ALGERIE — ALGIDE
chal Pélissier devint alors gouverneur général. Le 6 février 1863 parut dans le Moniteur universel une lettre au maréchal, dans laquelle Napoléon III disait que l’ Algérie était « un royaume arabe, » et qu’il se regardait comme élant « aussi bien Pempereur des Arabes que l’empereur des Francais. » A la suite de cette lettre, un sénatus-consulte, voté Je 13 avril, déclara les tribus ou fractions de tribus pro- Priétaires des territoires dont elles avaient la jouissance ; il ajoutait que les territoires seraient répartis entre les differents douars de chaque tribu, et que la propriété individuelle serait constituée entre les membres de ces douars. On espérait, en individualisant la propriété, détruire peu a peu la féodalité arabe et arriver a faire de la tribu une commune. Les colons, que ce changement dans la constitution territoriale inquiéta Vabord, n’y firent pourtant pas d’opposition, mais persisttrent 4 demander pour eux-mémes Vextension du pouvoir civil.
Vers la fin du mois @’avril 1864, une insurrection éclata chez les Ouled-Sidi-Cheikh auxquels se ralliérent quelques tribus , entre autres les Flittas; elle fut combattue
avec vigueur par les généraux Deligny et de Martimprey, | mais ne cessa que vers la fin de 1864. Le maréchal Pélis- |
sier était mort le 22 mai de cette année; le général de
Martimprey lui avait succédé, par intérim, jusqu’au 19 sep- | tembre, ot débarqua a Alger le maréchal Mac-Mahon, |
nommé gouverneur général. La colonie était alors régie par
le décret du 7 juillet 1864 qui subordonnait Vautorité civile | au pouvoir militaire. En 1865, Napoléon III fit 4 lAlgérie |
une visite qui se prolongea du 3 mai au 7 juin, et a la suite
de laquelle un sénatus-consulte, en date du 5 juillet, déclara |
Francais tous les Arabes, et leur donna la facullté de devenir citoyens francais en acceptant le Code Napoléon, e’est-a-dire en renoncant a la polygamie, au divorce ef au régime arbitraire des successions. En 1868, la famine, apris le cholera, décima la population arabe; lopinion s’en
francaise , se présentait devant Gibraltar, lorsque six vaisseaux de guerre anglais vinrent mouiller dans la méme rade, le 4 juillet 1801. La partie n’étant pas égale, Linois mouilla dans la baie d’Algésiras, sous la protection des batteries dont elle était garnie, ayant eu la précaution d’envoyer pour les servir des canonniers de son bord. Le lendemain les vaisseaux anglais vinrent dans la baie s’embosser a une portée de fusil des vaisseaux frangais, et le combat s’engagea avec chaleur. La division francaise était de beaucoup inférieure 4 V’escadre anglaise; cependant l’avantage de la position compensa celui des forces, et rétablit un peu ’équilibre ; le courage fut égal de part et d’autre, et le combat n’en devint que plus terrible; mais Ja victoire resta fidéle au pavillon francais. Les Frangais perdirent dans cette journée cent quatre-vingts soldats et deux capilaines, Lalonde et Moncousu. La perte des Anglais s’éleva 4 quinze cents hommes; ils eurent trois vaisseaux mis hors de combat. Le 9 du méme mois, J’amiral Moreno’, a Ja téte d’une division composée de cing vaisseaux et d’une frégate espagnols, d’un vaisseau et de deux frégates francais, se réunit a Vescadre du contre-amiral Linois, et mouilla 4 Algésiras. Le 12, 4 une heure aprés midi, toute la flotte appareilla pour retourner 3 Cadix. A la nuit, le temps étant obscur et le yent frais, deux vaisseaux espagnols , se prenant pour ennemis, s’attaquérent avec fureur: tous deux sautérent. Le Formidable, monté par le contre-amiral Linois, se sépara de Vescadre, et se vit le lendemain sur les cétes d’Espagne, a portée de l’escadre anglaise. Linois, profitant de Yenthousiasme de ses soldats, résolut d’accepter le combat. L’action s’engagea ; les forces des Anglais consistaient en trois vaisseaux ef une frégate: la frégate recut quelques bordées , et s’éloigna ; un vaisseau, le Pompée, fut privé de
| ses trois mats, et rasé comme un ponton. JI restait encore
deux vaisseaux ; Le Formidable fait fen de babord et de
' tribord, les oblige a lacher prise , et raméne son vaisseau
émat, et accusa le sénatus-consulte sur la propriété arabe |
davoir entravé le trayail des cultures.
