‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 80 sur 197 · ADELUNG — ALTER · texte numérisé non relu

ADELUNG — ALTER

thridate (tome I°", Berlin, 1806), ouvrage dans lequel i] se proposait de déposer le résultat de ses différentes investigations philologiques. La mort l’empécha de le terminer; mais la pubi.cation en fut continuée par Vater, a Halle. Sa collection de cartes géographiques et ses nom- Dreux documents manuscrits relatifs a Vhistoire de Saxe furent acquis en {819 pour la bibliothéque royale de Sudde.

ADELUNG (Frépéric v’), savant philologue et archéologue , conseiller d’Etat au service de Russie et président de PAcadémie asiatique de Saint-Pétersbourg, neveu du précédent , naquit en 1768, & Stetlin, of il fit de bonnes études. Il entra jeune encore comme gouverneur dans une maison particulitre. Un voyage qu’il fit & Rome lui fournit Yoccasion d’examiner dans la bibliotheque du Vatican les manuscrits de vieux poémes allemands qui avaient fait partie de la célébre bibliothéque Palatine a Heidelberg. 11 publia 4 Koenigsberg, en 1796 et 1799, d’intéressantes notices sur ces vieux poémes. Devenu secrétaire particulier du comte de Pahlen , Adelung le suivit de Riga 4 Saint-Pétersbourg, ot il ful attaché pendant quelque temps a la direction du théatre allemand. En 1803 il fut chargé par Marie Feodorowna de donner des lecons a ses deux plus jeunes fils, ies grands-dues Nicolas et Michel, et il fut anobli en qualité d’assesseur de collége. Le zéle et Vintelligence qu'il déploya dans ces fonctions le placérent trés-haut dans la confance de fimpératrice et de ses éléves, dont lun a 0ceupé depuis le trone de Russie. Adelung obtint encore une isule de distinctions, et en 1825 il fut appelé a la prési. dence de P Académie Asiatique. Les collections du bibliothécaire Backmeister lui furent dun grand secours pour ses recherches sur la philologie. Parmi les ouvrages qu’on a de lui, nous citerons : Rapports entre la langue sanscrile et la langue russe (Saint-Pétersbourg, 1815); la biographie du baron Sigismond d’Herberstein (1817); le quatriéme yolume ajouté comme supplément au Mithridate, commencé par son oncle, et achevé par Vater (Berlin, 1817); la description des remarquables portes en métal de l’église de Sainte-Sophie 4 Nowogorod , qu’on dit avoir été fondues au onzieme siécle 4 Magdebourg. Cet ouvrage fut composé a la demande du protecteur de Yauteur, le comte Romantzof, chancelier de Vempire, qui fit les frais des dessins magnifiques dont il est orné (Berlin, 1823). On a encore d’Adelung : Voyage du baron de Meyerberg (1661) en Russie ( Pétersbourg, 1817), et un Essai sur la Littérature et la Langue Sanscrite ( Pétersbourg, 1830), compilation laborieuse , mais dénuée de critique, qui a paru en seconde édition (1837) sous le titre de Bibliotheca Sanscrita. Fréd. d’Adelung est mort le 2 février 1843.

ADEN, Etat de la céte sud-ouest de la presqu’fle d’Arabie , placé autrefois sous la souveraineté de Piman d’yémen. —Lavilledu méme nom, Aden, située par 12° 43’ de latitude septentrionale et 62° 52 de longitude orientale , a environ 30 myriamétres du détroit de Bab-el-Mandeb , sur le yersant occidental du promontoire d’Aden, montagne escarpée et hérissée de rochers , posstde un port excellent et protégé, en raison méme de sa situation, contre les moussons de Vest, et le plus stir qu’on rencontre dans ces parages sur une grande étendue de cétes. Au seizitme sitcle Je commerce de l’Inde et de lAbyssinie fit parvenir cette ville & un haut degré de prospérité. En Pannée 1513 Albu querque y vint mettre inutilement le siége. En 1537 cette ville fut prise par Jes troupes du sultan Soliman I; mais elle ne demeura pas longtemps sous la domination othomane. Soumise depuis longtemps 4Viman d’Yémen, ell2 renvoya son gouverneur vers 1730, se choisit un cliéik et se maintint depuis dans son indépendance. Une fois d’ailleurs que le commerce se fut labitué 4 prendre la route du cap de Bonne-Espérance, Aden tomba dans une décadence telle, quil y a peu @années on n’y comptait pas plus de huit cents habitants, parmi lesquels se trouve une vieille commune juive

