‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 5 sur 197 · ABBAS — ABBAS-PACHA · texte numérisé non relu

ABBAS — ABBAS-PACHA

empoisonné, dit-on, par son tuteur, adage de cing ans, ul laissa la couronne de Perse, en 1736, V’an 1148 de Vhégire. VIENNET, de |’Académie Fraucaise, ABBAS=MIRZA, second fils de F et h- Ali-C hah, roi de Perse, a qui il devait succéder, naquit vers 1785. Enfant d@une mére issue de la race royale des Khadjares, il jouissait de la prédilection de Feth-Ali. Son caractére différait beaucoup de celui de son frére ainé, Mohammed-ali-Mirza, lequel mourut douze ans avant lui et était fort attaché aux anciens usages de sa nation. Abbas-Mirza, au contraire, accueillait toujours avec empressement ef faveur quiconque pouvait Pinitier a la connaissance des sciences européennes. Un penchant naturel Vattirait vers V Angleterre. Par le traité de paix de Goulistan (1814), la Russie avait bien garanti le trone de Perse au prince que le chah désignerait comme son suecesseur; mais cette garantie, jointe a la création d’une mission russe particuliére dans la ville de Tauris, résidence du prince, plagait nécessairement Abbas-Mirza dans une espece de dépendance qui devait finir par lui étre a charge. Les intéréts anglais avaient @ailleurs constarnment auprés d’Abbas-Mirza les plus chauds défenseurs dans la personne du major Hart et dans celle du docteur Cormick , médecin attaché a la personne du prince. Guerrier depuis son enfance, il avail fait instituer le nizain ou troupes réguliéres en 1808, et souvent commande les armées de son pére, surtout dans les guerres contre la Russie, il les commanda encore lorsque la guerre éclata avec cette puissance en 1826 Cette campagne fut aussi malheureuse que les précédentes pour Abbas-Pacha : les Russes lui arracheérent ’Arménie persane, qui faisait partie de la viceroyauté de Tauriz, et entrerent dans cette ville le25 octobre 18°97. Un traité signé en 1828, a Tourkmantchai, retablit la paix en imposant de grands sacrifices a Ja Perse. Bientot la cour de Russie envoya une nouvelle ambassade a Teheran. L’annce suivante la populace envahit !hdtel de la légation russe, Gribotedof fut assassiné ainsi que plusieurs personnes altacheées a son ambassade, Le chah, pour détourner la juste col-re deta Russie, envoya Khosref-Mirza, fils d@Abbas-Mirza, a Saint-Petersbourg , a effet dy présenter @Vhumbles excuses. L’empeveur de Russie regut ce jeune prince avee distinclion. Le prince Dolgorouki partit pour Tehéran, ot satisfaction lui ful donnoe pour le meurtre de ses coinpatriotes. Abbas-Mirza mourut vers la fin de ($33, Mune phthisie pulmonaire, ef en 1834 son fils alné, Mohammed-Mirza, néen 1806 , succéda 4 Feth-Ali-Chah, mais non sans avoir a triomplier, dans de sanglantes batailles, de Popposition de ses oncles et de ses cousins. Z. ABBAS-PACHA, vice-roi d’Egypte, fils de Tossoun- Pacha et petit-lils de Mé hémet-Ali, naquit 4 Djedda, en 1816, pendant que son pére, engagé dans une lutte contre les Wahabites, était en Arabie. Ramené au Caire, il ne regut point une éducation europeenne; musulimnan ardent, il manifesta beaucoup d@antipathie pour les cbrétiens et fit plusieurs fois te pélerinage dela Mecque ; c’est pendant un deces voyages qu’il apprit, en 1848, la mortdlbrahita-Pacha, qui lui liveait le pouvoir, étant le plus 4gé de sa famille. Tl se rendit ause sitot a Constantinople, et recut da sultan investiture de la vice-royauté d’Egypte. Abbas-Pacha n’accepta pas sans difficulté les mesures que lui imposait la Porte. Tl retusa méme d’abord de promulguer la hatti-chérif de Gulliané; mais il céda enfin, et obtint le droit de disposer de la vie de ses sujets sans recourir au divan. Il renonga a beaucoup d’entreprises de Méhémet-Ali, éduisit la flotte et Parmée, diminua le nombre des employés et fonctionnaires , renvoya des Frangais au service de l’Egypte, abaissa les impdts , établit des maisons hospitaliéres et pourvut largement des fondations musulmanes. Il abandonna le projet de barrage du Nil, ef coneédaa des Anglais la construction d’un chemin de fer a travers Pisthme de Suez, ce qui lui occasionna également des discussions avec son suzerain, Il repoussa

Page 1