ADER — ADHESION
dans Vintérieur, les ruines d’un chateau qui servait de reaire aux brigands durant les guerres civiles de Bohéme, sont le rendez-vous ordinaire des curieux.
ADESSENAIRES, hérétiques du seizidme siécle. Ils admettaient la présence réelle de Jésus-Christ dans ]’eucharistie, mais ils Pentendaient autrement que l’Eglise; ils étaient méme divisés en quatre sectes : les premiers prétendaient que le corps était dans le pain; les seconds, autour du pain; les troisitmes, sous le pain; les quatriémes, sur le pain.
ADHEMAR DE MONTEIL (Aman), évéque du Puy en Velay, suivit d’abord la carriére militaire et fut sacré évéque le 3 mai 1061. Au concile de Clermont, tenu par Urbain IJ en 1095, il demanda le premier la croix et suivit Raymond, comtede Toulouse, en Terre Sainte, comme légat du pape. Ily rendit de grands services ; se distingua dans plusieurs combats contre les Sarrasins, qu’il forga 4 abandonner le siége d’Antioche. I] mourut peu de temps aprés, de la peste, le 1° aodt 1098. Il prétendait avoir retrouvé la Jance avec laquelle on avait percé te cété de Jésus-Christ. Le Tasse, dans sa Jérusalem délivrée, le fait périr, par anachronisme, a Jérusalem d’un coup de fléche lancée par Clorinde. Z.
ADHERBAL, fils ainé de Micipsa, roi de Numidie, aprés le meurtre de son frére Hiempsal, assassiné par Jugurtha, implora le secours des Romains. Mais les sénateurs, corrompus par l’or de Jugurtha, rendirent un décret qui partageait entre les deux princes les Etats de Micipsa. Jugurtha, sar del'impunité, envahit bient6t les provinces échues 4 Adherbal. Ce prince, défait dans deux rencontres, se livra 8 son ennemi, et périt dans les tourments, Van 112 avant J.-C.
ADHERENCE (du latin adhzrentia, fait de ad, a, herere, étre attaché), union intime de deux corps par leurs faces. La physique nous apprend que les molécules de méme nature sont plus ou moins étroitement unies entre elles en vertu de deux forces dites de cohésion et @agrégation, et que les molécules fluides, gazeuses ou liquides, qui restent appliquées aux surfaces des corps solides, y sont maintenues dans un contact immédiat; ce qui constitue le phénoméne deYadhésion.
En physiologie et en pathologie on entend par adhérence Punion des surfaces correspondantes d’organes limités par des membranes qui préliminairement permettaient leur contiguité et leur glissement. Les membranes séreuses et synoviales présentent fréquemment cette adhérence, qui n’a lieu que sur quelques points, ou qui s’effectue dans toute I’étendue de leur périphérie. C’est par des adhérences que se produisent les rétrécissements et les oblitérations normales ou anormales de certains organes qui ont des formes canaliculaires. Ces sortes d’adhérences sont complétes dans les vaisseaux sanguins qui se convertissent en ligaments, incomplétes et sous forme de brides plus ou moins fortes lorsqu’elles ont lieu aux surfaces: préliminairement dénudées des membranes muqueuses et de la, peau.
ADHESION (en latin adhexsio; action d’adhérer), union, jonction; en droit et en morale, consentement.
On entend par adhésion en physique une simple adhérence des corps les uns aux autres, tant des corps solides que des corps liquides ou gazeux; la cohésion est la force qui tient unies les molécules constituantes d’un méme corps. Pour les corps solides l’adhésion s’exerce en raison directe de ’étendue et du poli des surfaces en contact. La force d’adhésion entre deux surfaces quelconques peut se mesurer au moyen du poids nécessaire pour séparer les corps en contact. L’adhésion s’exerce de méme entre les solides et les liquides. Il y a cependant dans ce cas des exceptions : ainsi le mercure ne s’attache pas au verre et s’attache trésbien & Vor, 4 Vargent et au plomb. L’eau adhére a la plupart des corps, & condition que leur surface n’ait pas été recou-
ADHESION — ADIVE
verte @une graisse ou dun vernis. L’adhésion de eau aux corps sur lesquels elle passe rend compte de son mouvement dans les lits des riviéres, et en général sur les plans inclinés, car la vitesse de l’eau courante est toujours moindre quelle ne devrait ’étre d’aprés les lois de la chute des corps. L’ascension des liquides dans les tubes capillaires ou entre des plaques trés-rapprochées est causée, en partie du moins, par Vadhésion (voyes Capitiarité). L’adhésion se manifeste également entre les fluides élastiques. Quelques physiciens regardent Vadhésion comme le premier degré de V’affinité chimique. — C’est sur cette propriété que sont fondées plusieurs opérations importantes et usuelles dans les arts : telles sont les diverses espéces de collage, de soudure, Pétamage des glaces, la dorure sur bois et sur métaux, et méme la fabrication des pierres artijicielles.
