ACCENT — ACCESSION
Voreille, on doit avant tout consulter la mélodie et Paccent musical dans le dessin d'un air quelconque; ensuite, s’il est question @un chant dramatique et imitatif, il faut chercher Paccent pathétique, qui donne de V’expression au sentiment, et l'accent rationnel, par lequel le musicien rend avec justesse les idées du poéte. Il y a dans la musique, comme dans la parole, un accent.national. Ainsi accent italien différe de Yaccent frangais. La musique instrumentale a de méme son accent. L’instrumentiste exécute avec plus ou moins de sdreté @intonation, avec plus ou moins de vérité et de passion; il met dés lors plus ou moins daccent. Dans
chant ecclésiastique accent est une inflexion de voix qui se fait en psalmodiant. On le classe en immuabdle, moyen, grave, aigu, modéré, interrogatif, selon quwil est plus ou moins plein et élevé. On concoit en effet que c’est surtout en s’adressant a la Divinité que ‘homme doit chercher dans les intonations les plus diverses a rendre les mouvements si variés de son ame.
En grammaire on appelle accents certains signes que Yon emploie dans Vécriture et dans Vimpression et que Yon met sur les voyelles, soit pour en faire connaitre la prononciation , soit pour distinguer le sens d'un mot @avec celui dun autre mot qui s’écrit de méme, soit pour marquer la suppression dune consonne ou la contraction de deux voyelles. On fait usage en francais de trois accents : Paccent aigu, VYaccent grave, et Vaccent circonflexe. L’accent aigu (') sert & marquer le son de l’é fermé : chasteté, aime. L’accent grave (*‘) se met sur les voyelles a, e, uw, dans certains cas déterminés. Placé sur Ve il indique que cet e est ouvert, et qu'il doit se prononcer comme dans acces, succes : on met en général un accent grave sur l’e qui précéde une syllabe muette, comme algébre, siecle, régle, etc. Toutefois Académie a remplacé par un e aigu Ve grave qu’on employait autrefois dans ce cas pour une foule de mots : collége, événement, etc. Placé sur a, e, u, Vaccent grave sert a distinguer certains mots qui s’écrivent de ja méme maniére sans avoir le méme sens; ainsi on le met sur @, préposition, pour le distinguer de a, troisiéme personne du présent de Vindicatif du verbe avoir ; sur la, adverbe, pour le distinguer de /a, article; sur ov, adverbe, pour le distinguer de ow, conjonction; sur dés, préposition , pour le distinguer de des, contraction de de les ; sur ¢a@, adverbe et interjection, pour le distinguer de ca employé quelquefois pour cela. L’accent circonflexe n’est autre chose dans le francais moderne que le signe représentatif d’une lettre retranchée, soit voyelle, soit consonne, et particuli¢rement de I’s. On écrivait anciennement aage, roole, prestre, remerciement, apostre, dénowement, qu’on écrit a présent age, réle, prétre, remerciment, apotre, dénotiment. Cet accent se place encore sur l’i des verbes en aitre ou en oitre, partout ot cette lettre est suivie dun ¢; aux premiéres et deuxiémes personnes du pluriel du passé défini de tous les verbes, sur la voyelle qui précéde mes et tes : nous etimes, vous aimdtes ; sur la voyelle qui précéde le ¢ final de la troisiéme personne du singulier de Vimparfait du subjonctif de tous les verbes : qu il /ii¢, qu'il aimd¢. Au seiziéme siécle les mots que nous écrivons du, cri, ti, mir, sir, s’écrivaient deu, creu, teu, meur, seur, quoique leur prononciation ne différat pas de celle @aujour@hui; en supprimant l’e dans ces mots, on I’a remplacé par l’accent circonflexe, qui les distingue de leurs homonymes du, cru, tu, mur, sur, qui ont un autre sens. Notre prosodie ne souffrant pas deux e muets de suite dans le méme mot simple, on a mis, par analogie, un accent grave ou aigu sur Ve tinal des verbes qui, dans les phrases en forme interrogative, sont joints par un trait @union avec Je pronom je : aimé-je, dussé-je, veillé-je.
L’usage des accents remonte a une haute antiquité ; il parait qu’ils furent introduits chez les Grecs par Aristophane de Byzance, vers la 145¢ olympiade (deux siécies
avant Jésus-Christ ). Les accents étaient en usage dans I’écriture latine dés le temps d’ Auguste ; on en trouve la preuve dans les marbres et les plus anciens grammairiens. Au temps du Bas-Empire on négligea entiérement les accents et la ponctuation; leur absence totale est méme un des signes caractéristiques des monuments écrits de cette époque. Is ne recommencérent 4 étre d’un usage général que vers le onziéme siécle.
ACCENTUATION. C'est Vaction, la maniére d’accentuer, ?imprimer au son de la voix humaine les diverses modifications connues sous le nom d’accen ts.
ACCEPTATION (en latin acceptatio, d’accipere , recevoir), consentement de celui auquel on fait une offre, et qui ’agrée. Voyes Donation, LeGs, SUCCESSION.
En matiére commerciale l’acceptation est l’acte par lequel une personne s’engage a payer une Jettre de change a son échéance. Voyes LETTRE DE CHANGE.
