‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 72 sur 197 · ADAM · texte numérisé non relu

ADAM

vement musicien, lui retira tout subside. Adam parvint a sintroduire dans l’orchestre du Gymnase, et composa quelques airs pour différentes piéces, entre autres La Batelitre de Brientz, Valentine ou la Chute des feuilles, le Hussard de Felsheim, Caleb, etc. AVépoque ot la Dame blanche était en répétition, Boieldieu se trouva pressé par le temps; on était a la veille du jourde la répétition générale, et ’ouverture de cet opéra n’était pas préte. Il en fallait une pourtant. Boieldieu prit avec lui ses deux éléves, Adolphe Adam et Labarre, les mena diner chez lui, aprés quoi les trois musiciens se partagérent ouverture. Boieldieu se chargea de ’andante, Labarre du commencement de Yallegro, qu’il tira dun air anglais (c’était Labarre qui avait fourni a Vauteur de la Dame blanche les airs écossais qui font partie de cet ouvrage); Adolphe Adam eut lidée de la cabalette empruntée au trio de voix et ducrescendo. L’ouverture fut terminée pendant la nuit, et jouée on sait avec quel succés. Ce fut en 1829 qu’Adam donna son premier ouvrage a VOpéra-Comique ; c’était un acte intitulé : Pierre et Catherine, qui eut prés de cent représentations. En 1830 il fit jouer Danilhova, en trois actes, qui eut beaucoup de succes. Le 26 juillet 18300n représenta Ja Chatte blanche, pantomime angiaise, jouée par les acteurs anglais, et dont Adolphe Adam et Gide étaient les auteurs. Aprés la révolution de juillet, Adam fit, avec M. Romagnesi, pour la réouverture du thédtre des Nouveautés, Trois Jours en une heure. De plus, il avait fait un morceau symphonique composé de la Marseillaise, d’une bataille, et de lair : la Victoire est a nous. Il donna successivement : Joséphine ou le Retour de Wagram, un acte, 1830, 4l’Opéra-Comique; en 183i, le Morceau d’ensemble, un acte, au méme théatre ; Casimir, un acte, aux Nouveautés; le Grand Prix, en trois actes, 4 l’Opéra-Comique. veh En 1832, Adam se rendit 4 Londres, ot il donna au théatre de Covent-Garden , Sa premiere Campagne (His first Campaign), en deux actes, qui eut un grand succés, et le Diamant noir (the dark Diamond), en trois actes, qui tomba. En 1833 le King’s-Theatre joua un ballet en trois actes, intitulé Faust. De retour 4 Paris, Adam donna le Proscrit, en trois actes, qui n’eut que quinze représentations , mais dont la musique fut godtée; en 1834, Une Bonne Fortune, opéra-comique fait en cing jours, pour Chollet, et qui fut représenté plus de cent fois; le charmant opéra du Chalet, en un acte, pour les débuts d’Incnindi; en 1835, la Marquise, un acte; Micheline, un acte; en 1836, la Fille du Danube, ballet en deux actes, poug le grand Opéra ; le Postillon de Lonjumeau, pour ’Opéra-Comique; en 1837, les Mohicans, ballet en deux actes, pour l’Opéra ; le Fidéle Berger, a VOpéra-Comique, en trois actes, dont la chute fut éclatante, mais qui fut godté 4 Berlin; en 1838, le Brasseur de Preston, trois actes ; en 1839, Régine, en deux actes, et la Reine d’un jour, trois actes, pour les débuts de Masset. Re Ss En 1839 M. Adam part pour la Russie; il donne l’année suivante a Saint-Pétersbourg un ballet en deux actes, pour Mue Taglioni, intitulé: /’ Heumeur de mer; pendantson séjour, il écrit ses Lettres sur Vétat de la musique en Russie. Ne pouvant s’habituer a la rigueur du climat, il tombe gravement malade. Au mois de mars 1840 il arrive a Berlin pour y passer seulement huit jours. Mais le roi, & qui il avait dédié Je Postillon de Lonjumeau, lui demande uninterméde. Cetinterméde devient un opéra en deux actes, les Hamadryades ( Die Hamadriaden), qui fut composé, copié, répété et joué en deux mois, quoiqu’on fat obligé de Jui traduire les paroles de la piéce en francais pour les retraduire ensuite en allemand, langue qu’Adam ignorait. Revenu & Paris, Adam donna 4 l’Opéra-Comique la Rose de Péronne, en trois actes ; en 1841, le délicieux ballet de Giselle, 4?Opéra; Richard Ceur de Lion, de Grétry, avec une nouvelle instrumentation a l’Opéra-Comique ; la Main DICT, DE LA CONVERS, — T. I.

