‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 167 sur 197 · ALCOOL — ALCOVE · texte numérisé non relu

ALCOOL — ALCOVE

bonique. Son pouvoir réfrigérant est considérable ; sa flamme ne laisse pas déposer de noir de fumée , comme le font d’autres substances trés-combustibles. Lorsqu’on méle Palcool pur avec Veau, il se dégage de la chaleur; mais si, au contraire, on le méle avec de la neige ou de la glace pilée, il se produit un abaissement de température : c’est ainsi que lorsqu’on méle de Valcool anhydre avec de la neige a la méme température, le froid peut descendre jusqu’a 37‘ ‘quand la quantité de neige excdde celle que l’alcool peut fondre. Le froid le plus vif qu’on ait pu produire n’a pu solidifier Palcool. La plupart des acides minéraux décomposent Valasol et le transforment en éther. Il dissout le soufre , Piode , Je phosphore, les alcalis minéraux et végétaux et les sels céliquescents. Les résines, les huiles, les baumes, les savons , etc. , s’y dissolvent en général facilement. On ne peut obtenir directement Valcoo! anhydre par la distillation; dans ce cas le produit le plus concentré renferme toujours une quantité @eau assez considérable. Mais en laissant quelque temps en contact cet alcool avec une substance trés-avide @eau, comme la chaux vive ou le chlorure de calcium, et distillant ensuite & une température trés-douce, on obtient un alcool plus fort. L’alcool bout 4 une température dautant moins élevée qu’il est plus pur; Palcool absolw , ou anhydre , bout 4 78°. eau de vie contient 50 a 52 pour 100 Walcool; ce qui correspond a la densité de 0,9 4 0,95. L’alcool rectifié contient de 66 4870 p. 100 d’alcool; sa densité est de 0,88 & 0,89. L’alcool absolu renferme 90 p. 100 dalcool; sa densité est de 0,836 & 0,841, a la température de 15°,55 centigrades. Si on fait chauffer un mélange d’eau et d’alcool, il se séparera d’abord une portion de celui-ci mélée dune petite quantité @eau; & mesure que l’on avancera, la proportion de eau deviendra plus grande, et par conséquent Valcool s’affaiblira , de sorte que les derniéres portions seront a peine alcooliques. O’est sur ce principe qu’est fondé V’art de la distillation.

Si on renferme un mélange d’alcool et d’eau dans un vase dont on ferme Youverture avec un morceau de vessie , on trouve, aprés quelque temps, que la liqueur a acquis de la force : cet effet se continue pendant un certain temps. L’eau , se réduisant en vapeurs, traverse plus facilement la vessie que ne le fait alcool, et donne lieu a la concentration de la liqueur. Cette singuliére propriété, découverte par un chimiste allemand, avait été regardée comme susceptible @une application utile; mais son ‘effet parait etre trop borné pour qu’elle le soit réellement.

Nous avons dit précédemment que toutes les liqueurs qui ont subi la fermentation donnaient, quand on les distillait, de l’alcool dont la nature était toujours la méme. Les chimistes sont restés longtemps divisés sur la question de savoir si l’alcool existait dans les liqueurs fermentées, ou s'il se formait dans la distillation : les faits qui ont prouvé Vexistence de Valcool dans le vin sont trop curieux pour que nous ne les rapportions pas ici : ils sont dus 4 M. Gay- Lussac. En distillant du vin dans le vide a une température de 15°, plus de moitié moindre que celle du corps humain, on en obtient de lalcoo!, qui ne peut se former a une aussi faible température s’il ne Pest déja, puisque celle de Patmosphére est trés-souvent supérieure. En agitant du vin avec de la litharge en poudre fine, on le décolore entiérement. Si on y jette, jusqu’a ce qu’il refuse d’en dissoudre, du sous-carbonate de potasse, celui-ci s’empare de l’eau, et alcool vient former 4 la surface une couche plus ou moins épaisse , que l’on peut séparer facilement. — II n’est pas nécessaire que des liqueurs fermentées soient potables pour qu’on puisse en extraire de Valcool, et, par différents procédés, on en prépare trés en grand dans le but seul de les soumettre a la distillation, tandis qu’il serait impossible de les faire servir aux usages “de Ja table.