ACCEPTILATION., C'était, en droit romain, le nom Wun contrat qui se faisait dans la forme de la stipulation par lequel un créancier supposait avoir regu de son débiteur la chose promise et le déliait ainsi de son obligation.
ACCEPTION DE PERSONNES. On appelle ainsi la préférence injuste qu’on donne a une personne sur une autre. Les législations de tous les peuples ordonnent aux magistrats de rendre la justice sans acception de personnes, sans plus d’égards pour le riche et le puissant que pour le pauvre et le faible, & peine de se rendre coupables de prévarication.
ACCES (du latin accedere, venir vers). On appelle ainsi tout trouble fonctionnel plus ou moins violent, plus ou moins prolongé, et sujet a revenir par intervalles. Diverses névroses, Vhystérie, Pépilepsie, la catalepsie, I’éclampsie, etc., s’annoncent par des accés. Cependant, quoique cette désignation soit consacrée dans la science a la réapparition des symptémes de ces affections, on a cru convenable de leur réserver celle dattaques, plus conforme a la brusque rapidité avec laquelle les malades sont frappés. La rage, la folie, ont aussi des accés. Il en est de méme de certaines passions , comme la colére , le désespoir, etc. — Au moral, on a pu dire de la manifestation inaccoutumée de quelque qualité, un accés de bienveillance, de libéralité, etc. — Qui n’a encore entendu parler des accés de goutte, d’asthme , de suffocation? Mais c'est surtout aux accidents des fiévres intermittentes que le nom W@accés convient dune maniére toute particuliére. On distingue dans les accés fébriles trois périodes ou stades, la premiére de frisson, la seconde de chaleur, la troisiéme de sueur. L’intervalle qui sépare ces accés les uns des autres s’appelle apyrexie ou intermission. Cet intervalle est plus ou moins long, suivant la durée des accés ou la fréquence de leur retour, qui affecte différents types, quotidien, tierce , quarte, etc. Les trois stades peuvent étre égaux ou inégaux ; quelquefois l'un d’eux manque, ou méme il n’en existe qu’un seul ; acces alors est dit incomplet.
D* DELASIAUVE.
ACCESSION (Droit). On exprime par ce mot, dérivé du latin accedere, la réunion d’une chosea une autre ; etl’on appelle droit d’ accession le droit qu’a tout propriétaire d'une chose mobiliére ou immobiliére sur tout ce qu'elle produit et sur tout ce qui s’y unit accessoirement, soit naturellement, soit artificiellement. (Code Civil, art. 546.) De la une double division, 1° de l’accession relativement aux immeubles , 2° de l’accession relativement aux meubles.
1° En ce qui touche les immeubles, ce droit s’applique aux alluvions et atterrissements, aux files qui se forment dans les fleuves et riviéres, aux constructions et plantations, aux travaux faits dans les mines, aux animaux dont parle Part. 564 du Code Civil. — On ne s’occupera ici ni des aJluvions, ni desmines,ni desatterrissements, qui feront objet d’articles spéciaux. Les fles et ilots qui se for-
70 ACCESSION — ACCLAJOLI
ment dans les riviéres appartiennent a Etat, sil s’agit de riviéres navigables ou flottables , et aux propriétaires riverains, s’il s’agit de rividres non navigables ni flottables. A cet égard , les riverains sont censés avoir droit sur la moitié du lit de la rividre , au moyen dune ligne fictivement tracée au milieu. Il n’y a @accession qu’autant que les terrains ont été formés d’une maniére insensible ; la terre subitement environnée par les eaux d’une riviére ne changerait pas de maitre. — Le propriétaire du fonds ot les constructions et plantations se trouvent en est censé auteur ; la preuve contraire peut seule faire cesser cette présomption et le droit qui en dérive. Mais il peut arriver que ce propriétaire ait employé des matériaux appartenant a un tiers; ce dernier ne peut les reyendiquer : il n’a qu’une action en dommagesintéréts , 4 moins que Védifice n’ait été détruit, et dans ce cas ils peuvent étre réclamés en nature. Si, au contraire, un tiers vient 4 construire sur le fonds d’autrui, le propriétaire a le droit de retenir les ouyrages en remboursant la valeur des matériaux employés et le prix de la main-d’ceuvre, ou d’en exiger la démolition. (C. Civ., art 553 a 555. ) — A la différence des animaux domestiques , les pigeons , lapins ou poissons, changent de maitre en quittant leur colombier, garenne ou étang : ils ne nous appartiennent donc que par droit d accession. Si cependant ces animaux avaient été attirés par fraude, il pourrait y avoir lieu a une demande en revendication. (C. Civ., art. 564.)
