ALI — ALIBERT
répondit en faisant feu de ses deux pistolets, et tomba percé de coups. — Ceci se passait le 28 janvier 1829.
Ses fils et ses petits-fils, a exception d’un, furent décapités 4 Kutayech, ou ils s’étaient retirés, aprés avoir capitulé a Prévésa et Argyro Kastro, Vasiliki, femme courageuse, qui avait soutenu son époux dans Je malheur, et qui lui était restée fidéle jusqu’au dernier moment, le consolant par ses vertus, fut seule épargnée parmi les femmes d’Ali et de ses fils. Quelques années aprés , lorsque le petit-fils survivant d’Ali fut nommé pacha de Janina, elle l’y accompagna et jouit des honneurs dus a son rang.
Ali-Pacha était un homme d’une brayoure sanguinaire , dun caractere cruel, intrigant et perfide. Son ambition égalait sa cruauté. Il avouait ses vices, et faisait parade de ses crimes quand ils pouvaient servir a ses projets. Il n’aima réellement que deux personnes : Emineh, dont nous avons parlé, et Vasiliki, jeune Grecque qui la remplaca. Vasiliki était @un village appelé Plichivistas, dont les habitants, accusés d’étre de faux monnayeurs, avaient été saisis et pendus par ordre d’Ali. Touché des larmes et de la beauté de Ja jeune Vasiliki, qui implorait sa pitié pour sa mére et ses sceurs, il la conduisit a Janina, et en fit son épouse. A part ces deux affections, Ali ne voyait autour de lui que des ennemis ou des complices : il tuait les premiers et corrompait les seconds. Il dut sa haute puissance autant ala ruse ef a la trahison qu’a son courage et a son intelligence. C’était un aventurier habile et hardi, qui placé en d'autres circonstances eit pu devenir un grand homme.
ALIBAUD (Louis), né 4 Nimes en 1810, recut les éléments d’une éducation libérale au collége de cette ville; cependant il n’acheva pas ses études, et s’engagea en 1829 dans le 15° régiment d’infanterie légére, en garnison a Paris. Il quitta le service en 1834, soit qu'il désespérat d’arriver au grade dofficier, soit qu'il fit dégouté dune carriére ot Vobéissance passive est une des qualités les plus nécessaires ; il laissa au régiment la réputation d’un bon. sous-officier, Obligé d@’entreprendre une nouvelle carriére, Alibaud chercha a entrer dans'le commerce, ef ne put y parvenir. Il fut alors employé pendant quelque temps a !’administration des télégraphes 4 Carcassonne, puis il alla a Perpignan rejoindre son pére. La il se lia avec des réfugiés espagnols qui avaient congu le projet d’entrer en Espagne pour y opérer un mouvement. I] alla méme avec eux jusqu’é Barcelone; mais les mesures prises par le gouvernement espagnol l’obligérent a reyenir en France. Ce fut alors qu’il se dirigea sur Paris ayec la ferme résolution d’assassiner le roi; il y arriva en novembre 1835. S’il faut en croire Alibaud lui-méme, le projet qu’il méditait alors remontait 4 1832. Il aurait eu pour origine ’idée qu’il s’était faite du despotisme de Louis-Philippe. Pendant six mois il chercha une occasion favorable de mettre 4 exécution son projet, épiant le roi dans ses sorties, Enfin, le 26 juin 1836 il se posta au guichet des Tuileries qui donne en face du Pont-Royal, et lorsque le roi sortait en voiture avec la reine et madame Adélaide, il tira sur lui ayec une canne-fusil un coup presqu’a bout portant. Arrété immédiatement, on lui trouva un couteau-poignard avec lequel il voulait se tuer. Traduit devant la cour des pairs , Alibaud y fut défendu par M. Ledru; puis il prit lui-méme la parole, et se mit a lire une théorie du régicide qu’il avait préparée ; mais le président l’arréta au commencement de sa lecture, et l’empécha de continuer. Il fut condamné par la cour 4 subir la peine des parricides, et fut exécuté le 11 juillet 1836. Alibaud montra beaucoup de fermeté, soit lors de son arrestation, soit dans le cours des débats, soit au moment de sa mort. De tous les assassins qui ont attenté a la vie de Louis-Philippe, c’est certainement celui qui a montré le plus d’énergie et de courage.
ALIBERT (Jean-Louts) fut le médecin le plus brillant et sans contreditle plus littéraire au temps de Vempire et de la restauration, et il dut ses succes & son esprit naturel et a