AFFICHES — AFFILIATION
qu’étant signées des parties ou de leurs mandataires, elles peayent éire considérées comme des actes.
Aujourd’hui les afliches imprimées sont en partie remplacées par un autre mode daffichage. Beaucoup d’ annonces industrielles et commerciales sont peintes sur les murs en lettres quelquefois gigantesques. Ces affiches ont ’avantage de frapper les yeux de trés-loin et, en durant plus longtemps, de devenir plus économiques ; mais elles comportent difficilement de grands détails. D’autres industriels se sont avisés de faire promener des hommes habillés d’affiches , ou portant un écriteau au bout @un baton. On en met aussi sur les voitures, danslesomnibus, dans des boutiques, etc. On fait aussi maintenant de grandes affiches coloriées et illustrées.
Quelques afliches bizarres mériteraient ici une mention historique. Le savoir-faire en ce genre consiste surtout a saisir un lien entre son industrie et quelgue circonstance politique. Chacun s’arréte, et quoique trompé lit entiérement, de peur d’étre pris pour un niais. On se rappelle Paffiche du chromo-duro-phane, dont auteur protitait de ce qu’une élection devait avoir lieu de 8 juiddet pour indiquer cette date en grosses lettres, et dire que, ce jour étant celui du déménagement, on avait besoin de sa marchandise pour mettre les appartements en couleur. On se souviendra aussi de Vaffiche du Chdteau de l’Egalité, qui annongait des habits 2 si bon marché, que personne ne mettrait plus de blouses, quoiquwil en vendit aussi, probablement.
Les affiches de thédtre, destinées a faire foi en cas de discussion entre le directeur et le public, doivent étre l’ex pression exacte et fidéle de promesses qui seront tenues. Tout changement dans le programme officiel doit étre annoncé sur Vaffiche primitive par une bande de couleur différente ; et si lechangement arrive trop tard pour que cette formalité puisse étre remplie, chaque spectateur ale droit de se faire restituer le prix de sa place.
Une ordonnance de police du 8 mars 1852 régle ce qui concerne les affiches de théatres, spectacles, concerts et bals dans le ressort de la préfecture. Les administrations des différents tnéatres de Paris ont imaginé, pour économiser les frais, @imprimer ensemble leurs affiches sur une méme feuille de papier. On peut voir & présent tous les spectacles annoncés dans les petites cases d’une affiche ordinaire.
Ce nest guére quedepuis la premiére révolution que tous les théatres affichent leur spectacle avec le nom des acteurs. Autrefois, comme encore dans les foires et dans quelques Villes, on y suppléait par une pancarte collée a la porte,
par Pannonee a son de trompe Gans les rues, par l’annonce sur ies frefeaux a la suite de parades, par des tableaux peints indiquant le sujet du spectacle, etc. A la fin du spectacle un acteur annongait le spectacle du lendemain, Au dix--epliéme siécle on commenga a coller des afliches de theatre a Paris Tous les théatres en font usage anjourd’ hui, ‘t'ta fallu assigner a chacun le rang qu’il doit occuper.
Quant a Pindustrie @afficheur, elle est libre aujourd’hui, sauf quelques mesures de précaution et de surveillance. Ainsi tout afficheur est tenu de faire connaitre son domicile
a la police, qui lui délivre une médaille.
Avant la révolution de Juillet, l'affichage de Paris avait été en partie affermé a une compagnie, qui avait fait établir a ses frais une foule de plaques en téle sur les murs de la ville : le soir on fermait ces plaques, et les affiches échappaient ainsi a la fureur des chiffonniers et des gamins, qui leur font une guerre acharnée. On traitait alors avec la compagnie pourun temps déterminé pendant lequel l’affiche devait rester exposée aux yeux du public. Aujourd’hui rien ne promet que le lendemain elle sera encore visible, d’autant plus que les afficheurs se font ummalin plaisir de recouvrir les affiches posees par un concurrent : aussi Vaffichage est-il un des modes de publicité les plus cofteux qu’il y ait a Paris.
