‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 6 sur 197 · ABBAS-PACHA — ABBAYE · texte numérisé non relu

ABBAS-PACHA — ABBAYE

projet du percement de cet isthme par un canal, et établit | voyé& lage de quinze ans a l'école militaire de Metz, il

seulement une ligne télégraphique entre le Caire et Suez. D'un autre cdté, il abolit la chasse aux négres que faisait exécuter tous les ans Méhémet-Ali sur les limites de ses Etats. En 1851 la Turquie Ini avait envoyé un renfort pour son armée du Hedjaz; quelques années apres il fournit a son tour au grand Ture un corps de vingt-cing mille hommes qui se distingua dans la guerre contre la Russie. Abbas- Pacha était intempérant et cupide, eton a pu Jui reprocher quelques actes injustes. Il se plaisait dans le désert avec les Bédonins et n’aimait pas Alexandrie, envahie par les infidéles. Le matin du 14 juillet 1854 on le trouva mort sur son divan, 4 Rhéna, Deux mamelouks lavaient étranglé,

pour venger des camarades qu'il avait fait punir. Said-Pacha |

lui a snecéde, L. Louver.

ABBASSIDES. Nom de la seconde dynastie des bhalifes arabes successeprs de Mahomet, qui régnérent a

bagdad de an 7494 l’'an 1258, el dont la postérité subsisie |

encore de nos jours, tant en Turquie que dans les Indes. Cette dynastie, qui renversa celle des Ommiades, fut fondée par Aboul-Abbas-Saffah, neven d’Abdallah, et afourni trente-sept khalifes, qui régnérent de l’an de I’hégire 132 a

Les Apsassipes de Perse descendent de la famille des

Sofis, qui prétendaient faire remonter Jeur origine au kha- | life Ali; famille qui s’empara de la puissance supréme en |

Perse, Van 1500 de notre ére, et qui s’éteignit en 1736. Le plus remarquable des princes abbassides persans fut AbhasI*.

ABBATE (Niccoto pet) ou ABBATI, né a Modéne en |

1509 ou 1512, peintre dune remarquable facilité, réussit surtout dans la peinture a fresque, et se forma & la pratique de son art sous la direction cde Raphael et du Corrége. En confondant les principes si différents de ces deux

maitres , il prépara la dégénérescence maniérée de Vart qui |

prévalut vers le milieu du seiziéme siécle. On voit 4 Modéne des toiles exécutées par lui dans sa jeunesse, et & Bologne plus particuligrement celles qu'il peignit dans Ja maturité de son talent. Une Adoration des bergers, qui se trouve au portico de’ Leoni de cette derniére ville, passe généralement pour son chef-d’ceuvre, Une Naissance du Christ et une Conversation musicale, qu'il peignil 4 Bologne, déterminérent Je Primatice , en 1552, a /’emmener avec tui en France, pour travailler 4 la décoration dn palais de Fontainebleau. Il y peignit notamment la galerie d‘Ulysse. Les aventures du roi d’Ithaqne étaient representées dans cette

galerie en cinquante-huit tableaux. Tons ses ouvrages de

Fontainebleau, 4 ’exception des tableaux représentant Phisfoire d’Alexandre le Grand, furent détruits en 1738, sur Pavis d’un architecte qui devait agrandir ce chateau. Niccolo del Abbate mourut en France, en 1571. Ses fils et ses petitsfils se livrérent aussi Ala pratique de Vart sans l’égaler. * ABBATUCCI ( Famille ). Jacques-Pierre Appatuccr , général corse, néen 1726, figura d’abord sur la seéne politique comme antagoniste de Paoli, dont il balanga pendant quelque temps l'influence; mais le péril de l’Etat le décida & se rallier 4 son adversaire, Victorieux dans leur lutle contre Génes, les Corses furent moins heureux contre Jes armes francaises. Abbatucci fut un des derniers 4 se soumettre. Compris dans la procédure que fit instruire le comte de Marbeenf contre les patriotes corses, il fut condamné & une peine infamante ; mais la cour de France réyoqua la sentence. Louis XVI Ini rendit le grade de lientenant-colonel, le eréa chevalier de Saint-Louis , et l’éleva peu de temps aprés au rang de maréchal de camp. C’est en cette qualité qu’il défenditla Corse et £793, contre les Anglais et Paoli. Contraint de s’éloigner, il rentra en France ; trois ans apres ilrevint en Corse, ott i] mourut en 1812. Trois de ses fils tronvérent la mort sur les champs de bataille. — Charles Abpatoccr, le plus célébre, était né en Corse en 1771. En-

