ALFIERI — ALFRED LE GRAND
Outre ces ouvrages dramatiques originaux, on a de lui un poéme épique en quatre chants, plusieurs poémes lyriqnes, seize satires, et quelques traductions en vers de passages de Térence, de Virgile, d’Eschyle, de Sophocle , d’Buripide’ et d@’Aristophane. Aprés sa mort, on fit paraitre son Miso-Gallo, monument de la haine qu'il avait vouée a la nation francaise, ses G2uvres complétes (37 volumes, Padoue et Brescia , 1809-1810), et son autobiographie, ouvrage & Vaide duquel on apprend A connaitre l’individualité de cet écrivain.
La collection des Guvres completes d’Alfieri a été publiée plusieurs fois en Italie. Une édition en 22 vol. in-8° a été imprimée 4 Paris. Les tragédies forment 6 vol. in-8°. Petitot et J.-A. de Gourbillon en ont donné une traduction.
ALFORT, petit village du département de la Seine, a 8 kil. sud-est de Paris, sur la rive gauche de la Marne, avant 700 habitants, doit son importance a |’Ecole vétérinaire qui y existe.
L’£cole d’ Alfort tire son nom Wun ancien chateau ov elle fut établie dés Porigine. Ce chateau, érigé autrefois en fief sous le nom de Maisonville, fut acheté du baron de Bormes, en 1765, par le ministre des finances Bertin. C’est la que ce ministre fonda, sur les plans de Bourgelat, l’école vétérinaire qui devait bientét faire oublier celle de Lyon. Aucune dépense ne fut épargnée dés le principe pour lui donner des développements et méme de léclat. Bourgelat fut chargé de sa direction, et les plus savants professeurs y furent appelés. Broussenet et Daubenton y donnaient des lecons d’agriculture et d’économie rurale; Vicq-d’Azyr, d’anatomie comparée; Fourcroy y démontrait la chimie; un peintre de réputation y enseignait Part de représenter fidelement les animaux. Un amphithéatre magnifique , un riche laboratoire de chimie , des troupeaux fins, un cabinet dhistoire naturelle, furent accordés avec magnificence. Des encouragements furent donnés aux éleves. En 1769 un ordre du ministre de Ja guerre enjoignit a tous les colonels de cavalerie de détacher chacun un sujet pour étre instruit dans lart vétérinaire, afin d’exercer ensuite cet art avec le grade de maréchal-des-logis. Bourgelat étant mort en 1779, Chabert , son éléve, lui succéda. Depuis cette époque Vécole d’Alfort n’a cessé de recevoir des agrandissements et des améliorations. Son jardin botanique est un des plus beaux de Europe, et ses collections @histoire naturelle et d’anatomie se sont considérablement augmentées. Elle renferme des hdpitaux oti ’on soigne, moyennant rétribution , Jes animaux malades qui y sont amenés par les particuliers. On admire dans ses bergeries un superbe troupeau de mérinos et de chévres de Cachemire. Une machine hydraulique de Perrier fournit 4 l’établissement toute l’eau dont il a besoin. Le ministre de la guerre entretient aujourd’hui a cette école quarante éléves militaires pour le service des corps de troupes 4 cheval. Les cours y sont faits par six professeurs.
ALFRAGAN (Aumenp-Ben-Ketirn), né a Ferganah, ville de la Sogdiane, prit part, selon toute apparence, a la révision des Tables astronomiques de Ptolémée, ordonnée par le khalife Almamoun, vers $25 de J.-C. Il composa plusieurs traités sur obliquité de Vécliptique, sur la construction de lastrolabe, \es cadrans solaires, etc. Ses éléments d’astronomie nous sont seuls parvenus. Ils furent traduits au douziéme siécle par Jean Hispalensis ; cette traduction a été imprimée a Ferrare en 1493, et & Nuremberg en 1537, avec une lettre de Mélanchthon, servant de préface, et un discours de Régiomontan. Christmann en publia une seconde, faite par Frédéric, moine de Ratisbonne, en 1447, ou daprés une version hébraique du juif J. Antoli; et Go- Jius, une troisitme en 1669, avec un commentaire rempli de faits et de remarques intéressantes, que la mort ne lui permit pas de compléter. Delambre , dans son Histoire de P Astronomie au moyen dge, nous a donné une analyse fort
exacte du traité d’Alfragan ; seulement il s’est trompé en le plagant, avec Christmann, parmi les écrivains arabes du neuvieme siécle ; il florissait cinquante ans avant Albatégni, et Ebn Jounis le cite comme l'un des auteurs de la Table vérifiée, qui pendant deux cents ans a servi de hase aux grands travaux des astronomes de Bagdad, et qu’Aboulwefa devait revoir et compléter vers !’an 980 de notre ére. L.-Am. S&DILLor.
