‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 67 sur 197 · ACTION — ACTIUM · texte numérisé non relu

ACTION — ACTIUM

pas le droit de faire saisir ’immeuble de la société pour se faire payer de ce que leur doit cet associé, tandis que le créancier de la société aurait évidemment ce droit. Les actions de la Banque de France peuyent étre rendues immobiliéres, 4 la volonté des possesseurs.

La loi du 17 juillet 1856 défend aux sociétés en commandite par actions de diviser leur capital en actions ou coupons de moins de 100 fr. lorsque ce capital n’excede pas 200,000 fr,, et de moins de 500 fr. lorsqu’il est supé- Tieur. Elles ne peuvent ¢étre définitivement constituées qu’aprés la souscription de la totalité du capital social et le versement du quart de chaque action, le tout constaté par un acte notarié. Les actions des soci¢tés en commandite sont nominatives jusqu’aé leur entiére libération. Les souscripteurs sont responsables de la totalité des actions qu’ils ont souscrites, lesquelles ne sont négociables qu’apreés Je versement des deux cinquiémes. Tout apport qui ne consiste pasen numéraire , ou tout avantage particulier stipulé au profit dun associé doit étre vérifié et approuvé par une assemblée générale. Un conseil de surveillance, dont la loi régle la composition et les devoirs, peut encourir une certaine responsabilité lorsque la société n’est pas constituée conformément Ja loi, lorsque sciemment il a laissé commettre dans Tes inyentaires des inexactitudes graves, ou lorsqwil a ‘consenti 4 Ja distribution de dividendes non justifiés. La loi punit d’un emprisonnement de huit jours a six mois et dune amende de 500 fr. 4 10,000 fr., ou de l'une de ces deux peines, |’émission d’actions non conformes 4 celles qu’elle prescrit, et le gérant qui commence les opérations sociales avant l’entrée en fonction du conseil de surveillance. Elle punit aussila négociation d’actions contraires a ses prescriptions , les simulations de souscription, les déclarations de faux actionnaires, les faux inventaires, etc.

Aux termes de la loidu 16 juin 1850, chaque titre ou certificat @’action dans une société, compagnie ou entreprise quelconque, financiére, commerciale, industrielle ou civile, est assujetti au timbre proportionnel du capital nominal , ou réel A son défant, de 50 centimes pour 100 fr. quand les sociétés doivent avoir une durée de moins de dix ans, et de 1 fr. pour 100 fr. quand la durée des sociétés doit dépasser dix ans, Au moyen de ce droit, les cessions de titre ou de certificat d’actions sont exemptes de tout droit et de toute formalité d’enregistrement. Les sociétés peuvent s’affranchir de ces obligations en contractant avec VEtat un abonnement de 5 cent. pour 100 fr. par an du capital de chaque action. En 1857 le gouvernement avait propesé d’élever ce droit de 5 c. 4 15 c. par 100 fr. du capital réel réglé sur le cours moyen des actions; le corps législatif préféra un autre systeme accepté par le conseil d’Etat, systéme qui consiste A frapper d’un impdt annuel les coupons au porteur et d’un droit de mutation Ja conversion d’un titre nominatifau porteur, et réciproquement.

Les entreprises commerciales qui se font a l’aide d’émissions d’actions sont.d’abord celles qui exigeraient des capitaux trop considérables pour que la fortune et les ressources des plus riches capitalistes pussent y suffire. Elles ont ?immense avantage de permettre des opérations que l’industrie privée ne saurait faire sans elles; elles permettent aussi Wessayer des opérations utiles mais douteuses, en répartis-

ent les peries possibles sur un grand nombre d’actionnaires et en leur donnant la garantie que leur perte n’excédera pas une certaine somme. Les actions fournissent un emploi avantageux pour les plus petits capitaux en leur permettant de participer anx plus grandes affaires. Elles mobilisent une partie de larichesse nationale, et lui donnent une certaine valeur de circulation. Pour étre négociables en France, Jes actions et obligations des compagnies étrangéres sont soumises 4 des conditions de constitution, de timbre et d’impét analogues a celles qui frappent les valeurs frangaises.