devint lieutenant d’artillerie en 178y, capitaine en 1792, etil était A vingt et un ans lieutenant-colonel 4 l’armée du Rhin, Chargé de la défense de la ville et du port d’'Huningue dans la nuit du 1°° au 2 décembre 1796, il venait, a la téte des grenadiers, de repousser l’ennemi, et le poursuivait dans la grande ile qui est en face de la ville, lorsqu’il tomba frappé dune balle ; il expira quelaues jours aprés. I] avait pas encore vingt-six ans. Moreau fit ériger un monument & la mémoire d’Abbatucci an lieu méme ot fl avait été blessé. Détruit en 181. oar les alliés , ce mronumenta été rétabli depuis Ja révolution de 1830. Une statue a été élevée au ube néral Abbatucci a Ajaccio, en 1854. — Son frére ainé, filleul de Paoli, est mort en Corse en 1851, 4 lage le quatre-vingtsix ans. — Le fils de celui-ci, Jacgwes-Pierre-Charles Ap- Batuccr, né en 1792 a Zicavo (Corse), fit de brillantes études A ’Ecole de Saint-Cyr et au Prytanée Napoléon, En 1808 il alla étudier le droit A Pise. Nommé procureur du roi A Sarténe, en 1816, il passa trois ans aprés a la cour royale de Bastia comme conseiller. Elu député en Corse au mois de juin 1830, il fut, aprés la révolution de juillet, nomme président de chambre a la cour royale d'Orléans. Non réélu en 1831, il revint de nouveau au palais Bourbon en 1839, comme député d’Orléans. Siégeant parmi les membres de Yopposition, Abbatucci s’associa au mouvement réformiste qui amena fa révolution de février. Jl prononea un discours trés-vif au banquet @Orléans et maintint la nécessité daller, en dépit des ordonnances du ministere, au bapquet du douziéme arrondissement. « Ne pas aller au banquet apres avoir provoqué, disait-il, c’est commettre une insigne lacheté; plut6t que de céder, il vaudrait mieux que notre ennetmi passat sur nos cadavres. » Aprés la révolution de février il fut appelé suecessivement comme conseiller a la cour d’appel de Paris, puis & la Cour de cassation. Elu représentant a la constituante par la Corse et le Loiret, il opta pour ce dernier département. Reélu au mois de mai 1849, il quiffa la magistrature, et siégea 4 Assemblée le gislative. Membre de la commission consultative en décembre 1851, il fut nommé ministre de Ja justice le 22 janvier 1852. « J] accomplit avec bonheur, a dit M. de Marnas, la délicate tache de sceller | alliance de la magistrature avec un ordre politique nouveau, Homme d’observation et de pro= grés, en méme temps qadministrateur sagace , les lois de procédure ciyile et criminelle doivent a son initiative @utiles am¢tiorations. » Une doulonreuse maladie l’enleva, a Paris, te {1 novembre 1857. Il avait été eréé sénateur le 2 décembre 1852. — lia laisse trois fils: Charles, né en 1816, ayoeat, substitut du procurenr de la république au tribunal de la Seine aprés ta révolution de février, représentant de la Corse a l’Assemblée législative en 1849, chef du cabinet de son pére an ministére de la justice, maitre des requétes au conseil d’Etat en 1853, et conseiller en 1857; — Antoine-Dominique, colonel du 91° de ligne a Solférino, et promu général de brigade en 1868; — Paul-Severin, né le 21 juin 1821, qui représenta Ja Corse de 1852 a 1870 au Corps législatif et de 1871 a février 1872 a Assemblée nationale. ABBAYE. Communauté monastique régie par un abbé on une abbesse. Telles furent les célébres abbayes du Mont- Cassin, de Fulda, de Cluny, de Saint-Denis , de Saint-Gall, de Ctteaux , de Clairvaux, etc. — En France, la plus ancienne abbaye de femmes ¢tait celle de Sainte-Radegonde, a Poitiers ; elle avait été fondée par cette pieuse reine en 567. D’autres souverains ef de puissants seigneurs imitérent cet exemple. — Plusieurs abbayes furent, parla snite des temps, érigées en évéchés; par exemple celles de Pamiers, Condom, Lucon, Aleth, Vabres, Tulle, Castres, La Rochelle, etc. Avant la révolution de 1789 la France possédait un grand nombre de ces institutions conventuelles. Plusieurs yilles n’ont d@’autre origine que celle de ces grandes communantés, autour desquelles s’aggloméraient jeu a peu les populations,