L’alcool, & ses divers degrés de force, est employé a une foule dusages, soit comme boisson , soit pour la prépara-

DICT. DE LA. CONVERS. — T. i

tion d’un grand nombre de substances utiles dans les arts, ou de médicaments. Comme l’alcool pur est trés-avide d’eau, et qu'il Penléve aux matiéres avec lesquelles il est mis en contact, il est d’un usage précieux pour la conservation des pidces anatomiques. On en fait une grande consommation pour la fabrication des vernis. Les eaux-de-vie connues sous les nom de rhum, de rack, de kirsehwasser, de tafia, ne sont jamais employées que pour la table. Les arts peuvent également faire usage de celles qui sont extraites de toutes les liqueurs fermentées L’eau-de-vie est habituellement colorée, quoiqu’en sortant des appareils de distillation elle soit absolument incolore; Pusage le veut ainsi, et on la colore artificiellement, soit en la plagant dans des fits neufs, dont le bois lui céde une petite quantité de matiére colorante, soit en y mélant un peu de caramel : du reste, cela ne change rien a ses propriétés. Quoique Vusage trop répété des liqueurs alcooliques présente des inconvénients graves pour la santé, il ne résulte pas d’accidents immédiats de leur emploi, tandis que alcool concentré pourrait en produire, et donner méme la mort si on en avalait une quantité assez considérable. Cet effet est di a la facilité avec Jaquelle il s’*empare de Yeau : il agit alors sur les tissus animaux en les racornissant. Affaibli et pris en petite quantité, il occasionne une chaleur plus ou moins vive a l’épigastre, une irritation plus ou moins grande du systéme nerveux, Paccélération de la circulation, en un mot une excitation générale. En grande quantité, il détermine l’ivresse, caractérisée par un coma profond, inflammation de Vestomac, etc., et il peut méme déterminer la mort. Quand alcool est abandonné dans lair, il en attire Phumidité, et perd plus ou moins de sa force; si on le méle avec de leau, il en résulte un effet semblable; mais il offre un phénomeéne singulier : Cest que le mélange occupe plus ou moins de volume que les deux liqueurs réunies, selon ses proportions, et que sa densité varie aussi. H. GAULTIER DE CLAUDRY.

Le haut prix des vins a donné une grande importance a la fabrication de l’alcool tiré d’autres substances. On en obtient surtout de la betterave , de divers légumes, de l’asphodéle , des figues, etc. Ila été interdit d’en extraire des grains sans permission. Lis

ALCOOLAT , ALCOOLE. Le premier de ces mots a été inventé par Chaussier pour désigner Jes préparations alcooliques médicamenteuses faites APaide dela distillation ; esprit de cannelle, par exemple, qui se prépare en distillant une partie de cette écorce dans huit parties d’esprit-de-vin, est un alcoolat : le baume de Fioraventi, qui résulte de la distillation du méme liquide sur un mélange bizarre dune quinzaine de substances diverses et de térébenthine, est aussi un alcoolat : il en est de méme de l’eau de Cologne. On peut donc dire qu’un alcoolat n’est que de Valcool imprégné intérieurement dune ou plusieurs huiles essentielles, moyennant la distillation. — Par alcoolé on désigne les mémes préparations alcooliques faites a froid par simple solution ou macération, comme l’eau-de-vie camphrée, par exemple, ainsi que plusieurs liqueurs aromatisées qu'on sert sur les tables. — On voit done que, sous le nom. d’alcoolat ou sous celui d’alcoolé, il faut entendre une préparation dont le degré d’énergie est en raison composée de la quantité Walcool, de sa rectification, de la nature et de la quantité des substances qu’il s’est assimilées.

ALCOOLOMETRE. Voye= Antowérre,

ALCORAN. Voyes Conan.

ALCOVE. C'est, dans une chambre & coucher, la partie ou est placé le lit, quelquefois avec de menus meubles dont on peut avoir besoin. Deux petits cabinets sont souvent placés aux deux cotés de Valedve; dans tous les cas, une décoration particuligre, soit en menuiserie, soit en étoffe, fait de Palcdve une partie distincte du reste ‘de la chambre a coucher. Autrefois, dans les appartements des princes, les aledves étaient assez grandes pour qu’on pit y admettre

quelques personnes de la plus parfaite intimité. Les anciens ont aussi eu des alcdves ; on en a trouvé 4 Pompéi et a la villa Adriana,

ALCOY, ville d’Espagne, dans la province de Valence, pittoresquement située entre deux rivieres , contient 28,000 habitants. La ville a beaucoup souffert de la guerre en 1809; mais elle pos-éde quelques nouveaux édifices et de nom- Dreuses manufactures. Ony fabrique le fameux papier (papel de hilo) qui sert aux Espagnols a faire leurs cigarettes; il en sort annuellement de ses ateliers plus de 200,000 rames.

