ALLEMAGNE — ALLENT
ilse livra A V’étude dans une retraite absolue. Sur l’invitation d’Henri, comte de Northumberland, Allen censentit a résider quelque temps dans l’habitation du comte, et se lia avec les mathématiciens les plus distingués de son temps. Le comte de Leicester, qui professait pour Allen la plus grande estime, voulut lui faire don d’un éyéché; mais I’amour d’Allen pour l’isolement et Ja solitude lui fit décliner cette offre, toute magnifique qu’elle était. Allen forma une collection précieuse de manuscrits sur histoire, Vantiquité, l’astronomie, Ja philosophie et les mathématiques; il mourut & Glocester-Hall en 1632.
ALLENT (Pierre-ALexanpre-Joseru, chevalier), né a Saint-Omer, le 9 aodt 1772, d’une famille honorablement connue dans le commerce, eut a peine terminé ses études qu’il s’engagea comme simple canonnier, et fit ses premiéres armes au bombardement de Lille, en 1792. Il montra dés lors une capacité qui fixa bientot attention des officiers du génie, et lui valut Yhonneur d’étre admis dans l’arme d’élite dont il devait devenir l’un des chefs les plus savants. I] fit alors successivement ses preuves aux travaux de défense de la Lys, 4’Aa, & Saint-Venant, aux postes de la Lys ef au canal de jonction; 4 Dunkerque, au fort Louis, sur les cétes, a l’armée de Mayence, a celle du Danube, a l’investissement de Philisbourg ; enfin 4 la défense des tétes de pont du Rhin. Carnot Yappela au cabinet topographique, et lui confia plusieurs missions importantes. — Quand Napoléon voulut ouvrir une nouvelle et vaste carriére aux travaux du génie milifaire, Allent fut nommé secrétaire du comité chargé d’examiner les projets présentés pour un plan général de défense , et par ses soins les travaux recurent une puissante impulsion. Appelé dés sa création a faire partie de la commission mixte des travaux publics, il en fut pendant trente ans un des membres les plus actifs. L’empereur, frappé du savoir et de la lucidité que montrait Allent lorsqu’il lui rendait compte des travaux du comité des fortifications, le nomma maitre des requétes au conseil d’Etat. La section de la guerre le réclamait plus particuliérement; cependant il fut attaché au comité du céntentieux. Dans cette nouvelle carriere, ot pendant prés de vingt-cing ans il rendit tant de services a la France, il concourut plus que personne peut-étre a fonder, 4 fixer la jurisprudence du contentieux administratif sous le régime de nos lois actuelles. En 1814, lorsque les armées étrangéres marchérent sur notre capitale, Allent acquit de nouveaux titres a fa reconnaissance du pays, et la garde nationale de Paris conservera longtemps le souvenir de tout ce qu’il fit pour elle, soit en coopérant a son organisation, soit en s’associant 2 ses périlleuses fatigues en qualité de chef d’état-major.
La Restauration eut le bon esprit de ne point négliger une capacité si remarquable : dés 1814 elle avait appelé Allent au conseil d’Etat. De 1817 A 1819 il remplit les fonctions de sous-secrétaire d’Etat au département de la guerre, sous le maréchal Gouyion-Saint-Cyr. Enfin, en 1819 il fut nommé a la présidence du contentieux du conseil d’Etat , fonctions qu’il remplit toujours avec la méme supériorité jusqu’au 6 juillet 1837, époque de sa mort.
Allent avait été élu membre de la chambre des députés, le 1°" aodit 1828, par le département du Pas-de-Calais. En 1832 il fut appelé a siéger 4 la chambre des pairs. Commandeur dela Légion d’Honneur et chevalier de Saint-Louis , il avait constamment refusé les décorations étrangéres qui lui avaient été offertes.
On a d’Allent plusieurs ouyrages estimés , notamment un Essai sur les Connaissances militaires, publié en 1823, dans la premiére édition du Mémorial de la Guerre, réimprimé en 1829, et traduit en anglais; ce traité est un guide précieux pour les officiers d’état-major; et une Histoire du Corps du Génie, ou de la guerre de siége et de I’établissement des frontiéres sous Louis XIV. Ce bet ouvrage n’a malheureusement pas été terminé., Le seub