ADELAIDE — ADELUNG
Ensuite M. Adelon développa, dans un cours de physiologie, la doctrine de Chaussier, dont il était ’éléve et ami, et avec lequel il coopéra 4 la Biographie universelle, au Dictionnaire des Sciences médicales et au grand Dictionnaire de Médecinede Panckoucke. En 1823 M. Adelon donna, sous le titre de Physiologie de V Homme, un grand ouvrage , dont la seconde édition a paru en 1829, et dans lequel il a réuni tout ce qu’on posséde sur cette branche intéressante de art de guérir. La méme année, la Faculté de Médecine ayant été constituée sur de nouvelles bases, M. Adelon y fut admis comme agrégé ; la mort de Royer-Collard, en 1826, lui fit avoir la chaire de médecine légale. Ces fonctions s’écartaient de la ligne ordinaire de ses travaux ; mais, homme instruit et laborieux , M. Adelon n’eut pas de peine ase mettre au niveau de sa position. Dés la création de l’Académie de Médecine, il y fut appelé comme membre titulaire par les suffrages de ses confréres. II fit aussi partie du conseil de salubrité. M. Adelon a concouru avec Chaussier a une édition latine de Morgagni, De Sedibus et Causis, etc. Il est un des fondateurs des Annales d’ Hygiene publique et de Médecine légale. Savant estimable, M. Adelon est peu connu comme praticien; mais il doit étre placé au nombre des bons professeurs, et on peut dire qu’il a toujours exposé avec fidélité état de la science. Aprés avoir publié le Programme de son cours de médecine légale, il prif sa retraite, ef mourut a Paris le 20 juillet 1862. ADELUNG (Jean-CuristopHe ). Ce savant philologue naquit le 8 aodt 1732, 4 Spantekof, en Poméranie , ou son pére était prédicateur. 11 commenca ses études 4 Anclam et a Closterberg, prés de Magdebourg, et les termina 4 Halle. En 1759 il fut nommé pasteur au gymnase évangélique d Erfurt’, qwil quitta deux ans aprés, 4 la suite de quelques controverses ecclésiastiques , pour aller a Leipzig; c’est la quwil se livra aux plus vastes travaux avec une ardeur infatigable, et qu’il mérita si bien de la langue et de Ja littéture allemande, surtout par la publication de son Dictionnaire grammatical et critique du haut allemand (Leipzig, 1774-1786 ). En 1787 il obtint de l’électeur de Saxe la place de premier conservateur de la bibliothéque publique de Dresde, avec le titre de conseiller. Il remplit cet emploi jusqu’a sa mort, qui eut lieu le 10 septembre 1806. Adelung, seul, a fait pour la langue allemande ce que des académies entiéres ont fait pour d’autres. Son Dictionnaire grammatical et critique Pemporte sur le Dictionnaire anglais de Johnson, pour tout ce qui a rapport a la détermination des idées comprises dans les mots et 4 l’étymologie de ces derniers ; mais il est au-dessous de |’auteur anglais pour le choix des écrivains classiques cités comme exemples, parce que sa partialité envers les écrivains de la haute Saxe et de la Misnie le rendait injuste et lui faisait négliger ceux dont Ja patrie ou le style ne lui plaisait pas. L’esprit méthodique d’Adelung reculait devant le déluge de mots nouveaux dont il voyait la langue allemande menacée indéfiniment, et alors il méconnaissait l’admirable privilége de flexibilité et de richesse que cette langue seule partage avec le grec. Dans Ja seconde édition il a fait 4 son travail primitif de nombreuses additions, précieuses sans doute en elles-mémes, mais qui ne sont pas a la hauteur du progrés fait depuis lors par la langue, et qui ne prouyent que trop qu’une infatigable activité est impuissante a détruire les vices inhérents au plan méme d’un ouvrage. Nous citerons encore de lui : Glossarium mediz et infime Latinitatis (6 vol., Halle, 1772-1784); Grammaire Allemande (Berlin, 1781 ); Del’ Orthographe ( Leipzig, 1788 ; 5° édif., 1825); Du Style allemand (3 vol., 1785; 4° édit., 2 vol., 1800); Magasin de la Langue allemande (2 vol., 1782); Catalogue critique des Cartes geogr aphiques de la Saxe (Meissen, 1796) ; le Directorium (Meissen, 1802-1804), guide important pour la connaissance des antiquités de la Saxe méridionale; Histoire ancienne des Allemands ( Leipzig, 1806 ) , et Mi- ]