ALCUIN ( Atcurnus Fraccus ) fut le maitre et ami de Charlemagne. Il naquit en 732, selon les uns 4 York, salon les autres 4 Londres. Eléve de Bede et de P’évéque Eckert, deux des savants les plus illustres du temps, il dut

la protection de ce dernier ’abbaye de Cantorbéry. S’étant arrété 4 Parme au retour d’un voyage qu’il avait fait a Rome, il eut occasion de voir Charlemagne, qui s’y trouvait alors. Ce prince concut pour lui tant d’estime, qu'il lui confia, en 782, la direction intellectuelle de son empire. Alcuin s’empressa de ranimer les études en France, ou le clergé avait oublié jusqu’’ la langue dans laquelle sa liturgie était écrite. Charlemagne le seconda dans cette tache difficile, et adressa une sorte de lettre encyclique a tous les évéques et abbés de son royaume sur V’état de Vinstruction. Les efforts de ’empereur et de celui avquel il donnait, en lui écrivant, le titre de maitre et de précepteur, ne tardérent pas 4 aboutir 4 de féconds résultats. Lyon, Orléans, Tours et plusieurs autres villes importantes eurent bientot un enseignement complet. Alcuin ne se contenta pas seulement de diriger; il écrivit une foule de petits traités sous forme de dialogues, dont Charlemagne est toujours l’interlocuteur, et il établit 4 la cour une académie qui prit le nom d’Académie Palatine. Chargé de la surveillance de tous les couvents, il y répandit son instruction et ses lumiéres. Il ouvrit en France plusieurs écoles, ef fonda, entre autres, Pabbaye de Saint-Martin. — En 801 il quitta la cour, et se retira 4 Yabbaye de Saint-Martin, d’ou il entretint jusqu’ases derniers moments une correspondance suivie avec Yempereur. Il mourut en 804. — Alcuin fut un des hommes célébres de son temps. Il possédait 4 fond les langues latine, grecque et hébraique. Ona aussi de lui quelques essais poétiques qui se ressentent de la barbarie de l’époque. Ses ouvrages furent publiés 4 Paris en 1617, et 4 Ratisbonne en 1777, en deux volumes in-folio. Ils sont un monument précieux de l’état des connaissances humaines et de la foi catholique au huitiéme siécle. — Alcuin est aussi connu sous lenom de Flaccus Albinus, nom sous lequel il fut béatifié ef qu’il prit comme membre de l’Académie Palatine.

ALCYON. Ce nom, qui rappelle la fable de Céyx et d@ Alcyone, a été donné par les anciens a un oiseau dont on ignore aujourd’hui VPespéce. Quelques naturalistes veulent que ce soit le pétrel ; quelques autres, ’hirondelle salanque, dont les nids sont recherchés par les Chinois comme un mets délicieux. Cependant on désigne assez généralement sous ce nom le martin-pécheur & dos bleu de nos climats. Voyes MARTIN-PECHEUR.

ALCYONE, ou HALCYONE, était fille d’Kole. Ayant rencontré anjour sur les bords de la mer le cadavre de son époux Céyx qui venait d’étre englouti dans les abimes par une tempéte, elle se précipita tout éperdue sur ces précieux restes, et les dieux, touchdés de ses pleurs et de son désespoir, les métamorphosérent l'un et autre en oiseaux que les anciens appelaient alcyons, et voulurent que désormais la mer restat calme pendant tout le temps que ces oiseaux mettaient d’ordinaire 4 faire leur nid et & couver leurs coufs.— La mythologie cite une autre Alcyone, fille Atlas et de Pléione, qui futrendue mare d’Aréthuse par Neptune, et d’Eleuthére par Apollon. Aleyone, métamorphosée en ‘toile, forma avec sessceursla constellation des Pléiades.

