies sur lorigine et le nom de ces fétes; mais il donne la préférence a celle qui tirait son nom de celui d’agonie qu’on donnait au bétail dans les premiers temps, proba blement parce qu’on le chasse devant soi. On avait méme conservé dans ces fétes ’usage de conduire de force a l’aute} le bélier qu’on devait immoler. D’autres croyaient que les Agonales étaient d’origine grecque, et qu’elles rappelaient les jeux, agones, qui en avaient fait partie. Ce mot, suivant d’autres , pouvait venir d’agnus, agneau; car ces fetes furent d’abord appelées agnalies. On a aussi regardé comme une des étymologies des Agonales la formule agone, par laquelle le victimaire demandait au prétre la permission d’égorger la victime : cest le sentiment de Varron; mais cette formule étant usitée dans les sacrifices, elle n’aurait donné son nom a ces fétes qu’en admettant quwelles furent les premiéres (car elles étaient fort anciennes) oii l’on s’en servit. Il y avait aussi des agonales le 21 mai et le 11 décembre : ces jours étaient réputés malheurenx.

AGONIE (du grec yay, lutte). On appelle ainsi I’état qui précéde immédiatement la mort, moment oi elle lutte avec la vie, dont elle finit par triompher. Selon la diversité des causes qui aménent la mort , ’agonie est environnée de phénoménes différents. Tantét le malade éprouve une compldte prostration de forces, tantét ily a en lui une lutte effroyable de tous les principes vitaux au milieu de la plus violente agitation , qui se termine, aprés un délai plus ou moins long, par la mort. Souyent le moribond, longtemps ayant d’expirer, a perdu toute espéce de connaissance; parfois, au contraire , il conserve l’usage entier de toutes ses facultés intel-

ectuelles jusqu’au dernier moment. L’homme qui lutte ainsi contre la mort est déja 4 moitié cadavre; son visage est pale, jaunatre, ses yeux ternes et caves, sa peau ridée, son nez contracté et blanc, ses oreilles et ses tempes abattues ; une sueur froide et fébrile découte de son front et de ses membres; les éyacuations du siége et de urine sont inyolontaires; la respiration devient rauque, de plus en plus embarrassée , puis finit par s’arréter : c’est instant de la mort. La durée de cet état est trés-variable : tantét elle n’est que de quelques ‘minutes, tantét elle se prolonge pendant plusieurs jours. Quand une fois ’agonie a véritablement commencé, il n’est plus despoir de sauver le patient. Cet instant ne peut plus étre adouci que par les priéres , la sollicitude, les consolations de ceux qui entourent le moribond, et qui ne doivent pas s’en abstenir, alors méme qu’il parait avoir perdu toute espéce de connaissance. Qui pourrait, en effet, assurer qu’il ne conserve pas jusqu’au dernier moment la conscience de ce qui se passe autour de lui? Tant que le moribond peut encore avaler, on doit lui donner de temps a autre un peu de vin ou de quelque boisson fortifiante. Les médicaments sont alorsinutfiles, odieux au patient, et ne doivent étre employés que dans le cas seulement ot l’agonie n’est pas bien décidée, etoule maladene se trouve que dans une prostration dont on peut espérer de le faire sortir. Nous ne terminerons pas cet article sans signaler ici, pour le flétrir, ’usage vraiment barbare qui existe dans certaines localités , d’6ter au moribond Poreiller qui soutenait sa téte , ou de couvrir sa figure d’un drap. Un soin religieux doit garantir les derniers instants de Yhomme. Sile médecin n’a plus rien a faire dans ce moment, le prétre doit venir méler ses consolations a celles de Ja famille et soutenir le courage de ’homme qui va mourir. L’Eglise; catholique administre au moribond le dernier des sacrements, l’extréme-onction , avant de le munir du saint viafique , et récite 4 son lit de mort des priéres qui ont pris le nom de priéres des agonisants.

AGONISTIQUES. Les donatistes donnaient ce nom 4 ceux de leur secte qui se répandaient dans les provinces pour combattre les erreurs des catholiques et propager leur docfrine. Ce nom yeut dire combattants , et les violences auxquelles se livraient ces missionnaires doivent les faire confondre avec ceux que les mémes hérétiques appelaient circoncellions. Voyes DONATISTES.

AGOSTINI (Nicoto), poéte vénitien du seiziéme sidcle, continua Je célébre poéme de Roland amoureux, que Boiardo avait Jaissé inachevé. Les trois derniers livres, qui sont l’ceuvre d’Agostini, sont loin de valoir le commencement. — Un autre Acostini ( Leonardo), né a Sienne, dans le dix-septidme siécle, a publié un recueil estimé, intitulé Gemme antiche figurate.

