‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 44 sur 197 · ACCOMPAGNEMENT — ACCORD · texte numérisé non relu

ACCOMPAGNEMENT — ACCORD

Je piano, la harpe, le violoncelle, etc. M. Fétis divise Paccompagnement des instruments A clavier en plusieurs €spéces : la premivre est Paccompagnement plaqué, ou lexécution de Vharmonie, abstraction faite de toute forme mélodique; la seconde est l’accompagnement jiguré, ou la réunion des formes du chant avec Vharmonie ; la troisieme est Paccompagnement de la partition, ou Vart de traduire sur le clavier les divers effets d’instrumentation imaginés par le compositeur. L’accompagnement plaqué n’est en usage qu’en France; les Italiens et les Allemands se servent de Vaccompagnement figuré ; ’accompagnement de la partition est en usage dans toute l'Europe. L’accompagnement plaqué consiste & exécuter avec la main gauche, sur le piano ou sur lorgue, la basse dun morceau de musique, et a jouer de la main droite les accords qui sont indiqués par des chiffres placés au-dessus des notes de cette basse. L’accompagnement figuré se compose non-seulement de VPexécution de Pharmonie par la main droite , mais aussi des formes mélodiques des différentes voix que ’accompagnateur doit indiquer. Dans Paccompagnement de la partition Paccompagnateur doit lire avec promptitude ce qui est écrit dans une partition pour divers instruments, et choisir avec intelligence ce qui est de nature a étre traduit avec avantage sur le piano.

L’histoire de Paccompagnement est assez obscure, quoique Vorigine de cet art ne remonte pas au dela du commencement du dix-septiéme siécle; on en attribue ’invention & Louis Viadana, maitre de chapelle de la cathédrale de Mantoue, qui naquit a Lodi, vers 1580. Jusque alors labasse était soumise a des repos plus ou moins longs, comme les autres parties ; elle était toujours écrite pour les voix, et la basse de viole ou la contre-basse jouait a Punisson de ces voix. L’invention de Viadana, si c’est a lui qu’on la doit toutefois, consista a écrire une basse instrumentale différente de la basse vocale , en ce qu’elle n’était point interrompue comme celle-ci, dou lui est venu son nom de basse continue. Développée par Galeazzo Sabbatini de Pesaro, V’invention de la basse continue devint plus utile, par la découverte de la régle de P octave. En 1703 Francois Gasparini publia un livre ou il exposa les premiéres notions de laccompagnement figuré. Rameau, peu d’années aprés, appela Pattention des musiciens sur la considération du renversement des accords; il jeta ainsi une vive lumiére sur la théorie de Paccompagnement, et donna le premier exemple d’un classement méthodique des harmonies génératrices et engendrées; par malheur, en considérant les accords isolément et abstraction faite de leur succession, il s’égara en créant son systéme de la basse fondamentale. Kirnberger découvrit Ja loi des prolongations de consonnances, dont Catel s’est servi pour classer les accords en naturels et artificiels. Catel régularisa aussi la considération des altérations d’intervalles , et fit voir Peffet de leur mécanisme dans les accords. Enfin, M. Fétis a complété le systéme de ’harmonie et de ’accompagnement en 1824, par la découverte du mécanisme de la substitution dans les accords dissonnants.

ACCON, espéce de bateau dont le fond, les cétés, I’avant et Varriére sont plans. On emploie les accons, notamment aux Antilles, 4 transporter le chargement des navires de l’endroit oii ils sont mouillés au débarcadére, et réciproquement. On les faif remorquer par des chaloupes. Certains accons ont un mat au milieu avec une voile carrée.