ALCOVE — ALDEHYDE

ALCYONIENS. Un genre de polypes connus sous le nom dalcyons ont été pris pour type @un groupe considérable de polypes , que M. Milne Edwards a proposé @’ériger en famille sous le nom d’alcyoniens. Ces zoophytes forment sa troisiéme famille dans ordre des polypes parenchymateux. Les alcyoniens sont des animaux dont la bouche, entourée de tentacules pinnés au nombre de six ou huit seulement, conduit dans une cavité digestive précédée dun cesophage, qui a ses parois garnies de huit ou six lames oyariennes. Cette famille comprend cing tribus, savoir : les alcyoniens pierreux ( genres tubipore, favosite, caténipore, etc.), les alcyoniens dendroides (corail, isis, gorgones, etc.) , les alcyoniens libres (pennatulaires) , les alcyoniens rampants (genre cornulaire) et les alcyoniens massifs (genre alcyon proprement dit et alcyonide ). — Les alcyonides offrent, d’aprés les observations de M. Milne Edwards, un caractére qui les distingue de tous les autres alcyoniens, et qui consiste en ce que leur canal intestinal communique avec une cavité. commune; et les aliments avalés par un des polypes peuvent profiter 4 tous les autres, puisqu’il y a un seul estomac sans anus et autant de bouches que de canaux intestinaux individuels. Suivant le méme zoologiste, il existe aussi des aleyons qui sont des individus isolés et non réunis, comme dans fous les genres des tribus quwil a établies. L. LAURENT.

ALCYONNELLE. Genre de polypes institué par Lamarck d’aprés une production subériforme découverte par Bruguiéres, qui l’ayait rangée parmi les alcyons. M. de Blainville caractérise ainsi ’alcyonnelle : animaux hydriformes , pourvus de tentacules assez nombreux, disposés en fer a cheval ou cercle incompkt, rétractiles dans une sorte de polypier fixé, subéreux, composé de tubes verticaux , subpentagonaux, remplis de corpuscules graniformes. L’aleyonnelle, réunie 2 d’autres polypes a panache en fer a cheval ou en cercle, a été d’abord élevée au rang de troisiéme sousclasse de polypiaires, sous le nom de polypes douteux, par le méme zoologiste. L’étude plus approfondie qu’on a faite dans ces derniers temps de Vorganisation de l’alcyonnelle et des autres polypes douteux a permis 4 MM. Ehrenberg, Nordman, Vanbeneden et Dumortier, d’obtenir des résultats qui autorisent le rapprochement qu’on ena fait des mollusques acéphalés connus sous les noms d’ascidies ou de tuniciers. Voyes BRYOZOAIRES, L. LAURENT.

ALDE. Voyez Manuce et Aupines (Editions );

ALDEBARAN. C’est le nom donné a une étoile primaire un peu rougeatre de la constellation du Taureau : on Yappelle aussi Gil du Taureau.

ALDEGONDE (Seigneur pu MONT-SAINT-). Voyez Marnix (Philippe de ).

ALDEGREVER (Henri), ou ALDEGRAF, connu aussi sous le nom d’Albert de Westphalie, peintre et graveur, né a Soést, en 1502, mort dans la méme ville en 1562. Il se forma a Nuremberg, dans latelier d’Albert Durer; aussi ses ceuvres se rapprochent-elles beaucoup du style de ce maitre. Ses toiles sont devenues d'une grande rareté. Les galeries de Vienne et de Munich en possédent cependant plusieurs. Ses gravures sont exécutées avec une grande habilesé et un soin extréme. A cet égard il occupe l'une des premiéres places parmi ce qu’on appelle les petits-maitres, clest-a-dire parmi les artistes allemands qui ont exécuté de petites gravures avec autant de fini que de délicatesse.

