‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tousChapitre 82 sur 197 · ADMINISTRATION — ADMIRAL · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION — ADMIRAL

juges, les gardes des foires de Champagne, les gardes des eaux et foréts; c’était le centre de Vimpulsion gouvernementale. Au-dessous du grand conseil se trouvait le parlement, principalement chargé des fonctions judiciaires ; pour les finances, lachambredescomptes, tribunal a la Mis administratif et judiciaire, qui vérifiait les recettes, contrdlait les dépenses, examinait la ‘conduite de tous les gens de finance et procédait contre eux s’il y avait lieu. Peu a peu l’administration se régularisa. Aprés la bataille de Poitiers, la cour des aides fut créée aux dépens de la cour des comptes, pour les aides, tailles et gabelles et autres droits de subsides qui se levaient par autorité da roi.

En 1789 on trouvait le conseil d’Etat du roi, ou se traitaient les affaires générales, la paix, la guerre, etc.; le conseil des dépéches ; ot se traitaient les affaires des provinces; le conseil royal des finances, qui connaissait généralement de tout ce qui avait rapport aux revenus et aux dépenses du roi; le conseil royal de commerce; le conseil @ Etat privé ou des parties; ta grande chancellerie de France. La justice pour les affaires ordinaires était administrée par des tribunaux inférieurs, moyens ou supérieurs. Les premiers étaient les chdlellenies, prévétés, vigueries, et autres juridictions royales et seigneuriales, qui ressortissaient par appel aux bailliages ou sénéchaussées, et de 1a aux présidiaus, formant les justices moyennes ou intermédiaires. Les présidiaux jugeaient définitivement et sans appel de toutes matiéres civiles qui 4l’estimation n’excédaient pas deux mille livres. Les affaires d’une plus grande importance pouvaient se porter aux parlements ou conseils souverains et autres tribunauxsupérieurs établis pour les juger en dernier ressorf. Outre ces divers tribunaux de justice, il y en avait encore en France deux autres, dont la juridiction, unique dans le royaume, n’était pas bornée, comme celle des premiers, a une étendue particuliére du territoire : c’étaient le grand conseil, sorte de cour supréme, et la prévété de Phétel du roi qui jugeait en dernier ressort de toutes actions criminelles et depolice qui pouvaient concerner des personnes de la cour.

Pour faciliter la perception des impdéts on avait divisé le royaume en un certain nombre d’intendances ou généralités. En 1789 on en compfait trente-deux, la plupart en pays Vélection, quelques autres en pays d’états ou provinces ayant conservé le privilége de répartir elles-mémes les contributions qu’elles devaient fournir pour soutenir les charges de |’Etat. Il y avait dans la plupart des généralités un bureau de finance ou tribunal des trésoriers de France et des receveurs généraux des finances, qui faisaient alternativement le service d’une année.

A cette machine si compliquée, la révolution substitua une organisation plus simple, basée sur Vunité de la nation, qu’elle parvint a établir, organisation quia survécu a tous les changements de gouvernement. On peut dire en effet que si le gouvernement a changé vingt fois en France depuis 1791, l’administration est 4 peu prés restée immuable. La France, divisée administrativement en départements, arrondissements et communes, eut toujours A la téte de chacune de ces divisions un fonctionnaire qui représente le pouvoir central , avec lequelil est en communication constante. Choisi d’abord par l’élection, ce fonctionnaire devint bientut Phomme du pouvoir central; pour tempérer cette sorte d’intromission de \autorité dans les affaires locales , on organisa auprés de chacun des fonctionnaires dont nous venons de parler des conseils, d’abord au choix du chef de VEtat, puis élus par certains électeurs et par tous maintenant, Ces conseils eurent des pouvoirs plus ou moins étendus, plus ou moins consultatifs; mais jamais administration centrale ne se départit du droit de contrdler, de dissoudre, de réviser. Cependant, pour éviter tout arbitraire, un conseil d’Etat fut institué pres du gouvernement pour juger administrativement les actes des fonctionnaires de tous rangs. A la téte du gouvernement, et par conséquent de l’adminis-

tration , se trouvent des ministres. Chargés du pouvoir exécutif, ils veillent 4 ’exécution des lois, en méme temps quils administrent Etat chacun dans la partie qui est de son ressort. Tous communiquent directement avec les préfets, placés spécialement sous le pouvoir du ministre de Vintérieur, et en méme temps ils font mouvoir tous les rouages de administration spéciale dont ils ont la direction, Une cour des comptes examine la gestion financiére des employés de toutes les administrations.