2° En ce qui touche laccession par rapport aux meubles, les régles tracées par le Code se rangent sous trois classes, qui répondent aux trois espéces d’accessions artificielles indiquées par les auteurs. Savoir : ’adjonction, la spécification, le mélange; mais comme en fait de meubles la possession vaut titre, ces régles ont nécessairement une application fort limitée. — L’adjonction a lieu par union de deux ou plusieurs choses appartenant a différents maitres. Dans ce cas, lorsqu’elles sont encore séparables, en sorte que Vune puisse subsister sans l'autre, par exemple le diamant enchassé dans un anneau, les galons d’un vétement, etc., le tout appartient au propriétaire de la chose principale, a la charge de payer la valeur de la chose unie ; et on entend ainsi celle 4 laquelle Vautre n’a été unie que pour lusage , ’ornement ou le complément de la premiére. Or, pour que le propriétaire de Paccessoire soit fondé a le reprendre, il faut la réunion de ces trois conditions : que les choses puissent se séparer, que l’adjonction ait eu lieu sans Paveu et a Vinsu du propriétaire de V’accessoire, que cet accessoire aif une valeur supérieure a celle du principal. — La spécification est la formation @une nouvelle espéce Wobjet avec une matiére appartenant a autrui. Voici a cet égard Ja distinction que fait la Joi. Si la matiére appartient entiérement 4 autrui, soit qu’elle puisse ou non reprendre sa premiére forme, le propriétaire ale droit de réclamer la nouvelle espéce en remboursant la main-d’ouvre; si artisan est propriétaire @une partie de la matiére et que la séparation ne puisse ce faire sans inconvénient, il y a communauté entre lui et le propriétaire de l’autre partie, en raison, quant a ce dernier, de la partie de matiére qu'il a fournie, et quant a artisan, en raison du prix de sa matiére et de sa main-d’ceuvre. Il peut se faire cependant que la main-d’ceuvre lemporte de beaucoup sur la matidre, comme , par exemple, la sculpture d’un bloc de marbre , le travail du peintre sur une toile. Dans ce cas, Vartiste demeure en possession moyennant indemnité. En cas de mauvaise foi de la part de celui qui a employé la matidre @autrui , le propriétaire est en droit @exiger des dommages-intéréts. (C. Civ., art. 571, 572 et 577.) — Le mélange a liea lorsqu’une chose a été formée de matiéres appartenant a différents maitres , et dont aucune ne peut étre regardée comme principale; si elles peuvent étre séparées, celui a Pinsu duquel elles ont été mélangées peut en demander la division, et s'il ne veut pas user de cette faculté,
il peut demander le prix de ses matiéres. Si elles ne peuvent plus étre séparées sans inconvénients, la propriété devient commune dans la proportion de la quantité, de la qualité et de la valeur appartenant a chacun. Mais si la matiére appartenant a un des propriétaires était de beaucoup supérieure a Pautre, par la quantité et le prix, en ce cas le propriétaire de la matiére supérieure pourrait réclamer le mélange entier, en remboursant a autre la valeur de sa matiére, 4 moins toutefois que le mélange n’edt été fait du consentement des différents propriétaires : il y aurait alors entre eux communauté et nécessité de liciter la chose au profit commun. (C. Ciy., art. 573 & 575. ) E. DE CHABROL.
ACCESSION (Droit international). C’est Vacceptation par un ou plusieurs Etats d’un traité déja conclu entre deux ou plusieurs autres. Comme un des plus récents exemples @accession on peut citer laccession du roi des Belges et du roi des Pays-Bas au traité conclu entre les gouvernements de France, d’Angleterre, d’Autriche, de Prusse et de Russie a la suite des conférences de Londres.
ACCESSIT (littéralement i/ s’est approché ), terme usité dans les universités, académies, colléges, etc. On appelle accessit la mention honorable accordée ala personne qui, ayant concouru pour un prix, a obtenu le plus de suffrages aprés celui qui l’a remporté.
ACCESSOIRE. On appelle ainsi dans les arts du dessin les objets qu’on fait entrer dans une composition, et qui, sans y étre absolument nécessaires , servent beaucoup a lembellir. Le grand talent de artiste est de bien choisir Paccessoire , de le coordonner a Vensemble de son cuvre, de ne jamais sacrifier ?un a autre, et de l’introduire avec tant d’adresse dans sa composition que sa présence y paraisse nécessaire. Dans le langage ordinaire, accessoire se dit de ce qui n’est pas forcément lié & une chose, mais qui y sert d’accompagnement et de suite. Exemple : la médecine a pour sciences accessoires la chimie, la botanique, la physique, ete.
ACCIACCATURA. Ce mot italien est employé en musique pour désigner unagrément d’exécution sur la nature duquel les divers auteurs ne sont pas d’accord. Les uns veulent qu’il consiste a frapper successivement et d'une maniére trés-rapide toutes les notes d’un accord. Les autres le font consister 4 frapper dans un accord une ou plusieurs notes qui ne lui appartiennent pas. Enfin, il y en a qui disent que c'est la méme chose quune appogiature; mais que l’on frappe presque simultanément avec la note principale.