DHT, DE LA CONVERSATION — T. f.

de deux cent cinquante a trois cents individus. Agjourd’hui la population s’oecupe presque exclusivement du commerce de la gomme et du café. Le souverain de cet état, sultan des Abdallis, réside ordinairement & Labadsch, 4 environ cing myriamétres au nord-est d’Aden, En 1837 la compagnie anglaise des Indes orientales entra en négociations avec lui, @abord a l’effet de réclamer une indemnité pour le pillage d’un batiment anglais échoué sur ses cdtes, et ensuite pour obtenir la cession d’Aden a lAngleterre. Les nézociations échouérent ; la compagnie fit bloquer le port; et le 11 janvier 1839 la ville fut prise d’assaut par les forces britanniques. La possession d’Aden n’est pas moins importante pour lAngleterre sous lc rapport politique que sous le rapport commercial. Cette place en effet est entre ses mains Comme un autre Gibraltar, situé entre PA‘trique et Asie. Dés 1845 la populatign s’élevail 4 25,000 dmes. Elle doit étre aujourd’hui de plus de 30,000. L’Angleterre a relevé et augmenté les fortifications q' Aden, déblayé ses immenses citernes et fait de son port une espéce de port franc, avec un entrepet de

‘harbon pour les steamers de I’Inde.

ADENES ou ADANS, poéte francais du treiziéme siécle, naquit en Brabant, vers l’an 1240, et fut élevé a la cour du duc de Brabant Henri Til, qui é tait grand amateur de poésie et poételui-méme. I] lui témoigne ainsi sa reconhaissance +

Menestrés au bon due Henri

Fui, cil m’aleva et norri,

Et me fist mon mestier aprendre, Aprés la mort de son protecteur, Adenés suivit a la cour de Philippe le Hardi la princesse Marie, sa fille, devenue reine de France. Il reste de lui plusieurs poémes : Guillaume d’ Orange au court nez, Ogier le Danois, Berie aus grans piés, Buevon de Cormarchis et Cléomades. Berle aus grans piés a été publié en 1832 par M. Paulin Paris. La fable sur laquelle Adenés a composé son poéme n’offre que peu de rapports avec Vhistoire de la femme de Pepin le Bref. C’est plutot une allégorie aux événements contemporains et dla vie de sa protectrice, la reine Marie.

ADENITE (du grec dényv, glande). C’est en pathologie inflammation dune glande.

ADENOLOGIE “(du grec anv, glande; ddyoc, discours ). C’est la partie de Yanatomie qui traite des glandes.

ADEPHAGIE (du grec dd%y, abondamment ; gayw, je mange). Voyes Bourimie.

ADEPTE (en latin adeptus, participe Wadipiscor, yobtiens ; littéralement, qui a obtenu ). Les alchimistes appelaient ainsi ceux @’ entre eux quils supposaient sur la voie de la découverte de la pierre philosophale, ou, comme ils disaiert dans leur langage, de parvenir au grand ouvre. — On emploie encore aujourd’hui cette expression pour désigner ceux qui se sont fait initier aux mystéres @une secte religieuse , philosophique ou politique. On l’applique également aux hommes versés dans une science ou un art quelconque,

ADEQUAT (du latin adzquatus, égal A) , terme de philosophie ne, synonyme de endier, total. — On entend par idée adéquate celle qui renferme tous les caractéres essentiels de son objet, qui convient a tout le défini et rien qu’au défini, ¢odi e¢ soli definito. Les mathématiques, par exemple, sont ia seule science dans laquelie il puisse y avoir des nolions adéquates. On dit encore @une définition ou explication didée générale, lorsqu’elle exprime exactement le contenu essentiel et les limites de cette idée , qu'elle est adéquate.

ADER (Guiiauwe), célebre médecin, né a Gimont ( Gers), vers 1550, fut lun de ces poétes qui ont continué depuis les temps des troubadours , dans le midi de la France, la culture de ia iangue romane i ‘a publié une Henriade, en vers gascons (Toiose, 16iG6, in-$°). Ce n’est point, comme Pont dit quelques bibliographes, un poéine burlesque et ma-

caronique ; c’est un ouvrage sérieux , dans lequel on trouve des morceaux trés-remarquables. On a encore de ce médecin poéte un ouvrage trés-curieux et trés-recherché , dans lequel il cherche & montrer que les maladies que guérissait Jésus-Christ étaient des infirmités incurables, ot lart de la médecine ne pouvait absolument rien. On lui doit en outre un traité sur la peste : De Pestis Cognitione, previsione et remediis (Tolose, 1628, in-8°). Ader exerca pendant longtemps la médecine A Toulouse, ot il mourut fort dgé.