Les actions sont une invention des temps modernes. L’an-

née 1720 fut surtout mémorable par ’immense commerce d’actions qui se fit en France et presque simultanément en Angleterre ; commerce qui concentra des millions entre les mains d’hommes qui quelques jours auparavant n’ayaient rien, en méme temps qu’il anéantit les plus anciennes et les plus solides fortunes. On sait que depuis la France retomba plusieurs fois dans une ardeur d’agiotage qui rappelait jusqu’a un certain point les fameuses actions de la banque de Law.

ACTION ( Déclamation) , exprassion des mouvements de ’4me par les mouvements et l’attitude du corps. De nos jours, on ne se sert de ce terme que pour Ja pantomime et Vart du comédien. L’action oratoire est toute subjective, se restreint aux gestes et a l’expression de Ja physionomie. Le comédien, le pantomime, représentant des personnages étrangers, expression entitre de leur corps est du domaine de art. Le pantomime ne parle qu’aux yeux, tandis que le comédien y joint la déclamation ou le chant; Vaction du chanteur, déterminée par la musique, différe de l’action du comédien qui déclame. L’action embrasse : 1° le 1aintien , Ja pose du corps, en un mot Vattitude; 2° les mouvements des différentes parties du corps, telles que la téte, les mains, les pieds; les plus expressives de ces parties sont Jes yeux et les muscles du visage , les mains et les doigts, les mouvements des pieds sont du domaine de la danse. Chez les orateurs anciens l’action était véhémente; elle est encore trés-vive et quelquefois pétulante cliez les Italiens ; en France elle est animée; elle est souvent séche et froide chez les peuples septentrionaux.

ACTION (Litiérature ). C’est le développement, suivant les régles de art, de ’événement qui fait le sujet dune ceuvre littéraire. Trois parties composent Vaction : exposition, le neeud, le dénodment. L’action joit élre une, vraisemblable, compléte. Il faut surtout tenir l’action incertaine jusqu’au dénodment. L’intérét pourrait-il subsister si le dénotment était prévu? L’action de la tragédie doit étre noble; l’action épique, magnifique et vaste; le merveilleux y ajoute un grand charme. La comédie et le roman ne doivent pas non plus étre dépourvus d'action.

ACTION; QUANTITE D’ACTION ( Mécanique ).

Voyez MOUVEMENT.

ACTION D°ECLAT. C’est un acte individuel de courage ou de présence d’esprit accompli sur le champ de bataille. Le connétable était autrefois le juge et le rémunérateur des actions d’éclat. Quand la charge de connétable fut supprimée par Louis XUI, le privilége de récompenser ces actions d’éclat appartint au chef de !’Etat, par !’entremise du ministre de la guerre. Sous la république, c’étaient les généraux en chef qui, sur le rapport des généraux de division, récompensaient les actions d’éclat par un fusil ow un sabre d’honneur. Bonaparte, devenu premier consul, concut la pensée d’une institution qui réunissait Je mérite civil au mérite militaire, et U créala Légion d’honneur, dont tous les soldats et officiers qui avaient obtenu des armesd’honneur devinrent membres de droit.

ACTIUM, promontoire sur la cote occidentale de la Gréce, dans l’ancienne Epire, formant l’extrémité septentrionale de ’Acarnanie, 4 l’entrée du golfe d’Ambracie ( aujourd’hui Capo de Figolo ou Azio, sur Je golfe d’Arta, dans PAlbanie). Ce cap donna son nom a la célébre bataille dans laquelle Antoine fut défait par Octave ( voyes Aucuste), le 2 septembre de la 31° année avant J.-C. Les armées des deux chefs étaient campées sur les deux rives opposées du golfe ; larmée d’Octave comptait 80,000 hommes A pied, 12,000 hommes de cayalerie et 260 vaisseaux ; celle d’Antoine était composée de 100,000 hommes a pied, de 12,000 cavaliers et de 220 vaisseaux. Contre l’avis de ses généraux les plus expérimentés, Antoine se décida 4 courir les chances d’un combat sur mer, Ses yaisseaux, richement ornés, se faisaient remarquer par leur grandour ; les vais-

