ABD-UL-MEDIID-KHAN — ABEILLES
se sultan furent découveris vans Je parti rétrograde. Le 15 juin 1858 les Turcs de Djeddah assassinérent le consul anglais et le consul frangais; en 1860 les Druses et les musulmans massacrérent les chrétiens en Syrie, 4 Damas et a Der-el- Kammer, sous les yeux et parfois avec l’appui des troupes. turques. Abd-ul-Medjid exprima Phorreur quwil éprouvait de ces faits dans une lettre 4 ’empereur des Frangais , envoya Fuad-Pacha pour punir les coupables , en méme temps que la France débarquait des troupes en Syrie.
Abd-ul-Medjid est ami des réformes; il a assuré et étendu celles de son pére. Constantinople Jui doit une école de médecine. I! a proclamé la liberté des cultes, établi un théatre francais a Péra, fait traduire le code civil Napoléon, interdit Ja culture de Vopium, aboli la chasse aux esclaves, et supprimé les eunuques; il a aboli le monopole du commerce des céréales, et déclaré libre la profession de boulanger. I aen oulre modifié le systeme des impots, fait des emprunts, nais il n’a pas su borner ses dépenses et rétablir les finances de son pays.
Ce prince est mort le 25 juin 1861, et a eu pour successeur son frére Abd-ul-Aziz.
ABECEDAIRES ou ABECEDARIENS. Sectateurs dun nommeé Storck, disciple de Luther, dans le seiziéme sidcle. Ils prétendaient que pour faire son salut il fallait ignorer ? & B C, attendu que sans le secours de l'étude on recevait de Dieu seul Vintelligence pour comprendre l’Ecriture sainte.
ABEILLAGE, droit qu’avait le seigneur féodal de prendre une certaine quantité d’abeilles , de cire ou de miel dans les ruches de ses vassaux. — C’était aussi le droit en vertu duquel les essaims d’abeilles non poursuivis appartenaient au seigneur justicier.
ABEILLE (Gasparp), abbé de la Merci, membre de I’ Académie Francaise, naquit a Riez en Provence, en 1648, quitta sa province dans sa premiére jeunesse, et vint a Paris , ou il ne tarda pas a se faire rechercher par l’enjouement de son esprit. 11 cultiva de bonne heure la poésie , quoiqu’il nett regu qu’a un trés-faible degré cette influence secréte dont parle Despréaux. Le maréchal de Luxembourg se Vattacha en qualité de secrétaire, et ’'emmena avec lui dans ses campagnes. Il mérita et obtint la confiance du héros, qui, avant de mourir, le recommanda particuliérement a ses héritiers. Le prince de Conti et le duc de Vend6me Yadmirent dans leur familiarité, & cause des agréments de sa conversation vive et spirituelle.
Abeille avait un talent particulier pour faire valoir ses bons mots. Ce qui n’edt été que vulyaire dans la bouche dun autre devenait piquant et original dans la sienne, et par le tour quwil lui donnait, et par la maniére dont il le débitait. I était merveilleusement secondé par un visage fort laid et couvert de rides, dont il savait 4 volonté se faire différents masques. S’il avait 4 lire un conte ou une comédie, cette physionomie mobile lui servait d’une maniére fort plaisante a faire distinguer les personnages divers de la piéce. Abeille, dans ses relations avec les grands, avait su se faire respecter par un heureux mélange de liberté et de réserve. C’est ce dont il se félicitait lui-méme, en ajoutant qu'il n’avait jamais été réduit a s’écrier comme le bourgeois de Moliere: Ah! George Dandin! ov t'es-tu fourré? Abeille, comme littérateur, est dailleurs depuis longtemps oublié. Ses odes , ses épttres , ses tragédies, écrites d’un style faible, lache et languissant , n’offrent aucune de ces qualités qui font vivre les ceuvres littéraires.
Lors de la premiére représentation (1673) de sa tragédie d Argélie, reine de Thessalie, qui commengait, dit-on, par une scene entre deux princesses , dont l'une disait a lautre :
Vous souvient-il, ma sceur, du feu roi notre pére?
ia princesse hésitant 4 révondre , un plaisant reprit & haute VOIX :
Ma foi, s’il m’en souvient, il ne m’en souvient guére.
Les autres tragédies de l’abbé Abeille, que nous ne mentionnerons que pour mémoire, ont pour titre Calon, Coriolan, Soliman et Hercule. Sa comédie de Crispin bel esprit mérite pourtant dene pas ¢tre confondue avec ses autres productions dramatiques : elle est gaie et semée de traits vifs et comiques.
L’abbé Abeille faisait représenter ses piéces sous Je nom du comédien La Thuillerie. Jl mourut a Paris, le 22 mai 1718. L’Académie Francaise lui avait ouvert ses portes en 1704.