AFFILIATION, établissemen; de liens et de rapports enire deux soc*étés, deux corporations politiques, religieuses
et autres, pour les soumettre a un principe identique ou & une direction Commune. L’affiliation n’entraine souvent aussi qu'une simple combinaison d’efforts et un rapprochement de tendances philosophiques ou littéraires + ceci est vrai surtout des affiliations académiques. Le lien est plus étroit, la force de cohésion plus intense dans VPalliance ou la fusion des corps religieux ou politiques. — Dans les Commencements de la révolution frangaise, les clubs s’aflilerent; tes sociétés populaires des départements s’unirent a celles de la capitale, et correspondirent, suivant la diversité de leurs nuances, avec les Feuillants, les Cordeliers ou ies Jacobins. Les affiliations de lamétropole du jacobinisme furentles plus nombreuses, et ne contribuérent pas peu a faire de cette fameuse assemblée la rivale de la Convention et !effroi de Phurope. — En 1815, et pendant les Cent Jours, les fédérations départementales furent appelées sur plusieurs points de la France, par des missionnaires politiques, a s’affilier aux fedérations de quelques villes principales, et particuliérement a la fédération parisienne. — Sous la Restauration, des loges maconniques furent affiliGes aux sociétés secretes du libéralisme, et devinrent les succursales des ventes du carbonarisme. Telle fut la loge des Amis de la Vérilé, placée sous influence de MM. Bazard, Buchez, etc., et dont faisaient partie les sergents de la Rochelle, immolés en 1822.
L’affiliation peut aussi étre considérée comme ladhésion et la soumission individuelle d’une personne isolée aux principes, aux statuts eta la hiérarchie d’une assemblée, dun ordre, d’une-communauté. C’est cet acte que la loi francaise punit'de la perte des droits civils, quand i] n’est pas autor'sé par le gouvernement, et qu’il a pour objet Padmission d’un régnicole dans une institution-militaire étrangére. — L’alfiliation individuelle fut pratiquée dans l’antiquité. Les sages et ies législateurs de ’ancienne Gréce eurent besoin d’y recourir pour obtenir d’étre initiés a la science occulte des prétres de Egypte et de Inde. Solon, Pythagore et Platon ne parvinrent pas autrement a pénétrer dans les profondeurs de Visotérisme oriental. Ils s’affili¢rent aux colléges sacerdotaux de Thébes et de Memphis, comme plus tard les penseurs et les littérateurs de I’Italie vinrent s’affilier aux instituts philosophiques du Lycée, de Académie et du Portique, pour lier la civilisation grecque a la civilisation latine.
Au moyen age laffiliation aux ordres de chevalerie contribua puissamment au maintien et a exaltation des vertus guerriéres, en méme temps qu’elle servit a entretenir la foi religieuse et la grandeur morale. Dans les temps modernes, la science, suspecte d’hérésie, fut souvent obligée de se cacher aux yeux de l’intolérance ombrageuse. On explora la nature en secret, de peur que la persécution ne suivit de pres la découverte. Les savants, réduits a vivre sous la menace du bicher, durent se rechercher en silence, s’entourer de mystére et de garanties pour la sdreté de leurs personnes et pour ta conservation de leurs richesses intellectuelles. Il y eut des affiliations scientifiques et philosophiques en face des institutions monacales, auxiliaires de inquisition, et qui ne se firent pas faute de brdler les affiliés comme sorciers, sous prétexte qu’ils étaient liés par un pacte mystérieux a l’esprit infernal.
Au dix-huitiéme siécle on s’affilia aux réunions maconniques et aux comités philosophiques, pour renverser le vieil ordre de-choses. Sous la république les affiliations continuerent; outre celles des clubs, il y eut des associations occultes Babeuf, dans sa conspiration contre la propriété, fonda une veritable société secréte, qui a donné naissance a tout ce qu’a produit depuis le communisme. L’empire eut ses philadelphes, qu'il tenait de la république, et auxquels Moreau avait été affilié. Quant a la restauration, elle fut plus riche qu’aucun des gouvernements précédents en affiliations de toutes sortes : affiliations publiques pourla liberté de la presse et pour le succes des élections libérales, affiliations secretes pour la révolution et pour la contre-révolution , Clubs clan-
destins d’une part, congrégations ténébreuses de l’autre. En 1834 Ces associations ou celles qui les avaient remplacées inquiéterent assez vivement l'autorité pour provoquer une loi prohibitive. En résumé, les affiliations, bien que les gardiens des vieilles doctrines en aient usé largement de nos jours, ont été employées le plus souvent par les novateurs pour propager leurs idées et avancer leur ceuvre a l’encontre des masses ignorantes ou des pouvoirs conservateurs. Laurent (de VArdeche).