ACCIAJOLI ou ACCIAJUOLI, ancienne et célébre famille de Florence, dont la fortune eut pour point de départ le commerce (celui de Pacier, dit-on, en italien acciajo), a donné des hommes remarquables a l’Etat, a Eglise, a la science, et des souverains 4 Corinthe, 4 Thébes et a Athénes. — Nicolas Acctasout, né en 1310, et général renommé, rendit particuliérement a Robert, roi de Naples, les services les plus importants, fit de nombreuses conquétes en Morée, en Sicile et en Italie, et s’éleva aux plus hautes dignités ; la reine Jeanne lenomma grand sénéchal du royaume de Naples, et plus tard il devint gouverneur de Bologne et de toute la Romagne. Outre ses talents militaires, il avait orné son esprit de connaissances littéraires et scientifiques , et compta parmi ses amis les plus intimes Pétrarque et Boccace; on nous a conservé plusieurs lettres de ces deux grands hommes, adressées 4 Nicolas Acciajoli, qui fut encore vice-roi de la Pouille, et mourut 4 Naples en 1366. — Donat AcciaJsoLi, né a Florence en 1428, remplit dans sa patrie plusieurs fonctions importantes : en 1473 il fut gonfalonier de la république, dont il défendit avec le patriotisme le plus pur les intéréts auprés des cours de France et de Rome, et mourut a Milan, fe 28 aot 1478, au moment oi: il se rendait en France comme ambassadeur. Sa patrie reconnais-
ACCIAJOLL — ACCLAMATION 71
sante dota.les deux filles de ce généreux citoyen, qui avait dédaigné tous les moyens de s’enrichir, et donna le fameux Laurent de Médicis pour tuteur aux trois fils qu'il laissait cm bas age. Malgré le temps que lui enlevérent les affaires publiques, il s’appliqua constamment aux sciences, en favorisa les progrés , et sedistingua lui-méme comme écrivain. Son Commentarius de Vitd Caroli Magni, écrit en latin trés-élégant, mérite encore d@étre lu. — Zenobius Accia- JOLI, né a Florence, en 1461, entra en 1494 dans Vordre des dominicains, fut bibliothécaire du Vatican sous le pape Léon X, et mourut en 1520. Ses connaissances dans la littérature ancienne lui méritérent l’estime et Pamitié de Marsile Ficin et d’Ange Politien, dont il publia les Epigrammata greca (Florence , 1495, in-4°). Il était luieméme bon poéte latin, mais on n’a conservé qu’un petit nombre de ses poésies latines. — Philippe Acciasoxt, chevalier de Malte, né a Florence en 1637, voyagea dans les quatre parties du monde , fit imprimer quelques ceuvres dramatiques , et mourut & Rome en 1700. — Au dix-huitiéme siécle , deux membres de cette famille recurent le chapeau de cardinal : ce sont Nicolas, né a Florence, en 1631, mort en 1719, et Philippe, son neveu, né a Rome, en 1700, mort en 1766. Celui-ci fut nonce en Suisse et en Portugal. Son déyouement aux jésuites lui suscita de grandes difficultés dans ce dernier pays.
ACCIDENT. Les qualités fortuites et non essentielles @une personne ou @une chose, comme étre riche, beau, etc.
En musique, on nomme accidents les diéses, bémols et bécarres, parce que ces signes placés devant les notes, les altérent momentanément en les haussant ou les baissant Wun demi-ton.
Dans la philosophie, le mot accident, dans son acception la plus générale, désigne tous les modes ou les maniéres @étre @une chose, par opposition a la substance considérée abstractivement.
Ce mot exprime, en outre, tout ce qui peut arriver inopinément de fachenx. Mais dans le langage médical, ou il est trés-usité , il recuit diverses acceptions. Tantét il désigne le mal lui-méme : congestion, upoplexie, fracture , entorse , bruilure, etc. ; tantét les phénomeénes non intimement liés aux affections dans lesquelles ces phénoménes se manifestent. On dit d’une maladie quelle se complique Waccidents du coté du cerveau, de la poitrine, des voies digestives, et vice versd. Dans quelques cas on donne a ce dernier genre d’accidents le nom d’épiphénoménes. Tréssouvent, enfin, il est synonyme de sympféme, comme, par exemple, dans ces locutions : les accidents sont graves ou légers, persistants ou fugaces, continus ou périodiques ; ils augmentent ou diminuent dintensité , etc.
ACCIDENTS DE LUMIERE. En peinture on donne ce nom aux espaces lumineux éclairés par le soleil lancant ses rayons dans lintervalle laissé par les nuages; aux clairs produits dans un tableau par des circonstances étrangéres a la lumiére générale de Ja composition. Ainsi les rayons lumineux qui pénétrent par une porte, une fenctre ouvertes, ou bien encore ceux que projette un flambeau, sont des accidents de lumieére, — Si les résultats ordinairement produits a nos yeux par la lumiére ne nous causent point de surprise, c’est que nos regards y sont accoutumés, Au contraire, que, par quelques dispositions ou circonstances particuliéres la lumiére lance des rayons plus éclatants qu’a Vordinaire et formant par leur contraste avec Yombre des oppositions franchées , ces effets, qui frapperont vivement les artistes , seront appelés par eux accidents de lumicre.-On dira done dun tableau dans lequel ces effets seront bien rendus que le peintre y a représenté d’heureux accidents de lumiére, qu'il s’y trouve de fréquents accidents de lumiére, etc.
ACCIDENTEL. Ce mot s’applique 4 toutes les choses qui arrivent sans que la cause nous en soit connue. Quand on dit qu’un phénoméne est accidentel, qu’il est di au
hasard, on ne veut pas dire qu’il n’a pas de cause, mais seulement qu’il ma pas de cause connue.
Dans la musique on appelle signes accidentels les dieses, bémols et bécarres qui n’étant point 4 la clef se rencontrent dans le courant d’un morceau de musique.