AD HOC, mots latins dont la signification littérale est pour cela, et qui servent dans notre langue a exprimer un rapport exprés et spécial. C’est une réponse ad hoc. On enyoya un homme ad hoc.
AD HOMINEM, locution latine, admise depuis longtemps dans le langage, et qui caractérise trés-bien Vargument personnel, Yun des plus puissants que puisse employer ’éloquence lorsqwil s’appuie surla vérité, L’argument ad hominem est une espéce d’enthyméme au moyen duquel Vorateur se sert des propres armes de son adversaire pour le vaincre, de ses propres idées ou de ses propres paroles pour le confondre. Ainsi, Ligarius étant accusé par Tubéron de s’étre battu contre César en Afrique, Cicéron, qui plaida sa cause, se servit contre Vaccusateur d’un terrible argument ad hominem. Voici la traduction de ce passage sans réplique : « Mais, je le demande, qui donc a fait un crime a Ligarius d’avoir été en Afrique? C’est un homme qui luiméme a voulu étre en Afrique,qui se plaint que Ligarius Yen a empéché, qui, enfin, a combattu contre César luiméme. En effet, Tubéron, que faisiez-vous, le fer a la main, dans les champs de Pharsale? Quel sang vouliez-vous répandre? Dans quel flanc vos armes voulaient-elles se plonger? Contre qui s’emportait Vardeur de votre courage? Vos mains, yos yeux, quel ennemi poursuivaient-ils? Que désiriez-vous? Que souhaitiez-yous? » Plutarque rapporte qu’a ces mots César laissa tomber en frémissant les papiers qu’il tenait & la main, et qui renfermaient Vacte de condamnation : ’éloquence avait triomphé, grace a Pheureux emploi de Yargument ad hominem. CHAMPAGNAC,
AD HONORES, expression latine qui a été transportée dans la langue frangaise, oii elle signifie gratuitement ,
pour ’honneur seul, Etre amant ou époux ad honores, par |
exemple, signifie en avoir le titre sans les prérogatives. Un titre sans fonctions et sans émoluments est une place ad honores. .
ADIABENE, riche province d’Assyrie, a Vest du Tigre, qui se rendit indépendante a la fin du régne des Séleucides, et forma un royaume jusqu’a l’époque ou elle fut conquise par les Romains, sous Trajan. Actuellement elle fait partie du Kourdistan. Arbéles était sa capitale.
ADIANTE ( Botanique). Voyez Capituaire.
ADIAPHORISTES (du grec « privatif, et é.ao¢0< , différent : indifférent). On désignait ainsi au seiziéme siécle les luthériens qui, tout en approuvant les doctrines de Lu-
ther, continuaient néanmoins a reconnaitre V’autorité de l'Eglise catholique. — En théologie on appelle adiaphora des usages ou formes du culte qui, n’étant ni ordonnés ni défendus par l’Ecriture, peuvent étre conseryés ou rejetés sans inconvénient pour la pureté de Ja foi, et sans danger pour la tranquillité de la conscience. Les théologiens allemands se seryent particulitrement de ce mot pour désigner gelles des cérémonies du culte catholique que les réformateurs avaient @abord conservées. Flacius, théologien d’léna, s’éleva le premier contre cette tolérance, et attaqua avec acrimonie, a ce sujet, Mélanchthon, de qui elle émanait, et
qui, dans la longue et vive discussion qui s’ensuivit , recut le premier Vépithéte dadiaphoriste, regardée a celte époque comme trés-injurieuse.
ADI-BOUDDHBA. La secte des bouddhistes Ais’ Varika donne ce nom, qui signifie en sanscrit le premier Bouddha ou le premier sage, au dieu primitif, a létre primitif, préexistant, appelé aussi pour cette raison Svayambhou, ce qui signifie existant par soi-méme, Adi-Bouddha, principe essentiel de toutes choses , puissance supréme, qui domine tout ce systéme théologique, séjourne dans l Agnichta bouhvana, ou région du feu, la plus élevée de toutes celles dont Yensemble compose Vunivers. Ayant éprouvé le désir de romprel’unité dont il embrassait Vimmensité, ce désir, appelé Pradjna, ou manifestation de sa toute-puissante intelligence, devint la cause de l’existence de toutes choses, et commenca par former cing autres Bouddhas, ou dieux trés-puissants, quoique subordonnés 4 Adi-Bouddha. Ce furent Vairotchana, Akchobhja, Ratnasambhava, Amitabha et Amogha Siddha, \esquels, 4 leur tour, produisirent chacun, par une sorte de force intuitive ou de méditation céleste (Dhydn ) , un dieu subalterne, un fils spirituel, ou Bodhisatva. Le Bodhisatva d’Amitabha fut Padma panni, de qui émanérent les trois puissances de la nature, Brahma, Vichnou et Siva.