Un décret du 24 novembre 1870 constitua l’Algérie en trois départements administrés chacun par des préfets,
sous l’autorité @un gouverneur général civil. Chaque dé- | - Curzio per la patria, et il Trionfo della continenza.
partement eut a élire deux représentants pour l’ Assemblée
nationale , en février 1871. A cette époque, une insurrec- | tion, que l’on crut fomentée par les ennemis de la France, © venait d’éclater en Algérie ; elle avait eu pour prétexte le | mécontement excité chez les Arabes par le décret qui ac- — cordait aux israélites les droits et le titre de citoyens francais. L’insurrection se propagea d’autant plus facilement que presque toutes les troupes avaient été rappelées dans
Ja mére-patrie. Le général Lallemand, commandant des forces de terre et de mer, et le général Cérés luttérent avec énergie, a Vaide des compagnies de dépét, des compagnies de debarquement de la marine et des mobiles du midi. Ils sauverentle fort Napoléon et pacifiérent la Kabylie.
Au mois de juin, la situation de la mére-patrie ayant permis l’envoi de quelques régiments, le mouvement insur-
rectionnel ne tarda pas 4 étre comprimé. Le vice-amiral comte de Gueydon, qui avail été nommé gouverneur général civil de Algérie, le 29 mars 1871, put alors s’occuper d’améliorer administration. Il décida en principe que les bureaux arabes seraient supprimés et commenca a opérer cette suppression dans quelques districts. D’un autre cété, il soumit a la loi francaise et au tribunal francais tout contrat entre indigéne et Européen (novembre 1871). ALGESIRAS, ville d’Espagne, dans la province de Cadix, sur le golfe de Gibraltar, contient 12,000 habitants. Son port est mauvais. Sa citadelle est dans un triste état de défense. Ce fut la premiére cité espagnole dont les Maures s’emparérent (713), et ils la conservérent jusqu’en 1344. Dans la baie d’Algésiras a eu lieu un combat naval célebre. Le contre-amiral Linois, commandant une escadre DICT. PE £4 CONVERSATION. —- 1. 1,
victorieux dans le port de Cadix.
ALGHISI ou ALGISI (D. Parts Francesco), né a Brescia, en 1666, mort dans la méme ville, le 29 mars 1733, fut organiste de la cathédrale de Brescia, et fit représenter sur le thédtre de Venise deux opéras : /’Amore di
Dans sa vieillesse ilen était arrivé, 4 force d’austérité, a ne plus vivre que d’herbes assaisonnées de sel, et s’était fait ainsi une réputation de sainteté.
ALGHISI (Tomaseo), né a Florence, en 1669, mort dans la méme ville, en 1713, étudia la chirurgie et fut recu docteur en 1703 par l’université de Padoue, aprés une thése soutenue en présence du célébre Vallisnieri. Alghisi professa la chirurgie dans sa patrie; il devint célebre comme opérateur, et surtout comme lithotomiste ; malheureusement il mourut dans la force de l’age et dans tout l’éclat de son talent, & Ja suite d’une amputation rendue nécessaire par
explosion dun fusil qui lui avait enlevé ia main gauche.
On a de lui : Litotomia, ovvero del cavar la pietra ( Florence, 1707), traité de lithotomie qui offre un vif intéré, pour Vhistoire del’art ; ainsi qu’une lettre a Vallisnieri sur divers sujets, par exemple sur des vers sortis de ja vessie, sur une matiére propre a injecter les artéres, et sur les bandages employés chez les Egyptiens.
ALGHISI-G ALEAZZO , architecte de la seconde moitié du seizidme siecle, né 4 Carpi dans le duché de Modéne, fut longtemps au service du duc de Ferrare, et s’occupa plus particuliérement de art des fortifications, Son traité , publié & Venise en 1570, in-folio, sous le titre de Alghisci Carpensis Opus , etc., était Je meilleur ouvrage qui edt encore paru sur cette matiére.