AGOUB (Josepu), orientaliste distingué, naquit au Caire, en 1795, fit ses études a Marseille, et fut nommé professeur Warabe au collége Louis-le-Grand en 1820. 11 mourut en 1832, a Marseille. Il a collaboré a la Revwe Encyclopédique, au Journal de la Société Asiatique, au Bulletin tiniversel des Sciences, et a laissé en outre plusieurs podmes, contes et discours relatifs 4 Orient, traduits ou imités de Tarabe.

AGOULT (Famille p’). La maison @’Agoult, dont celles de Simiane et de Ponteyés ne sont que des branches, est

AUONI£ — AGOUII

une des plus anciennes et des plus illustres de la Provence; Chérin , généalogiste des ordres du roi, ne craint méme pas de Ja placer la premiére et de la mettre hors de comparaison. Hospitalité et bonté dAgoult, vieil adage du roi René, qui a si ingénieusement caractérisé toutes les grandes familles de sa cour, est resté en proverbe dans le pays, et atteste les vertus de cette maison. Les seigneurs d’Agoult furent d’abord princes souverains d’Apt et barons de Sault, petits Etats quils détachérent du comté de Provence, et dont ils assurérent Vindépendance, ala faveur de la faiblesse des rois d’Arles et de la lutte contre Jes Sarrasins.

AGOULT (Charles - Constance - César - Louis - Joseph- Matthieu v’), né a Grenoble en 1747, mort a Paris en 1824, fut sacré évéque de Pamiers en 1787, émigra et rentra en France en 1801,'aprés avoir donné sa démission. II a,écrit sur les finances, les impdts et la politique.

AGOULT (Antoine-Jean, vicomte »’), pair de France, né i Grenoble le 22 novembre 1750, était mestre de camp en 1791, époque ou il quitta la France pour se rendre 4 V’arnée des princes. Il rejoignit ensuite Louis XVIII a Vérone, 'accompagna en Russie, en Allemagne et en Angleterre, et ne youlutrentrer en France qu’a sa suite. Ce prince le nomma en 1814 lieutenant général et gouverneur du chateau de Saint-Cloud. En 1822 il recut la grand’ croix de l’ordre de Saint-Louis; et fut élevé a la pairie le 28 décembre 1823. Dernier rejeton de sa branche, il mourut le 10 avril 1828.

AGOULT (Hector-Philippe, comte p’), de la branche de Voreppe, naquita Grenoble, le 16 septembre 1782, futnommé secrétaire d’ambassade en Espagne en 1814, ministre plénipotentiaire en Hanovre en 1819, 4 Stockholm l’année suivante, a La Haye en 1823, ef plus tard a Berlin. Héritier de la pairie du vicomte d’Agoult, son cousin, aprés 1830 il se retira 4 Voreppe (Isére), ot il mourut en 1856.

AGOULT (Marie pre FLAvicny, comtesse p’), femme du précédent, née en 1805 4 Francfort, fut élevée a Paris ef se maria en 1827. Aprés avoir voyagé en Suisse, en Italie et en Allemagne, elle céda aux sollicitations de ses amis en faisant insérer dans le journal la Presse (1841-1843) deux nouvelles, puis une revue critique des salons, qui firent sensation. Elle adopta le pseudonyme de Daniel Séern, et collabora sous ce nom ala Revue des Deux-Mondes, a la Revue indépendante, au Courrier francais, au Temps, ete. Son meilleur roman est Neélida (1845). Nous citerons encore d’elle : Letires républicaines (1848), Esquisses morales et politiques (1849), Histoire de la révolution de 1848 (1850, 2 Vol.), qui est justement estimée; Florence et Turin (1862), Dante et Gathe (1866).

AGOUTI, genre de mammiféres rongeurs, qui ont les jambes de derriére notablement plus longues que celles de devant. — L’espéce la plus connue est l’agouti ordinaire ; sa taille estcelle du rapin. Son pelage est brun, un peu mélé de roux en dessus, jaunatre en dessous, et sa queue est réduite 4 un simple tubercule. Cet animal habite de préférence les collines boisées, et se loge dans les fentes des rochers. Plusieurs naturalistes affirment cependant qu’il se creuse des terriers comme le lapin. C’est surtout le soir quil sort de sa demeure; car il y voit fort bien la nuit, et parait redouter l’éclat du soleil. L’agouti est dans les Antilles ef les parties chaudes de l’Amérique le représentant de nos lapins. Les chasseurs le poursuivent constamment, et dés 1789 Vespéce en était déja détruite 4 Saint-Domingue. Sa chair se mange , mais les Européens l’estiment assez peu. Il s’apprivoise trds-aisément, et il est trés-facile 4 élever, car il est omnivore — Les autres espéces connues de ce genre sont au nombre de quatre. — Le cotia ou acowti de d’Azara ; sa taille dépasse celle des plus grands liévres, et sa queue a dixhuit millimétres de longueur. Le poil de ses flanes est un mélange de brun fauve et de jaune verdatre, d’ou lui vient le nom de chloromys (en grec 7).wpds, vert, et wc, rat), donné au genre agouti par Cuvier. — L’acouchi est unpeu plus petit

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