‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 70 sur 197 · ACUNHA — ADALBERT · texte numérisé non relu

ACUNHA — ADALBERT

autant que par le choix de la pensée. Aprés cette explication facile a saisir, Erasme donne un recueil trés-ample des adages qu'il a trouyés dans Platon, Homére, Thucydide, Cicéron, Horace, Virgile, et dans les autres poétes ou prosateurs grecs et latins. Jean Lebon, qui a publié vers la fin du seiziéme siécle une collection de proverbes , de sentences et dadages, sous le titre singulier de : Adages et proverbes de Solon de Vosges , par V hétropolitain, 1 vol. in-32, fait & peu pres la méme différence qu’Erasme, dont il connaissait sans doute le travail. Le proverbe, dit-il, est wne voix de ville, c’est-a-dire connu de chacun. L’adage, qu’il compare au couteau delphique, peut éfre emprunté 4 six objets de nature différente : ce sont les choses semblables , les animaux, les personnes fabuleuses de comédie, d’histoire, les nations, les Etats. Suivant Lebon, l’adage est toujours une comparaison : plus grave gue Caton, plus riche que Crésus, plus envieux que Zoile, plus inhumain que Timon. C’est seulement avec le seiziéme siécle que le mot latin adagiwm s'est introduit dans notre langue. Le sieur de la Porte, qui publiaif en 1602 un livre sur les épithétes de la langue frangaise, citait le mot adage, et de plus l’adjectif adagieux; mais ce grossier barbarisme ne s’est pas conservé. LEROUX DE Lincy.

ADAGIO. Mot italien qui signifie proprement @ V’aise, et que les musiciens appliquent a l’exécution des morceaux dune expression lente. Cette lenteur se modifie selon la situation dramatique ou la pensée musicale. Dans les mouvements adagio les plus graves, o la lenteur ne descend pourtant pas jusqu‘au largo, on trouve de ces phrases prolixes, de ces interruptions de mesure, comme roulades, traits, cadences, points d’orgue, et autres menues licences musicales, qui justifient admirablement l’emploi du mot adagio.

ADALBERT, ou ADELBERT, et encore ALDEBERT, Gaulois qui vers an 744 préchait ’Evangile dans les contrées du Mein. Il fut le premier qui s’opposa a l’introduction en Allemagne des canons et des rites de l’Eglise romaine. Comme il attaquait le culte des saints et des reliques ainsi que l’usage de la confession, il fit accusé 4 Rome @hérésie par Boniface, condamné sur ce chef aux synodes tenus en 744 a Soissons et en 745 4 Rome, et emprisonné ensuite dans Yabbaye de Fulde. Par la suite il s’échappa de sa prison, et fut, dif-on, tué par des bergers sur les bords de la Fulde. Ses adhérents, qui le considéraient 4 Yégal d’un apétre, a cause d’une lettre qu'il prétendait Jui étre tombée du ciel et qu’il donnait pour base 4 son autorité, professaient une dévotion extréme pour ses cheyeux et ses ongles ; ils prenaient la qualification d’aldebertins.

ADALBERT (Saint), de Prague, apétre dela Prusse, fils Wun riche seigneur bohéme, fat élevé a Vabbaye de Saint- Maurice 4 Magdebourg, revint en Bohéme en 981, et fut élu — évéque de Prague en 983. L’extréme sévérité qu’il déploya mal a propos a l’égard des Bohémes nouvellement convertis, — provoqua contre lui parmi eux les haines les plus vives; et en 988, irrité du peu de résultat de ses efforts, il abandonna son diocése pour se retirer dans ’abhaye du Mont- Cassin, ef ensuite dans celle de Saint-Alexis 4 Rome, oi il vécut jusqu’en 988 dans la plus compléte solitude. Les Bohémes le rappelérent alors dans son diocése; mais deux ans aprés il Pabandonnait encore une fois, par suite du chagrin quil éprouvait en voyant la férocité toute paienne que ses ouailles avaient conseryée dans leurs meeurs, En s’en retournant dans son couvent , Adalbert, passant par la Hongrie, baptisa en l’an 995, & Gran, en présence de l’empereur Othon III, le psince Etienne, devenu ensuite roi, et plus tard canonisé. En 996, il alla de Rome retrouver Vempereur 4 Mayence, visita en route les abbayes de Tours et de Fleury, et se rendit ensuite auprés du duc Boleslaf, en Pologne, oti tl mit A exécution le projet qu'il avait depuis longtemps formé d’aller précher la foi chrétienne aux peu-

ADALBER: — ADAM

ples paiens, et d’abord aux Prussiens. Avec ses fidéles compagnons , Gaudentius et Bénédict, il descenditla Vistule jusqu’a Dantzig, out il précha et baptisa, et continua ensuite sa route vers la Prusse. Il aborda dans une petite ile vraisemblablement située 4 Pembouchure de la Prégel. Il paya ses prédications de sa vie. Le 23 avril 997 un prétre paien lui enfonga un javelot dans la poitrine. Le duc Boleslaf, racheta son corps et le rapporta a Gnesen, d’oti il fut transporté & Pragne par le duc Brzetislaf.