ACCISE (du bas-latin accisia, fait de accidere, tailler, couper), impot, taxe qui se léve sur les boissons et autres objets de consommation, dans plusieurs Etats, L’accise répond a peu prés aux contributions indirectes en France, Elle existe en Angleterre sous le nom @’excise.
ACCIUS ou ATTIUS (Lucius), un des plus anciens auteurs tragiques des Romains, dont ilne nous reste que des fragments, était fils d’un affranchi. Il naquit vers Pan 160 avant J.-C., et mourut dans un Age trés-avancé ; car Cicéron, qui le cite trés-fréquemment, parait avoir connu, et Cicéron était né Van 106. D’un passage du Brutus de Cicéron, ch. 64, il résulte qu’Accius avait trente ans lorsque Pacuvius en avait quatre-vingts. Il était contemporain de Lugilius, et florissait vers ’an 115. Si Yon ajoute foi a Valére Maxime (III, 7, 11), Accius aurait méme connu Jules César : il rapporte que, dans une réunion de poétes, le vieil Accius ne se levait pas en présence de César, non par aucune intention de lui manquer de respect, mais a raison de sa supériorité comme poéte. En admettant Vexactitude de lanecdote, elle ne pourrait se rapporter qu’a la jeunesse de César; car on sait qu’il fut nommé gouverneur des Gaules en l’an 58; il y passa dix ans, et les quatre derniéres années de sa vie furent remplies par les guerres civiles et sa dictature. Accius devait étre mort depuis longtemps. Celles de ses tragédies dont il nous reste des fragments ont pour titres : les Agamemnonides, les Argonautes, Armorum Judicium (que nous sommes forcé de traduire par cette périphrase : Jugement du débat élevé entre Ajax et Ulysse sur les armes d’Achille), Atrée, Hurysaces, les Myrmidons , Philoctéte & Lemnos, Prométhée, les Trachiniennes. \\ nous reste de ces deux derniéres deux beaux et longs fragments conservés par Cicéron. Les sujets de toutes ces piéces avaient été déja traités par les tragiques grecs. On cite aussi parmi les ouvrages d’Accius une tragédie de Brutus, dont le sujet était Pexpulsion des rois de Rome. La perte en est d@autant plus regrettable que les drames sur des sujets nationaux sont plus rares dans la littérature romaine. Neukirch (De fabuld togatéd Romanorum) conjecture qu’Accius composa cette piéce sur le conseil de Decimus Brutus , avec lequel il était lié. Il parait avoir écrit aussi des Annales en yers qui sont citées par Festus, Nonius , Macrobe et Priscian. Enfin on lui attribue encore trois ouvrages en prose, intitulés Didascalica, Parerga, qui traitaient de divers sujets @histoire littéraire, et particuligrement de Vhistoire du théatre. Les fragments d’Accius ont été recueillis plusieurs fois. Le recueille plus récent se trouve dans ’ouvrage publié par M. Egger, sous ce titre : Latini sermonis vetustioris Reliquix selectz (Paris , 1843). ARTAUD.
ACCLAMATION (du latin acclamatio , fait de ad , vers , cClamo, je crie) , cri par lequel on marque la joie qu’on éprouve de quelque chose ou bien Vestime que l'on a pour quelqu’un. Il se dit surtout des marques spontanées de joie par lesquelles une réunion d’hommes temoigne de son enthousiasme. Le hosannah des Hébreux , Payobq tuy7% des Grecs , les vivat et les hourrah modernes , sont des termes d’acclamation. Chez les Romains, Varmée victorieuse saluait son chef ou son empereur par une acclamation. Le sénat faisait des acclamations au nouvel empereur. Alors Vacclamation devint un art, qui eutdes formules différentes suivant les circonstances ou les personnages. — De nos jours, Vexpression élire par acclamation signifie \’accord bruyant des opinions qui se manifeste quelquefois et dispense en quelque sorte de recueillir Jes suffrages. On dit aussi, dans Je langage parlementaire, qu’une mesure, qu une Joi, a éle recue par acclamation , lorsqu’elle a été
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regue aussitét que proposée. An théatre , que de pidces regues par acclamation, et qui n’en valent pas mieux!
ACCLIMATATION et ACCLIMATEMENT. L’acclimatation a pour objet de faire vivre les animaux et les végétaux dans des climats différents de ceux qui leur sont habituels, et dans lesquels ils trouvent les influences extérieures les plus favorables A leur développement complet. Les influences extérieures qui conservent, modifient, altérent et détruisent la vie et la santé des étres vivants sont les grands agentsphysiques connus usuellement sous les noms de lumitre et @obscurité, de température , de sécheresse , @humidité et d’émanations diverses d’un sol nu ou recouvert de débris organiques. C’est l'ensemble de ces influences qui constitue toutes les variétés de climats favorables ou nuisibles au développement normal des animaux et des végétaux. L’expérience a conduit naturellement les observateurs A ramener toutes ces variétés climatériques a trois principaux chefs, savoir : les climats chauds, les climats tempérés, et les climats froids, et a distinguer les corps organisés, animaux ou plantes, selon qu’ils sont destinés par Ja nature A vivre et a jouir d’une santé plus vigoureuse dans l’une de ces trois catégories de climats.
