ALBE
mit le commandement des troupes 4 Louis de Requesens, etabandonna un pays oii il avait, comme il s’en vantait, fait périr dans les supplices dix-huil mille personnes, allumé une guerre qui exer¢a ses ravages pendant soixante-huit ans, et cotité 4 Espagne huit cents millions d’écus, ses meilleures troupes, et enfin sept des plus belles provinces néerlandaises. 2
Le duc d’Albe fut accueilli 4 Madrid avec distinction ; mais il ne jouit pas longtemps de son ancien erédit. Son fils, Frédéric de Toléde, marquis de Coria, séduisit une dame Whonneur de la reine, et refusa de l’épouser, malgré Pordre tormel du roi. On le jeta en prison ; mais son pore favorisa son évasion, et lui fit épouser sur-le-champ sa cousine. Aussi le duc fut exilé de la cour 4 son chateau d’Uzéda, ot il passa deux années dans la retraite. pees)
L’entreprise de don Antonio, prieur de Crato, qui ‘était
fait couronner roi de Portugal, forga Philippe d’avoir recours 2 ’homme dans les talents et la foi duquel il avait une entiére confiance. D’Albe conduisit une armée en Portugal, gagna deux batailles en trois semaines, chassa don Antonio, et soumit, en 1581, tout le Portugal a son souverain. iM s’empara des trésors de la capitale, et permit a ses soldats de piller, avec leur cruauté accoutumée, les faubourgs et les environs de Lisbonne. Philippe, mécontent de ces actes, youlut faire examiner la conduite de son général, qu’il soupconnait, @ailleurs, @’avoir déteurné a son profit les richesses conquises sur les vaincus; mais une réponse hautaine de celui-ci et la crainte qwil nese révoltat Pen empéchérent. Le duc mourut le 21 janvier 1582, al’age de soixante-quatorze ans. D’Albe avait la contenance superbe, le regard hantain el un corps robusie; i dormat jx u, ravaiilaite tecriyait beaucoup. On prétend que pendaat les scixante années yu ii tivia guerre contre différents ennemis, il ne se laissa Jamais ni battre ni surprendre ; mais son orgueil, sa dureté et sa cruauté ont flétri sa gloire, et son nom est resté synonyme de tyrannie.
ALBE (Bac er 0’). Voyes BAcueEr.
ALBEMARLE, nom ancien de la ville de Normandie que par contraction nous nommons Auma le, et qui est resté en Angleterre le titre d’un duché nominal depuis que la ville d’Aumale a été enleyée & Richard d’Angleterre par Philippe- Auguste, en 1194. Ce titre a été porté par Monk et par ArmO]a-Jean Van Keppel, né dans la Gueldre, en 1669, mort @n 1718, favori de Guillaume ITI. [lest encore dans sa famille.
ALBENDOREF, village de Prusse, dans la Silésie, régence de Breslau, a 12 kilométres de Glatz, avec 1,000 habitants, est célébre par son sanctuaire dela Nouvelle Jérusalem, visité annuellement, dit-on, par plus de 80,000 pélerins, qui viennent principalement de la Bohéme. L’église est riche d’ex-voto offerts en mémoire de prétendues guérisons.
ALBERGATI-CAPACELLI (Francesco, marquis p’ ) poéte comique italien, ami et ’@mule de Goldoni, né a Bologne, en 1728, mort en 1804, descendait d’une vieille famille patricienne de Bologne, et recut une éducation con-
forme a sa nalssance. Aprés l’annulation dun mariage qu’il n’avait contracté que par suite des obsessions de sa famille, ilse retira dans son domaine de Zoia, ot il vécut jusqu’en Yannée 1766, tout entier a ses études ef au commerce de quelques amis choisis. I] y fit élever un théatre qui pouvait contenir trois cents spectateurs, ety fit représenter des piéces de sa composition, dont le mérite ne tarda pas a étre apprécié dans un cercle plus étendu. Des contrariétés qu’il éprouva de la part des autorités locales le contraignirent a abandonner sa patrie et a aller s’établir & Vérone. JI fit ensuite quelque séjour 4 Venise, puis s’en revint a Zola, oii il vécut avec moins d’éclat sans doute qu’auparavant, mais avec plus de calme et de bonheur réel. La douceur et l’amabilité de son caractére étaient si grandes qu il fut toujours assez heureux pour ignorer ce que c’était que de perdre un ami. I] fut dailleurs en correspondance suivie avec toutes