‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 71 sur 197 · ADAM · texte numérisé non relu

ADAM

neuviéme siécle, un appareil pour la distillation des vins qui devait enrichir le midi de la France. La routine déclara d’abord que son invention était impraticable ; plus tard, quand on en reconnut les avantages, on contesta que ce fait une invention. Il perdit ses procés. Aprés sa mort on lui rendit plus de justice. La ville de Rouen donnason nom & une rue, et le département de |’Hérault lui a voté une statue. M. J. Girardin , de Rouen, a publié une notice sur Ed. Adam. Z. ADAM (Apo.pue-Cuarzes ), un de nos plus féconds compositeurs dramatiques, naquit 4 Paris, le 24 juillet 1803. Il était fils du célébre professeur de piano Louis Adam, né

| en 1759 a Miettersholtz, en Alsace, mort en 1846, qui a été

pendant quarante-quatre ans professeur au Conservatoire, et quia forméun grand nombre de nos plus habiles pianistes.

Adolphe Adam était bien jeune encore lorsque son pére le mit entreles mains d’une madame Duhan, inventeur d’une méthode de solfége au moyen de cartes destinéesa enseigner aux enfants les principes de cet art; mais il fut impossible au jeune Adolphe de rien apprendre par ce moyen. A lage de sept ans ilentra dans la pension deM. Hix, ef en 1814 il alla a Belleville, dans celle de M. Gersm, pére de madame Benincori. Madame Benincori donnait des legons de piano au jeune éléve; mais, emporté par son ardeur de composition, il improvisait plus qu’il n’étudiait. Pendant son séjour & Belleville, le jeune Adolphe s’éprit d’une belle passion pour l’orgue. Ayant fait laconnaissance du souffleur de la paroisse, il parvint 4 remplacer souvent! organiste titulaire.

Adolphe Adam quitta Belleville pour suivre comme ex-

terne le cours du collége Bourbon, ov il ne poursuivit ses études que jusqu’a la classe de seconde. Son pére lui donna un mattre d’harmonie, M. Widerker; et le professeur d’harmonie, qui s’inquiétait peu des progrés de son

| élave en humanités, était toujours satisfait.

Une circonstance particuliére contribua beaucoup a donner de ’émulation A Adolphe Adam et & développer chez Jui le sentiment musical. Hérold , qui avait été ’éléve de prédilection d’Adam pére pour le piano, et qui de plus était son filleul, revenait alors d’Italie. L’intimité qui s’établit naturellement entre Hérold et Adophe Adam fut trés-profitable 4 ce dernier. Adolphe Adam était entré dans la classe d’orgue de Benoft, professeur au Conservatoire. Il était parvenu 4 se faire accepter en qualité de commis par un vieux organiste, nommé Baron, qui tenait & la fois les orgues de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, de Saint-Etienne-du-Mont et de Saint-Louis-d’Antin. Un jour, 4 Voffertoire, Adolphe Adam sehasarda & jouer la fugue en fa de Heendel. Comme le vieux Baron n’avait pas habituéles oreilles de ses auditeurs Aun styte pareil, le curé de la paroisse se scandalisa fort, et tanga vertement l’imprudent commis. Le brave homme s’écriait : IZ vient nous jouer de la musique de V’Ancien Testament! Adolphe Adam demanda encore des avis 4 Séjan, dontil se trouva fort bien. Séjan et Benoit peu a peu se firent remplacer par lui 4 la chapelle du roi; il entendait 1a les chefs-d’couvre de Lesueur et de Cherubini.

Ce futen 1822 que fut formée au Conservatoire la classe

de composition de Boieldieu. Adolphe Adam entra dans

cette classeavec MM. Théodore Labarre, Claudel et Tariot. Un beau matin, Péléve présente a son mattre une cantate intitulée Circé. Cette cantate se ressentait du goht dominant de la plupart des éléves pour les formes scolastiques, les modulations brusques et recherchées, a l’exclusion de toute idée mélodique. Boieldieu examina froidement cet ouvrage, et dit A l’éléve de lui apporter le lendemain une simple vocalise dans le ton d’ut, de vingt-cing 4 trente mesures seulement, avec défensé de sortir du ton d’u¢ et Waller en sol. Le maftre tint ’éléve pendant deux ans sur cette sorte dexercice ; aprés quoi il ’envoya composer a l'Institut, ob il obtint une mention honorable. L’année suivante, 1825, Adolphe Adam obtint le second grand prix. Le pére d’Adolphe Adam, mécontent de ce qu’il voulait étre exclusi-

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