Lorsque des circonstances éventuelles transportent brusquement un corps organisé dans un Climat insolite, ce corps souffre, languit et meurt. Un animal on un végétal éprouve seulement des modifications dans sa constitution
organique, lorsqu’on le fait passer lui-méme ou ses géné- |
rations graduellement d’un climat dans un autre, en prenant quelques précautions que prescrivent Vart de la culture des végétaux et ’art d’élever Jes animaux. L’ensemble des modifications que subit une plante ou un étre animé vivant dans un climat insolite constitne acclimatement. L’¢tude des diverses modifications compatibles avec la santé pourrait étre faite dans toute la série des étres organisés. Mais on n’a guére étudié expérimentalement que les effets de Pacclimatement sur homme, sur les animaux domestiques et sur les plantes cultivées. L’acclimatement ou l’aptitude acquise par un corps organisé a vivre sous un autre climat trés-différent de celui qui lui est le plus favorable ne doit pas étre confondu avec l’aptitude a vivre ef a fructifier produite par l’art de créer en quelque sorte, ou mieux d’imiter dans des serres, dans des ménageries , les localités, c’est-a-dire le sol et les climats favorables a la vie et a la santé des animaux et des végétaux exotiques. L’art parvient alors 4 produire des climats artificiels qui sont des imitations de leurs viviers naturels. Mais les végétaux et les animaux exotiques que nous parvenons ainsi a faire développer complétement ne sont pas pour cela acclimatés, et meurent lorsque la nature ou Vart ne leur fournit pas les influences extérieures favorables.
Lorsque des circonstances naturelles ( vents, cours d’eau, efc.) qui disséminent les corps reproducteurs des étres organisés les trausportent graduellement dans des climats différents , cette translation graduelle est souvent suivie d’une aeclimatation naturelle des espéces animales ou végétales. Cette premiére sorte d’acclimatation est en réalité une opération que la nature sembie pratiquer en grand pour produire les modifications d’espéces connues sous les noms de variétés et de races. L’acclimatation est alors l’ouvrage de Ja nature, et l'art, qui Pimite avec succes, produit ainsi les acclimatations artificielles , qui sont des expériences dont le physiologiste et le naturaliste doivent suivre le cours, le progrés et les contre-épreuves, pour les appliquer ensuite aux besoins de Pindustrie et surtout a ceux de la science. L’acclimatation est donc une expérience naturelle ou artificielle qui consiste dans Ja translation graduée Wun climat dans un autre plus ou moins différent. qu’on fait subir a des végétaux ou A des animaux, et dans action également graduelle des influences extérieures qui modifient la constitution de ces corps organisés sans altérer
leur état de santé, qui peut offrir divers degrés d’énergia ou de vigueur. L. Laurent.
La plupart de nos plantes et de nos animaux les plus utiles nous viennent d’acclimatation. Tels sont le cheval, Vane, la brebis, la chévre, le dindon, la poule, le ver a soie, le mérinos, la vigne, le cerisier, le pommier, le chataignier, le pécher, l’abricotier, le marier, lefiguier, Volivier, l’oranger, le citronnier, l’'amandier, le noyer, le groseiller, le noisetier, le hétre, Vaccacia, le cédre, le rosier, la pomme de terre, etc.
Une Société zoologique d’acclimatation a été fondée a Paris , le 10 février 1854, « dans le but, a dit M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, de peupler nos champs, nos foréts , nos riviéres,d’hdtes nouveaux ; d’augmenter le nombre de nos animaux domestiques, cette richesse premiére du cultivateur ; d’accroitre et de varier les ressources alimentaires si insuffisantes dont nous disposons aujourd’hui ; de créer d’autres produits économiques ou industriels , et par la méme de doter notre agriculture si longtemps languissante, notre industrie, notre commerce et la société tout entiére de biens jusqu’a présent inconnus ou négligés, non moins précienx un jour que ceux dont les générations antérienres nous ont légué le bienfait. » Cetle société compte dans son sein des naturalistes éminents et des agriculteurs praticiens. Elle se divise en membres fondateurs , membres honoraires et membres titulaires. Elle publie depuis son origine un Bulletin ot sont resumés ses travaux. Elle s’est affilié bon nombre de sociétés régionales d’acclimatation. Elle a institué des délégués spéciaux qui ia représentent dans les différentes parties du monde. Reconnue comme établissement d'ulilité publique, le 26 février 1855, elle décerne chaque année Ges récompenses aux services rendus dans le but qu'elle -e » opose. Elle a réalisé le projet d’un grand dépét de reproducteurs et eréé I’établissement d’une sorte de muséum d’histoire naturelle appliquée.
Un terrain de vingt hectares au bois de Boulogne fut cédé en 1857, par la ville de Paris, a une société dérivée de la Société zoologique d’acclimatation, pour y éftablir un jardin zoologique qui a été ouvert le 9 octobre 1860, et ot le public est admis moyennant une faible rétribution. On y voaune serre splendide, un aquarium curieux, des pares d’animaux utiles, des étables, des écuries, des voliéres, une basse-cour, un poulailler, une magnanerie, des arbres et des fleurs rares, etc. Ce magnifique établissemment, succursale du Jardin des plantes, a été dévasté pendant le siege de Paris; mais il s’est rouvert en 1872
AC-COINLU ou AK-KOYUNLU, dynastie de Tureomans, qui a régné dans |’Arménie Mincure depuis !’an 1375 jusqu’a l’an 1515 de Vére chrétienne. Son nom Jui vient de ce qu'elle portait un mouton blanc dans ses enseignes , tandis que celle de Kara-Coinlu portait un mouton noir.