ALFRED LE GRAND, sixiéme roi d’Angleterre de la dynastie saxonne, né en 849, 4 Wantage, dans le Berkshire, était le plus jeune des cinq fils d’Ethelwolf. Son pére, qui avait pour lui une prédilection particuliére , ’envoya tout enfant a Rome, et le fit couronner par le pape. Quelque temps aprés, il ’emmena a la cour de France, ot il allait épouser Judith, fille de Charles le Chauve. Mais ils furent bient6t rappelés tous deux par une réyolte qui venait d’éclater en Angleterre dans le sein méme de la famille royale. Ethelbald, le fils ainé d’Ethelwolf, était Ala téte des rebelles; une réconciliation entre le pére et le fils, devenus rivaux, épargna au pays une guerre civile, et la mort ne tarda pas a les faire disparaitre Pun et autre. Alfred succéda en 871 4 son frére Ethelred, qui lui avait confié le commandement des troupes et les rénes de l’administration , et dont la mort le laissa 4 vingttrois ans maitre dun royaume presque entiérement envahi par les Danois.
Les premiéres tentatives d’Alfred pour combattre les oppresseurs de sa patrie ne furent pas heureuses. Accablé par le nombre, abandonné des siens dans leur découragement, réduit 4 prendre Ja fuite, il résolut d’attendre dans la plus profonde obscurité le moment favorable de délivrer sa patrie; il se mit au service d’un patre. Un an s’était a peine écoulé que les Anglais, impatients du joug qui les opprimait, songérent 4 reprendre les armes et a profiter des divisions de leurs ennemis. Instruit de ce qui se passait, Alfred concoit et exécute le hardi projet de pénétrer dans le camp danois. Sous Je costume d’un barde, une harpe a la main, il se méle parmi les soldats, s’introduit auprés des chefs, gagne leur confiance par l’affabilité de ses maniéres, assiste a-leurs repas et a leurs conseils, et, aprés avoir pénétré leurs projets et leurs moyens , il revient a la téte d’une poignée de braves porter le carnage et la mort dans ce méme camp qu’il charmait naguére par ses accords mélodieux. Ce premier succés fut pour l’ Angleterre le signal de la liberté ; les Danois furent repoussés de toutes parts, et Alfred, trop habile pour ranimer leur courage en les réduisant au désespoir, renversa leur domination a force de générosité. Tous ceux qui voulurent se soumettre et embrasser le cliristianisme eurent Ja permission de rester en Angleterre ; les autres purent regagner librement leur pays sous la conduile dun chef qu’il leur désigna; enfin, ceux qui entreprirent de lui résister, battus devant Rochester et chassés de Londres, cherchérent vainement un refuge sur leurs vaisseaux , oi Ja flotte anglaise, qu’il avait créée, acheva de les anéantir. Tranquille au dedans, sans crainte du dehors, Alfred ne s’occupa plus que de la civilisation et du bonheur de ses sujets. Il voulut faire de Angleterre un seul royaume, régi par une administration et des lois uniformes. L’union des tribus saxonnes, qui sous Egbert n’avait été que nominale, fut réalisée par Alfred. En 893 il eut encore a combattre une invasion des Danois commandés par Hasting. Il mourut en 900, un an aprés avoir déposé les armes,
Alfred le Grand avait pris pour modéle Charlemagne: il ne lui est pas resté inférieur. Ses mesures administratives sont mieux connues que ses actes législatifs. Les plus belles institutions anglaises lui sont attribuées, le jury entre autres. Persuadé que le meilleur moyen de rendre les hommes heureux est de les éclairer, il établit ’université @’Ox ford, et y fonda une bibliothaque d’ouvrages qu’il fit venir de Rome. Le meilleur historien de son siécle, et poéte remarquable, il encouragea les lettres, protégea les arts, attira les savants
a sa cour, et fit sortir la nation anglaise de l’état d’apathie ou Pavait plongée le despotisme barbare des Danois. Jamais prince ne fit tant pour son peuple, et Voltaire l’a bien jugé lorsqu’il a dit, avec autant de force que de vérité : « Je ne sais Sil y a jamais eu sur la terre un homme plus digne des respects de la postérité qu’Alfred le Grand. L’histoire, qui dailleurs ne lui reproche ni défauts ni faiblesse, le met au premier rang des héros utiles au genre humain, qui, sans ces hommes extraordinaires , edt toujours été semblable aux bétes farouches. » + Alfred le Grand fut enseveli dans le monastére de Winchester, qu’il faisait batir. M. G. Guizot a fait paraitre en 1856 une étude sur Alfred le Grand.
