ALESSI — ALEXANDRE LE GRAND
qu’on observe chez la plupart des architectes de ce temps- 1a, et chez Michel-Ange lui-méme. Les conditions extérieures sous Yempire desquelles il eut lieu d’exercer son talent, notamment le sol si accidenté de Génes, lui fournirent l’oceasion @étre constamment neuf et original dans ses productions. Les parties intérieures de ses palais, leurs escaliers, leurs cours, etc., sont toujours disposées de la manieére la plus pittoresque et la plus agréable.
ALETIDES, sacrifices solennels offerts par les Athéniens pour apaiser les manes d’Erigone, qui avait erré longtemps en cherchant son pére Icarus, et qui s’était pendue de désespoir de ne l’ayoir pas trouvé. Les filles s’y balancaient sur des escarpolettes en chantantl’Ale¢is ou la Vagabonde (d’dAntevw, j’erre): ce chant avait été composé par Théodore de Colophon. Quelques-uns ont crn que cette féte était en l’honneur du roi Témalus, ou d’Egisthe et de Clytemnestre, quine le méritaient guéres D’autre, pensent qu'elle fut instituée en mémoire d’Erigone, fille d’Egiste et de Clytemnestre, qui poursuivit Oreste devant !’aréopage aprés la mort de son pére et de sa mére, et qui se pendit de désespoir de n’avoir pu réussir a le faire condamner. Mais cette opinion n’était pas fort suivie. D’autres auteurs prétendent néme qu’Erigone épousa Oreste, et en eut Penthilus. Ces fétes se nommaient aussi Hores ou Eudeipnos.
ALEUROMANCIE (du grec cveov, farine; pavteta, divination ), sorte de divination qui se pratiquait au moyen de la farine de froment.
ALEUTIENNES (Iles). Voyes ALéouriennes.
ALEVIN , nom donné aux jeunes poissons que ’on met dans les étangs ou les riviéres pour les peupler. Il se dit surtont des jeunes carpes.
ALEXANDERSBAD , petite ville de Baviére, prés de Wunsiedel, dans une magnifique contrée du plateau des Fichtelgebirge, au pied des monts Keesseine. Sa source, qui contient une énorme quantité d’acide carbonique et de fer, fut découverte en 1737 par un paysan appelé Brodmerkel. En 1741 on s’occupa d’en régulariser la distribution , et en 1783 le margrave Alexandre d’Anspach y fit construire un établissement de bains. En 1838 on l’a augmenté d’un établissement hydrothérapeutique. Le charmant chateau de Luisenburg a pris sonnomdu séjour qu’y fit la reine Louise de Prusse. L’eau d’Alexandersbad s’emploie surtout en boisson, mais on peut aussi s’en servir en bains, pourcombattre tes blennorrhées chroniques, la chlorose et les flux de sang.
ALEXANDRA FEODOROWNA (FrépéRIQUE-LOUISE- CHARLOTTE-WILHELMINE ), impératrice de Russie, née le 13 juillet 1798, fille ainé duroide Prusse Frédéric-Guillaume III et de la reine Louise, épousa, le 13 juillet 1817, l’empereur NicolasI, qu’elle perdit le 2 mars 1855. Elle mourut elle-méme le 27 octobre 1860. Dévouée a son mari et a ses enfants, elle cut, depuis son avénement au tréne, une santé débile qui ne ’empéchait pas de se livrer avec ardeur aux plaisirs de la société. Aprés le rétablissement de la paix, én 1856, elle passa une partie de son veuvage en Italie. Z:
ALEXANDRE LE GRAND naquit au moment de la plus haute puissance de son pére, Philippe, roi de Macédoine, l’an 356 avant J.-C., la premiére année de la 406° olympiade. La nuit de sa naissance fut marquée par Vincendie du fameux temple de Diane, 4 Ephése. — D’aprés quelques historiens, Alexandre descendait d’Hercule par son pére, et, par sa mére Olympias (fille de Néoptoléme, roi d’Epire), de Ja forte race des Eacides. Alexandre annonca dés son jeune dge les dispositions les plus heureuses : es premiéres lecons d’Olympias , sa mére , trouvérent une intelligence ouverte et déja préparée. A douze ans fl fut confié aux soins d’Aristote, aprés étre resté quelque temps entre les mains de Lysimaque, homme savant, mais flatteur et corrompu. Aristote, devinant les dispositions du jeune prince
et comprenant Vimportance de son réle futur, résolut de cefaire entitrement son éducation. — Fuyant le bruit de la DICT. DE LA CONVERSATION, — T. I
