‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 41 sur 197 · ACCAPAREMENT — ACCENT · texte numérisé non relu

ACCAPAREMENT — ACCENT

Les principes qui nous régissent aujourd’hui sont renfermés dans les art. 419 et 420 du Code Pénal : liberté pour le producteur, concurrence pour le consommateur , telle est économie de la loi; mais la liberté conduit souvent au monopole. Ce que la loi réprouve seulement, c’est le monopole par coalition : celui-la est regardé comme contraire & Vordre, comme illicite; il est frappé dune sanction pénale. Que des fabricants se réunissent pour empécher la libre concurrence, que les principaux détenteurs dune méme marchandise s’entendent pour ne pas la vendre, ou pour ne la vendre qu’A un certain prix, il y a coalition ; application dune peine qui pourra ¢tre @une année dem prisonnement et de dix mille francs d’amende. Si la denrée qui fait le sujet de la coalition consiste en grains, grenailles, farines, substances farineuses, pain, vin, ou toute autre boisson, Yemprisonnement pourra s’élever a deux ans et l’amende a vingt mille francs.

Il y a un certain genre de spéculations qu’on appelle commerce de réserve, qu’il ne faut pas confondre avec Yaccaparement. Le commerce de réserve est toujours fort utile; il empéche Vavilissement des céréales dans les années d’abondance, et prépare un reméde contre les disettes : en arrétant le gaspillage des récoltes, i! empéche la ruine des cultiyateurs; en mettant en réserve le superflu, il prévient tous les désordres qui sont ’apanage de la famine. Aujourd’hui cependant le commerce de réserve est moins utile : on y supplée par le commerce de circulation. Dés que les subsistances deviennent rares dans une contrée, Yéquilibre est bientot rétabli au moyen des arrivages. La facilité des communications est trés-propre a favoriser cet état de choses : lorsque Europe sera couverte de chemins de fer, nous n’aurons plus rien a craindre des horreurs de la disette. PAUL-JACQUES.

ACCASTILLAGE. En marine on désigne ainsi quelquefois toute la partie du batiment qui est hors de l'eau; mais plus ordinairement on comprend sous ce nom les deux gaillards, et par extension la coursive qui les joint.

ACCELERATION (du latin acceleratio, fait de ad, vers, celerare, se hater). C’est en mécanique l’augmentation de vitesse que recoit un corps en mouvement. Ainsi, un corps qui tombe librement par Veffet de sa pecanteur propre recoit incessamment une accélération de vitesse, tandis qu’un projectile, qu’un boulet, par exemple, qui se meut dans un milieu résistant, éprouve une refardation de vitesse qui dénature la courbe qu’il décrirait en vertu de la force @impulsion initiale et des lois de la pesanteur. Galilée, le premier, expliqua d’une maniére satisfaisante les causes , longtemps inconnues, de l’accélération.

En astronomie on appelle accélération diurne des étoiles la quantité dont leur lever et leur coucher avancent chaque jour, ainsi que leur passage au méridien : elle est de 3’ 56’. Cette accélération vient du retardement effectif du soleil. Le mouvement propre de cet astre vers l’orient, qui est de 59’ 8" de degré tous Jes jours, fait que l’étoile gui passait hier au méridien en méme temps que le soleil est aujourd’hui plus occidentale de 59’ 58” de degré, ou de 3™ 56° de temps, dont elle passera plus tot qu’hier. — Laccélération des plunetes est le mouvement propre des planétes doccident en orient, suivant lordre des signes , mais qui, relativement a la terre, parait plus grand qu’il n’est réellement. Cette accélération a pour cause le mouvement de la terre combiné avec celui de la planéte. Elle a lie’ pour les planétes inférieures, Mercure et Vénus, quelque temps apres leur conjonction inférieure, et pour les planétes supérieures, Mars, Jupiter, Saturne, Herschell, aprés leur Conjonction au soleil.

Le mot accélération est encore employé en physiologie et en pathologie pour exprimer l'état de ’économie animale dans lequel certaines fonctions se trouvent avoir pris un

Cet état peut étre accidentel ou permanent, cest-a-dire qu’il provient de l’exercice forcé de quelque fonction animale, ou bien qu’il est la cause ou le résultat de quelque maladie.