stres de trouver li, outre des secours spirituels, la sécurité et lerepos qu'il était si difficile de rencontrer ailleurs dans les siécles du moyen age. — Les offices se célébraient dans les abbayes avec autant d’édification que de pompe; et les fiddles y étaient admis. Le clergé séculier trouvait dans les religieux des abbayes d’utiles et dignes auxiliaires pour la confession , la prédication, le soin des malades , Je soulagement des pauvres et Pinstruction des enfants. — Sans doute & cOté du bien se glissérent aussi d’étranges abus. Le pere de Hugues Capet n’était riche que par les abbayes quvil possédait : ce qui lefaisait appeler Hugues Vabbé. On donna quelquefois des abbayes aux reines pour leurs menus plaisirs. Ogine, mére de Louis d’Outremer, quitta son fils parce qu’il luiavait 6télabbaye de Sainte-Marie de Laon pour la donner & sa femme Gerberge. Balzac parle d’un amiral de Joyeuse qui donna une abbaye pour un sonnet. En 1575 on proposa dans le conseil de Henri I, roi de France, de faire ériger en commendes séculidres toutes les abbayes de moines, et de donner ces commendes aux officiers de la cour et de Varmée de ce monarque. Au siécle dernier, le comte d’Argenson, ministre de Ja guerre, voulut établir des pensions sur les bénéfices en faveur des chevaliers de l’ordre de Saint- Louis, mais ce projet ne put se réaliser. Sous Louis XTV la princesse de Conti avait possédé l'abbaye de Saint-Denis, Avant le régne de ce monarque il était commun de voir des séculiers posséder des bénéfices ; le duc de Sully, huguenot, avait une abbaye. Les abbayes étaient presque toujoars de grands centres d’instruction religieuse et de bienfaisance. Elles furent longtemps les seu!s dépdts dela science ; et dans leurs pieuses solitudes il y avait toujours un asile pour linfortune et un refuge pour le repentir. On sait de quelle maniére généreuse elles exercaient l’hospitalité envers les étrangers, et l’on a retenu ces vers du chantre de la Gastronomie :

J’ai souvent regretté les asiles pieux

Oi vivaient noblement ces bons religieux,

Qui depuis, affranchis de leurs régles austeres,

Se sont vus depouillés par des lois trop sévéres...

Je vous aimais surtout, enfants de Saint-Benoit,

De Cluny, de Saint-Maur, heureux propriétaires..,

Je sais qu'on a prouvé que vous aviez grand tort.

Que ne prouve-t-on pas quand on est le plus fort?

Retraite dn repos, des vertus solitaires ,

Cloitres majestueux , fortunés monastéres,

Je vous ai vus tomber, le cceur gros de soupirs,

Mais je vous ai gardé d’éternels souvenirs.

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