cour, il se retira avec Jui dans la solitude de Mieja, sur les bords du Strymon. Plutarque dit que de son temps on y voyait encore les pierres qui leur servaient de siéges. C’est 1a qu’ils raisonnaient sur les détails éclaircis 4 cette époque de toutes les connaissances humaines. Aristote avait composé pour son éléve un traité sur Art de régner; ce traité a été perdu, nous n’en possédons aucun fragment. I) avait annoté pour lui I’/liade; et Von sait Vadmiration profonde d@’ Alexandre pour Homére, dont le poéme, enfermé dans une cassette d’or, le suivait dans toutes ses expédifions. Il acquit une somme de connaissances extraordinaire 4 cette époque ; son intelligence lucide, l’élévation de son esprit, la netteté de ses vues, lui facilitaient la compréhension de tous les sujets, et lui permettaient de retirer de chaque fait de la vie dun héros un exemple qui pdt servir de régie a Ja sienne. Au milieu de tous ces travaux intellectuels, ’éducation physique, si importante alors , n’était pas négligée, Alexandre n’avait pas été moins favorisé pour la force du corps que pour la grandeur de Vintelligence. Hardi, adroit, souple, courageux, il courait aux choses extraordinaires, recherchait les actions impossibles : & peine sorti de ’enfance, il dompta
‘un cheval fougueux qui avait effrayé et rebuté les plus ha-
biles écuyers de la cour. Ce cheval , appelé Bucéphale, devint depuis sa monture favorite. En méme temps qu’il com mencait 4 avoir le sentiment de sa puissance et de sa force, sa fierté et son orgueil s’éveillaient en lui. Les historieus ont cité différents traits qui peuvent servir 4 l'étude de son caractére. On sait avec quelle grandeur, quel esprit et quelle
‘noble fierté il recut les envoyés du grand roi Darius, sou-
verain des Perses. — On se rappelle sa réponse aux courtisans qui l’engageaient 4 disputer la palme aux jeux olympiques : « J’irai, dit-il, s'il y a des concurrents dignes de moi : qu’on trouve un autre Alexandre, fils de Philippe! » — Il pleurait en apprenant les victoires multipli¢es de Philippe : « Mon pére ne me laissera done rien a faire! » s’écriait-il; ef pour tromper son impatience et son courage, il allait 4 la chasse, combattant les lions, contre lesquels il s’acharnait.
Alexandre atteignit ainsi Page de seize ans. Ce fut a cette époque, l’an 340 avant J.-C., que Philippe partit pour la conquéte de la Thrace. Il chargea son fils de la conduite du royaume pendant Ja durée de son absence, sur déja de son habileté et de son courage. Cette confiance ne fut pas trompée : les Médares, peuple tributaire de la Macédoine, ayant essayé de profiter de absence de Philippe pour se révolter, Alexandre les battit complétement, et, entrainé par son désir de victoires, il edt tenté d’autres conquétes,si son pére, craignant les dangers de son impétuosité, ne edt appelé 4 Byzance, ou il venait de réunir ses troupes. Quelque temps aprés, a la bataille de Chéronée, ov il commandait sous les ordres de Philippe, Alexandre tailla en piéces le célébre bataillon sacré des Thébains. Aprés s’étre ainsi signalé comme soldat, Alexandre fut envoyé enambassade a Athénes, ou il se distingua par une prudence et une modération peu ordinaires 4 une si extréme jeunesse et a un si grand cou-. rage. Philippe, cédant a un élan detendresse et d’admiration, lui dit, les larmes aux yeux : « Cherche un autre royaume, mon fils, le mien n’est pas assez grand pour toi! » Jusque alors le pére et le fils étaient restés complétement unis : Alexandre aimait tendrement Philippe; mais sa plus grande part d’affection était pour sa mére Olympias, quil avait en profonde vénération. Aussi, lorsque Philippe voulut la répudier, Alexandre le quitta, et suivit sa mére a la cour d’Alexandre Molosse, roi aE pire et frére d’Olympias. Il se préparait & venir réclamer 4 main armée les droits de celle-ci contre son pére, lorsque la réconciliation s’opéra : Olympias et Alexandre revinrent en Macédoine pour le mariage du roi dEpire avec Cléopatre, fille de Philippe. C’est au milieu des fetes de ce mariage que Philippe fut assassiné, I’'an 337 ayant J.-C.