ADIGE ,’Athesis des anciens, fleuve d’Italie, sort des Alpes helvétiques , traverse le Tyrol sous le nom d’£/sch et leroyaume Lombard-Vénitien, arrose Glurns, Méran, Trente, Roveredo, Rivoli, Vérone, Legnano ; regoit |’Eisach, l’Avisio, PAlpore et le Hose, et se jette dans l’Adriatique a Porto- Fossone, au nord des bouches du P6. Sans étre un affluent du Pé, il est uni ace fleuve par diverses branches. Son cours est de trois cent quarante-deux kilométres ; il est navigable depuis ?embouchure de l’Eisach, et pour les gros bateaux depuis Vérone. Ce fleuve éprouve a la fonte des neiges des crues extraordinaires, contre lesquelles on a été obligé de se mettre a Vabri par de fortes digues. L’Adige a été passé trois fois par les armées francaises : la premiére par Bonaparte (voyez Cacptero et ARCOLE) ; la seconde par le maréchal Brune, le 1°" janvier 1801 (voyes ViRONE); la troisiéme par Masséna en 1805 ( voyes CALDIERO ).
ADIPEUX (en latin adiposus, @adeps, graisse ), qui est dela nature dela graisse, qui en conlient. Le tissu adipeux est une variété du tissu cellulaire, avec lequel on Ya généralement confondu, et dont les lamelles contiennent la graisse. Les vésicules adipeuses sont celles qui renferment la graisse; elles tiennent au tissu lamineux par un pédicule vasculaire, et varient beaucoup pour le volume, La membrane adipeuse est le tissu cellulaire sous-cutané. Enfin, on a donné improprement le nom de ligament adipeux & un repli de la membrane synoviale de Varticulation du genou. — Dans l’ichthyologie on nomme nageoires adipeuses des nageoires qui sont remplies de graisse, dépourvues des rayons osseux intérieurs, et placées au voisinage de la queue chez certains poissons, comme les silures, les saumons, qui pour ce fait sont ainsi appelés adipeux.
ADIPEUX (Tempérament ). Voyes Temperament.
ADIPOCIRE (du latin adeps, graisse, combiné avec le mot frangais cire). Fourcroy avait donné ce nom a trois substances que analyse a trouvées ¢tre bien distinctes, mais quil regardait comme identiques, a savoir : le blane de baleine ou cétine,legras des cadavres ou des cimetiéres, etla cholestérine,
ADITION D°HEREDITE. Voyes Héntorré.
ADIVE (canis aureus ). Quadrupéde un peu plus petit que le renard, mieux fait et beaucoup plus leste. Suiyant nos chroniqueurs , les dames de la cour de Charles IX avaient des adives au lieu de petits chiens. Cette fantaisie n’a rien d’étonnant, dit le savant professeur Virey , l’adive étant l'un des plus jolis, des plus vifs et des pius propres entre les quadrupeédes ; mais cette mode de cour n’a pas duré , parce que ce petit animal est en méme temps l'un des
plus fourbes , des plus adroits et des plus fcipons, et que ses talents naturels pour épier, surprendre et saisir une proie, en font un hdte qui appelle sans cesse la défiance.
ADJACENT ( du latin ad, aupres ; jacere , étre cou~ ché, situé). En géométrie, on appelle angle adjacent Vangle immédiatement contigu 4 un autre angle, de serte que les deux angles ont un coté commun. On se sert méme plus particulitrement de ce mot lorsque les angles ont non- Seulement un cdté commun, mais encore lorsque les deux autres cOtés forment une méme ligne droite. Une des propositions les plus importantes de la géométrie , c’est que deux angles adjacents valent deux angles droits; en effet, ils occupent toujours espace d’un demi-cercle , ou 180°. — En physique, en géographie, on appelle parties adjacentes , pays adjacents , des parties contigués a d’autres parties , des pays contigus 4 d’autres pays.