ALDEHYDE, mot barbare, formé par contraction du

nom alcool déshydrogéné, et par lequel on désigne un—

corps qui se produit en diverses circonstances, particuliérement lorsqu’on fait passer des vapeurs d’éther ou d’alcool a travers un tube chaudfé au rouge obscur, ou lorsqu’on traite par le chlore lalcool étendu d'eau. L’aldéhyde est un liquide incolore, d'une odeur éthérée particuliére; il brile avec une flamme blanche trés-pale. 11 se transforme a la

Jongue en deux produits isomériques : l'un solide, nommeé —

ALDEHYDE — ALDINES

métaldéhyde ; Vautre tiquide, appelé élaldéhyde. L’acide aldéhydique se produit lorsqu’on chauffe deVoxyded’argent dans de Valdéhyde. Tl reste combiné avec argent ; mais on Ten sépare au moyen de lacide sulfhydrique. — On désigne également sous le nom d’aldéhyde une classe de composés neutres pouvant se transforreer directement en oxydes monobasiques par la fixation de deux équivalents @oxygéne, soit au moyen du contact de Pair, soit au moyen des corps

oxydants. Les aldéhydes existent tout formés dans les végé- |

taux, et y constituent des huiles essentielles : telles sont Vessence de cannelle et celle de cumin.

ALDENHOVEN, bourg de Varrondissement d’Aix-la- Chapelle ( Prusse), non loin de Juliers, a acquis de la célébrité parce que, le 1°" mars 1793, il fut le théadtre d’une affaire par laquelle s’ouvrit la campagne de 1793. Aprés la perte de la bataille de Jemmappes, les Autrichiens s’étaient vus foreés @évacuer la Belgique, Luxembourg et Maestricht, et de se retirer derritre la Roer, pendant que Dumouriez menacait la Hollande dune invasion. Pour Pen empécher et en méme temps débloquer Maestricht, le prince de Cobourg concentra derriére la Roer son armée composée de quarante mille Autrichiens, a la téte de laquelle il effectua le 1°" mars le passage de cette riviére 4 Duren et a Juliers. Varchiduc Jean commandait |’avant-garde; Vaile gauche était aux ordres du feld-maréchal-lieutenant prince de Wurtemberg. Les Francais, complétement mis en déroute , perdirent six mille hommes tués ou blessés et quatre mille prisonniers. Le lendemain le prince de Cobourg occupa Aixla-Chapelle et Liége, débloqua Maestricht, et poursuivit vivement les Francais. L’année suivante, le 2 octobre 1794, Jourdan remporta au méme endroit une victoire sur les Autrichiens. ;

ALDERMAN, en anglo-saxon x/dorman, c’est-a-dire ancien. Ce mot désigne tout a la fois un degré de noblesse et une fonction de magistrature. Dans la constitution anglosaxonne, les chefs de toutes les corporations étaient qualifiés @aldermen (pluriel @alderman), comme aussi les hauts fonctionnaires des cercles ou comtés (shires) et les anciens (senatores) de tout le royaume, qui avaient voix délibérative dans les assemblées du peuple (wittenagemot ) et qui en temps de guerre marchaient a la téte des hommes d@armes de leurs comtés. A lorigine ils étaient a la nomination des rois; ils furent élus par les possesseurs de biens libres. Aprés la conquéte de Vile par les Danois, ce mot fut remplacé par le mot danois jarls (earls). — Aujour@hui en Angleterre, et aussi dans une grande partie des Etats-Unis d’Amérique, les membres des corporations municipales, représentant le conseil de la ville, et que préside le maire (qualifié 4 Londres de Jord maire), portent le titre d’aldermen. Le lord-maire de Londres est élu chaque année dans le corps des aldermen, \equel est lui-méme le produit de Vélection faite par les électeurs de chaque quartier (ward). La principale attribution des fonctions d’alderman consiste a surveiller Pexécution des lois et reglements de police dans le district particulier que représente chacun d’eux dans le conseil municipal (Common council ). Les trois plus anciens aldermen, et aussi ceux qui ont déja rempli les fonctions de maire, sont en méme temps juges de paix. Beaucoup de considération et de respect s’attache aux fonctions et au titre VYalderman.

ALDERNEY. Voyez ILEs NORMANDES.