ALGALIE, nom d’un instrument de chirurgie , servant a donner issue Purine quand elle est retenue et accumulée dans la vessie par un effet commun a plusieurs maladies différentes. C’est & tort que, dans usage commun, on substitue a ce mot celui de sonde. L’action dintroduire une algalie dans la vessie s’appelle cath étérisme. — Il west pas certain que les Grecs connussent l’emploi de Valgalie dans les maladies des voies urinaires; mais nous savons positivement que les Latins en faisaient usage. En effet , Celse recommande de se servir de cet instrument dans la rétention durine, provenant soit de débilité sénile, soit @un caleul vésical, ou encore d’un état inflammatoire; et il décrit trés-bien la maniére dont on doit introduire. La forme et le volume des algalies varient suivant les circonstances, de méme que la matiére dont on les fabrique , suivant qu’on les veut flexibles ou solides. On en fait en gomme élastique, en argent et en platine; mais les premiéres, @invention encore assez récente, sont préférables aux algalies métalliques, et peuvent étre regardées comme une des plus belles inventions de la chirurgie moderne.
ALGARDI ( Auessanpro ), en francais ’Algarde, célébre sculpteur, néa Bologne, en 1602, d’une bonne famille, se forma sous la direction de Louis Carrache. A lage de yingt ans, ]’Algarde se rendit 4 Mantoue, ow il s’exerga a mouler en platre, d’aprés les célébres tableaux de Jules Romain. Ces essais donnérent une fausse direction 4 son talent. Le désir de se perfectionner dans son art le conduisit 4 Venise, et de la 4 Rome. Le cardinal Ludovisi, auquel il avait été recommandé par le duc de Mantoue , donna de occupation au jeune artiste, et lui fit faire la connaissance du Dominiquin. Pour gagner sa vie, Algardi confectionnait des modéles en cire pour les orfévres, et restaurait les statues endommagées. La statue de sainte Madeleine , qu’il fit pour l’église Saint-Silvestre au mont Quirinal, fonda sa réputation. Bientét les cardinaux et les princes s’empressérent de lui commander des ouvrages : ia cour de France chercha a Vattirer 4 Paris; mais Algardi préféra rester 4 Rome, oi il mourut le 10 juin 1654; il est enterré A l’église San-Giovanni de Bolognesi. La production la plus célébre de lAlgarde est un bas-relief en marbre, représentant la fuite d’Attila, qu’on voit 4 Saint-Pierre, audessus de l’autel de Saint-Léon. Il n’a pas fallu moins de génie & l’Algarde pour tirer du marbre une telle composition qwa Raphael pour traiter sur la toile le méme sujet. Son exécution fut méme si parfaite, qu’il parut avoir trouvé le clair-obscur avec son ciseau. Les figures du premier plan sont presque de ronde-bosse ; ce sont de véritables statues. Celles qu’il a placées derritre ont moins de relief, et leurs traits sont plus ou moins marqués suivant qu’elles s’enfoncent plus ou moins dans le lointain ; enfin la composition finit par plusieurs figures dessinées au trait sur le marbre. Sa statue représentant le dieu du Sommeil a souvent passé pour un ouvrage de Pantiquité. — Il existe un grand nombre de gravares de la Fuite d’Attila. La dernitre a para dans la Storia della Scoltura, par Cicognara.
ALGAROTH ( Poudre d’), ainsi appelée du nom de son inventeur, et qu’on employait autrefois comme émétique et purgatif. On Yobtient en traitant le chlorure d’anti-