ABRAXAS — ABRI
soit d’aprés différents symboles connus. C’est le jugement que porte Kopp dans le troisitme volume de sa Paleographia criticu. Nous renverrons le lecteur a essai de Bellermann Sur les gemmes antiques qui portent la figure d@ Abraxas (3 vol., Berlin, 1817-19), et Al Histoire critique du Gnosticisme de M. Matter (Paris, 1838, 2 vol. ). ;
ABREGE. C'est la réduction d’un plus grand ouvrage 4 un.moindre volume ; et, s’il est bien fait, il peut quelquefois faire oublier Poriginal : c’est ainsi que histoire de Justin a fait oublier celle de Trogue-Pompée. L’épitomé est , comme Pabrégé, un ouvrage réduit, mais plus succinct encore ; et ce mot, purement grec, quoiqu’il ait passé dans notre langue, n’est guére employé que pour le tilre de certains petits ouvrages latins que dans les colléges on met entre les mains des éléves des basses classes. L’on ne peut guére traiter Vhistoire générale qu’en abrégé. L’Abrégé chronologique de I’Histoire de France, par le président Hénault, est un chef-d’euvre du genre; et, comme I’a dit avec raison Pabbe Girard, il n’est peut-tre pas d’épitomé mieux fait que PHistoire Romaine par Eutrope. Les abrégés qui furent faits dans le siécle dernier a l’usage de l’Ecole militaire ont eu leur utilité, quelques-uns méme leur réputation. Depuis une trentaine d’années Jes instituteurs de la jeunesse ne dédaignent pas de recourir aux sources pour composer leurs abrégés, et depuis vingt ans surtout on pourrait citer pour Phistoire, pour les sciences exactes , pour les sciences naturelles , comme pour la grammaire, un nombre assez notable d’abrégés qui, sous ce titre ancien comme sous celui de précis ou de manuels, font un honneur infini a leurs auteurs, parce que méme pour instruire la plus tendre jeunesse ils ont pensé que le premier devoir était de se montrer a la hauteur des progres faits par la science.
ABREUVOIR, lieu disposé pour faire boire et baigner les animaux domestiques. Tantét ’abreuvoir est tout simplement une pente douce choisie ou préparée sur le bord dune riviére , d’un étang ou dune piéce d’eau; tantét c’est une espéce de bassin dont le fond est pavé, dont les parois sont construites au ciment et dans lequel on rassemble les eaux de la pluie ou celle d’une source. Les abreuvoirs naturels doivent étre munis d’un barrage qui empéche les animaux d’avancer 1a ott il y aurait du danger, soit par la profondeur de l'eau, soit par la rapidité du courant. Les abreuvoirs artificiels doivent ¢tre fréquemment curés, on ne doit ni y laver du linge, ni y laisser rouir du chanvre , ni méme y laisser arriver des eaux sales et malsaines. — Les chasseurs donnent le nom d’abrewvoir au lieu oit le gibier a coutume de se rendre pour se désaltérer.
ABREVIATEURS, titre officiel des scribes intimes de la chancellerie pontificale chargés de rédiger et de transcrire le texte des brefs et des autres actes émanant des papes, de les comparer avec l'original quand ils ont été mis au net et den faire les expéditions avec les différentes abréviations en usage au Dataire, ot! on y appose aussi Ja date. Il est pour Ja premiére fois fait mention d’abréviateurs au commence- Inent du quatorziéme siécle. Le pape Paul II abolit ces char- Bes, & cause des abus de corruption auxquels elles donnaient lieu ; mais on les rétablit plus tard. Le nombre des titulaires fut porté Jusqu’a soixante-douze, dont douze avaient le rang et portaient le costume des prélats, vingt-deux étaient des ecclé- Slastiques de rang inférieur, et le reste des laiques. Aujourd’hui le nombre en a 6té beaucoup réduit; et il en est de méme des traitements considérables attachés jadis 4 ces emplois.
ABREVIATIONS. Les abréviations sont presque aussi anciennes que l’écriture. En effet, le besoin d’économiser Je temps et la place, Putilité d'un langage écrit qui ne fat pas connu de tout le monde, conduisirent das le principe ceux qui ont exercé Yart d’écrire 4 Vinyention dune écriture abrégée. C’est dans ce but que Yon eut recours aux sigles, auxmonosrammes, aux conjonctions, aux chiffres, aux notes tyroniennes. Nous parlerons ici seulement des abré-
viations proprement dites, et spécialement de celles que — Yon rencontre dans les manuscrits et les actes.