Horsque Alexandre monta sur le tréne, il n’avait pas encore atteint sa vingtitme année. On vit alors cet exemple inoui d’un jeune homme que son bouillant courage entrainait aux conquétes les plus hardies, modérer toutes les inspirations de ce courage et les soumettre au jugement d’une raison froide et saine avant de s’y abandonner. 11 remplacait Pexpérience par intuition. Son vaste génie devinait ce que les années apportent de science 4 l’age mir.
Philippe était mort en préparantle projet d’une expédition contre les Perses. Ce projet flattait les penchants de tout le peuple grec depuis que diverses tentatives, particulitrement celle d’Agésilas, avaient montré que ces idées n’étaient pas impraticables. — Alexandre résolut de mettre 4 exécution le projet de son pére. Avant de quitter ses Etats pour tenter zette immense conquéte, le jeune roi voulut dégager ses frontidres des ennemis qui les menagaient. I] vainquit les Thraces ; puis, leur offrant une paix honorable, il enrdla sous ses drapeaux leurs meilleurs soldats et leurs plus braves capitaines. Il défit également les Triballes et les: Gétes, toujours en état d’agression contre sa puissance. Tranquillisé désormais de ce coté, il se fit reconnaitre pour chef par les députés de la Gréce, réunis pour cette élection dans Visthme de Corinthe. Il se mit alors 4 la téte de son armée, traversa rapidement les pays jusqu’au Danube, qu’il franchit, et forga Clitus, roi d’Ilyrie, d’abandonner son royaume au vainqueur. Pendant ce temps, le bruit s’étant répandu dans la Gréce qu’Alexandre avait péri dans la bataille, les Athéniens , les Thébains et d’autres peuples grecs, enhardis par les discours de Démosthéne et de Lycurgue, se levérent contre la Macédoine, et quelques officiers macédoniens furent égorgés dans Thebes la nuit méme ow l’on apprit cette fausse nouvelle. Instruit de cette trahison , Alexandre traversa la Macédoine, une partie de la Thessalie, franchit les Thermopyles et vint assiéger Thebes, qu’il prit d’assaut et qu’il saccagea : toute la ville fut rasée, 4 exception des temples et de la maison ou était né Pindare. Ayant ainsi prouvé sa force, Alexandre voulut montrer sa clémence : il pardonna aux Athéniens, et assura de la sorte, par la crainte et par la reconnaissance , sa domination sur toute la Gréce. Il se prépara ensuite 4 Ia conquéte de l’Asie : ses immenses préparatifs furent achevés en un hiver. Le printemps suivant, l’an 334 avant J.-C., il traversa Hellespont avec une armée de trente-deux mille hommes de pied et de cing mille chevaux, des vivres pour un mois et soixante-lix talents dans sa caisse. Il avait laissé 4 Antipater administration de son royaume. En quittant la Gréce, il s’était fait dire par la prétresse d’Apollon que rien ne pouvait lui résister, a Gordium, il confirma Yoracle en tranchant le neeud gordien, a la solution duquel on attachait ’empire de l’Asie. Son premier acte en arrivant en Asie fut @implorer les dieux et de célébrer des sacrifices en Phonneur d’Achille, son héros favori. Il s’avanca alors vers le Granique, qu iil traversa, et ou il paya de sa personne comme le plus obscur et le plus valeureux soldat, Il marcha ensuite 4 la conquéte de l’Asie Mineure, forcant toutes les villes 4 lui ouvrir leurs portes. Il traversa ainsi une partie de ce pays comme un triomphateur, jusqu’a Tarse, capitale de la Cilicie, ot il tomba malade pour s’étre baigné, couvert de sueur, dans les eaux froides, du Cydnus. On connait le courage qu’il déploya en cette occasion : comme Darius s’avangait avec des forces immenses pour lui fermer les issues du Taurus, Alexandre avait besoin dune prompte guérison ; son médecin Philippe lui arrangea un breuvage qui devait avoir, selon lui, un effet immédiat; au moment oii Alexandre allait prendre ce breuvage, on lui apporta une lettre de Parménion qui accusait Philippe de youloir empoisonner Je roi; celui-ci montra la lettre a son médecin, et pendant qu'il la lisait avala le breuvage salulaire. Cette confiance amena une prompte convalescence, et a peine rétabli Alexandre s’avanea contre Darius. Celui-ci, ayec une armée beaucoup plus forte que celle des Macédo-