ADALBERT, nommé archevéque de Bréme et de Hambourg en 1043, étaitissu de la maison des comtes palatins de Saxe. Le pape Léon IX le nomma, en 1050, son légat dans le Nord. Pendant la minorité de Pempereur Henri LV, il se fit attribuer la tutelle et administration de Empire. En {065 il fit déclarer majeur ce prince, alors 4gé de quatorze ans, et s’empara, sous son nom, du pouvoir le plus illimité. L’année suivante les princes allemands employérent la violence pour V’éloigner de Henri; mais, aprés une lutte de courte durée, il se retrouva, en 1069, en possessio n deVautorité souveraine comme auparavant, sous le nom de Henri. I1 mourut a Goslar, le {7 mars 1072.

ADALBERT (Hennir-Guitiavume ), prince de Prusse, fils du prince Frédéric-Guillaume-Charles, et cousin germain du roi Guillaume, est né A Berlin le 29 octobre 1811. Il entra de bonne heure dans lartillerie, visita, de 1826 a 1843, la Hollande, !’Angleterre, Ecosse, Saint-Pétersbourg, Moscou, la Russie méridionale, la Turquie, la Greéce et les iles loniennes, Gibraltar, Tanger, Madére, Ténériffe, et les edtes du Brésil. En 1847 il fit paraitre a Berlin Je journal de son dernier voyage sous ce titre: Aus meinem Reisatagebuche, 1842-1843. Le 11 juillet 1843 le prince Adalbert avait été nommé inspecteur général de Vartillerie ; aprés 1848 il fut chargé de Vorganisation @’une marine allemande centrale et eréé amiral. A ce moment il fit paraitre un Mémoire sur la formation @une flotte allemande ( Potsdam, 1848 ). L’Allemagne ayant renoncé a l’unité, le prince Adalbert est resté seulement le chef de la marine prussienne. En 1851 i! fit un voyage en Suéde, et en 1856 il se présenta avec une petite escadrille sur les cdtes de Maroc. Attaqué par les pirafes du Rif, dans une descente a terre, il les mitrailla pendant deux heures et leur fit subir des pertes, puis il reprit la mer. Il avait prés de lui ses denx fréres, et fut gravement blessé a la jambe dans cet engagement. Il revint ensuite en Prusse en passant par |’Angleterre. En 1858 il est venu visiter Brest. Le prince Adalbert a épousé morganatiquement en 1851 Mile Thérése Elssler, créée comtesse de Barnim.

ADAM, c’est-a-dire !romme, ct EVE, cest-a-dire la vivante, sont le premier couple humain sur la terre dont il soit question dans la Genése. Adam mourut a lage de neuf cent trente ans, et, suivant une antique tradition juive, il fut enterré dans ’Hébron, a cdté des patriarches. On croyait trouver cette tradition confirmée dans la Bible, @aprés un passage mal interprété de Josué (14 et 15) dans la Vulgate, tandis qu’une autre tradition chrétienne le fait reposer sur le mont Golgotha. On connait le récit de la Genése. D’aprés ce livre, le pére du genre humain fut formé de terre le sixiéme jour de la création. Dieu compléta son quvre par Vhomme, qu’il forma @’aprés son image et qu’il établit maitre de tous les étres privés de raison. J] luidonna pour compagne Eve, formée de sa chair, afin que de leur union naquit une heureuse postérité qui peuplat la terre. Dieu les placa dans Eden, jardin rempli d’arbres a fruits, ou ils trouvaient tout ce qui pouvait satisfaire leurs besoins et servir 4 leurs plaisirs, Mais au milieu du jardin était arbre de la science du bien et du mal, dont le Créateur leur avait interdit le fruit. Eve se laissa séduire par le serpent; elle cueillit de ce fruit, et en mangea avec son mari. Ce crime détruisit leur bonheur. Tout changea aussitot de face devant leurs yeux; ils s’apercurent de leur nudité, et se couvrirent avec des feuilles. En vain Adam chercha a se