ALDINES (Editions ). On désigne ainsi les ouvrages Sortis des presses de la famille Manuce, et surtout d’Alde Manuce ( Aldus Manutius ). Elles ne se recommandent pas moins par leur valeur intrinséque que par leur exécution matérielle, ef sont aussi estimées des savants que recherchées par les bibliophiles. Beaucoup d’entre elles sont les premidres éditions (editiones principes) qu’on ait faites des classiques grecs et latins; d’autres reproduisent les textes de divers auteurs classiques modernes, tels que Pé-

trarque, le Dante , Boccace , etc., soigneusement restitués d’aprés les manuscrits. Toutes brillent en général par une remarquable correction typographique ; cependant les éditions des auteurs grecs sont sous ce rapport quelque peu inférieures aux éditions latines et italiennes. Les éditions publiées par Alde le pére font en outre époque dans les annales de limprimerie , parce qu’elles contribuérent singuliérement au perfectionnememt des types. Jamais imprimeur n’avait encore avant lui employé de si beaux types grecs. Il en fit successivement graver et fondre sur neuf corps différents. Quant aux caractéres romains, il en employa quatorze corps différents. C’est 4 lui, ou plutét au graveur Francesco de Bologne , qu’on est redevable de l’invention du caractére dit it alig we. Il employa pour la premiére fois dans son édifion in-8° de classiques anciens et modernes, quil commenca (en 1501) par Virgile. Il n’y a pas jusqu’aux caractéres hébreux dont il ne possédat jusqu’a

| trois corps différents. Ses éditions in-8° sont dépourvues

de gravures sur bois, toujours rares d’ailleurs dans les ouvrages sortis de ses presses. L’Hypnerotomachia Poliphili (1499, in-fol. ) est une remarquable exception a cette régle. Ses impressions sur parchemin sont d’une incomparable beauté. Manuce le pére fut le premier imprimeur qui introduisit Pusage de tirer quelques exemplaires sur du papier meilleur, plus fin, ou plus fort, que celui du reste de Pédition. Les Epistole Greece (1499) en offrent le premier exemple. A partir de 1501, dans son édition de Philostrate, il tira aussi quelques exemplaires sur grand papier ; les premiers exemplaires qu’on ait sur papier bleu sont de 1514. Un petit nombre d’exemplaires de ses éditions des Libri de Re Rustica et de Quintilien furent ainsi tirés. Personne, avant ni aprés lui, n’a fait preuve dans l’impression des ceuvres des auteurs classiques d’autant de zéle, de govt et de profondes connaissances en littérature. Jamais imprimeur ne fit non plus tant de sacrifices pour arriver a la correction. Aprés sa mort, arrivée en 1515 , son imprimerie fut dirigée par son beau-pére, Andreas Asulanus, qui sut le remplacer. Paul, fils d’Alde, eut pour les classiques latins leméme enthousiasme que son pére avait éprouvé pour les classiques grecs. L’imprimerie fondée par Alde Manuce le pére subsista pendant cent années , et dans cet espace de temps imprima neuf cent huit ouvrages différents. Sous la direction du petit-fils du fondateur, Alde, fils de Paul, mort a Rome en 1597, elle perdit la supériorité qu’elle avait constamment eue sur toutes les autres imprimeries d’Italie, et dut finir par se fermer. Comme de trés-bonne heure ou rechereha extrémement les diverses impressions provenant de cette officine, notamment celles qui remontent aux premiéres années de son existence, les imprimeurs de Lyon et les Giunti de Florence, a partir de 1502, trouvérent du profit a les contrefaire. Leurs mauvaises et frauduleuses réimpressions furent souvent confondues, et jusqu’au commencement du dix-neuviéme siécle, avec les éditions aldines origifeles. L’aldomanie a du reste beaucoup diminué dans ces derniers temps, surtout en Allemagne. Parmi les ouvrages devenus aujourd’hui les plus rares qui soient sortis des presses. des Aldes, il faut citer les Hore beatz Marix Virginis de 1497, le Virgile de 1501 et les Rhetores Greci, sans compter les éditions, extrémement rares , datées de 1494 a 1497. Parmi les collections d’éditions aldines, on citait celle