ACCORAMBONI (Jérome ) fut lun des’ plus habiles médecins de son temps. Né a Gubio (duché d’Urbin ), en 1467, il professa la médecine 4 Pérouse et a Padoue , fut médecin de plusieurs papes, et mourut en 1536. — Fabio Accorampont, savant jurisconsulte, fils du précédent, né en 1502, & Gulfio, professa le droit, devint avocat consistorial, puis auditeur de rote, et mourut en 1559. — Félix Acco- RAMBONI, petit-fils de Jéréme, s’adonna a la médecine, et s’y fit unegrande réputation. — Vittoria AcconAMBONA, épouse

de Francois Peretti, neveu de Sixte-Quint, fut accusée de la mort de son époux et enfermée au chateau Saint-Ange. Reconnue innocente, elle se remaria avec Paul Orsini, dont elle devint veuve, et fut assassinée par un parent de sen mari,

ACCORD. Si l'on prend ce mot dans le sens indiqué par son étymologie latine (chorda ad chordam), il signifie la progression harmonique des sons de différentes cordes ; c’est-a-dire que si la distance du son de la deuxiéme corde d’un instrument au son de la premiére est d’une quinte par exemple, ‘la distance du son de la troisiéme au son de la seconde sera aussi d’une quinte : c’est ainsi que se monte le violon, l’alto, le:violoncelle, la contre-basse. D’aprés ce principe, on entend par ces mots, donner ou prendre Uaccord, Vaction de mettre 4 ’unisson deux cordes correspondantes de deux instruments, dont le premier, monté sur ses bases ordinaires, sert de modéle & la gamme du second. Le mot corde recoit ici une grande extension; car il s’applique aussi bien a telle note dun instrument 4 vent. On donne ou l'on prend le plus communément le /a pour base de l’accord. Quand il s’agit de deux mémes instruments, devant ¢tre montés ’un comme l’autre, alors, pour se donner l’accord, ils peuvent se donner le fon a chaque note progress‘ve. Ainsi, pour deux violoncelles qui se donnent le Ja, le fon est bien donné, a la vérité, mais en vertu de légalité des deux instruments, non-seulement le la sera le méme dans tous deux, mais le ré, le sol, Put du premier seront les mémes dans le second. On voit par 1a que la maniére de prendre Vaccord varie selon jes instruments divers, quoique Yon ait adopté le Za pour base premiére de l’égalité des gammes dans tous ces instruments ensemble. La flite, par exemple, n’accorde qu’une de ses notes pour que toutes les autres soient d’accord.

On donne au mot accord un deuxiéme sens. Tl désigne alors plusieurs sons qui se font entendre simultanément et dont Ja réunion est plus ou moins agréable a V’oreille. L’accord qui se forme de la réunion de la tierce, de la quinte et de l’octave s’appelle par excellence V'accord parfait, parce que c’est celui qui satisfait le plus Voreille, le seul qui puisse servir de conclusion a toute espéce de période harmonique et qui donne l’idée de repos. Tous les autres se désignent par l’intervalle le plus caractéristique de leur composition. Ainsi un accord formé de la tierce, de la sixte et de Voctave s’appelle accord de sixte, parce que cet intervalle établit la différence qui existe entre cet accord et le parfait. On donne le nom daccord de-septiéme aun accord dissonnant qui est composé de la tierce, de la quinte et de Ja septiéme , parce que cet intervalle est celui dont Veffet est Je plus remarquable.

C’est dans ce sens du mot accord que Von dit : une suite Waccords, des accords bien pleins, une musique chargée accords , des accords frappés , plaqués ou arpégés, selon que toutes leurs cordes parlent d’un seul coup ou comme par effort Pune aprés Vautre.

Du reste, en cette matiére importante, laissons parler un maitre, dont bien des maitres actuels ont recu les lecons.

{Pour nous l’accord est l’assemblage simultané de sons divers, formant un élément de Pharmonie considérée en l'un des instants de sa durée. La connaissance des accords et de leur emploi constitue cette partie de la théorie 4 laquelle les modernes ont donné le nom d’harmonie, et qui a acquis dans ces derniers temps une étendue extraordinaire , par Jes nombreux développements qu’a recus la considération des accords proprement dits, c’est-’-dire de ceux de ces éléments qui sont composés de trois ou d’un plus grand nombre de sons.

En effet, les compositeurs du moyen Age, qui n’écrivaient que pour les voix, réduisaient toute Pharmonie 4 la considération des intervalles, et méme des seuls intervalles naturels. Ils enseignaient d’abord a en former Je duo, dans tous

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