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dérober a la vue de Dieu; en vain i] s’efforca de rejeter sa faute sur sa compagne : l’anathéme fut lancé contre eux et contre la nature entiére. Déchu désormais de Vétat d’innocence dans lequel il avait été créé, Adam se vit condamné a soutenir son existence a la sueur de gon front. Toutes les miséres de la vie et les terreurs dela mort V’atteignirent. Il eut trois fils, Cain, Abel et Seth. — Selon les récits poétiques des Juifs, Dieu créa Adam comme homme et femme touta la fois avec de la poussiére de la terre. Sa téte atteignait le ciel, et ’éclat de ses yeux effacait celui du soleil. Les anges du ciel eux-mémes le redoutaient, et tous les étres de la création s’empressaient de l’adorer. Alors le Seigneur, pour montrer sa puissance aux anges, endormit Adam, et, pendant son sommeil, enleva quelque chose de chacun de ses membres. A son réyeil, il lui ordonna de disperser sur la terre les parties qwil lui avait prises, afin que toute la terre fit habitée par sa semence. Adam perdit aussi sa grandeur; mais il n’en Conserva pas moins sa perfection. Dieu créa ensuite & Adam une femme, Lilith; mais elle s’enfuit dans les airs, et alors le Seigneur lui fit Eve, de une de ses cétes. Dieu la conduisit magnifiquement parée & Adam; et les anges descendirent du ciel, en jouant des instruments célestes, et le soleil, la lune et toutes les étoiles dansérent ensemble. Dieu bénit le couple, et lui offrit un repas sur une table en diamant, tandis que les anges préparaient les mets les plus délicieux. La beauté d’Adam provoqua la jalousie, et le séraphin Sammael réus

sit a le tenter. L’heureux couple fut alors chassé du paradis dans le lieu des ténébres, et erra ensuite successivement sur les terres jusqu’a la septiéme, Tebhel, qui est celle que nous habitons. — Suivant le Koran, Dieu créa le corps de son représentant sur la terre avec de l’argile séche, et ]’esprit avec du feu pur. — D’aprés les légendaires persans, Dieu créa le premier homme d’une pate composée des sept couches de la terre, et doua son corps des plus merveilleuses perfections. Tous les anges témoignérent leur respect au nouvel étre créé, a exception @Eblis, qui, en conséquence, fut chassé du paradis, assigné dés lors pour demeure a Adam. Eve fut créée dans le paradis. Par esprit de vengeance elle {enta les premiers hommes, qui furent alors précipités du ciel sur la terre. Dieu eut pitié d’Adam repentant, et lui fit enseigner ses divins commandements par Varchange Gabriel, 1a ott plus tard fut construit le temple de la Mecque. Tl s’y conforma ponctuellement, et retrouva alors Zooafris, son épouse , sur le mont Ararat. .A sa mort il fut enterré sur leé mont Abourais, prés de la Mecque; ou, suivani une autre version, recueilli d’abord par Noé dans l’arche, ce serait Melchisédech qui Paurait enterré 1a ot plus tard s’éleva la ville de Jérusalem. On trouvera exposées dans les plus grands détails les traditions postérieures des juifs et des mahométans dans le livre d’Eisenmenger intitulé : 7e Judaisme dévoilé (en allemand, Francfort, 1700 ).

ADAM be Bréme, chanoine de cette ville, arriva a Bréme en l’an 1067, vraisemblablement appelé de la haute Saxe par l’archevéque Adalbert, et ymourut vers l’an 1076. Il y écrivit, sous le titre de Gesta Hammenburgensis Ecclesia pontificum ou de Historia Ecclesiastica, le plus généralement d’aprés des documents et d’anciennes inscriptions, une histoire de Varchevéché de Hambourg depuis lan 788 jusqu’alamort de Parchevéque Adalbert, arrivée en Van 1072. Cet ouvrage contient de précieuses indications pour Vhistoire des Etats du Nord, et plus particuligrement des peuples slaves, et auteur les recueillit de la bouche méme du roi danois Svend Estrithson, qu il alla visiter tout aussit6t aprés son arrivée & Bréme. Le livre d’Adam, dédié a Parchevéque Liemar (1072-1101), est la seule source de quelque valeur ou Yon puisse puiser pour histoire des pays du Nord a cette époque; aussi est-il d’une importance extréme pour les historiens. Il se recommande @ailleurs par la sagesse de son plan, par l’exactitude avec laquelle y sont recueillis

tous les documents écrils ou oraux , par une exposition claire, et par un style assez heureusement imité des ancien3. Vedel publia Je premier |’ Histoire d’Adam de Bréme ( Copenhague, 1579, in-4°) d’aprés un manuscrit trouvé dans Pabbaye de Soroe par Bartholin. Postérieurement on en a trouvé d’autres copies, non moins précieuses, 4 Copenhague, 4 Leyde et a Vienne.

