‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 154 sur 197 · ALBERONI · texte numérisé non relu

ALBERONI

Jes illustration: de son siécle, et Voltaire Jui dédia une de ses tragédies. — On a réuni et publié en 12 volumes in-8° le théatre d’Albergati-Capacelli. — Sans doute ses pices sont inférieures en mérite a celles de Goldoni sous le rapport de invention et de l'art de tracer les caractéres, mais on y remarque une meilleure entente des effets scéniques et une bien plus grande pureté de style. On représente encore aujourd’hui sur toutes les scénes italiennes, aux applaudissements des connaisseurs, son Saggio Amico et son Ciarlator maldicente. 11 existe un éloge d’Albergati par son ami Zacchiroli, en compagnie de qui il avait écrit ses Ledlere capricciose (Venise, 1780).

ALBERGE. Voyes Asnicotier.

ALBERIG, religieux de l’ordre de Crteaux et moine de Vabbaye des Trois-Fontaines, vivait au milieu du treiziéme siécle. Il reste de lui une Chronique qui commence 4 la création du monde, et se termine a Vannée 1241. Celte chronique se trouve imprimée dans les Accessiones historice de Leibnitz.

ALBERONI (Juies), cardinal de ’Fglise romaine, et premier ministre d’Espagne, né le 30 mars 1664,a Sirenzuola, dans le duché de Parme, était fils @un jardinier, et déploya presque autant d’habileté pour entrer dans les ordres qu’il lui en faflut ensuite pour gouverner I’Espagne. Il commenea par étre sonneur de la cathédrale de Plaisance , et recut par charité une espéce d’éducation dans le couven’ des Barnabites. Doué d’une rare pénétration, it devin! biew

chanoine, ‘puis chapelain et favori du comte Roncovier , évéque de Saint-Donino. Celui-ci ayant été envoyé par le dec de Parme auprés du maréchal de Vendéme, yer: en Italie pour commencer ja campagne a la téte de larmee francaise, se démit bientdt de sa mission, et la céda a Alberom. Le duc de Vendéme !e rit en faveur, et !emmena a Ja cour de France, ou il le picsenta & Louis XIV. Alberoni ne quitta plus son protecteur, ni dans ses campagnes des Pays- Bas en 1707 et 1708, ni dans sa retraite a son chateau d'Anet, ni en Espagne, ou la fortune lattendait. Dans cette guerre de la succession d’ Espagne, oii Vendéme se couvrit de gloire, Alberoni servit puissamment de son habileté les affaircs de Philippe V, et gagna sa faveur. Quelque temps aprés il eut Poccasion d’¢tre utile auprés du roi d’Espagne a son ancien maitre le duc de Parme, qui l’en récompensa en lui donnant l’occasion de revenir avec le titre de son envoyé a la cour de Madrid, qu’il avait quittée depuis la mort du duc de Vendéme. Deux personnes portaient ombrage a lambition d’Alberoni, Je cardinal del Giudice et la princesse des Ursins. Il eut Vhabileté de s’en débarrasser, en donnant pour femme au roi la niéce du duc de Parme, Elisabeth Farnése. Parvenu eafin au ministére et au cardinalat, il voulut rendre 4 la monarchie espagnole toute sa splendeur. Il réforma les abus, organisa une marine, disciplina l’armée espagnole a instar de l’armée francaise, et rendit le royaume plus puissant qu’il n’avait jamais été depuis Philippe 1. I avait formé le vaste projet de rendre a l’Espagne tout le territoire qu’elle avait perdu en Italie. Le duc d’Orléans, régent de France, s’étant dégagé de lalliance de Espagne pour sunir a Angleterre, |’orgueilleux prélat ne renonca pas 4 son systéme ; bien au contraire, il jeta le masque, attaqua l’empereur, et lui enleva la Sardaigne et la Sicile. La flotte espagnole ayant ensuite été entiérement détruite par la flotte ang!sise commandée par l’amiral Byng, le cardinal résolut d’exciter une guerre générale. Il rechercha a cet effet Palliance de Charles XII et de Pierre le Grand, s’efforea d’engager l’Autriche dans une guerre contre les Tures, et d’exciter un soulévement en Hongrie; enfin il fomenta une révolte en France, la conspiration de Cellamare, et tenta de faire arréter le duc d’Orléans lui-méme avec le secours d’un parti puissant qu’il avait su se former a la cour. Son projet fut déconvert. Le régent, fort de appui de V Angleterre, déclarala guerre 4)’Espagne, et dévoila dans un manifeste toutes

