‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 155 sur 197 · ALBERONI — ALBERT · texte numérisé non relu

ALBERONI — ALBERT

montrer généreux, Il renonga de lui-méme A la couronne, qu’on lui avait déférée dans la derniére élection, et, comme il avait prévu, il fut élu une seconde fois. Son couronnement eut lieu a Aix-la-Chapelle, au mois d’aodt 1298, et il tint sa premiére séance impériale 4 Nuremberg avec la plus grande solennité. Mais un nouvel orage le menacait. Le pape Boniface VIII prétendit que les électeurs n’avaient pas le droit de disposer de Vempire, et déclara que le pape seul était le véritable empereur, le roi légitime des Romains. En conséquence , il somma Albert de comparaitre devant jum pour lui demander pardon, et pour se soumettre a la pénitence qu’il lui infligerait; en méme temps, il défendit aux princes allemands de le reconnaitre, et les délia de leur serment de fidélité envers lui. L’archevéque de Mayence, ennemi d’Albert, dont il avait @abord été l’ami, se ligua avec le pape. De son coté ’empereur fit alliance avec Philippe le Bel, roi de France, s’assura de la neutralité de la Saxe et du Brandebourg, et, entrant tout 4 coup dans |’électorat de Mayence , forca l’archeyéque non-seulement & renoncer a son alliance avec le pape, mais encore a se liguer avec luiméme pour cing ans.

Boniface, effrayé par ce prompt succés, entama avec Albert des négociations ol ce dernier montra de nouveau toute la fausseté de son caractére. Il rompit son alliance avec Philippe, et convint que les empereurs d’Occident n« régnaient que par suite de la renonciation des papes en leur faveur. Pour reconnattre ces concessions, Boniface excommunia Philippe le Bel, le déclara déchu de la couronne, et donna le royaume de France a Albert. Mais Philippe chatia le pape, et garda sa couronne. Albert, aprés ayoir échoué dans ses guerres contre la Hollande, la Zélande, la Frise , la Hongrie, la Bohéme et la Thuringe, s’apprétait a diriger ses forces contre les Suisses, qui venaient de se révolter de nouveau contre sa fyrannie (1° janvier 1308). Mais une nouvelle injustice de ce prince, vengée par un crime, mit un terme a son ambition et 4 sa vie. La Souabe appartenait par droit de succession 4 Jean, son frére, qui avait en vain réclamé plusieurs fois cette province. Lorsque Albert partit pour la Suisse, Jean renouvela sa demande; mais Yempereur, joignant la raillerie 4 Vinjustice, lui dit en lui présentant un bouquet de fleurs ; « Voila ce qui convient a « ton Age, laisse-moi Jes soins du gouvernement. » — Jean, de concert avec son précepteur et son maitre, Walter d’Eschenbach, et avec trois amis, Rodolphe de la Wart, Rodolphe de Palm et Conrad de Tegelfeld, jura la perte d’Albert. Les conjurés profitérent du moment ot lempereur, dans une excursion 4 Rheinfeld, se trouvait séparé par la Reuss du reste de son escorte, et le renversérent de cheval, mortellement blessé. C’est ainsi que mourut, le 1°" mai 1308, ce prince ambitieux. On verra dans larticle de Jean le Parricide avec quelle cruauté Agnés, reine de Hongrie, vengea la mort de son pére.

ALBERT IT, duc d’Autriche, fils de ’empereur Albert I*", naquit en 1298. Il régna quelque temps avec son frére Othon, aprés la mort duquel il resta seul de sa famille. Un poison qu’on lui avait fait prendre, 4 lage de trente-deux ans, lui occasionna une paralysie , qui ne l’empéchait pas cependant de commander son armée en personne. Il sé faisait tantot porter dans une litiére, tantot attacher sur son cheval. Le pape Jean XXII lui offrit la couronne impériale, mais il la refusa. Il échoua dans ses entreprises contre la Suisse. Contraint de lui céder sur tous les points, il retourna a Vienne, ow il mourut, consumé de chagrin, le 16 aodt

1358, laissant quatre fils, qui lui succédérent. Les deux pre-—

miers étant morts peu de temps apres, les Etats héréditaires —

d’Autriche restérent aux deux derniers, Albert et Léopold, dit le Preux. Il se distinguait par son activité, ses connaissances, son économie, sa patience, son esprit sage et prévoyant, et histoire lui a donné le surnom de Sage. Le premier il chercha a introduire le droit de primogéniture dans

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