AFFILOIR, instrument destiné a faire disparaitre le morjil qui empéche les instruments tranchants de couper les objets qu'on soumet a leur action, lorsqu’ils viennent @étre aiguisés 4 la meule; ou bien a leur rendre le fil, lorsque l'usage le leur a enlevé. Les affiloirs varient suivant espece d’instrument dont ils doivent ayiver, dresser ou enlever le morfil. Pour ceux dont le tranchant doit étre trésdélicat, tels que les rasoirs ou les instruments de chirurgie, on emploie une pierre schisteuse jaune, sur la surface de laquelle quelques gouttes @huile préalablement répandues favorisent le glissement des lames qu’on y proméne. Les instruments plus grossiers, tels que les couteaux, les ciseaux, s’affilent a sec, sur des pierres a gros grain. Pour les faux, on promeéne la pierre sur toute la longueur de la lame. Les bouchers affilent leurs outils tranchants sur un morceau d’acier cylindrique nommé fusil. Les cnirs sur lesquels on proméne les rasoirs sont aussi des espéces d'affiloirs.
AFFINAGE. Ce mot, dans son acception la plus générale, désigne action de purifier une substance quelconque. Les expressions a/finage et raffinage s'emploient souvent indifféremment pour désigner cette opération. Toutefois la premiére parait mieux s’appliquer au cas ot il se produit un changement capital dans les propriétés et les valeurs de la substance; c’est ainsi qu’on dit plus spécialement : aflinage des alliages d'or et d'argent, de la fonte de fer, de plomb argentifére, etc. Le nom de raffinage au contraire est plus fréquemment employé pour désigner une simple purification ; c’est dans ce sens que l’on dit communément : raffinage du sucre , du salpétre, de ’antimoine.
L’affinage du fer a pour but de séparer le fer des matiéres étrangéres avec lesquelles il se trouve en combinaison dans la fonte, pour le conyertir en fer forgé. et dans certains cas en acier naturel. Le principe de cette opération consiste a enlever le carbone et le silicium de la fonte presque en totalité ou seulement en partie, par le moyen de Yoxydation. YVoyez Fer, Fonts et Forces.
L’affinage de l’argent s’opere par la coupellation pour le séparer du plomb; mais i] peut aussi contenir de lor, dont on le sépare au moyen du départ. —L’affinage de lor se fait au moyen de!’amalgamation dans les mines ; quant 4 Vor qui est combiné avec argent, le cuivre ou le plomb, on len sépare par la liquation, la coupellation et le départ. — L’affinage du cuivre comprend des procédés assez variés, qui ont en général pour but d’enlever a ce métal, par Fele d’oxydation , les substances étrangéres, felles que le sos, le fer, etc., qui en altérent la pureté. C’est par la liquation qu’on retire du cuiyre argent ou Por qu’ilcontient.
Dans un autre sens, le mot a/finage se prend pour laction de rendre plus fin, plus délié. C’est ainsi que laffinage du lin, du chanvre, consiste a le faire passer successivement par plusieurs peignes de fer dont les dents vont toujours en augmentant de finesse. — On nomme drap daffinage celui quia recu la meilleure et derniére foulure avant Waller a la teinture.
AFFINEDR, celui qui affine Vor et Pargent. Pendant longtemps Part de Vaffinage des mélaux précieux ne se fit qu’a lacoupelle. Les premier es expériences faites a Paris pour affiner or par la yoie du départ a Vacide nitrique datent de 1518, sous Francois I‘f. Le titre des ouvrages @or fut alors porté a 21 carats de fin au lieu de 19 1/5 gw il était aupavayant. Il y avait pourtant plus d’un siécle
AFFILIATION — AFEFINITE
que les acides minéraux étaient connus et qu’on s’en ser-
vait & Venise pour lopération du départ. Dans ces derniers temps, M. Dizé a eu Vidée de substituer Pacide sulfurique a l'acide nitrique. Par ce moyen on est parvenu a retirer encore de Pargent déja affiné un milliéme de son poids dor; ce qui a procuré de grands bénéfices aux affineurs , qui ont pu opérer méme sur les piéces de monnaie.