du libraire Renouard, quia été dispersée; on cite encore

celle de Florence et celle de M. A. Firmin Didot, lequel a

donné une savante et curieuse notice sur les Manuce dans

la Biographie générale. Renouard a fait paraitre les An-

nales de V Imprimerie des Aldes, ou Histoire des trois

Manuce et de leurs éditions, etc. ( Paris, 3° édition, 1834

1 vol. in-8°: la 2° édition avait 3 vol.), Ebert a publié en

supplément au premier volume de son Dictionnaire biblio-

graphique le catalogue de toutes les éditions aldines authentiques. xe

ALDINI (Antonio, comte), né en 1756, & Bologne, était professeur de droit dans sa ville natale, lorsque, par suite de invasion frangaise en Italie, elle se sépara des tats pontificaux. Il fut alors envoyé & Paris par ses concitoyens pour les y représenter* Plus tard il fit partie du Conseit des Anciens de la république Cisalpine. En 1801 il fatappelé a faire partie dela consulte de Lyon, et plus tard aux fonctions de président du conseil d’Etat, qu’il ne conserva ‘Pailleurs que peu de temps. En 1805 Napoléon le créa comte et le nomma ministre secrétaire d’Etat pour le royaume d@talfe. Le comte Aldini avait fait construire dans les bois de Montmorency, prés Paris, un chateau qui codta des sommes énormes, ef qui fut détruiten 1815. Aprés la dissolution du royaume d’Ilalie, il vécut dans la retraite et l’isolement, 4 Milan, ot, 4 partir de 1819, il parvint 4 gagner également la confiance du gouvernement autrichien, et mourut a Pavie, le 5 octobre 1826. Peu de temps avant sa mort, Antommarchi lui avait apporté un adieu supréme de Napoléon, qui jusqu’au dernier moment de sa vie avait conservé de lui le souvenir le plus affectueux. En 1857 on a annoncé a Paris les Mémoires du comte Aldini.

Son frére, Giovanni Aupmi, était né le 10 avril 1762, A Bologne, et fut nommé en 1798 professeur de physique a Puniversité de cette ville. En 1811 Vinfluence d’Antonio Je fit appeler aux fonctions de conseiller d’Etat; et plus tard il le suivit dans sa retraite 4 Milan, ou il mourut le 17 janvier 1834. Il s’étaif surtout occupé de questions pratiques, comme l’application du galvanisme 4 la médecine, l’éclairage au gaz, la construction et léclairage des phares, Yemploi de la vapeur pour chauffer eau des bains, etc. On a de lui: Précis d’expériences galvaniques (Paris, 1803); Essai historique et expérimental sur le galvanisme (Paris, 1804); Expériences sur le levier hydraulique (Milan, 1811) et Recherches sur Vapplication de la vapeur au dévidage des cocons devers a soie (Milan, 1818). Il avait inventé un appareil de sauvetage, sorte de cotte de maille en asbeste pour le cas d’incendie, qu’il a décrit dans son Art de se préserver de lV action dela flamme (Paris, 1830). Cet appareil avait été essayé avec succés 4 Genéve , 4 Vienne, 4 Paris, 4 Londres et en Italie. L’Académie des sciences lui décerna pour cet appareil un prix de 8,000 fr. sur le legs Montyon, en 1830; la Société royale de Londres lui donna la grande médaille d’or, et ?empereur d’Autriche le décora de !a Couronne de fer, Aldini , neveu de Galvani, fut un des premiers membres de l'Institut national d’Italie. Il a légué a sa ville natale une somme considérable pour l’établissement d’un cours de physique et de chimie en faveur des ouvriers. Z.

AL-DJIHED ou ALGIHAD. Ce mot arabe, qui signifie guerre, est donné spécialement par les musulmans a la guerre qu’ils font aux peuples qui ne suivent pas la religion de Mahomet, et surtout aux chrétiens. Ils appellent al-ghaziah (d’ou nous avons fait razzia) une campagne contre les i@fMdéles. Le premier nom est le but, et le second l’exécution, Dans les premiers siécles de l’islamisme et au moyen age , les princes musulmans de |’Asie, de |’ Afrique et de \’Espagne faisaient précher Val-djihed ou guerre sainte contre les chrétiens; et lorsqu’ils leur accordaient ou leur demandaient la paix, ce n’était réellement qu’une tréve, ainsi que Pindique du reste le sens du mot qu’ils employaient. — Parmi les nombreux ouvrages musulmans qui traitent des devoirs et des mérites de la guerre sainte, il y en a un écrit en arabe qui a été imprimé en Egypte par ordre du vice-roi Méhémet-Ali. H. AUDIFFRET.

ALDOBRANDINES (Noces), antique peinture a fresque, datant vraisemblablement de ’époque d’Auguste, qui fut découverte sous le pontificat de Clément VIII, non Join de Sainte-Marie-Majeure, 1a ou étaient autrefois situés les jardins de Mécénes , et qu’on transporta d’abord dans la villa du prince Aldobrandini, d’ou lui vient la dénomination

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