‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 68 sur 197 · ACTIUM — ACTIVITE · texte numérisé non relu

ACTIUM — ACTIVITE

gence commencent 4 poindre, mors aussi apparaissent les premiéres manifestations de la yolonté, D’abord faible et indécise, tant qu’elle n’est pas suffisamment éclairée, elle hésite, elle tatonne, elle chancelle; guidée par une intelligence lumineuse, elle s’affermit peu a peu, elle acquiert la conscience d’elle-méme, elle agit avec plus d’assurance quand elle voit clairement son but.

En définitive, Vactivité est Vattribut fondamental du moi. Jamais elle ne repose. Méme dans les états de ame out elle parait assoupie, tels que le sommeil, la défaillance, ou les actes habituels, il y a un certain degré d’activité qui entretient la vie continue du moi. Dans le sommeil, a quelque instant qu’il soit interrompu, si nous nous observons nousmémes avec attention, nous trouverons que notre ame était occupée d’un certain objet, d'une cerfaine pensée; et c’est ce qui explique certains plénoménes de la mémoire, tels que celui de I’écolier qui, ayant lu sa legon une fois avant de s’endormir, la retrouve presque sue le lendemain matin; cest encore ce travail secret, mystérieux, qui explique comment, au bout d’un certain temps, on se trouve un beau jour avoir éclairci quelque probléme obscur et difficile, qu’on croyait avoir entiérement perdu de vue. Dans la défaillance, il reste toujours un certain degré de conscience vague, confuse, mais réelle, ou: les choses ne nous apparaissent plus qu’enveloppées de brouillards, et oti le fil de la

| vie du moi nest pas complétement rompu. Enfin, qui ne

sait que habitude nous rend insensibles et inapercus des actes qui dans l’origine nous ont cotité de pénibles efforts, et par conséquent ont été volontaires? C’est ce qui arrive dans la lecture : quelle longue application ne nous a-t-il pas fallu pour apprendre a distinguer les lettres, a les assembler, et & reconnaitre la valeur des mots, opérations dont aujourd’hui nous n’avons plus conscience? Ainsi, le musicien qui exécute sur son instrument des variations compliquées a dt faire un laborieux apprentissage pour en venir 4 enchainer ces longues séries de mouyements qu'il accomplit 4 présent presque sans le moindre effort d’attention. Toutes ces opérations, machinales en apparence, ont donc été d’abord ’ceuyre d’une volonté opiniatre.

Reste maintenant 4 reconnaitre quels sont les rapports de lactivité avec les autres éléments essentiels de notre nature, cest-a-dire avec la sensibilité et Vintelligence. D’une part, les phénomeénes de la sensibilité et ceux de Vintelligence exercent sur activité une influence nécessaire et inévitable, comme mobiles et comme motifs qui la déterminent 4 se mettre én mouvement. Les sensations et tous les phénoménes affectifs qui en dérivent sont autant de ressorts qui la mettent en jeu, par l’attrait du plaisir et par la crainte de la douleur. Comme ils sont purement instinctifs et aveugles, et quils n’ont rien de rationnel, on les appelle des modiles ; le nom de mofifs est réservé pour les idées , les principes moraux qui sont la loi de la volonté humaine. D’un autre cété, Pactivité réagit a son tour sur la sensibilité et sur I’intelligence. Il y a plus, son concours est indispensable pour donner naissance aux pbénomeénes de lune et de lautre faculté, tout passifs quils sont. En effet, pour qu’une sensation soit sentie, il faut que le moi en ait conscience; et 1a ou il y a conscience, il y a nécessairement un degré quelconque d’activité. Quant aux phénomeénes de lintelligence,

“sans doute, envisagés d’un certain point de vue, ils nous ap-

paraissent marqués d’un caractére non moins fatal que ceux de la sensibilité; il ne dépend pas de nous de faire que les vérités qui frappent notre esprit soient autres qu’elles ne sont, ou ne forcent pas notre assentiment. Mais dans la perception de la yérité Vintervention de notre activité personnelle n’est pas moins évidente. Porter un jugement, c’est affirmer ou nier; et cela nous est-il possible sans comparer, sans abstraire, sans généraliser? Or, il n’est aucune de ces opérations qui ne suppose le moi actif. Et cet effort de l’esprit qu’on appelle a¢/ention, cette condition premiére de toute

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