seaux de la f.otte d’Octave étaient plus petits, mais ils manceuvraient avec plus d’adresse et de célérité. Les deux flottes étaient montées par des soldats tirés des légions romaines, qui regardaient l’affaire comme un combat sur terre, et les vaisseaux comme des forteresses quils devaient prendre d’assaut. Les troupes d’Antoine langaient, au moyen de catapultes, des torches allumées et des fléches , tandis que les soldats d’Auguste accrochaient les vaisseaux ennemis ayec des grappins; apres quoi ils s’élangaient a Vabordage. Dés le commencement de la bataille, le centre de la flotte WAntoine ayant éprouvé un léger échec, Cléo patre, effrayée, prit lachement la fuite avec soixante vaisseaux égyptiens; Antoine la suivit de prés. Le reste de sa flotte se défendit quelque temps avec un courage héroique ; a la fin, cédant a la supériorité du nombre et aux exhortations d’Octave , qui lui apprit la fuite ignominieuse de son général, elle abandonna une cause qu'il avait si mal défendue. Sept jours aprés, exemple qu’avait donné la flotte d’Antoine fut suivi par l’armée de terre, qui, rangée en bataille sur le rivage , ainsi que celle d’Octave, avait été tranquille spectatrice du combat. Pour témoigner sa reconnaissance aux dieux, Octave fit suspendre dans le teraple d’Apollon & Actium des trophées consacrés 4 Mars et 4 Neptune; il ordonna de plus que fous les cinq ans on y célébrerait des jeux en mémoire de cette journée , qui lui donna empire du monde ( voyes jeux AcTIAQUES ). A Pendroit ou son armée avait campé, il fit en outre consfruire la ville de Nicopolis , aujourd’hui Prévésa.

ACTIVITE. L’activité est le symptéme le plus apparent de la vie dans les espéces animées; mais c’est dans Vhomme qu'elle se montre avec tous ses développements et toutes ses nuances, depuis linstinct aveugle, qui au début de la vie met nos facultés en mouvement, jusqu’a la liberté, qui les dirige avec réflexion, pour étendre leur empire sur toute la création. Il y a en nous un principe essentiellement actif, une force qui tend a se projeter au dehors, et qui prend successivement des formes diverses. Instinctive chez enfant, elle devient spontanée dans ladolescent, puis réfléchie dans Phomme fait, c’esta-dire volontaire et libre. Le caractére de instinct, c’est le développement d’une force aveugle qui s’ignore; le caractére de la spontanéité, c’est le développement d’une foree qui se connait ; le caractére de la liberté, cest le déyeloppement d’une force qui se posséde et se maitrise. Entre tous ces modes de l’activité humaine, la liberté est le plus Glevé et le plus pur. La premidre manifestation de cette force active en nous est déterminée par linstinct. Le mouvement par lequel Venfant qui vient de naitre saisit le sein de sa mére, les appétits naturels qui donnent l’éveil aux facultés dont nous sommes pourvus pour satisfaire aux besoins inhérents 4 notre nature, sont autant d’effets de Yactivité instinctive. Elle devient spontanée lorsqu’elle prend conscience d’elle-méme et commence a se connaitre : alors les simples appétifs se transforment en désirs, en passions. Enfin, lorsque V’intelligence intervient dans les actes du moi, lorsqu’elle délibére, qu’elle pése des motifs contraires avant de prendre une détermination, ies actes prennent le nom de volitions ; lactivité est devenue volontaire et libre.

La liberté suppose donc un développement intellectuel assez élevé, qu’on appelle raison. Aussi nexiste-t-elle pas toujours dans Yhomme; elle a, comme toutes les facultés humaines , son apprentissage & faire. Son évolution est graduelle : imperceptible dans les premiers moments de l’existence, elle reste obscure et enveloppée dans Venfant, tant que la sensibilité prédomine ; alors, les instincts , les appétits sensuels , les penchants passionnés, sont plus forts gue la raison. Il est impossible de nier qu’a son origine activité de Phomme ne soit instinctive ef mue par une impulsion aveugle, Des que tes premidres lueurs dintelli-

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