L’Assemblée constituante prit soin de séparer les fonetions judiciaires des fonctions administratives, et décid que les juges ne pourraient, 4 peine de forfaiture, trouble les opérations des corps administratifs ni citer devant eu les administrateurs pour raison de leurs fonctions. Rien d plus sage lorsqu’il s’agit des réglements généraux et de action du gouvernement; mais en est-il de méme lorsqu’un particulier se croit ésé par quelque acte d’administration ; et n’est-il passurprenant qu’onne puisse en obtenir le redressement que devant l’autorité administrative? Et en admettant pour les affaires contentieuses un tribunal administralif spécial, ne serait-on pas en droit de demander pour lui les garanties d’indépendance les plus fortes vis-a-vis de administration proprement dite? Z.

ADMINISTRATION MILITAITRE. On a donné nom a l’organisation spéciale qui pourvoit 4 l’entretien du personnel et du matériel d’une armée. L’administration militaire est chargée du service des fonds, de ceux de la solde, des subsistances, du chauffage, de ’habillement, du campement, des remontes, du logement, des marchés, des frais de recrutement, des prisons militaires, des frais de justice militaire, des hépitaux militaires, des dépenses du matériel de l’artillerie et du génie, et de celles de la direction générale des poudres et salpétres. Chaque année Yadministralion établitle budget pour l’année suivante. Le ministre de la guerre, ayant obtenu le crédit législatif, ouvre des crédits ministériels qu’il met 4 la disposition des intendants militaires pour subvenir aux besoins de Var mée. Il ordonnance par des ordres nommés ordonnances de payement ; les intendants ordonnancent par des ordres nommés mandat de payement; un payeur dans chaque département est chargé de solder tous les services. — Les détails de administration des corps sont confiés 4 un conseil spécial. Ce conseil dirige l'emploi des fonds destinés a la solde et a l’entretien de la troupe; il procure aux militaires du corps la perception des prestations de toute espéce qui leur sont dues; peut passer, avec l’auforisation du ministre, des marchés pour V’achat des effets principaux et accessoires d’habillement, de grand et petit équipement, des abonnements pour les réparations ou dépenses au compte des masses d’entretien ; régle et autorise les dépenses éventuelles, et doit justifier de l'emploi des matiéres et denrées fournies par Etat. Dans les régiments une commission de trois capitaines est chargée de passer des marchés pour l’achat des effets de linge et de chaussure; elle subit le contrdle du conseil d’administration. — Les registres de l’administration générale des corps et dela gestion des deniers sont tenus par le trésorier; les registres de Ja gestion des matiéres, par l’officier d’habillement; ceux relatifs aux réparations d’armes, par l’officier d’armement. — Les registres des compagnies, des escadrons et des batteries sont tenus par les sergents-majors ou maréchaux-des-logis chefs, sous la surveillance immédiate et continuelle des capitaings. Toutes les opérations administratives des corps aimsi que celles des entrepreneurs et des fournisseurs sont soumises au controle de l’intendance. Les membres de ce corps sont chargés de Ja vérification des revues de liquidation, des états, des bordereaux et des comptes, quils adressent chaque trimestre, avec les piéces a |’appui, au ministére de la guerre.

