‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 156 sur 197 · ALBERT · texte numérisé non relu

ALBERT

s Etats héréditaires de la maison d’Autriche. Mais cette i ne fut observée qu’aprés Maximilien I**.

ALBERT Lf. Aprés la mort de leurs fréres atnés, Albert t Léopold, fils d Albert If, continuérent 4 gouverner leurs tats en commun; mais en 1379, ala suite d’un partage qui ut lieu entre les deux princes, Albert obtint Autriche , et éopold ta Carinthie, avec les possessions d’ Alsace, de Souabe t de Suisse. A la mort de Léopold, qui fut tué a la bataile ie Sempach , dans la guerre de ce prince contre les cantons le Zurich, de Zug et de Berne, Albert demeura seul chargé lu poids des affaires. En 1389 il mit fin aux hostilités en onecluant avec les cantons une tréve de sept ans, qui fut lus tard prolongée pour douze, puis pour cinquante ans. II nourut en Bohéme en 1395. Ce prince se distinguait par des vertus toutes pacifiques. Il chercha 4 améliorer Padministraion et A opposer un frein 4’ambition remuante des seigneurs ; 1 cultiva les sciences et les arts, encouragea les lettres et es hautes études, et fonda plusieurs chaires nouvelles dans *université de Vienne.

ALBERT IV, dit le Piews, fils du précédent , succéda a jon pere a Page de dix-huit ans, sous la tutelle de son sousin Guillaume. Quand il eut atteint sa majorité, ce Jernier le fit souscrire & un traité en vertu duquel la possession de ’Autriche demeura indivise entre eux. Quelque temps aprés, il abandonna ses Etats pour faire un pdlerinage dans la ‘Terre Sainte. A son retour, il épousa la fille du duc de Baviére. A la suite de troubles survenus en Moravie, il préta a Sigismond , roi de Hongrie, le secours @une armée, et mourut au siége de Znaim, les uns disent dune dyssenferie, les autres de poison.

ALBERT V, duc d’Autriche et empereur d’Allemagne sous lenom @ALBERT II, surnommé le Magnanime, fils d’Albert IV, né en 1399. Il succéda en 1404 4 son pére dans ses Etads héréditaires d’Autriche , sous la tutelle successive de ses oncles Guillaume, Léopold et Ernest. Il inaugura les premiers temps de son régne par une attitude ferme et énergique, qui mit fin aux troubles de sa minorité, et rétablit partout Vordre et la paix dans ses Etats. En 1422 Elisabeth, fille de Yempereur Sigismond, lui apporta en dot plusieurs villes de Moravie. A la mort de son beau-pére, survenue en 1437, il devint presque coup sur coup roi de Hongrie, empereur d’Allemagne et enfin roi de Bohéme. Apres son avénement & empire , qui eut lieu le 31 mai 1438, il prit les armes contre les Hussites, et les défit. Cette année méme il fit adopter par la diéte de Nuremberg plusieurs mesures d’intérét général pour empire. Cependant les Turcs @’A murath IJ, aprés avoir subjugué la Gréce, ravagé la Servie et la Transylvanie , se préparaient a envahir la Hongrie. Albert marcha en personne a leur rencontre ; mais, forcé bientot a la retraite par les maladies et défections qui décimaient ses troupes, atteint lui aussi du mal qui dévorait ses soldats, il mourut le 27 octobre 1439, dans un bourg ignoré de la Hongrie , a age de quarante-cing ans, laissant sa femme enceinte d’un fils. Ce fils, nommé Ladislas, fut plus tard duc d’Autriche, roi de Hongrie et de Bohéme.

ALBERT YI, sixiéme fils de l’empereur Maximilien 1, naquit en 1559. ii fut nommé par Philippe II, son beaufrére, gouverneur des Pays-Bas , oli il s’appliqua a réparer, par tous les moyens possibles, les maux causés par le duc d Albe ; mais i! échoua dans son entreprise de reconquérir ia Hollande , qui avait secoué le joug des Espagnes. I] mourut en i621.

