‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 183 sur 197 · ALHAMBRA — ALI · texte numérisé non relu

ALHAMBRA — ALI

fort, flanqué de bastions et de tours. Par entrée principale, qui s’appelait autrefois la Porte du Jugement, et qui est pratiquée dans une grosse tour carrée, on pénétre dans la premiére cour, entourée d’un portique et pavée en marbre blanc ; la seconde cour, appelée cowr des Lions, a cause de douze lions de marbre noir qui ornent son bassin, est célebre par le souvenir du massacre des Abe ncérageset par les colonnes de marbre blanc qui soutiennent la galerie qui Pentoure. Les appartements de PAlhambra, larges , nombreux , sans cesse rafraichis par l’eau des fontaines, sont sculptés avec un art inoui, avec une richesse d’imagination, une hardiesse et une patience d’exécution presque incroyables. Ce palais est un des plus curieux vestiges de Part du moyen ige, et peut-étre le plus beau modéle de larchitecture mauresque en Europe, quoiqu’il ait subi bien des dégradations. Charles-Quint en fit abattre une partie pour faire placed un palais mesquin et triste. En 1856 un des grands murs s’écroula. La reine d’Espagne a ordonné la réparation de ?Alhambra. — L’Alhambra est encore e¢lébre par ses beaux jardins du Généralife, palais de campagne des rois maures , silué sur une colline opposée, et moins bien conservé, et par une ancienne mosquée, deyenue une église sous l’invocation de Sainte Héléne.

AL-HARIZI. Voyes Cuanizt.

ALHOY (L.), né a Angers, en 1755, entra de bonne heure dans la congrégation de VOratoire, et professa dans les colléges de son ordre jusqu’a l’époque de son abolition. Pendant la proscription de Vabbé Sicard (1797), il fut choisi pour le remplacer 4 l’'Institution des Sourds-Muets , et remplit les fonctions de directeur de cet établissement jusqu’en 1800. Plus tard il devint membre de la commission administrative des hospices, et en 1815 principal du collége de Saint-Germain-en-Laye. Ii mourut en 1826. Alhoy cultiyait les lettres ‘avec distinction. Il a composé un Discours sur VEducation des Sourds-Muets, et deux ' poémes, les Hospices etles Promenades podtiques dans

les Hépitaux de Paris. %

ALHUCEMAS, village fortifié et petit port de lAfrique espagnole, l'un des présidios, situé sur un ilot prés de ia cdte de Maroc. En 1856, les Espagnols y soutinrent un combat contre les Maures. Z.

ALI, cousin et gendre du législateur des Arabes, et son quatriéme successeur au khalifat, naquit 4 la Mecque, vers l’an 600 de Jésus-Christ. Quoiqwil fit issu, comme Mahomet, de la puissante tribu de Koraisch, et que sa famille fat en possession du gouvernement aristocratique de la Mecque, il se vit obligé , dans sa premiére jeunesse, de se mettre aux gages d’un maitre pour gagner son pain. Mais on voit dans Ja Bible que jamais la domesticité n’a été un déshonneur chez les nations de l’Orient. Lorsque Mahomet commenga sa carriére apostolique, Ali devint unde ses premiers et de ses plus ardents disciples, et mérita par ses services , son courage et son aveugle dévouement, la main de Fathemah ou Fatime, la fille chérie du Prophéte. A la mort de son beau-pére, qui ne laissait point @héritier male, Ali semblait appelé de droit lui suecéder. Il était son plus proche parent, il avait été son secrétaire, son lieutenant, son ami; mais sa jeunesse, son caractére impétueux, et, plus encore, l’influence d’Ay échah, veuve de Mahomet, et fille d’A bou-Bekr, firent donner la préférence a ce dernier, qui fut Je premier khalife ou vicaire du fondateur de la religion et de la puissance musulmanes. Ayéchah avait voué une haine implacable a Ali depuis qu’il Favait accusée du vivant méme de Mahomet d’intrigues galantes et de trahison. Aprés Abou-Bekr, régnérent Omar et Osman, toujours al’exclusion d’Ali.

