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une alternative de succés et de défaites , Khaméo fut faite prisonniére et conduite 4 Gardiki , avec son fils Ali et sa fille Chaénitza; les deux femmes furent outragées et traitées avec la plus grande barbarie. Khaméo, délivrée de ses ennemis par le secours d’un marchand grec, qui paya sa rancon et celle de ses enfants, portées 475,000 francs , n’oublia jamais ce qu’elle avait souffert. Ali la vengea plus tard par extermination de tous les Gardikiotes.
ici commence dans la vie d’Ali une suite de crimes et de brigandages. Obligé de passer en Eubée, il revint bientét en Epire, s’enrichit par le pillage du canton de Zagori, et s’étahdit de nouveau a Tepeleni. Ses crimes multipliés attirérent enfin Vattention de Kourd, pacha de Bérat, qui envoya contre Ali des troupes, qui le firent prisonnier. Ses compagnons furent pendus, et il aurait dd létre; mais sa jeunesse, sa beauté, quelques relations de parenté et les pritres de Khaméo le sauvérent. Kourd lui pardonna, et le renvoya & Tepeleni, avec Viajonction de ne plus troubler Yordre public. Ali tint parole : il s’appliqua 4 étendre ses relations et a se faire des alliés; il obtint en mariage la fille de Kapelan, pacha de Delvino, Emineh, dont la beauté, les vertus et les infortunes furent longtemps célébres dans la mémoire des Epirotes. Ali avait environ vingt-quatre ans lorsqu’il ’épousa. Il espérait par ses alliances obtenir un pachalik ou tout autre emploi important; mais il vit tous ses efforts et toutes ses ruses échouer jusqu’au jour ou, moitié par trahison, moitié par force, il fut enfin mis en possession du pachalik de Janina. Il consolida sa puissance dans ce poste, grace 4 un grand despotisme et de terribles vengeances; ensuite il tourna son esprit aux idées d’agrandissement, et a partir de cette époque ses conquétes allérent toujours en s’accroissanf. Il eut bientét toute l’Epire sous sa domination , 4 exception pourtant du canton de Delvino, ot !e pacha se trouvait bloqué dans les montagnes avec celui de Souli, dont les habitants s’étaient conservés indépendants de Ja domination ottomane. Ces montagnards résisttrent pendant trois ans, déployant un courage désespéré et héroique, et finirent par succomber enis02. Beaucoup furent tués; le reste fut forcé de se disperser dans la Gréce et les Sept-Iles. Ali-Pacha profita de ta ruine de Venise pour s’emparer des possessions de cette république sur la céte maritime de l’Albanie : de la sorte, il se vit possesseur de l’Acarnanie , de |’Etolie, et de presque toute l’Albanie, avec le titre de gouverneur de Romélie. Il avait en outre sous sa dépendance la Morée, ot l’ainé de ses fils était pacha.
Ali était alors au comble de sa gloire ef de sa force. Il avait essayé et essaya encore depuis de nouer tour a tour des alliances avec la France, avec ]’Angleterre, trahissant sous le moindre prétexte , ou méme sans prétexte. I] rechercha Vappui de Napoléon (qui avait envoyé un consul a Janina), tant que Napoléon fut vainqueur; mais lors des désastres de notre campagne de Russie il jeta le masque, et aida ouvertement les Anglais, déja maitres de Zante et de Céphalonie , a se rendre maitres de Parga et a resserrer Corfou, espérant obtenir une part de nos dépouilles. Les traités de Vienne, en donnant Jes Sept-Iles a l’Angleterre, trompérent son espoir. Enfin, en 1818, la vénalité lui livra Parga, qui Jui avait toujours échappé. Cette matheureuse ville lui fut vendue par le gouverneur de Corfou, Maitland, sous la condition d’une indemnité, dont la moitié fut encore prise aux maalheureux habitants par les commissaires anglais chargés de son évaluation.
Enfin, en 1820, le sultan Mahmoud, se croyant assez affermi, mit Ali-Pacha au ban de l’empire. Attaqué par des forces imposantes, Ali se défendit héroiquement; mais abandonné de tous les siens, il dut se rendre, en se réservant la vie sauve, Kourchid-Pacha lui en donna la promesse ; mais dés qu’Ali fut en sa possession, il le fit entourer par ses soldats, et lui présenta un firman de mort : Ali