ADJECTIEF (da latin adjectus, ajouté). L’adjectif, comme son nom lindique, exprime une maniére d’étre du sujet auquel il se rapporte. On Pappelait autrefois nom ad- Jectif, ef ? Académie le définit encore : un nom que !’on joint aux substantifs pour en modifier Vidée. Il arrive quelquefois que le nom substantif joue le rdle de ladjectif, et réciproquement ladjectif se prend souvent comme nom substantif. Cependant ladjectif ferme évidemment une classe essentiellement distincte du nom ou substantif; car le nom désigne des idées d’étres concus comme existants par euxmémes, et ladjectif ne désigne qu’ur état de ces étres, cest-a-dire une abstraction. Il y a plusieurs espéces d’adjectifs : nous concevons les étres comme possédant telle ou telle qualité, c’est Padjectif gwalificatif (que Beauzée appelle physique); il comprend tous les adjectifs proprement dits. Nous concevons ensuite les étres comme étant wn ou plusieurs, isolés ou réunis; ce sont les adjectifs déterminatifs , que Beauzée nomme métaphysiques, parce qu’ils expriment certaines vues de l’esprit, et que M. de Sacy appelle circonstanciels, parce qu’ils expriment des qualités extérieures. Ils comprennent les articles , les noms de nombre , les pronoms possessif, démonstratif, indéfini. Une qualité peut étre portée dans une substance 4 un plus haut degré que dans une autre ou que dans toutes les autres. L’adjectif qualificatif est done susceptible de trois degrés de comparaison, que V’on appelle le positif, le comparatif et le superlatif. — En frang¢ais et dans plusieurs langues, V’allemand , l’espagnol, etc., Vadjectif s’accorde ordinairement avec son substantif. Dans quelques autres, au contraire, il reste jnvariable, comme dans l’anglais, le turc, le persan. — En frangais Vadjectif se place indifféremment avant ou apres le substantif. Il y a cependant des cas ot sa place est nécessairement déterminée par le sens.
ADJEM. Ce mot arabe, qui signifie é¢ranger, barbare, grossier, sert 4 désigner particuli¢rement les Persans , et en général tous les autres peuples de la terre, par opposition aux Arabes. Depuis Ja conquéte de Constantinople par Sélim Ier, les chefs de la dynastie othomane ajoutent a leurs titres celui de sullan-el-Arab u el-Adjem. Dans cette qualification, employée par la chancellerie turque, le mot Arab désigne les Musulmans en général, dont la religion est originaire d’Arabie, et le mot Adjem s’applique aux penples d’une autre religion placés sous leur autorité.
ADJEMIR , province de l’Inde anglaise, au nord-ouest, occupant un vaste plateau dont |’élévation en rend le cliinat assez rigoureux en hiver. Elle n’est arrosée que par un seul cours d’eau. Sa population, qui s’éléve 4 250,000 ames, sé Compose en général de laboureurs et d’artisans. Au douziéme siécle, lors de invasion des Musulmans, c’était un Etat puissant et prospére ; Akbar l’acquit en 1559; puis il passa sous la domination des Mahrattes, qui le cédérent en 1817 aux Anglais. — Son chef-lieu, Adjemir, est une ancienne ville située 4 Vouest d’Agra et qui compte 35,000 habitants. Gn y tient tous les ans une foire en |’honneur d’gn
ADIVE — ADJUDICATION
saint musulman, dont la tombe est visitée par une foule de dévots pelerins. — Aux environs de la ville est un lac qui fournit les habitants d’eau potable et de poisson. ADJOINT, fonctionnaire chargé d’en aider un autre ou de travailler sous ses ordres. L’adjoint au maire est un officier municipal institué pour remplacer le maire en cas d'absence ou d’empéchement et pour remplir les fonctions que celui-ci juge 4 propos de lui déléguer. Aux termes de la loi du 5 mai 1855, les adjoints sont soumis aux mémes conditions que les maires pour leur nomination. Leurs fonctions sont également gratuites. Il y a un adjoint dans Jes communes de 2,500 habitants et au-dessous, deux dans celles de 2,501 4 10,000 habitants. Dans les communes d’une population supérieure, il peut étre nommé un adjoint de plus par chaque excédant de 20,000 habitants, Lorsque la mer ou quelque autre obstacle rend difficiles , dangereuses ou momentanément impossibles les communications entre le chef-lieu et une fraction de commune, un adjoint spécial, pris parmi les habitants de cette fraction, est nommé en sus du nombre ordinaire : cet adjoint spécial remplit les fonctions d’officier de l'état civil, et peut étre chargé de Vexécution des lois et réglements de police dans cette partie de la commune. Bis Les adjoints d’état-major, créés en 1791, pour aider les adjudants généraux, furent pris depuis le grade desous-lieutenant jusqu’a celui de colonel. Ils cessérent d’exister en {818, date de la création du corps d’état-major. ADJONCTION (Droit). Voyes Accession.
