‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 57 sur 197 · ACIER — ACOLYTE · texte numérisé non relu

ACIER — ACOLYTE

ne sont pas sujettes a se briser dans le combat ainsi qu'il | arrive aux lames complétement trempées. — Quant a l’acier indien nommé woods, cest un acier fondu trés-fin : il contient jusqu’a 2 pour 100 d’aluminium, Unalliage d’ alu minium et de fer donne, dit-on, un acier qui vault celui de Damas. L’addition du tungsténe au fer, dans la proportion de 445 pour 100, donne aussi un acier d'une grande dureté,

Plusieurs procédés nouveaux ont été proposés avec plus Ou moins de suceés dans ces derniers temps pour convertir la fonte ou le fer en acier par MM. Chenot, Uchatius, Pabbe Pauvert, Bessemer et Krupp. MM. de Ruolz et Fon-

tenay obtiennent directement l'acier fondu a l’aide des matiéres organisées sans passer par la cémentation.

On améliore Vacier de mauvaise qualité en Valliant & des proportions trés-petites (environ 1/400) de métaux étrangers, tels que l’argent et le platine. L’Angleterre fabrique son meilleur acier d’un fer qu’on retire des minerais de la mine de Dannemora en Suede. Cet acier contient une petite quantite de manganése et d’arsenic : ona en vain essayé de fabriquer artiticiellement un fer capable de le remplacer.

En 1843 Angleterre produisait 205,000 quintaux métriques d’acier; PAutriche, 130,000; la France, 93,400; Passociation allemande, 80,000, les autres Etats de Europe ensemble, 66,600 : d’ot il suit que la production européenne s‘élevait a 575,000 quintaux métriques, dans lesguels l’Angleterre comptait pour 35 1/2 pour 100; ’Autriche, pour 22 1/2 pour 100; la France, pour 16 1/2 pour 100; Yassociation allemande, pour 14 pour 100, et le reste de PEurope pour 12 pour 100.

En 1831 la France ne produisait encore que 53,795 quintaux métriques d’acier; en 1843 elle a atteint le chiffre de 93,394; en 1852, celui de 180,981 quintaux métriques, dont 39,381 dacier de forge et 98,084 d’acier de cémentation.

La production de lacier fondu en France ne s’élevait en 1834 qu’a 2,659 quintaux métriques; en 1843 elle a monté 4 16,221 quintaux mébriques, et en 1852 a 43,516, dont 42.033 pour le seul département de la Loire; en 1866 ce chiffre s’v élevait 4 83,137 q. m.

ACI-REALE, ville de Sicile, dans la province de Catae, est situee au pied du mont Etna , pres de la céte et a Yembouchure de VAci Batie en lave et défendue par un fort, elle a des rues réguiiéres et de beaux édifices. On y fabrique des toiles et des étolfes de soie; ses exportations en lin et en blé sont considérables. Sa population, quia doublé depuis trente ans, s’éleve a 35,447 ames.

ACKERMANN (Conrap-Ernest), comédien célébre, né a Schwerin, en 1710. Engagé en 1740 dans la troupe de Schcenemann, il devint directeur lui-méme en 1753. Le théatre allemand lui est redevable d’une foule d’améliorations, et constamment on le vit lutter contre le godt du public et s’efforcer de maintenir au répertoire les productious dignes d’y figurer. En 1756 il construisit un théeAtre a ses propres frais a Koenigsberg ; il jona de 1760 a 1763 a Mayence. Enfin, en 1765il ouvrit 4 Hambourg une nouvelle salle, qu’il inaugura avec l'une des plus remarquables troupes qu’on edt encore vues en Allemagne. C’est pour cette troupe que Lessing composa la plupart de ses ouvrages. En 1769 Ackermann, aprés une courte interruption, reprit encore une fois la direction du théatre de Hamoourg; puis il se mit 4 courir les provinces, mais pour reyenir mourir 4Hambourg en1771. Danssajeunesse Ackermann affectionnait les réles tragiques. Dans les derniéres années de sa vie il voulut aborder indilféremment tous les roles ; maisla nature lavait créé comique, et il excellait dans cel emploi. Il avait épousé en 1749, a Moscou, la veuve de Porganiste Schroeder, de Berlin, et mére du célébre Schroeder. En 1740 elle entra dans la troupe de Schenemann, qui donnait alors des représentations a Lunebourg. Plus tard elle obtint de brillants saccés a Hambourg ;