Vhistorien Al-Jannabi et autres commencent cette dynastie par Tar-Ali-Beg ; son fils Fakr’ Eddin-Kotliou-K otlu-Beg lui succéda, et eut pour héritier son fils Kara-Itug-Othman, qui se soumit 4 Tamerlan et l’'accompagna avec ses troupes dans l’Asie Mineure; il en recut pourrécompense e gouvernement de quelques villes de Mésopotamie, Fier de cet appui, i! voulut chasser la dynastie du Mouton noir de l’Arménie ou Diarbékir, et fut tué dans une bataille que lui livra Kara- Yusef, second prince de cette dynastie , an de Phégire 809, ou 823 suivant Mirkhond. Son fils Hamzah-Beg lui succéda, et mourut l’an 848 ; il eut pour successeur son neveu Gehanghir, petit-fils de Kara-Itug-Othman, qui finit ses jours Van $72, aprés avoir été privé d’une grande partie de ses Etats par son frére Hassan-Beg. Celui-ci hérita du reste.
C’est. ce prince que les Arabes nomment Hassan-Althaouil, les Turcs Usnm-Hassan ou Hassan le Long, et les Occidene taux Usum-Cassan. Usum-Cassan était déja connu pour avoir vengé son aieul par la mort de Jehan-Chah, fils et successeur de Kara-Yusef, l’an 872 de lhégire. Le fils de '
AC-COINLU — ACCOLTI
Jehan-Chah ayant demandé vengeance au sultan Abenzaid- Mirza , ce successeur de Tamerlan vint dans la province @Arran a la téte @une armée; mais il y fut affamé par habileté d’Usum-Cassan , qui dissipa ainsi toutes ses troupes, le prit lui-méme, et le fit mourir, an 873 (1468 de Pere chrétienne ). Le meurtre d’Hassan-Ali, quatriéme et dernier prince de la dynastie du Mouton noir, et la conquéte de ses Etats furent le second de ses exploits ; il poursuivit jusque dans Chiras Mirza-Yusef, frére du vaincu, et le fit mettre 4 mort comme son ainé. La conquéte du Kerman, celle de la ville de Bagdad et de Irak arabique , terminérent cette brillante expédition. Son orgueil s’en accrut au point daller se heurter, vers Pan 1461 de J.-C., contre Ja puissance de Mahomet II. 1] s’avanca jusqu’a la ville de Tokat, dans la province de Geneh, qui est ?ancienne Cappadoce. Le sultan l’y joignit, 4 la téte dune puissante armée , et le mit en déroute a la bataille de Gialderoun. Usum-Cassan y perdit Painé de ses fils, Zeynel ou Zeynoddin; et, trop heureux de n’étre pas poursuivi, il se réfugia dans sa capitale, o& la mort le surprit six ans apres, dans la onziéme année de son régne. Sa femme était la fille de Calojean, empereur de Trébizonde; elle lui donna sept fils : les deux ainés moururent avant leur pére, et Khalil-Beg, le troisiéme, fut le septiéme prince de cette dynastie, en 1479. Son régne ne fut que de six mois et demi, et sa mort est diversement racontée. Les uns le font assassiner dans une émeute suscitée par ses vices et sa cruauté; les autres le font tuer par son propre frére, Yakub ou Jacob-Beg, dans une bataille quils se livrérent dans les environs de Tauris.
Quoi qu’il en soit, Jacob recut la couronne comme le prix de son fratricide, quoiqw il ne fit quele puiné des survivants. Mais Vhistoire ne dit point ce qu’était devenu Maksud-Beg, chef actuel de la famille, et qui avait pris part a la révolte de son frére. Jacob, huitiéme prince des Ac-Coinlu, eut a réprimera son tour la révolte d’une partie de son armée. Il joignit les rebelles 4 Javah, prés de Kom, les défit, et tua le général Byander-Beg, chef de cette sédition. Jacob aimait les lettres, il faisait des vers en turc et en persan, et entretint un commerce épistolaire avec le sultan Bajazet II. Le poison termina, dit-on, son régne de douze ans et huit mois, dans la vingt-neuviéme année de son age, l’an de Vhégire 896, et de J.-C. 1490. Son héritage fut disputé par le glaive.
Bay-Sanker-Mirza, fils de Jacob, que Mirkhond appelte Baisancor, fut élevésur le tréne par un général de son pére,
nommé Sufi-Khalil-Musulu, tandis que son oncle Massih-Beg -
était couronné par un autre parti. Celui-ci fut vaincu et tué dans une bataille. Le victorieux Khalil périt 4 son tour dans un autre combat, que lui livra une troisiéme faction, et son pupille s’enfuit dans le fond de PArménie. De 1a vient que Mirkhond regarde Baisancor comme le souverain de cette époque, tandis que Al-Jannabi maintient Massih-Beg dans sa nomenclature. Mais ils s’accordent tous deux sur leur successeur Rostam-Mirza, fils de Maksud-Beg, le méme qui avait abattu la puissance de Khalil-Musulu. Cette histoire n’est qu’une série de fratricides. Bay-Sanker revint se faire tuer dans une bataille, entre Ganjek et Bardaa. Ahmed-Beg, fils d’Oguslu-Mohammed, fils ainé d’Usum-Cassan, revendiqua a son tour cette couronne, suivant le droit de sa naissance. Il attaqua Rostam prés de Tauris, et le forca de se réfugier dans le Gurjestan, ou le prince vaincu perdit la vie et la couronne, en 1498, aprés cing ans et demi de régne. Ahmed-Beg ou Mirza, son vainqueur, fut le onziéme de la dynastie, et périt 'année suivante dans une bataille que lui livrérent prés d’{spahan deux de ses généraux, pour le punir d’avoic voulu rétablir la discipline parmi ses troupes.