ADERBIDJAN ou ADZERBAIDJAN (pays de feu), ainsi nommé a cause des éruptions volcaniques de ses mon-

tagnes, fait partie de ’ancienne Médie. C’est une des prin--.

cipales provinces de Perse, dans sa partie nord-ouest. Elle est située entre l’Arménie, le Kourdistan et l’frak, et s’étend depuis le 36° jusqu’au 39° de latitude septentrionale. Elle contient prés de quatre mille lieues carrés et deux millions @habitants, Persans, Arméniens, Turcs, Kourdes ou Juifs. Couverte de hautes montagnes et entrecoupée de vallées fertiles et bien cultivées, elle est arrosée au nord par PAras, qui la sépare de l’Arménie russe, et a lest par le Séfi- Roud, ou Kizil-Ouzéin des Kourdes. Elle a en outre deux cent soixante-dix lieues carrées couvertes par le lac d’Ourmiah ou Chahi, le plus grand de la Perse, dont les eaux, presque aussi salées que la mer, ne nourrissent aucun poisson. Riche en mines d’argent, de cuivre et de fer, l’Aderbidjan ne peut tirer parti que des derniéres , a cause de la pénurie du bois, d’autant plus facheuse que son climat, quoique trés-sain, est trés-froid pendant plus de la moitié de Pannée. On s’y chauffe avec la bouse de vache et de chameau. Cette province a pour capitale Tauriz ou Tebriz, la deuxiéme cité de Perse, ef ses autres principales villes sont Ardebyl , Maragha, Khoi et Ourmiah. Elle a vu naitre Zoroastre ou Zerdoucht , le fondateur du culte du feu. C’est aussi dans cette province que Kaioumarath fonda la plus ancienne dynastie de la Perse. Soumis successivement aux divers souverains des autres dynasties, puis au joug de Vislamisme, a Yempire des califes et ala domination des Turcs seldjoukides, ’Aderbidjan forma un Etat indépendant sous les Atabeks, de 1136 a 1225; alors il fut conquis par les Mongols gengiskhanides , et soumis ensuite aux Mongols ilkhanides en 1336. Réuni a l’empire de Tamerlan, il en fut détaché aprés sa mort, et appartint aux deux dynasties turcomanes du Mouton-Noir et du Mouton-Blane ( voyes Ac-Corntv ), jusqu’a ce qu il fut incorporé, au commencement du seiziéme siecle, dans la monarchie des Sofys, puis dans celle des Afchars, des Zends, enfin dans celle des Kadjars , dynastie régnante

en Perse, et dont un prince gouverne toujours cette pro- -

vince. H. AuDIFFRET.

ADERSBACH, village de Bohéme, cercle de Keeniggraetz, dans une vallée, au pied de la montagne des Géants, a deux milles et demi de Landshut et 4 deux milles environ 4 Vest de Schatzlar, célébre par des groupes de rochers W@une disposition singulitre. Ces rochers commencent prés du village , et s’étendent , avec quelque interruption, il est vrai, jusque dans le comté de Glatz. Ils s’élévent debout les uns a4 cété des autres, séparés par des abimes plus ou moins profonds, et présentent a l’oeil aspect d'une gigantesque forét de pierres. La plupart ont cent pieds et plus de haut; leur forme est variée. Les uns ressemblent a des piliers et & des tours, les autres & des murs entidrement plats et taillés perpendiculairement ; d’autres se recourbent en lignes brisées, portant leur sommet en saillie, comme sils taient prés de s’écrouler. On remarque particuliérement celui que Yon appelle le Pain de Sucre, qui se trouve en dehors de la forét de pierres proprement dite, haut de cinquante pieds, plus large 4 sa partie supérieure, s’étendant en pointe a sa partie inférieure. Il est, 4 sa pointe, entouré dune mare d’eau, de sorte que cette masse semble manquer absolument de point d’appui. Une porte ferme la forét de rochers elle-méme. Une chute d’eau, et, plus avant encore

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