ADJUDANT (du latin adjuvans, de ad, auprés, juvare, aider). Il existe dans Varmée francaise plusieurs emplois de ce nom : ladjudant sous-officier, qui transmet les ordres du chef aux sous-officiers du bataillon ou de Yescadron. L’ordonnance de {776 en créa un par régiment, et celle de 1784 deux. On en compte aujourd’hui un par chaque bataillon d’infanterie, et un pour deux escadrons de cavalerie. Les titulaires sonta la nomination du colonel. — Lemploi d’adjudant-major, créé en 1790, pour remplacer les aides et Jes sous-aides-majors, est confié 4 un officier du grade de capitaine ou de lieutenant : il transmet les ordres du colonel & tous les capitaines, ainsi qu’aux officiers de semaine, et surveille Ja police et la discipline du régiment. —Les adjudants de place sugcédérent, en 1791, aux aides et sous-aides-majors de place, créés en 1558 ; ils aident le major de place dans l’exercice de ses fonctions, sont chargés de la police de !a place, du service des rondes de jour et de nuit, de ouverture et de la fermeture des portes. —Le grade d’adjudant-général fut institué en 1790, pour aider les officiers généraux : ils étaignt spécialement chargés des reconnaissances militaires, de la direction des travaux topographiquer, des mémoires relatifs aux plans des opérations de la guerre offensive et défensive ; de la transmission aux différents corps des ordres verbaux ou par écrit des généraux, du mouvement des troupes, de l’assiette des camps et du logement, etc. Ils prirent en 1800 la dénominationd’adjudant commandant, qwils changérent en 1815 pour celle de colone} d’état-major.
Dans les palais nationaux il y a des adjudanis de plusieurs classes, chargés de la surveillance intérieure et extérieure des chateaux et jardins. SICARD.
ADJUDICATION, ADJUDICATAIRE. On entend par adjudication un marché fait aux enchéres publiques et avec concurrence. Les adjudications sont volonéaires, ou judiciaires, ou administratives.
L’adjudication volontaire est la vente que fait aux enchéres un individu, soit de ses immeubles, soit de ses meubles, sans y ¢tre contraint par les poursuites de ses créanciers. Pour les immeubles, ces sortes de ventes ne peuvent se {aire que devant notaires; mais quant aux meubles , aux récoltes ou marchandises, l’adjudication peut étre faite par les huissiers , les commissaires-priseurs et les courtiers de
ADJUDICATION — ADLERSPARRE
ecommerce; et c’est une question trés-controversée entre ces diverses corporations que de savoir quels sont les objets qu’elles ont le droit de vendre exclusivement ou concurremment, la législation actuelle n’ayant rien de bien précis sur ce point.
L’adjudication forcée ou judiciaire, ainsi que le mot Vindique, est celle quia lieu par suite d’une décision de la justice; elle a lieu dans le cas d’expropriation foreée , ou quand il s’agit de biens appartenant & des incapables, tels que les mineurs, les absents, les interdits, ou dépendant de successions vacantes, en déshérence, ou de faillites. Elle comprend elle-méme deux adjudications, l'une que Pon nomme préparatoire, et Yautre qui est définitive. L’adjudication préparatoire a pour objet principal d’accorder un nouveau délai au débiteur, et @appeler Vattention de toutes les parties intéressées sur la véritable valeur de Vimmeuble; cette adjudication transporte cependant a Vadjudicataire la propriété, mais sous une condition résolutoire; car si avant Vadjudication définitive le débiteur parvient a se libérer, ou si, par Veffet de cette adjudication, un autre adjudicataire est désigné, le droit résultant de Padjudication préparatoire est a Pinstant méme résolu. oy
Les adjudications administratives sont celles que fait l’administration elle-méme; elles ont pour objet : 1° la vente Wimmeubles appartenant a Etat, aux départements et aux communes; 2° les ventes de coupes de bois de l’Etat et communaux; 3° les ventes @’objets appartenant au domaine de VEtat; 4° les fournitures, transports, travaux publics, et les travaux des communes et établissements publics ; 5° les ventes de fruits et les baux de fermage et de loyer des propriétés communales. On reconnait trois espéces @adjudications administratives : ’une aux enchéres, qui se fait dans la méme forme que les adjudications judiciaires; Vautre aa rabais et a extinction des feux ; la troisieme par soumissions. On entend par soumissions les conditions offertes par les entrepreneurs qui se présentent pour ¢tre adjudicataires des travaux et fournitures qui font objet de Padjudication.