dé fer, trois actes ; en 1842, la Jolie Fille de Gand, ballet en deux actes, 4 l’Opéra ; et 4 POpéra-Comique, le Roi d’ Yvetot; en 1843, Lambert Simnel, opéra de Monpou, resté inachevé; le Déserteur, de Mousigny, avec une nouvelle instrumentation, et enfin, en 1844, Cagliostro, en trois actes,

Adolphe Adam a écrit encore, outre une infinité de fantaisies et d’airs variés pour le piano, ouvrages de sa jeunesse, une Messe solennelle ( 1837), avec orgue obligé, violoncelles, contre-basses et cuivres ,et un O salutaris. 11 comptait presque autant de succés que d’ouvrages. Les compo~ siteurs italiens ont seuls donné V’exemple d’une pareille fécondité. Il avait ’entente de la scéne lyrique. Sa musique est parfaitement bien posée pour le théatre. Il excelle dans la disposition des voix. Son orchestre est toujours clair et intéressant. On désirerait seulement parfois plus de distinction et d’élévation dans les idées. J. , D’ORTIGUE.

Le 22 juin 1844 Adam fut élu membre de l’Académie des Beaux-Arts, ala place de Berton. L’année suivante, il donna Richard en Palestine, opéra en trois actes, 4 l’Opéra ; en 1846, le Diable a quatre, ballet en deux actes, au méme thédtre; en 1847, la Bouquetiére, opéra en un acte, 4 ’Opéra. Nommé directeur d’un troisiéme thédtre lyrique a Paris, il en fit ’ouverture dans la salle du Cirque, le 15 novembre 1847. On y joua le Gastibelza de M. Maillart, et le succés de l’entreprise paraissait assuré lorsque éclata la révolution de février 1848. Deux mois plus tard Opéra national était obligé de fermer ses portes. Adam perdait toutes ses économies et était obligé de prendre des engagements pour lesquels il se remit 4 travailler avec une nouvelle ardeur. Ii donna, en 1848, Griselidis , ou les Cing Sens, ballet en quatre actes 4 Opéra; en 1849, le Toreador, opéra comique en deux actes, & l’Opéra-Comique ; la Filleule des fées, ballet en trois actes, 4 |’Opéra; le Fanal, opéra en deux actes, au mémethéatre; en 1850, Giralda, trois actes, a ’Opéra-Comique; en 1852, Sij’étais roi, le Roi des halles, le Bijou perdu, en trois actes, au Théatre Lyrique; en 1853, la Poupée de Nuremberg, Clichy, auméme . thédtre; en 1854, le Muletier de Toléde, trois actes, au Théatre Lyrique; en 1855,le Houzard de Berchini, deux actes, a l’Opéra-Comique ; en 1856, Falstaff, un acte, au Thédtre Lyrique ; le Corsaire, ballet en trois actes, a l’Opéra ; Mam’zelle Genevieve, deux actes, au Théatre Lyrique ; la Faridondaine, drame lyrique, a la Porte-Saint-Martin ; les Pantins de Violette, aux Bouffes Parisiens.En 1850, il avaif composé la messe de Sainte-Cécile, pour l’association des artistes musiciens; en 1851, il fit en six jours la musique d’un interméde, infifulé Jes Nations , chanté & une représentation donnée 4 Paris devant les délégués de Yexposition universelle de Londres. La méme année, Je Fidéle Berger fut repris avec succés a l’Opéra-Comique ; en 1854, il fit de la musique pour le mois de Marie; en 1856, il rajeunit la vieille comédie du Sourd, enla mettant en musique pour le Théatre Lyrique, et composa la musique d’une cantate pour la naissance du prince impérial. Le 3 mai 1856, on Je trouva le matin mort dans son lit. Il laissait & l’Opéra-Comique la partition d’une piéce intitulée Josepha, ou le Dernier Bal. A partir de 1848, il adonné des feuilletons de critique musicale au Constitutionnel et a l’Assemblée nationale. Au mois d’octobre 1848, il avait été nommé professeur de composition au Conservatoire de musique, On a imprimé en 1857 : Souvenirs d’un Musicien, par Adolphe Adam, précédés de notes biographiques écrites par lui-méme (in-18). M. Halévy alu a PAcadémie des Beaux-Arts, en 1859, une Notice historique sur la vie et les travaux d’Adolphe Adam. Tals