D’abord on omettait une partie des lettres qui composaient les mots. Ceux-ci n’étaient séparés entre eux que par des points. Tantot on ne laissait subsister que la premiere lettre du mot, tantdt on n’en retranchait que les derniéres , tant6t on en retranchait au milieu. Quelquefois on écrivait audessus du mot les lettres omises; puis on imagina certains signes abréviatifs pour remplacer des syllabes, des consonnes doubles , des diphthongues. La derniére syllabe dun mot est souvent représentée par la premiére lettre accompagnée d’un signe particulier, On rencontre en grec des mots entiers figurés par une abréviation.
On trouve assez peu d’abréviations dans les anciens manuscrits, en sorte que lon peut poser en principe, que si Pécriture capitale ou onciale est belle, et qu’il n’y ait qu’un petit nombre d’abréviations, c’est un signe de la plus haute antiquité. Les abréviations devinrent moins rares peu apres le sixiéme siecle; leur nombre augmenta considérablement au huitiéme ; elles se multipli¢rent encore bien davantage au neuviéme; au dixiéme et au onziéme, il n’y a pas de lignes dans les chartes et manuscrits oi l’on n’en trouve plusieurs ; enfin , dans les quatre siécles suivants on fit un véritable abus des abréviations; V’écriture en fut remplie, méme dans les ouvrages en langue yulgaire et dans les premiers exemplaires de l’imprimerie.
Cet abus des abréviations ‘it ouvrir les yeux, au commencement du quatorziéme siécle, sur les inconvénients qui en résultaient; et en 1304 Philippe le Bel rendit une ordonnance qui proscrivait dans les actes juridiques, et spécialement dans les minutes des notaires, toutes les abréviations qui exposent les actes a étre mal entendus ou falsifiés. En 1552 le parlement bannit également des lettres royaux les e¢ cetera, qui jusque alors avaient été usage, et qui entrainaient également de graves inconvénients. Toutes ces abréviations des treiziéme, quatorziéme et quinziéme siécles, et une multitude d’autres introduites pendant la barbarie des temps scolastiques, rendent la lecture des manuscrits et des anciens actes trés-difficile, et exigent une étude spéciale. Pour aider a les déchiffrer, un érudit du siécle dernier, Lacurne de Sainte-Palaye, avait recueilli un alphabet des anciennes abréviations latines et des abréviations plus récentes employées dans les titres et les manuscrits. Nous renvoyons nos lecteurs a cette table savante, qui se trouve dans les traités des bénédictins sur la diplomatique. L’ Encyclopédie de Diderot et d’Alembert donne aussi une de ces tables.
ABRI (du latin apricus, dont les Espagnols ont fait abrigo et les habitants du midi de la France abric ), lieu ou Yon se peut mettre 4 couvert du vent, dela pluie, ete. Nous n’examinerons ici ce mot qu’au point de vue de lhorticulture; car on sait que les abris jouent un réle important dans cette science, indispensables qu’ils sont pour la multiplication et la conservation d'une foule de végétaux exotiques , pour obtenir des productions précoces ou tardives, pour améliorer la qualité et augmenter la quantité des fruits. — Les horticulteurs appellent abri tout ce qui sert A garantir les végétaux du vent, du froid ou de la chaleur. Ainsi, les cldtures , les murailles, les haies séches, les haies vives, les brise-vent, les palissades, les lisiéres des bois, les bordures des jardins, ou encadrements qui ont pour but d’établir une séparation entre les parties cultivées et les sentiers ou allées, les serres, les baches, les chassis, les cloches, les couvertures, les écrans, les nattes, les paillassons, les simples canevas , doivent étre compris sous cette dénomination générique. Ona recours a ces différents moyens tantét pouformer des abris artificiels contre le vent , tant6t pour protéger contre les sécheresses de l’été quelques semis d’arbres délicats pendant leur jeunesse, tantot pour défendre diverses cultures contre les pluies d’averse, ou bien contre le froid et contre la chaleur,