Aux termes de l’ordonnance du 4 décembre 1836, portant réglement pour les marchés & passer au nom de l’Etat, le président de Padjudication, au jour et 4 Pheure indiqués par les journaux et les affiches, procéde publiquement, en présence des concurrents, et prononce immédiatement sur leur validité ou leur acceptation. La concession est accordée ordinairement & celui qui fait le plus fort rabais; si deux concurrents offrent les mémes conditions, un nouveau concours est immédiatement ouvert entre eux, et le président en dresse procés-yerbal. Le cahier des charges doit déterminer la nature et importance des garanties que les fournisseurs ou entrepreneurs auront a produire, soit pour étre admyis aux adjudications, soit pour répondre de l’exécution de leurs engagements. Lorsqu’un maximum de prix ou un minimum de rabais aura été arrété d’avance par le fonctionnaire chargé de Padjudication, ce maximum ou ce minimum devra étre déposé cacheté sur le bureau 4 l’ouverture de la séance. C’est ainsi que plusieurs fois ont été adjugés les emprunts et les chemins de fer.
Pour se rendre adjudicataire, outre la capacité civile, il faut avoir la capacité de contracter, remplir les conditions de solvabilité et posséder les connaissances spéciales que le cahier des charges exige en certains cas. Ne peuvent se rendre adjudicataires : 1° les tuteurs, des biens dont ils ont la tutelle ; 2° les mandataires, des biens qu’ils sont chargés de vendre; 3° les administrateurs , des biens confiés 4 leur surveillance ; 4° les magistrats de l’ordre judiciaire, des biens contentieux qui s’adjugent dans l’étendue de leur ressort; 5° les officiers | ublics, des biens qui s’adjugent par leur ministére.
; ADJURATION (en latin adjuratio, dérivé Vadjurare, Jurer, prier avec instance), action de sommer quelqu’un de déclarer ou de faire quelque chose. Dans le langage de la théologie catholique, c’est le nom qu’on donne au comman-
dement fait au démon, de la part de Dieu, de sortir du corps d’un possédé ou de déclarer quelque chose , ainsi qu’d la formule dont l’Eglise se sert dans les exorcismes. L’adjuration est impérative ou déprécatoire, selon que You emploie une formule de commandement ou de priére; expresse ou implicite, suivant qu’on se sert du nom de Dieu ou qu’on invoque seulement celui de quelqu’une de ses ceuvres. Voyes EXORCISME.
ADJUVANTS, nom pharmaceutique dun des éléments accessoires d’une formule plus ou moins complexe, dans laquelle la base joue Je role principal. Les adjuvants sont choisis parmi les agents jouissant de propriétés analogues celles de cette base elle-méme, dont ils deviennent les auxiliaires. En cela, ils different des correctifs, qui, au contraire, destinés 4 modifier son action , appartiennent habituellement A une autre catégorie. Comme pour ces derniers, on peut faire entrer un ou plusieurs adjuvants dans une préparation. Souvent ce qu’on appelle Yexcipient ou Je véhicule est adjuvant lui-méme. Cerlaines eaux distillées , la plupart des sirops, quelques extraits végétaux , etc., sont de préférence affectés a cet usage. Ajoutons, toutefois , que tel médicament employé comme adjuvant dans un cas sert de base dans toute autre circonstance.
ADLERSPARRE (Georces, comte pv’), Pun des principaux auteurs de la révolution qui précipita du tréne le roi de Suéde Gustave IV, naquit dans la province de Jeemtland, en 1760. Il servit en 1778 dans la guerre contre la Russie, fut ensuite envoyé par Gustave HI en Norvége, pour entrainer le peuple a se révolter contre les Danois ; mais il échoua dans cette tentative. Aprés la mort de ce prince, Adlersparre se retira du service, ef se voua exclusivement ala culture des lettres pendant plusieurs années. De 1797 2 1800 il publia un journal politique et littéraire, dont le succés chagrina le gouvernement. Rappelé au service dans la guerre contre le Danemark, il obtint le grade de lieutenant-colonel. Quelque temps aprés il entra dans la. conspiration qui se forma contre Gustave IV, et le premier il conduisit les troupes révoltées sur Stockholm. Le faible et irrésolu Gustave contribua par son inaction 4 faire réussir le projet des conjurés. 11 tomba au pouvoir du général Adlercreutz ; et lorsque Adlersparre entra 4 Stockholm, la révolution était consommée. Le duc de Sudermanie fut élu roi, et les graces et les faveurs plurent dés lors sur Adlersparre. I] fut coup sur coup nommé conseiller d’Etat, colonel, adjudant général, commandeur de l’ordre du Glaive, et enfin créé baron. En méme temps ce fut a lui qu’échut la mission d’aller annoncer au prince Christian-Auguste de Schleswig-Holstein-Augustenbourg que la diéte Vavait choisi pour héritier du tréne. Il fut en outre appelé au commandement en chef de l’armée. Malgré toutes les distinctions dont il avait été comblé, Adlersparre était mécontent, vraisemblablement parce que son influence n’était pas aussi grande qu’il lavait espéré ; et quand, aprés la mort si subite du prince royal, cette influence se trouva encore amoindrie, il sortit du conseil d’Etat pour se retirer au fond d’une province éloignée, comme gouverneur militaire du bailliage de Skaraborg. Le roi continua cependant a l’accabler de graces et de distinctions de tout genre. En 1811 il fut créé grand’croix de Vordre du Glaive et élevé ala dignité de comte ; en 1817 il fut nommé sénateur du royaume, et a peu de temps de la chevalier de ordre des Séraphins, avec le titre d’Excellence. Comme administrateur, il mérita la reconnaissance de la province confiée & ses soins ; mais plus tard il renonca également a ces fonctions. Un livre qu’il publia sous le titre de Documents officiels pour servir a histoire ancienne, moderne et récente de la Suede, lui valut en 1831 un proces de presse. Condamné pour ce fait a une amende, il s’acquitta vis-a-vis du fisc , et, aprés avoir publiquement déclaré que le jugement qui avait frappé était moralement injuste, il continua sa publication. I
mourut le 23 septembre 1835, dans sa terre de Gustafsrik; province de Wermland, — L’atné de ses fils, Charles-Auguste, est fait avantageusement connaltre comme poéte.