et en 1767 elle prit avec son second mari la direction du nouveau théatre fondé dans cette ville. — Sa fille, Charlotte ACKERMANN, née en 1758, annongait les plus remarquables dispositions pour le theatre, lorsquune mort prématurée vint Venlever, le 8 mai 1775, 4 admiration des amis de Part théAtral. La correspondance entre Charlotte Ackermann et son amie la conseilJére Sophie Unzer, publiée en 1776, et les lettres du major danois Sylbourg, qui résidait a cette époque a Hambourg, montrent que Charlotte était éprise de cet ofticier, bel et habile homme, mais d’une dime basse et de mauvaises moeurs, et que cette charmante artiste mourut du chagrin @avoir si mal placé ses affections. C'est sur cette donnée que M. Otto Miller a écrit son roman Charlotle Ackermann, souvenirs du thédtre de Hambourg au dix-huitiéme siecle. Z.

ACKERMANN (Ropo.rur), né le 20 avril 1764, a Stoliberg, dans I'Erzgebirge saxon, ot son pere était sellier, fut élevé au collége de sa ville natale, mais n’en apprit pas moins le mélier de son pére. Son apprentissage termine, il sen alla faire son tour d’Europe. Aprés avoir travaillé a Paris et a Bruxelles, et y avoir acquis une babileté toute particuliére dans Vart de la carrosserie, il se rendit & Loudres. Il se lia avec un Allemand qui y publiait un journal de modes, et parvint a exciter attention par le gracieux et le bon goltde ses dessins. Bientot il put fonder dans le Strand un magasin de gravures et de productions artistiques qui devint la premiére maison de Londres en ce genre. C’est a lui que l’Angleterre est redevable de introduction de ta lithographie. Il fut le créateur des Annuals, dont le Forget me not ouvrit la série en 1823. L’élégant journal de modes qu’il publia sous le titre de Repository of Arts, Literature, Fashions , rendit compte, a partir de 1814, des productions neuvelles en tous genres. Il entreprit aussi une suite d’ouvrages topographiqnes ornés de remarquables gravures & Paqgua-tinta, comme le Microcosm of London, les Histories of Westminster Abbey, les Universities of Oxford and Cambridge et les Public Schools. i fournit également a la gravure sur bois l’occasion de se produire. Il fut Yun des premiers, au commencement de ce siécle, qui réussirent & rendre imperméables les étoffes de laine, le feutre, le cuir, le papier. Le premier a Londres il employa le gaz a.l’éclairage de ses magasins (voyes Accum ), et chercha & en vulgariser partout usage. Il fit traduire par des Espagnols émigrés, notamment par Blanco-White, dinstructifs ouvrages anglais et les expédia en Amérique, ol son fils ainé avait créé & Mexico un commerce de librairie et de gravures. En 1813, il avait été membre d’une association formée a Londres pour seconrir les victimes de la guerre en Allemagne. Il mourut le 30 mars 1834, peu de temps aprés avoir cédé son établissement a ses fils. ;

ACNE. Mot emprunté du grec &xvq, viguenr, jeunesse, et dont se servail Aétius pour désigner une maladie de la peau, qwil nommait ainsi parce qu’elle se montre spécialement depuis vingt ans jusqu’a trente. L’acné est une maladie des follicules de la peau; on en distingue plusieurs espéces. Lorsqu’elle existe au visage, on la nomme couperose.

ACLIDE. Voyez Darn.

ACOLYTE (du latin acolytus, formé du grec axodvtoc, suivant). On nommait ainsi, aprés le troisiéme sidcle dans l’Eglise latine, et aprés le cinquiéme dans l'Eglise greeque, les serviteurs employés au luminaire (accensores ), et ceux qui portaient les cierges dans les processions solennelles (ceroferarii). Ils présentaient aussi le vin et Peau a la communion, et aidaient les évéques et les prétres dans leurs fonctions et dans toutes les cérémonies. Ils faisaient partie du clergé, et prenaient rang apres les sous-diacres, Leur consécration consistait dans le premier ordre mineur de ordination. Les acolytes, depuis le septiéme siécle, n’existent guére que de nom, car leurs fometions sont ac-

tuellement remplies par des sacristains et par de jeunes laiques auxquels on donne le aom @enfants de chaur LE glise grecque, comme I’Eglise latine, n'a conservé des acolytes que le nom,

ACOMAT. Voyez Acamer-Grepick.