Osman ayant été assassiné l’an 656, Ali fut enfin Au khalife , quoique ses ennemis accusassent d’avoir trempé dans le meurtre de son prédécesseur, et qu'il fat du moins soupconné de lavoir faiblement défendu. Trompé par de

perfides conseils, Ali commit la faute de destituer la plupart des gouverneurs de province nommés sous les régnes précédents. Cette imprudence fortifia opposition qui s’était toujours manifestée contre lui, et fut la cause de sa perte. Moawiah, gouverneur de Syrie, se déclara le vengeur et le successeur d’Osman. Amrou, privé du gouvernement de Egypte, qu’il avait conquise , se pronon¢a pour Moa wiah, Ce fut Ala Mecque que se forma le premier orage contre Ali. Une armée nombreuse , partie de cette ville, alla s’emparer de Bassora. Le khalife quitta Médine, et marcha contre les rebelles, qu'il vainquit complétement 4 Kharibah, dans une bataille que les Arabes ont appelée la journée du chameau, parce qu Ayéchah était montée sur un chameau, d’oii elle animait ses soldats et ses partisans. Cette victoire ne mit pas fin au schisme qui divisait empire musulman. Moawiah prit le titre de khalife 4 Damas, et continua la guerre. Ali pour l’éviter employa vainement tous les moyens de conciliation : pendant onze mois V’avantage fut toujours pour lui, dans quatre-vingt-dix combats que les deux armées se livrérent sur les confins de la Syrie. Moawiah eut enfin recours a V’artifice : par le conseil d’Amrou, il fit attacher au bout de plusieurs lances des exemplaires du Coran, portés 4 la téte des troupes par des gens qui criaient : Voici le livre qui doit terminer nos différends et arréter Veffusion du sang. Ce stratageéme réussit : les soldats d’Ali , saisis de respect , posérent Jes armes. Deux arbitres furent nommés pour vider cette grande querelle : celui d’Ali, homme probe mais simple, fut la dupe @Amrou, son collégue. Aprés de longues conférences, ils convinrent de déposer les deux khalifes; mais lorsque cette double déposition eut été publiquement prononcée par le crédule arbitre d’Ali, le rusé Amrou,, qui avait 4 dessein cédé la parole 4 son collégue, confirma son arrét contre le légitime khalife seulement, et maintint l’élection de l’usurpateur. Cette décision ralluma les troubles; mais elle ne laissa pas d’affaiblir, en le divisant, le parti d’Ali. Aprés une suite de victoires éclatantes, mais sans résultats avantageux ou durables, Ali fut assassiné dans la mosquée de Koufah, ot il avait établi le siége de sa puissance, a l’dge de soixante-trois ans, le 24 janvier 661. Il avait régné cing ans.

Humain et généreux, Ali avait trop de franchise pour étre un habile politique ; mais sa valeur était 4 toute épreuve, et son sabre, dzoulfckar, qu’il avait regu de Mahomet, est encore lobjet de Ja vénération musulmane; surnommé lui-méme Assad-Allah et Al-Mortadhi (le lion de Dieu, Vagréable 4 Dieu), il est généralement respecté comme un des héros de Vislamisme, Ali était savant, et avait Vesprit cultivé. On a de lui divers recueils de sentences et proverbes , et de poésies, qui ont été traduits en persan, en turc, en latin, en anglais, en francais, etc. Son modeste tombeau prés de Koufah demeura caché tant que dura la dynastie des Ommiades, fondée par Moawiah. On le découvrit sous le régne des Abbassides, et on y érigea un monument somptueux, autour duquel s’est formée depuis Ja ville de Mesched-Ali. Voyes ALIDES.

ALI, pacha de Janina. Ce dominateur de l’Epire moderne et de presque toute I’Hellade naquit vers 1745, a Tepeleni, bourgade de l’Epire. Son grand’pére, Mouctar, périt vers 1715, dans l’expédition des Tures contre Corfou, et son pere, Véli, ayant été chassé de Tepeleni par les autres fils de Mouctar, fut réduit pendant quelques années & faire, pour subsister, le métier de chef dune troupe de Alephtes. Véli parvint pourtant a reprendre sur ses fréres, qu’il fit périr, Phéritage.de son pére; mais il en fut bientét chassé de nouveau, et il mourut en 1759, laissant 4 peine & son fils Ali, alors trés-jeune encore, quelques champs et une cabane. Khaméo, mére d’ali, était une femme audacieuse , d'un caractére énergique et cruet elle réunit les partisans de son époux, anima le courage de son fils, ef marcha contre les ennemis de sa race. Aprés

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