AD LIBITUM, mots latins qui signifient d volonté. En musique, on les emploie indifféremment avec les mots italiens @ piacere, qui ont le méme sens, pour désigner les passages d’un solo qui exigent ou permettent une exécution plus libre, et relativement a la mesure, et relativement aux ornaments dont l’exécution peut étre susceptible. Le compositeur laisse alors au godt et au tact de l’exécutant a juger jusqu’a quel point il peut donner carriére aux inspirations de son imagination. — Dans les partitions et sur les titres deuvres musicales, les mots ad libitum sont trés-souvent employés pour désigner une partie qui n’est pas essentiellement nécessaire au tout, et qu’on peut supprimer. Ceci ne s’appl que d’ailleurs jamais qu’a des voix ou a des instruments servant 4 compléter ’harmonie. Par exemple, corno ad libitum, violoncello ad libitum.
ADMETE, roi de Phéres, en Thessalie , et parent de Jason, fut un des Argonautes et un des chasseurs du sanglier de Calydon. Apollon, chassé du ciel, se mit au service de ce prince, et garda ses troupeaux. Par reconnaissance Apollon devint son dieu tutélaire. Adméte ayant demandé la main d’Alceste a Pélias, celui-ci s’engagea a la lui donner s’il réussissait 4 atteler un lion et un sanglier a un char : secondé par Apollon, il y réussit; mais ayant oublié Diane dans le sacrifice qu’i! offrif aux dieux 4 l’uccasion de son mariage, la déesse lui envoya une énorme quantité de serpents dans la chambre nuptiale. Apollon vint encore a son aide, et le réconcilia avec Diane. Adméte étant tombé malade, les Parques consentirent & prolonger le fil de ses jours si quelqu’un des siens consentait 4 mourir pour lui. Ce fut Alceste qui accomplit ce sacrifice.
ADMINISTRATION. C’est la gestion des affaires d’un particulier ou d’une communauté : au sens le plus général, ce mot signifie la gestion des affaires de l’Etat.
