ABUS — ABUSER
mineur pour lui faire souscrire & son préjudice des obligations, quittances ou décharges pour prét d’argent, de choses mobiliéres, etc., sous quelque forme que cette négociation ait été déguisée : la peine est de deux mois a deux ans; 2° lousquabusant d’un blanc-seing on a frauduleusement écrit au-dessus une obligation ou décharge , ou tout autre acte pouvant cCompromettre la personne du signataire; il y a de plus crime de faux; 3° lorsqu’on a détourné ou dissipe au préjudice des propriétaires , possesseurs et détenteurs ; des effets, deniers, marchandises , billets, quittances ou fous autres écrits contenant ou opérant obligation ou décharge, s’ils n’avaient été remis qu’A titre de louage, de dépot , de mandat , ou pour un travail salarié ou non salarié, a la charge de les rendre ou de les représenter, ou den faire un usage ou un emploi déterminé : la peine est de deux mois & deux ans demprisonnement ; et si le coupable est homme de service a gages , éléve, clere, commis, ouvrier, compagnon ou apprenti de la personne a légard de qui Yabus a été commis, la peine est la réclusion ; 4° lorsqu’aprés avoir produit dans une contestation judiciaire une piece quelconque, on l’aurait soustraite ensuite de quelque maniére que ce soit : la peine est d’une amende de vingt-cing a trois cents francs.
ABUS DES MOTS, fausse application qu’on en fait, en les détournant de leur vrai sens. « Les livres, comme les conversations, dit Voltaire, nous donnent rarement des idées précises. Rien n’est si commun que de lire et de converser inutilement. » C’est pour cela que Locke a tant recommandé de définir les termes. En effet que de disputes pour des mots qu’on n’entend pas mieux souvent d’un cété que de autre! « Dans toutes les disputes sur la liberté, dit encore Voltaire , un argumentant entend presque toujours une chose et son adversaire une autre. Un troisiéme survient qui n’entend le premier ni le second, et qui n’en est pas entendu. Dans les disputes sur la liberté , ’un a dans la téte la puissance d’agir, l'autre la puissance de vouloir, le dernier le désir d’exécuter ; ils courent tons trois, chacun dans son cercle, et ne se rencontrent jamais. Il en est de méme des querelles sur la grace. Qui peut comprendre sa nature, ses opérations, et la suffisante qui ne suffit pas, et Pefficace a laquelle on résiste? » L’abus des mots repose presque toujours sur l’équivoque. Mais c’est surtout une équivoque volontaire. I] est done du plus grand intérét de donner des mots des définitions rigourenses. Malheureusement quand les idées ne sont pas Claires, les expressions ne peuvent pas Pétre,
et de la des querelles, des combats pour des mots que per-
sonne ne comprend , mais qui cachent souvent des passions et des intéréts.
ABUSER. Comme verbe neutre, ce mot signifie user avec exces, faire mauvais usage, faire tourner 4 son profit. Abuser de sa fortune, dun droit, d’une permission, de la patience, de la honté de quelqu’un. « Ma fille, j'abuse de vous, écrit madame de sévigné, voyez quels fagots je vous conte. » « Lhomme abuse également et des animaux et des hommes, » dit Buffon. L’Académie, d’accord avec le Code, définit la propriété « le droit dusex et @abuser. » Abuser dune femme, dune fille, c’est en jouir sans lavoir épousée. « J] faut étre bien malhonnéte homme, dit le Dicdionnaire de Trévoux, pour abuser de la femme de son ami et de la fille de son hdte. » — A lactif le verbe abuser signifie tromper, en se servant de linfluence ou de Pempire que donnent Vignorance, la simplicité, la confiance d’autrui. « Il yous promet cela, il vous avuse, » dit I'Académie. Les faux prophétes, les charlatans abusent les peuples, » ajoute Trévoux. Les passions , imagination , Pamour-propre nous abusent. — Abuser une fille, cest la tromper par de fansses promesses. On s’abuse par prevention ou par défaut de jugement. La jeunesse et la vieillesse s’abusent souvent, parce que chaque age a ses passions , ses illusions. Abuser Ue sol-meite , c'est se livrer a Ja funeste pratique