ADAM de la Halle, surnommé le Bogu d’ Arras, trouvére du treizidme sidcle, était fils d’un bourgeois d’Arras.

Né vers 1240, il fit ses études dans l’abbaye de Vauxcelles |

el embrassa l'état ecclésiastiqne. En 1282 il suivit Robert II, comte d’Artois, 4 Naples. C’est dans cette ville qu’il composa, pour les diverlissements dela cour, Li Jew de Robin et de Marion ( Paris, 1822, in-8°). Il mourut a Naples vers 1286. Ona en outre de lui : Li Jeu d’Adam, ou du Mariage (Paris, 1828, in-8°); Li Congié d’Adam d Arras (Paris, 1803); C’est du Roy de Sézile, poéme (Paris, 1828); quelques chansons, rondeaux, motets, publiés par Roquefort, dont il composait lui-méme la musique qu'il notait d’aprés le systtme de Gui d’Arezzo. Z. ADAM (Jean), prédicateur frangais , né 4 Limoges, en 1608, devint supérieur de la maison des jésuites de Bordeaux, et mourut le 12 mai 1684. Il appelait saint Augustin PAfricain échauffé et le Docteur bouillant, comparait Mazarin a saint Jean-Baptiste, et Anne d’Autriche a la sainte Vierge. En 1656 il précha le caréme a Paris ; un seigneur de la cour dit alors 4 lareine : « Voila un discours qui m’a fortement convaincu que le pére Adam n’est pas le premier homme du monde. » Z.

ADAM. Trois fréres de ce nom exercérent avec éclat l’art de la sculpture, que pratiquait leur pére. L’ainé, Lambert-Sigisbert, né en 1700, a Nancy, vint a Paris, ou il remporta le premier prix a l’Académie, et alla, comme pensionnaire du roi, 4 Rome. Le cardinal de Polignac lui fit restaurer les douze statues de marbre connues sous le nom de la famille de Lycoméde, qu’on venait de découvrir dans le palais de Marius. Adam s’acquitta de ce travail avec beaucoup de talent. En 1737 Adam fut élu membre de l’Académie, et dans le suite il y ful attaché en qualité de professeur. On

lui doit le groupe de Neptune et Amphitrite pour le bassin |

de Neptune a Versailles. I] y a aussi de lui, 4 Berlin, deux groupes en bronze, la Chasse et la Péche. 11 mourut le 413 mai 1759. — Son frére, Nicolas-Sébastien, né a Nancy, en 1705, étudia l’art de la sculpture sous la direction de son pére; puis il revint 4 Paris, travailla dans un chateau prés de Montpellier, et alla, en 1726, 4 Rome. II y gagna au bout de deux ans un prix de l’Académie de Saint-Luc. Regu a Académie de Paris en 1762, il sculpta, comme piéce dessai, Prométhée déchiré par le vautour, qu’il ne finit que plus tard. Son morceau principal est le mausolée de la reine de Pologne, épouse de Stanislas. Il mourut le 27 juin 1778. — Le troisiéme frére, Francois-Gaspard, né a Nancy, en 1710, fut de méme éléve de son pére. En 1728 il se rendit 4 Rome, auprés de ses fréres. Il revint ensuite, comme eux, 4 Paris, y remporta le premier prix de l’Académie, et retourna A Rome, oi il acheva ses études. Plus tard il alla & Berlin, an lieu de son frére Nicolas-Sébastien , qui y avait été appelé par le grand Frédéric, y travailla plusieurs années , et mourut a Paris, en 1759.

ADAM (Roser), architecte , né prés d’Edimbourg en

1728, s¢ forma par des voyages sur le continent ef par un |

assez long séjour en Italie. Lorsqu’il fut de retour 4 Londres , le roi d’Angleterre le nomma son architecte. Il a fourni Jes plans d’un grand nombre de monuments remarquables , et mit plus de godt dans les ornements des édifices. En 1764, le eomté de Kinross l’envoya au parlement, et il mourut en 1792. On cite sa Description des ruines du palais de Dioclétien & Spalatro (Londres, 1764, in-fol.). Z.

ADAM (Maitre). Voyez BuLavt.

ADAM (Enovarp ), inventa, au commencement du dix-

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