ALGIDE (du latin algidus, Valgere, avoir froid). Cet adjectif se dit de certaines fiévres intermittentes, qui sont accompagnées d’un freid glacial pendant toute la durée de Yaeces, Les fitvres algides sont souvent mortelles.
ALGOA, baie d’un bon mouillage 4 l’extrémité orientale de Afrique, et sur laquelle est située la ville déja si florissante de Port-Elisabeth.
ALGOL, nom arabe d'une étoile changeante de la conspee de Persée, et qu’on appelle aussi la Té¢e de Mc-
Use.
ALGONQUINS, ou grands Esquimausx , peuple sauvage de Amérique septentrionale. Ils habitent au nord -ouest de la mer d’Hudson, entrele lac des Esclaves et la mer Polaire, sur les bords du Copper-Mine et du Mackensie. Petits, trapus et faibles, ces peuples polaires ont le teint plutot dun jaune rougeatre sale que cuivré, Leurs huttes , de forme circulaire, sont couvertes de peaux de daim; on n’y entre qu’en se trainant. Leurs canots, formés de peaux de veau marin, naviguent avec vitesse. Ces sauvages travaillent patiemment une pierre grise et poreuse, appelée pierre de Labrador, en forme de cruche et de chaudiére trés-ornées. Ils conservent leurs provisions de bouche dans des outres remplies @huile de baleine. Ceux qui habitent les bords du fleuve Mackensie se rasent la téte. Ils se servent de traineaux tirés par des chiens. Leurs principales occupations sont la chasse et la péche. Ils sont la plupart catholiques, et vont 4 Québec remplir leurs devoirs religieux : c’est ce qui les distingue des autres Esquimaux, qui ont a peine une idée confuse d’un Etre supréme. Les pays algonquins ont été un peu plus que toutes les autres tribus d’Esquimaux visités par les Européens : on a méme cherché a déterminer les principes de leurs idiomes, qui ont tous une prononciation sonore et fortement accentuée. Plusieurs grammaires en ont été publiées depuis 1643 jusqu’en 1835; mais, quoique présentant des observations trés-utiles , elles sont encore néanmoins insuffisantes et trés-incomplétes. — Du reste, a part la polygamie, leurs mceurs et leur intérieur sont semblables a ceux des Esquimaux proprement dits : c’est la vie sauvage 4 peine un peu modifiée par le contact de rares voyageurs curopéens.
ALGORITHME (dun mot arabe qui signifie racine). Ce terme, dans la langue des mathématiques, désigne chaque forme particulitre de génération des nombres. L’algorithmie est la science qui embrasse tous les algorithmes, et par conséquent les faits et les lois des nombres.
ALGUAZIL (des mots arabes al, le, et ghasil, huissier, archer), fonctionnaire secondaire de Vordre de la police en Espagne, qui exerce les mémes fonctions que celles de Ja gendarmerie en France. Les lois alphonsines nous apprennent qu’on donnait ce nom d’alguazil a une sorte de grand prévot du palais chargé de l’arrestation, du jugement et de la punifion d’un coupable ou d’un sujet livré par le prince au tribunal expéditif de ce magistrat. — On emploie souvent ce nom d’un maniére ironique.
ALGUES (du latin alg). On a désigné longtemps sous la vague dénomination dalgues une foule de plantes aquatiques qui ont peu ou point de rapports entre elles. Tournefort plagait des phanérogames et des polypiers parmi ses algues. Linné nommait ainsi le troisitme ordre de sa cryptogamie, apres en avoir seulement 6té toutes les productions animales. Jussieu restreignit encore le nombre des algues de Linné; mais il réunit dans ce vaste groupe des plantes trop disparates pour que leur ensemble méritat d’¢tre conseryé. Et aujourd’hui méme, malgré les nombreux travaux des cryptogamistes modernes, la signification du mot algues est loin d’avoir regu quelque fixité. Cependant, on ne peut disconvenir que l’ordre ne commence a se faire dans le chaos. — D’aprés Fries, les algues, dont il a fait une sous-classe, divisée en trois familles (les phycces ou algues submergées, les lichens ou algues émergées , et les byssacées ou algues amphibies), sont des plantes agames, vivant dans l’air, au fond des eaux douces ou salées ou & leur surface, le plus souvent vivaces, remarquables par une texture cellulaire ou filamenteuse dans laquelle il