ACONIT, genre de plantes de la famille des renonculacées, tribu des helléborées. La fleur se compose dune enveloppe formée de cing piéces principales ; la supérieure, arrondie en casque, en renferme deux autres, en forme de marteau. Les étamines sont nombreuses , le fruit capsulaire. Toutes les espéces d’aconit sont vénéneuses ou suspectes ; leurs propriétés étaient déja connues des anciens. On en connait en tout vingt-deux espéces, qui appartiennent toutes aux pays froids ou aux hautes montagnes des pays tempérés. Les deux plus remarquables par leurs propriétés malfaisantes sont laconit tue-loup et Vaconit napel. Les indiens du Népaul empoisonnent leurs armes avec le suc d’une espéce d’aconit qu’ils nomment bikh.

Laconit pyramidal a une belle apparence. II s*éléve a plus d’un métre de hauteur. Ses épis de fleurs ont plus de soixante-dix centimétres de long. Une des plus belles espéces qu’on cultive comme plante d’ornement, c’est laconit de Candolle, aux fleurs d'un bleu pale intérieurement et @un bleu vif sur Jes bords. La chimie a démontré que toutes les propriétés de ce végétal étaient dues a un principe qu’on a appelé aconifine, et dont la médecine, qui asouvent trouvé des remédes salutaires dans les poisons les plus énergiques, fait usage dans quelques maladies, entre autres le rhumatisme articulaire, la névralgie.

ACORES, archipel de Pocéan Atlantique, a 1300 kilom. de la cote de Portugal, par 36° 59’ et 39° 44” de latitude nord, 27° 35’ et 33° 27’ de longitude ouest. 11 se compose de neuf iles qui forment trois groupes. Saint-Michel est la plus grande. Terceira a recu quelque célébrité de la régence portugaise quis’y était établie en opposition au gouvernement de don Miguel. On peut-encore citer Pico, ot se trouve le Pic, haut de plus de 2,500 métres. L’aspect général des Acores indique une origine volcanique ; elles sont snjettes aux tremblements de terre et a de violents coups de vent. Le climat est trés-salubre et rafraichi par les brises de la mer. Le sol est fertile et bien arrosé. On y récolte un vin délicieux, dont la qualité égale presque celle des vins de Madere. Les fruits et legrain y viennent en abondance ; les boeufs, Jes moutons, les pores et Ja volaille font objet dun commerce d’exportation. On exporte aussi plus de 20,000 piéces de vin et d’eau-de-vie ainsi que 200,000 caisses d’oranges de premiére qualité. La mer est trés-poissonneuse. La popu- Jation était. en 1865, de 281,894 ames. Les Acores appartiennent au Portugal. Le gouverneur général réside a Angra, ville principale de Terceira. Les habitants sont presque tous blancs, il y a peu de Negres. Le clergé y est trés-nombreux , fort ignorant, et vit dans Pabondance; Vinsfruction générale s’en ressent.

Vhistoire de la découverte des Acores est restée enveloppée de beaucoup d’obscurité ; on les voit figurées sur des cartes manuscrites du quatorziéme siécle. Gonzalo-Velho Cabral découvrit la plus méridionale en 1432. Mais ce n’est guére qu’en 1450 qu’elles furent toutes reconnues. Les Portugais leur donnérent le nom de l’épervier dans leur langue, acor , A cause de la multitude des oiseaux de proie qu’ils y trouvérent. La duchesse de Bourgogne, sceur d’Alphonse V , en 1466, y envoya une colonie de Flamands, ce qui leur fit donner le nom Wiles Flamandes ; les Anglais les nomment Western Islands (\les occidentales ). On écrit et on répete que les premiers colons des Acores y trouvérent une statue éguestre, qui, le doigt tendu vers Pouest, semblait indiquer aux nouveaux venus le chemin a suivre ; ce fut, ajoute t-on, la vue de cet oracle mystérieux qui décida Christophe Co- Jomb a tenter immense découverte qui devait immortaliser son nom ; il n’est pas besoin de dire qu'il faut rejeter cette

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