‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 123 sur 197 · AIDES — AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA · texte numérisé non relu

AIDES — AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA

par une loi du 1° juillet 1790, et la cour fut supprimée Ie 7 septembre suivant par une loi qui transféra ses attributions soit aux tribunaux civils ou criminels, soit aux corps administratifs. Cependant, les droits connus sous le num d’aides ne furent délinitivement abolis que le 2 mars 1791.

AIDE-TOL, LE CIEL T’AIDERA. Cette moralité de bon sens, qui termine une des plus jolies fables de La Fon- {aine, devint le titre dune société politique née sous la Restauration, continuée jusqu’aux lois de septembre, et qui, dans ses phases diverses, rendit assez de services pour attirer l’attention générale et mériter une certaine renommée. Le titre, du reste , s’'appliquait avec a~propos et au but qu’on se proposait et aux circonstances au milieu desquelles on fondait cette association. Le ministére Villéle, appuyé a la chambre des députés par une majorité docile, tenait dans sa main toutes les forces publiques et les faisait mouvoir a son gré; le corps électoral paraissait confisqué; la chambre des pairs, ou quelques mécontents essayaient d’une opposition trés-modérée, délibérait 4 huis clos; la presse, avertie de temps en temps, par le retour de la censure, que la liberté était a peine tolérée, se voyait encore atteinte par les procés de tendance; le jury lui avait été ravi; la lui dainesse avait succédé a la loi du sacrilége, la grande propriété se reconstituait peu a peu; le milliard d’indemnité était accordé aux émigrés; Péducation était tout entiére sous la direction des prétres; les missionnaires. inondaient les provinces, les jésuites de toutes les robes envahissaient !’administration; Yancien régime enfin, qui, dinfiltration en infiltration, avait engorgé toutes les artéres du corps politique, attaquait le coeur méme de la société, et cette société paraissait s’abandonner elle-méme. Une apathie universelle semblait tout permettre 4 la réaction. Au dehors, les insurrections de la Calabre et de la Romagne avaient été étouffées, Espagne était rentrée sous le régime de l’absolutisme , le congrés de Vérone avait cimenté Ja Sainte Alliance, le silence des événements était complet.

C’est au moment ot Je char de la Révolution paraissait tomber dans ces profondes ornitres , que quelques écrivains criérent & la classe moyenne : Aide-toi, le ciel faidera! Ils voulurent donner un centre aux idées, exciter ’émulation, diriger les efforts, et rester dans la fégalité pour échapper A la police, et a la justice, sa fidéle auxiliaire. Ils constituerent donc la société Aide-foi, dont le but était dagir sur le corps électoral par des correspondances et des publications. La plupart des fondateurs appartenaient au parti doctrinaire, et ils avaient Ze Globe pour chef-lieu : e’étaient MM. Guizot, Duchatel, Duvergier de Hauranne, Dubois, Lherminier, Paravey, etc. L’association réunit bientdt environ une centaine de membres; la direction fut confiée 4 un comité élu au scrutin, tous les trois mois, en assemblée générale; tout membre résidant ou correspondant devait verser une cotisation mensuelle. Le comité choisissait enfin un secrétaire, qui était spécialement chargé de ’emploi des fonds, et de la mise en euvre des résolutions du comité direcieur. Ce secrélaire, dont Vintelligence, Pinfatigable activité, la précision dans la mémoire, Vexactitude dans l’exécution, contribuérent puissamment a Vextension et a Pinfluence de la société Aide-doi, fut André Marc hais. Le comité se modifia, le secrétaire demeura inamoyinle , non pas que les réglements Peussent déterminé, mais parce qu’on avait reconnu dans M. André Marchais les qualités les plus propres a remplir les fonctions qui lui étaient attribuées. On s’apercut bientot dans Je monde politique du mouvemert imprimé par la société nouvelle. Des pétitions arrivaient en nombre considérable Ja chambre, et fournissaient a la trésvigoureuse opposition @alors un texte souvent heureux de discussions ¢levées ; les brochures se succédaient rapidement ; Yaction de la presse était plus hardie; chaque jour amenait, du camp opposé, des désertions considérables, et les journaux du pouvoir dénoncaient aussi chaque jour ce terrible

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