Il ne restait que trois petits-fils d’Usum-Cassan, Alvend-Mirza, fils d’Yusef-Beg; Mohammed, son frére, et Morad, fils de Jacob. C’est. au nom du dernier qu’avait eclaté la révolle; mais les généraux vainqueurs le livrérent
aprés la victoire au prinve Alvend-Mirza, qui cette fois se contenta de l’enfermer dans une forteresse. Mohammed était proclamé en méme temps dans Ispahan. Les deux fréres marchérent Pun contre Pautre; Alvend perdit une premiére bataille, et se réfugia dans Tauris; ilen risqua une seconde, et s’enfuit dans les montagnes du Diarbékir. Mohammed fut tué & son tour prés d’Ispahan, par le prince Morad, son cousin, qu’un gouverneur du Kerman avait délivré de sa prison. Cette mort ranima le courage d’Alvend ; les peuples de VAderbidjan lui obéissaient encore, tandis que Morad régnait sur Vtrak et le pays de Chiras. Ils se garantirent mutuellement leurs possessions, an 906 de Vhégire et de Vere chrétienne 1500. Mais l’étranger profita de cette longue anarchie. Ismael-Sofi, roi de Perse, atlaqua Alvend ’année suivante, et lui enleva ses Etats. Morad voulut lutter contre ce nouvel adversaire, et perdit la bataille d’Hamadan, avec dix mille hommes de ses troupes, en 1502. Il céda, un an apres, ses deux provinces a Ismael, et se retira dans la ville de Bagdad. Mais le roi de Perse ne |’y Jaissa point tranquille. Morad, traqué par ses ennemis, alla se faire assassiner dans le Diarbékir, et avec lui finit la dynastie d’Ac-Coinlu ou du Mouton blanc, vers lan 1508 de l’ére chrétienne. Vienner , de l’Academie Francaise,
ACCOLADE, cérémonie usitée dans la réception d’un chevalier, et qui consistait 4 ’emvrasser en lui passant les deux bras autour du cou (ad collum ). Il est encore d’usage de donner l’accolade aux nouveaux chevaliers de la Légion d’Honneur.
Dans l’écriture et dans ’imprimerie on nomme accolade un petit trait en deux parties (—-—— ) qui sert a réunir plusieurs choses sous un seul titre général.
Dans la musique, on se sert du méme trait pour embrasser autant de portées de la partition quwilya de parties dinstruments et de voix concourant a l’exécution. Dans la musique pour le piano, par exemple, la portée supérieure est consacrée a la partie de la main droite, et la portée inférieure a la partie de la main gauche. Or, ces deux portées sont réunies par une accolade. Ainsi, quel que soit le nombre des portées dans une partition, on ne compte les lignes que par le nombre des accolades, puisque toutes les parties que chaque accolade embrasse doivent marcher ensemble.
ACCOLAGE. Accoler la vigne, c’est attacher les nouveaux bourgeons de l'année a un mur, a un treillage ou a un échalas, avec des liens qu’on nomme accolures. Ces liens sont Wosier, ou de drap lorsqu’on attache la vigne contre un mur; pour accoler aprés les échalas, on se sert tout simplement de brins de paille trempée dans l'eau pour la rendre plus flexible. L’accolage ajoute beaucoup a la qualité du vin, en soutenant les ceps contre le vent, en maintenant entre eux la libre circulation de Vair et en donnant accés aux rayons du soleil. La maniére d’accoler la vigne varie du reste selon les pays.
ACCOLTI. Famille de Florence qui a produit des jurisconsultes distingués. — Benoit Accotti, né a Arezzo, en 1415, professa le droit a Florence, et devint chancelier de la république. Il mourut en 1466, laissant, en latin, une Histoire des Croisades et un traité De Vexcellence des
hommes de son temps. — Francois Accouti, son frére ,
jurisconsulte, littérateur et pocte, né a Arezzo, en 1418, professa le droit a Bologne et a Ferrare, et mourut en 1483. On lui doit, outre plusieurs recueils de jurisprudence , qui le placérent au premier rang, une traduction latine de saint Jean Chrysostéme, une édition avec traduction latine des Lettres de Phalaris , etc. — Bernard Acco.t1, fils de Benoit , né a Arezzo, vers 1440, vécut a la cour des papes Urbain et Léon X, et 11 jouit de son vivant d’une telle réputation que ses contemporains le nommérent Unico Aretino. La postérité n’a pas confirmé ce jugement. Ses poé
sies sont peu lues aujourd’hui, Ses @uvres ont été publiées,