les intrigues du cardinal. Une tentative que fit en Angleterre le prétendant, échoua. Une armée francaise entra en Espagne, et, quoique Alberoni edt essayé, par des troubles qu’il suscita en Bretagne , d’arréter les entreprises de la France , le roi d’Espagne n’en perdit pas moins courage, et fut contraint de signer un traité de paix , dont la principale clause était exil du cardinal. En conséquence, celui-ci recut, le 20 décembre 1720, lordre de quitter Madrid dans les vingtquatre heures, et d’étre hors du territoire espagnol dans lespace de cing jours. Il demeura ainsi exposé a toute la vengeance des puissances, dont il s’était attiré la haine, et ne trouya pas un seul endroit ov il pat espérer d’étre en streté. I] n’osa méme pas retourner 4 Rome, attendu qu’il navait pas moins trompé le pape Clément XI pour obtenir le chapeau de cardinal. A peine eut-il dépassé les Pyrénées, que sa voiture fut attaquée, et un de ses domestiques tué. Luiméme, pour sauver sa vie, fut obligé de se déguiser et de continuer sa route a pied. Il erra longtemps sous des noms supposés, et fut arrété sur le territoire de Génes, a la demande du pape et du roi d’Espagne; mais les Génois lui rendirent bientdt la liberté. On lui fit son procés 4 Rome, et le libertinage de sa vie privée fut au nombre des accusations qu’on fit peser sur lui. I] fut condamné a quatre ans de réclusion, dont il ne fit qu’une année, dans un établissement de jésuites. Innocent XTV le réintégra dans tous les droits et prérogatives du cardinalat. Alberoni se vit méme sur le point, a la mort de Clément XII, de reparaifre sur horizon politique comme souyverain pontife : avec quelques voix de plus, le génie d’Alberoni aurait encore pesé sur les destinées du monde. Il mourut en 1752, a lage de quatre-vingt-sept ans. La fortune d’Alberoni fut si rapide qu’elle a donné lieu 4 mille suppositions. Tout le monde sait ce que raconte Saint-Simon sur Porigine de l’amitié du duc de Vendéme pour ce personnage; nous ne nous permettrons pas de le répéter.

ALBERT. Six ducs d’Autriche ont porté ce nom; le premier et le cinquiéme furent en méme temps empereurs d Allemagne.

ALBERT I*', duc d’Autriche, et plus tard empereur d’Allemagne, né en 1248, était fils de Rodolphe de Habsbourg , qui, peu de temps avant sa mort, avait inutilement tenté de placer la couronne impériale sur Ja téte de son fils. Apres la mort de son pére, Albert voulut succéder 4 toutes ses dignités, et, sans attendre la décision de la diéte, il s’empara des insignes de empire. Cette démarche violente détermina les électeurs a lui refuser leurs voix, pour nommer a sa place Adolphe de Nassau. Des troubles qui venaient d’éclater contre lui en Suisse et une maladie qui le priva dun ceil le décidérent 4 céder. Il déposa les insignes de Yempire , et jura foi et hommage au nouvel empereur. A peine avait-il apaisé la révolte des Suisses, qu’il eut de nouveaux démélés avec ses sujets d’Autriche et de Styrie, particuligrement avec l'éyéque de Saltzbourg, qui, sur le bruit de sa mort, avait fait une incursion dans ses Etats. Cependant Adolphe, aprés un régne de six ans, s’éfait aliéné tous les princes de l’empire : Albert chercha a profiter de ce mécontentement, et par sa douceur hypocrite il sut si bien tromper les électeurs qu’a la diéte de 1298, ot Adolphe fut déposé , ils le créérent empereur. Mais pour que cette élection pit avoir son effet il fallait que les armes décidassent entre les deux concurrents. Ils se rencontrérent, a la téte de leurs armées, prés de Gelheim, entre Spire et Worms. Albert feignit une retraite pour tromper Adolphe et l'engager 4a le poursuivre avec sa seule cavalerie. Bientot les deux rivaux se trouvent en face. « Tu vas perdre la couronne ef la vie! » crie Adolphe a son adversaire. « Le cielen decidera! » répond celui-ci; et en méme temps de sa lance il le frappe a la figure. Adolphe tomba de cheval, et fut tué par les compagnons de son rival.

Albert ne vit plus alors aucun obstacle entre lui et le pouvoir supréme; mais il comprit que c’était occasion de se

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