ACCENSE, ACCENSEMENT (du frangais & cens ). On appelait ainsi, dans notre ancien droit frangais, un bail, soit qwil fit bail a ferme, bail a@ cens ou bail a rente. Les deux premiers laissaient la propriété 4 celui qui donnait a bail, c’est-’-dire au bailleur, mais Pun était toujours a temps, tandis que l’autre pouvait étre perpétuel. Par le dernier, au contraire, le bailleur aliénait son héritage, moyennant une rente perpétuelle ou seulement viagére ( voyes Baw. ). Dans quelques coutumes, les accenses étaient le prix du fermage, et les fermiers étaient appelés accenseurs.

ACCENT (du latin accentus, de ad, pour, cantus, chant), élévation ou abaissement de Ja voix sur certaines syllabes, toute modification de la voix dans la durée ou dans le ton des syllabes ou des mots. L’accent femporel ou guantité syllabique est accent qui indique que la voyelle sur laquelle il tombe est plus ou moins longue. La prononciation francaise allonge constamment la derniére syllabe des mots masculins et la pénultiéme des mots féminins. II en résulte que toutes les autres syllabes de nos mots sont bréves. Les Normands déplacent l’accent temporel, et c’est la le vice de leur prononciation. L’accent tonique ou prosodique, est celui qui porte sur la syllabe d’un mot polysyllabique oii la voix s’éléve. L’accent tonique existe dans toutes les langues; chaque mot a le sien et n’en a qu’un. L’accent tonique se distingue de accent temporel en ce que celui-ci n’a rapport qu’a la quantité des syllabes, tandis que l’accent tonique a pour caractére propre de faire saillir spécialement une syllabe parmi les syllabes environnantes. En francais accent tonique se trouve, comme l’accent temporel, sur la derniére syllabe quand elle n’est pas muette, et dans ce dernier cas sur la pénultiéme. Dans toutes les langues, certains mots, comme les monosyllabes, perdent Jeur accent dans la suite du discours, parce qu’ils se lient au mot suivant ou au mot précédent dans la prononciation. L’ac; cent logique ou rationnel est celui qui fait sentir le rapport, la connexion plus ou moins grande que les propositions et les idées ont entre elles et indique a l’intelligence V'idée que l'on veut rendre; il se marque en partie par la ponctuation. L’accent oratoire marque, nuance un mot parmi les autres mots, absolument de la méme maniére que l’accent tonique reléve une syllabe parmi les autres syllabes. L’accent pathétique est celui qui, par diverses inflexions de voix, par un ton plus ou moins élevé, exprime les affections dont celui qui parle est agité et les communique a ceux qui I’écoutent. — On donne le nom d’accent national aux inflexions de voix particuliéres 4 une nation, comme on qualifie d’accent provincial la maniére d’articuler et de prononcer propre a certaines provinces. L’accent populaire est une prononciation trainante et commune. — Accent se dit encore de l’expression méme, abstraction faite des paroles, puis du chant des oiseaux, du son des instruments : /’accent du désespoir ; les accents de la douleur; Vaccent plaintif des cris de la pie; du luth harmonieuzx les séduisants accents , etc.

Dans la musique Vaccené est une modulation de la voix allant du grave 4 l’aigu ou de Vaigu au grave, enflant le ton ou Je diminuant, abrégeant ou allongeant la durée du son et donnant au chant une couleur tantot naive et simple, tantot fougueuse et passionnée. L’étude des divers accents et de leurs effets dans la Jangue doit étre la grande affaire du musicien, Denis a’Halicarnasse regarde avec raison Vaccent en général comme la semence de toute musique. Les langues sont donc plus ou moins musicales, suivant qu’elles ont plus ou moins d’accents. Moins une langue a d’accents, plus la mélodie doit étre monotone, languissante et fade. Le

degré d’activité plus grand que celui qui leur est habituel. | premier et principal objet de ta musique étant de plaire a

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