Suivant les uns, « administration est l’action vilale du gouvernement; Je gouvernement est la téte de Ja société, Padministration en est le bras. C’est méme le véritable gouyernement, moins la confection des lois et l’action de la justice. » Suivant les autres, « l’administration est la plaie dy pays, sept fois plus ruineuse et dévastatrice que les sept plaies d’Egypte. Sans parler des insolences de la bureau cratie, l’administration en France n’existe que par |’arbitraire et ne vit que de monopole. Elle cotite a la France plusieurs milliards qui servent a perpétuer et a faire pulluler Ja race innombrable et inutile des fonctionnaires publics. L’administration est l’ennemie irréconciliable de la liberté. Napoléon, qui I’a créée, Va faite pour son despotisme. » Une administration est pourtant chose nécessaire pour une nation ; sa force doit faire la force du pays. Mais elle doit étre non-seulement contrdlée, elle doit étre juste, impartiale , serviable, toute 4 tous. La centralisation, qui augmente la force del’Etat par la concentration du pouvoir, peut aussi servir 4 éxagérer cette force centrale ; elle peut grossir la téte au détriment des membres. « Nous avons, dit M. Ed. Laboulaye, la triste expérience des révolutions; le premier jour tout semble perdu, le chef de Etat renversé, les ministres en fuite, lautorité absente ; dés le lendemain tout est prét 4 fonctionner comme devant : le nouveau commandement va, comme l’ancien, de Paris aux frontiéres; le pays, um moment ébranlé, serasseoit, l’ordre matériel se rétablit comme par miracle, reste seulement Je désordre moral. Quel est cet élément dordre, que rien n’atteint et qui sanve périodiquement la France? C’est administration. Bien des gens lui ont fait un reproche de son: mérite méme, et on lui a su mauvais gré de cette facilité de gouvernement qu’elle offre a tous les pouvoirs. De ce qu’elle n’est pas une garantie de liberté, on en a fait un instrument de despotisme ; on
ALERSPARRE — ADMINISTRATION
n’a pas voulu voir qu’elle est au dedans ce que |’armée est au dehors, non pas la téte, mais le bras de la France; une force et non pas une voionté. Combien il edt été plus juste de reconnaitre que c’est grace a cette puissante organisation que nous avons pu traverser deux invasions et des réyolutions qu’on ne compte plus, nous relevant de ces rudes épreuves avec une vivacité qui a toujours surpris )’étranger... D’ou vient cet instrumént magique? qui a fondé cette centralisation qui fait la force de la France au dehors plus encore qu’au dedans? D’ordinaire, c’est au premier consul qu’on fait remonter la pensée de l’institution; c’est lui, dit-on, quia créé l’administration frangaise. C’est la une idée fausse par son exagération... S’il edt improvisé Yadministration francaise, il est probable qu’elle ne lui eat pas sarvécu; elle a duré parce qu’elle est ’ceuvre des siécles, et qu’il n’est pas un de nos services publics qui ne date de la monarchie. Ce que fit Bonaparte, avec Ja sagacité d’un homme d’Etat qui sait le danger des inventions politiques , ce fut de relever l’administration ancienne, laissant A terre, parmi fa poudre et les débris, ce reste de féodalité qui entravait 4 chaque pas le gouvernement de nos rois et les empéchait d’achever cette unité qui fut toujours dans le veeu de la France. Tous les priviléges de naissance, de classe, de provinces, supprimés par la Constituante, aux applaudissements du pays, restaient 4 tout jamais effacés ; mais la justice, mais l’impdét, mais la police, mais la comptabilité, mais les rapports de l’Eglise et de l’Etat, en un mot l’administration tout entiére fut empruntée a ’ancienne monarchie et perfectionnée par le génie du premier consul... Il est aisé de comprendre pourquoi la maison de Bourbon s’accommoda de l’organisation impériale: c’était son ceuvre. améliorée. Quant 4 la monarchie de juillet, elle livra Padministration a la tribune et ala presse; mais le grand jour de la discussion en dissipant les préjugés, fortifia les services publics, en montrant combien cette administration si décriée était la chose et intérét de tous. Aussi en 1848 ne fut-elle pas sérieusement attaquée; personne ne disputa au gouvernement la diplomatie, ’armée, la marine, les cultes, la police, Vadministration supérieure; tout ce qu’on attaqua, et avec raison, ce fut ’exagération du principe de Ja centralisation; mais le principe méme sortit victorieux dela discussion, car sous un autre nom c’est Punité dela France, » Le gouvernement qui a succédé a la républiqueacommencé des essais de décentralisation en augmentant le pouvoir des autorités locales,
Sous la domination romaine, notre pays jouissait d’une administration trés-développée. Les invasions des barbares ne laissérent subsister que peu de chose de cette administration romaine. En vain les quelques princes remarquables que produisit la race de Mérovée voulurent remédier 4 ce chaos. Charlemagne voulant doter empire qu’il avait formé d’une administration réguliére et générale, ins~ titua les missi dominici; mais cet essai de gouvernemené¢ central ne put résister aux tendances de morcellement qu’on voyait éclater partout. Laféodalité réduisit alors Yadministration aux proportions des fiefs. Enfin, grace aux progrés de l’autorité royale, administration se créa insensiblement. A l’époque de saint Louis la France était encore divisée en pays d’obéissance le roy et pays hors Vobélssance le roy. Cependant le pouvoir royal empiétait chaque jour sur les fiefs indépendants en mullipliant les cas royaux, ol un proces pouvait étre porté en lacour du roi. Philippe-Auguste divisa les pays de son obéissance en soixantedix-huit prévdtés, dont les chefs étaient placés sous la surveillance des baillis ou sénéchaux et sous le contréle des prud’hommes, conseillers municipaux; enfin linstitution des missi dominici de Charlemagne fut renouvelée, et des enquesteurs parcoururent les provinces au nom du souverain. Sous Philippe le Bel, nous voyons autour du roi le grand conseil, qui élisait les sénéchaux, Jes baillis, les