Les ateliers d’affinage fignrent parmi les 6tablissements que la loi déclare insalubres et incommodes, et qui par conséquent ne peuvent étre formés sans autorisation. D’aprés la loi du 19 brumaire an V1, quiconque veut départir et affiner lor ou Vargent est tenu d’en faire la déclaration 4 Padministration municipale, 4 celle du département et 4 celle des monnaies. I] ne peut recevoir que des matiéres qui ont été essayées ou tirées par un essayeur public. 11 doit tenir registre des opérations qu'il fait , et il doit insculper son nom en toutes lettres sur les lingots par lui affinés. Il ne peut les rendre au propriétaire sans les avoir portés au bureau de garantie pour y étre essayés, marqués, et le droit acquitté. Voyes Essavyeur, BUREAU DE GARANTIE, Marque, Con- TROLE, ete.
AFFINITE ou ALLIANCE (Droit). C’est le lien qui unit Pun des époux aux parents de lautre. Ainsi les parents du mari sont les alliés, ou, selon l’expression de l’ancien droit, les affins de sa femme, et réciproquement. Une belle-mére est donc lalliée de sa belle-fille ; deux beaux-fréres sont alliés entre eux ; l’oncle de la femme est allié du mari, c’est-adire son oncle par alliance, ete — On voit, daprés cette définition et les exemples que nous en donnons, qu'il n’y a point affinité ou alliance entre les parents d’un époux et les parents de l'autre époux : par exemple, entre le frére de la femme et le frére du mari, entre l’oncle du mari et la tante de la femme, etc. Aucun lien civil n existe entre ces personnes, qui, bien que rapprochées socialement par le fait dun mariage, demeurent néanmoins, selon le droit, parfaitement étrangéres les unes anx autres. — L’affinité ou alliance est une parenté civile ; elle produit des ef'ets semblables a ceux qui sont attachés A la parenté naturelle. Le plus i important de ces effets consiste dans les prohibitions de mariage qu’elle entraine (C. Civ., 161 et suiv.). Ainsi, en France, Te mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants a Pint ini et les alliés dans la méme ligne, entre les fréres et sceurs et les alliés au méme degré, sauf les dispenses qu’ilest loisible au chef de l'Etat daccorder, pour des causes graves, aux alliés collatéraux, c’est-a-dire aux beaux-fréres et belles-sceurs ( Loi du 16 avril 1832 ).
Il y a encore assimilation de l’affinité et de la parenté naturelle dans beaucoup d’autres cas : ainsi, pour citer seulement les principaux, les gendres et les belles-filles doivent des aliments 4 leurs beau-pére et belle-mére qui sont dans le besoin. — Les notaires ne peuvent recevoir des actes dans lesquels leurs parents ou ailiés en ligne directe a tous les degrés, et en ligne collatérale jusqu’a celui d’oncle ou de neveu inclusivement, seraient parties, ou qui contiendraient quelque disposition en leur faveur. — Pareillement, un huissier ne peut instrumenter pour ses alliés en ligne directe a Pinfini , a en ligne Seat jusqu’au degré de cousin qu ‘au ‘ears oncle et de neveu inclusivement ne peuvent siéger ensemble comme membres d’un méme tribunal ou aithe méme cour, soit comme juges ou conseillers , soit comme ofliciers du ministére public, ou comme greffiers, sauf dispense. -- Enfin, en matiére criminelle , les dépositions des pére, mére, fils, petit-fils, etc., et des allies au méme degré de \accusé ; celles deses fr er es, SOUS et alliés au méme degré, ne peuvent étre recues en justice, a titre de témoignages. Le président appelle quelquefois , en vertu de son pouvoir discrétionnaire, ces personnes a donner des renseignements; mais alors elles ne sont pas considérées comme témeins et ne prétent pas serment.