‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 147 sur 197 · ALARCON · texte numérisé non relu

ALARCON

criblaient le gemtil-homme bossu, retourna-t-il en Amérique. Déja en 1642 sa meilleure comédie, la Verdad Sospechosa, imprimée dans le second volume de son recueil, était attribuée & Rojas et & Lope, tant on avait accordé peu d’attention au volume et & Pécrivain. C’était un drame bien inventé et hien conduit, qui, imprimé séparément, tomba, sans nom d’auteur, entre les mains d’un jeune Frangais né en Normandie. Ce dernier s’occupait beaucoup de théatre, et, selon le conseil d’un de ses vieux amis, étudiait , imitait et exploitait, en les soumettant 4 une régle plus sévére, les fertiles carriéres du drame espagnol. Pierre Cormeille (il s’agit de lui ) fut émerveillé de la vigueur du dialague, de la simplicité des ressorts et de la haute moralité de Pensemble. Il imita la Verdad Sospechosa avec la supériorité de son génie, en fit le Menteur, et dota la France de la comédie de caractére. Seulement, en adoucissant quelques teintes espagnoles, et en remplacant le vers facile et rapide d’Alarcon par ’énergique et imposante naiveté de son vers hexameétre, notre grand poéte conserva malgré lui certaines nuances et certains tableaux tout castillans, qui produisent un effet singulier au milieu des mceurs frangaises et provinciales de la ville de Poitiers, ou il reporte son action. Le plus remarquable de ces traits espagnols est la grande fiesta, la féte et la sérénade données sur Peau par un galent a sa maitresse, description fort convenable aux. m@urs des riverains du Guadalquivir et du Mancanarés, mais peu en harmonie avec les rustiques habitants des bords du Clain, qui baigne les murs de Poitiers. Le caractére du talent, disons mieux, du génie d’Alarcon, n’était pas sans analogie avec celui du grand Corneille : ¢’est la fierté de la conception et du langage. On retrouve cette simplicité hautaine, cette héroique grandeur dans toutes ses comédies, telles que £xamen de Maridos, et surtout dans le beau drame en deux ‘parties (el Texedor de Segovia), que M. Ferdinand Denis a traduit ( Chroniques del Espagne, tome IT) avec un talent et une fidélité remarquables. On peut consulter sur Alarcon le grand ouvrage de M. de Puibusque que nous avons cité, ja notice de M. Ferdinand Denis, et la série d'études que, je premier en France, l’auteur de cet article a consacrées a Alarcon dans la Revue de Paris de 1832.

Philaréte CHases.

ALARD (Manie-Josern-L ouis-JEAN-FRANGOIS-ANTOINE), médecin en chef de la maison de la Légion d’Honneur de Saint-Denis, naquit 4 Toulouse, le 1°" avril 1779. En 1794 il prit du service dans Parmée du Rhin comme chirurgien sous-aide; puis il fut attaché a l’état-major de la dix-septidéme division militaire , dont la capitale était alors le siége. Rentré quelques années aprés dans la vie civile, il commenca de sérieuses études médicales, ef se fit receyoir docteur A Paris en 1803. Condisciple de Bichat, de Cuvier, de Duméril , Fouquier et Dupuytren , il resta un des rares amis de ce dernier. Suivant les cours du Jardin des Plantes en méme temps que ceux de l’Ecole de médecine, il connut au Muséum @Histoire Naturelle Lacépéde , avec lequelilse lia. Lacépéde, devenu sénateur et grand chancelier de la Légion d’Honneur, choisit Alard pour médecin , puis il Vinstitua en 1811 médecin en chef des maisons d’éducation de la Légion d’Honneur, et plus particuligrement de la maison de Saint-Denis. Alard garda cette place aprés la chute de empire, et méme aprés Ja chute des deux branches des Bourbons. Il est mort dans la méme position en 1850. — Sa place lavait mis nécessairement en relation avec de grandes dames dont il avait été Je médecin d’enfance, et sa clientele était devenue brillante et nombreuse. Chevalier de la Légion d’Honneur en 1820, officier en 1828, il avait été nommé membre de l’Académie de Médecine dés la création. Choisi pour secrétaire général en 1821 par la Société Médicale d’ Emulation, Alard rédigea le septidéme tome des Actes de cette compagnie, ot il inséra un éloge du yoyageur Péron. En méme temps il avait la rédaction et la direction du Bulletin des Sciences Médicales

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