‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 173 sur 197 · ALEXANDRE LE GRAND · texte numérisé non relu

ALEXANDRE LE GRAND

niens, était campé prés d’Issus, non loin de la mer. Apréa un court combat, cette belle armée fut entiérement détruite ; Darius, obligé de s’enfuir, abandonna ses trésors et ses bagages aux vainqueurs, laissant au pouvoir d’Alexandre sa mére, sa femme et ses enfants. Le roi de Macédoine respecta ces nobles victimes, et ordonna qu’elles fussent entourées dhommages et de soins, générosité rare alors chez le plus fort ou le plus habile. Il laissa fuir Darius sans Vinquiéter, ne songeant qu’a établir sa puissance sur tout le littoral de la Méditerranée; il y réussit facilement. La ville de Tyr, seule, fit plus longue résistance, voulant garder la fidélité qu’elle avait jurée au roi des Perses. Elle finit pourtant par tomber au pouvoir d’Alexandre, qui la détruisit , ainsi que Gaza, ville qui avait voulu imiter Tyr dans sa résistance. Le vainqueur fit, dit-on, attacher 4 son char Bétis, gouverneur de Gaza, et le fit ainsi trainer autour des murs, la téfe sur le sol, disant qu’il voulait imiter Achille. — Nous devons ajouter que Quinte-Curce seul raconte ce trait de férocecruauté; ni Arrien ni Plutarque n’en disent un mot.

Vhistorien Joséphe place vers ce temps l’expédition d’Alexandre contre Jérusalem. On sait comment le grand prétre Gaddus le fit se retirer des murs de la ville sainte en lui expliquant les prophéties de Daniel. Il tourna ses vues vers ’Egypte, qui était aisposée a voir en lui un libérateur plutét qu’un conquérant : elle se mit volontiers sous le joug de la Gréce pour secouer celui de la Perse, qui lui était odieux. Ce fut alors qu’Alexandre fonda cette ville a laquelle il donna son nom, et qui dés son origine deyint une des premiéres places du monde: Alexandrie. Ces choses faites, il voulut, pour aller consulter V’oracle 7’ Ammon, traverser les déserts de Libye : loracle lui confirma qu’il était fils de Jupiter. Dans toutes ces conquétes « Alexandre respecta, dit Montesquieu, les traditions anciennes et tous les monuments dela gloire et de Ia vanité des peuples. Les rois de Perse avaient détruit les temples des Grecs, des Babyloniens et des Egyptiens : il les rétablit. Peu de nations se soumirenta lui sur lesautels desquellesilne fit des sacrifices ; il semblait qu'il n’etit conquis que pour étre le monarque particulier de chaque nation et le premier citoyen de chaque ville. Les Romains conquirent tout pour tout détruire , il voulut tout conquérir pour tout conserver, et, quelques pays. quwil parcourdt, ses premiéres idées, ses premiers desseins furent toujours de faire quelque chose qui pit enaugmenter la prospéritéet la puissance. Il en trouvales meilieurs moyens dans la grandeur de son génie; les seconds, dans sa frugalité. et dans son économie particuliére; les troisiémes, dans son immense prodigalité pour les grandes choses. »

Pendant son séjour en Egypte les recrues macédoniennes avaient eu le temps de se former en armée et de venir le rejoindre. Ii résolut alors de combattre Darius au coeur méme de ses Etats. Celui-ci, effrayé, malgré les forces énormes dont il disposait, fit demander la paix, offrant 4 Alexandre la main de sa fille, 10,000 talents de rancon pour les autres princesses, et la cession de toutes les provinces d’Asie depuis P?Euphrate jusqu’a Hellespont. Alexandre ayant communiqué ces conditions aux principaux officiers de son armée : « J’accepterais, dit Parménion, si j’étais Alexandre. — Et moi, dit Alexandre, si jétais Parménion. » Et il refusa. Darius, irrité, rassembla toutes ses forces : son armée comptait un million de combattants et trois mille chariots armés de faux ; elle couvrait les plaines @Arbelles; les généraux d’Alexandre en furent effrayés , lui seul resta calme et assuré de la victoire. Le matin qui précéda la bataille, on le trouva profondément endormi : il fallut ’éveiller ; les préparatifS du combat commencérent. Six heures apres, la victoire des Macédoniens était complete , Darius fuyait, et Alexandre se trouvait maitre absolu de Yempire des Perses. Penlant que le roi vaincu se cachait dans les montagnes de ta Médie, Alexandre prenait posses- ; sion de Persépolis de Suze, de Babylone et de leurs

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