ADMIRAL (Hevyrtt’), né a Auzelot (Puy-de-Déme), en 1744, tenta, dans la nuit du 22 mai 1794 (22 prairial

an IL), d’assassiner Collot-d’Herbois en tirant sur lui deux coups de pistolet , qui ne latteignirent pas. Presqu’au méme moment, on avait arrété, au domicile de Robespierre, une jeune fille de vingt ans, Cécile Renauld, qui s’était présentév chez lui pour voir, disait-elle, comment était fait un tyran. On eut soin de présenter cette coincidence comme le résultat dune conspiration dirigée contre la république et les représentants du peuple par les agents de Pitt et de Cobourg. En vain L’Admiral affirma qu'il n’avait pas de complices; cinquante-deux victimes périrent en méme temps que lui et la fille Renauld, comme fauteurs de la prétendue conspiration. Dans ce nombre, on remarqua un Rohan, un Montmorency, deux ou trois Sombreuil, M. de Sartines, madame de Sainte-Amaranthe, celle que dans les salons on appelait, quelques années auparavant, la belle madame de Sainte- Amaranthe, et madame d’Eprémesnil, tous étrangers les uns aux autres. A la lecture de l’acte d’accusation, faite devant le tribunal révolutionnaire par le greffier, et ol tous ces malheureux étaient accusés de complicifé dans la cause, L’Admiral, s’adressant 4 Fouquier-Tinville, ’accusateur public, s’écria : « Est-ce que vous avez le diable au corps d@accuser tout ce monde-la d’étre mes complices? Je ne les ai jamais vus! » Il mourut avec courage, apres avoir vu exécuter avant lui ses prétendus cinquante-deux complices. Ce supplice, plus cruel cent fois que la mort, avait duré trente-huit minutes. Ancien domestique du ministre Bertin, puis homme de peine dans les bureaux de la loterie, la réyolution avait enlevé a L’Admiral ses ressources et ses moyens @existence, et lui avait inspiré un vif ressentiment contre les hommes qui, comme Robespierre et Collot-d’Herbois, pouvaient 4 bon droit passer pour les principaux auteurs des maux que la France souffrait alors. Il parait, au reste, qu’il avait longtemps hésité dans le choix de sa victime, et que la difficulté de parvenir jusqu’au premier l’engagea a donner la préférence au second.

ADMONITION (du latin admonitio, avertissement), En matiére ecclésiastique , admonition est le synonyme de monition, avertissement juridique donné, en certains cas , en vertu de l’autorité épiscopale, avant que lon procéde a Yexcommunication. — Dans lancien droit frangais , ’admonition était une peine qui consistait a recevoir debout , derriére le barreau, en présence du tribunal assemblé, mais a huis clos, un avertissement, de la part du président, de ne plus commettre le délit ou la faute dont on yenait détre déclaré coupable , et d’agir 4 Yavenir avec plus de circonspection. Ce genre de punition , moins sévére que le blame , n’entrainait pas Widée flétrissante.

ADOLESCENCE (du latin adolescere, croitre) , période de la vie humaine comprise entre Venfance et lage adulte , c’est-a-dire entre ’époque ot se manifestent les premiers signes de la puberté et celle ot le corps a acquis en hauteur tout son développement , commencant par conséquent, dans nos climats tempérés, 4 onze ou douze ans chez les jeunes filles, 4 quatorze ou quinze ans chez les jeunes garcons, et se terminant vers la vingt et uniéme année environ chez celles-la, et vers la vingt-cinquiéme chez ceux-ci. C’est ordinairement pendant Je cours de cette période que la constitution de Vindividu se perfectionne ou se détériore pour toujours : aussi doit-elle attirer toute Vattention du médecin. Le grand air, les distractions fréquentes, les bains, Vabstinence ou l’usage trés-modéré des boissons spiritueuses , une nourriture substantielle et en méme temps de facile digestion, constituent lerégime le plus salutairea l’adolescence.

ADOLPHE-FREDERIC, duc de Holstein-Eutin , puis roi de Suede, néen 1710, mort en 1771. Il fut dabord, depuis 1727, prince-évéque de Lubeck; ensuite, a partir de 1739, administrateur du duché de Holstein-Gottorp. — En 1741, lorsque aprés la mort d’Ulrique-Eléonore, reine de Sudde, le mari de cette princesse, Frédéric de Hesse-Cassel , eut pris les rénes du gouvernement, la diéte dut choisir

Page 1