ADAM (Atserr), peintre de batailles et d’animaux, né en 1786, ANcerdlingen. Son pére, qui était confiseur, le destina au méme état; mais de bonne heure Adam montra des dispositions pour le dessin. En 1803, il vint étudier la peinture A Nuremberg, et a partir de 1807 il s’établit & Munich,

oi il trouva des protecteurs. En 1809, il accompagna Ie comte de Frohberg-Montjois dans la campagne cuntre les Autrichiens. Les scénes militaires qu'il eut occasion de représenter obtinrent un succés qui @étermina Eugéne de Beauharnais a se l’attacher. Adam passa quelque temps en Italie, tout entier 4 l'étude. En 1812 il accompagna le viceroi en Russie, d’ov il revint a la fin de l'année, non sans avoir couru de grands dangers. Il resta en Italie jusqu’en (815, et retourna a cette époque 4 Munich, ot le roi Maximilien Je prit sous sa protection. Il aenrichi la galerie de ce prince d’un grand nombre d’muvres remarquables. Ses souvenirs de la campagne de Russie lui ont fourni la matiére d’un grand ouvrage lithographié intitulé : Voyage pittoresque militaire. En 1850, ila fait paraitre 4 Munich un autre album ayant pour titre : Souvenirs de la campagne de Varmée autrichienne en Italie dans les années 1848, 1849. On cite encore d’Albert Adam la Bataille de la Mos- Kowa, Il est mort 4 Munich le 27 aot 1862.

ADAM (Pic d’), en anglais Adam’s peak, montagne appelée par les indigénes Hémaleh, mot qui veut dire demeure de la neige. C’est la montagne la plus élevée qu'il y ait dans Vile de Ceylan. Elle a 2,227 métres d’élévation et est extrémement escarpée dans beaucoup d’endroits. A son sommet on montre l’empreinte, sur une pierre plate, d’un pied colossal ; on dit que cette empreinte fut laissée 1a par Bouddha, fondateur de la doctrine des Singalais, lorsqu’il monta au ciel. Au nom de Bouddha les mahométans substituent celui d’Adam, et c’est 4 cette circonstance que la montagne doitla dénomination sous laquelle elle est connue. L’empreinte du pied est protégée par un comparti- ‘timent en cuivre orné de quatre rangées de prétendus diamants. Des arbres vénérables par leur vieillesse, notamment des rhododendrons, entourent le lieu saint. Les sectateurs de Bouddha y parviennent a aide de chaines de fer scellées dans les rochers.

ADAMBERGER (Mante-Anne JAQUET), actrice allemande, née en 1752, 4 Vienne, ot elle mouruf en 1804, était fille de Vacteur de la cour Jaquet. Elle entra av théAtre dés son enfance, avec sa sceur Catherine, qu’une mort prématurée ravit aux espérances les plus flatteuses. Aprés s’étre essayée dans le tragique, Marie-Anne Jaquet s’exerca dans un genre plus simple, et en remplit les rdles avec un naturel, une vérité et une perfection admirables. Elle s’était mariée en 1781, avec le chanteur Adamberger. — Sa fille Antoinette, non moins remarquable par ses talents, avait été fiancée & Théodore Keerner, et l’Allemagne doit a cette liaison plusieurs chansons délicieuses de ce poéte célébre. Antoinette Adamberger se maria en 1817, et quitta le thédtre , ot elle s’était déja acquis l’affection et Yadmiration du public.

ADAMIENS, sobriquet donné a une secte chrétienne du deuxiéme siécle qui partageait les doctrines d’Harpocrate et de Prodicus. Les adamiens prétendaient que, le Christ ayant effacé les souillures du péché originel, les hommes régénérés devaient rejeter tout vétement et vivre nus comme Adam avant sa chute. Ils se réunissaient dans un état complet de nudité, condamnaient le mariage, etc.

ADAMIQUE (Race). L’humanité est-elle issue d’un seul couple, placé par Dieu dans un jardin délicieux ? Faut-il admettre ce récit de la Genése dans son sens matériel et littéral ? C’est ce que la science conteste depuis longtemps. En 1655, un moine, appelé La Peyrére, publia un livre intitulé : les Préadamites, c’est-a-dire les hommes eréés avant Adam. L’auteur cherche 4 prouver, d’aprés des passages de fa Bible et de saint Paul, qu’Adam ne fut pas la source du genre humain, mais seulement d’une race particuliére, la race adamique. Tl faut observer que suivant Ja Genése elle-méme, ‘le monde était déja peuplé 4 l’époque de la mort d’Abel. Cain, fugitif, est maudit par tous les hommes comme un assassin; il batit wne ville; toutes

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