ALBERT Ours, margrave de Brandebourg, Pun des princes les plus remarquables de son siécle, né en l’an 1106, succéda a son pére, Othon le Riche, comte de Ballensteedt et d’Ascanie, lequel mourut en 1123 et avait épousé Eilica, fille ainée du duc de Saxe Magnus, dernier prince de la maison de Billung. L’empereur Lothaire, envers qui il avait fait preuve de fidélité, lun octroya, en an (125, ia Lusace, & titre de fief de Empire. Mais le duciié de Saxe, sur le-

quel, en sa qualité de fils de la fide ainée du dernier duc, il élevait des prétentions, fut concédé en Van 1127 au duc Henri le Fier de Baviere, fils de la fille cadette. Par compensation, il fut nommé, en 1133, margrave dela Marche septentrionale, Ce ne fut qu’en 1138, aprés que Conrad eut été élu roi d’Allemagne et que Henri eut été mis au ban de ’Empire, que le duché de Saxe fit retour a Albert l’Ours, qui prit alors le titre de duc de Saxe. Cependant Henri ne tarda pas & ’emporter de nouveau; et Albert, contraint de fuir devant lui, dut se contenter du margraviat de la Saxe septentrionale et de Varchibailliage de Souabe pour indemnité. De retour dans ses Etats, il fit ériger en fief héréditaire de ’Empire les contrées qu’il avait conquises sur les Wendes, et devint ainsi le fondateur du nouvel Etat de Brandebourg en méme temps que le premier margrave de Brandebourg. Une révolte des Wendes, qu’il parvint 4 dompter en 1157, le détermina & prendre a l’égard des vaincus des mesures d’une rigueur extréme, et dont le résultat fut de depeupler les contrées qu’ils habitaient et ou il appela des colons flamands. Il entreprit avec sa femme le voyage de la Palestine, et en revint en 1159. Aprés s’étre efforcé dans les derniéres années de sa vie d’extirper la langue wende et Wintroduire le christianisme dans ses nouveaux Etats, il mourut en 1170, a Ballensteedt, ot on Venterra.

ALBERT, dit te Brennevurevux, législateur et saint de Yordre des Carmes, naquit prés de Parme. D’abord évéque de Babio et de Verceil, il fut ensuite appelé, en 1204, au patriarcat de l’église latine de Jérusalem. La ville sainte étant occupée par les musulmans, il avait fixé sa résidence a Saint- Jean d’Acre. Il fut assassiné dans cette ville, le 14 septembre 1214, au moment oii il allait partir pour le concile de Latran.

ALBERT LE GRAND (Albertus de Colonia, Albertus Teutonicus, Albertus Ratisbonensis, Albertus Grotus), néen Souabe, 4 Lauingen, en 1193, selon d’autres en 1205, était de la famille des comtes de Bollsteedt. I) étudia 4 Padoue, et entra en 1223 dans l’ordre des dominicains dapres les conseils de Jordanus. Des membres de cet ordre occupaient des chaires dans plusieurs universités importantes. Albert, que ses talents hors ligne eurent bientot fait distinguer, enseigna successivement a Cologne, a Ratisbonne, A Strasbourg, a Hildesheim. Vers 1230 il se rendit a Paris, dont les écoles avaient alors une grande réputation; il y ouvrit un cours particulier de philosophie a la maniére des premiers enseignements d’Abélard, car 4 cette époque PUniversité de Paris n’avait pas encore admis dans son sein les humbles fréres de Saint-Dominique. 1] expliqua Aristote, malgré la défense expresse de I’Eglise, et obtint un tel succes, que les salles consacrées a ses lecons s’étant trouvées trop étroites pour contenir Vaffluence de ses auditeurs, il fut obligé de professer en plein air sur une place que lon appela de son nom Place de Maitre Albert, et ensuite, par corruption, Place Maubert. Aprés avoir été regu docteur a Paris et y étre demeuré trois ans, il retourna professer a Cologne. Saint Thomas d’Aquin, son disciple assidu, qui Vavait suivi A Paris, l’y accompagna encore. Six ans apres ii fut élevé & la dignité de provincial de son ordre pour l’Allemagne, puis envoyé en qualité de nonce en Pologne, pays encore barbare, quoique clirétien. Le pape Alexandre LV, jaloux de posséder & Rome un homme si éminent, ie fit maitre du sacré palais; c’est dans la capitale de la chrétienté qu’Albert commenta publiquement les épitres canoniques et i’Evangile de saint Jean. En 1260 il fut promu a Véyéché de Ratisbonne, mais ii se démit de ces hautes fonctions trois ans aprés, et revint reprendre ses iecons a Colegne, en 1263. Il fut de nouveau arraché a ses études pour aller précher la croisade en Bohéme et en Alicmagne, et, apres avoir assisté au concile générai de Lyou en 1274, comme envoyé de ’empereur, il retourna 4 Coiogne, ot ii mourut, el 1280, dans ie monastére qu’il avait

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