AFFINITE — AFFIRMATION
Vaffinité résultant du mariage cesse-+-elle avec le mariage quand il se trouve dissous par la mort de Pun des époux? Oui en principe ; non, quand il existe encore des enfants nés de ce mariage, qui sont comme le témoignage vivant du lien conjugal. — Nous disons que Valliance {init avec le mariage dont il ne survit point d’enfant : cela est positif; et cependant il est remaruable que ce n’est qu’apres la dissolution du mariage qui Va produite qu’elle com- Inence vraiment 4 former un obstacle particulier a une nouvelle union : ici effet survit en quelque sorte a la cause, et Pon peut dire que c’est le respect de l’alliance qui n’existe plus, plutdt que Valliance elle-mé@me, qui produit certaines prohibitions de mariage. — Dans l’ancien droit romain, le mariage n’était aucunement interdit entre personnes qui ne se touchaient que par une affinité collatérale : l’empereur Constance fut le premier qui défendit, comme incestueux, le mariage entre beaux-fréres et belles-sceurs, et cette loi fut renouvelée et confirmée par Théodose et par Justinien ; mais dés avant la défense impériale l'Eglise avait réprouvé ces mariages, comme contraires 4 la loi du Lévitique. Elle alla ensuite jusqu’a prohiber le mariage entre a/fins, a tous les degrés ou il était alors prohibé entre parents naturels, Cest-a-dire jusqu’au septiéme degré, Ces interdictions abusives et d’autres encore furent abrogées, au treizidme siécle, par le concile général de Latran, qui établit la discipline observée depuis dans I’Fglise.
Dans le droit romain il y avait en outre une affinité illégitime, qui existait entre deux personnes dont l'une vivait avec un parent de l’autre a état de concubinat. Comme la loi reconnaissait cette sorte de mariage , V’affinité qui en résultait était aussi ne cause de prohibition de mariage entre les alliés en ligne directed Vinfini, et jusqu’au deuxiéme degré en ligne collatérale.
AFFINITE (Chimie ). Un trés-grand nombre de corps peuvent se combiner ensemble pour former wne foule de composés, qui constituent soit la masse du zlitie, soit les végétaux ou les animaux. Le nom @affinilé a été employé pour désigner leur tendance a s’unir. Ainsi, quand du charbon brale, que du fer se rouille 4 Pair, que du plomb fondu se recouvre d’une crasse épaisse , il y a combinaison de ’un des principes composants de Vair, Poxygéne, avec le charbon, le fer ou le plomb. Comme dans vn grand nombre de circonstances on voit certains corps en chasser dautres de leurs combinaisons, ou s’emparer de préférence a eux d’autres corps avec lesquels ils sont en coutact, on a admis autrefois des affinités électives, et par suite des af jinités divellentes et quiescentes : les premiéres tendaient a réunir les corps, les secondes a les séparer, et de l’exceés de lune sur Pautre de ces forces dépendaient alors les actions en sens opposé que l’on observait; mais en étudiant plus a fond cette question importante, on a vu que dans certains cas un méme corps pouvait en chasser un autre ou étre chassé par lui: dot il résulte nécessairement que Paffinité varie sous certaines’ influences, et qu’elle ne peut étre considérée comme absolue. Ainsi, de Pacide sulfurique versé dans une dissolution de borax formé d’acide borique et de soude, s’empare de celle-ci pour former du sulfate de soude, et sépare l’acide horique , qui se précipite sous forme de lames brillantes. Si on méle de l’acide borique avec du sulfate de soude, c’est-a-dire les corps qui viennent de se former, et qu’on chauffe jusqu’a une température rouge , Pacide borique s’unit A la soude et chasse l’acide sulfurique. Cette singuliére anomalie s’explique facilement quand on considére état des corps employés. Ainsi, dans le premiler Cas, le sulfate de soude qui se forme est soluble dans Peau qui le retient, tandis que l’acide borique, trés-peu soluble, se précipite ; dans le deuxiéme cas, le borax de soude qui se produit est fixe, et acide sulfurique volatil ou transformable en produits volatils, d’ou résulte qu’il doit se dé-
gager.ce quia lieu, en effet, Nous pourrions multiplier beau-
coup les exemples de ce genre de réactions, mais celui qué nous avons cité nous parait suffisant pour prouver que si certains corps ont plus de tendance que certains autres a former des combinaisons, ’état des composés qui peuvent se former influe tellement sur leur maniére d’agir, que cette cause peut altérer ou intervertir complétement leurs actions réciproques. Quand des composés fixes et volatils, solubles et insolubles, peuvent se former, il y a toujours réaction produite. Dans ce sens, nous citerons seulement encore un exemple en terminant. On verse de Pacide acétique sur un carbonate ; l’acide acétique s’empare de la base pour former un acélate et chasse Vacide carbonique : ¢’est ce qui arrive quand on laisse tomber du vinaigre sur du marbre. Si, au contraire, Pacétate étant soluble dans l’alcool, par exemple celui de potasse , on fait traverser cette dissolution par un courant de gaz carbonique, il se précipite du carbonate de potasse, et l’acide acétique reste dissous dans la liqueur alcoolique. H. GAULTIER DE CLausry.
AFFIRMATION ( Philosophie). Ce mot, dans son sens le plus général, signifie ’expression de lassentiment donné par lesprit a ce qui lui parait une vérité. Quand esprit a apercu un rapport de convenance ou de disconvenance entre deux idées, il ne reste pas indifférent ex face de la vérité qui vient de se révéler a lui, il ne se contente pas de la réfléchir comme le ferait un miroir de Yobjet dont il regoit Pimage. Non-seulement il connait ce rapport qu'il a pergu , mais de plus il croié 4 son existence, il y acquiesce , et par la parole il le proclame, il en témoigne, il l'affirme. Le verbe est le mot qui sert a exprimer cette croyance , cet acquiescement de l’esprit a l’existence du rapport pergu : le verbe est donc le signe de l’affirmation. — Si laffirmation est la manifestation par la parole de Passentiment de Vesprit a l’existence de telle ou telle vérité, on a eu raison de dire que chaque proposition est, de la part de ’lhomme , un acte de foi, un hommage de la raison humaine a Ja vérité devant laquelle elle s’incline. —- Toute proposition est affirmative , en ce sens qu’elle exprime cet assentiment de lesprit 4 Vexistence d’un fait ou d’une vérité quelconque. Comment concilier avec cette assertion l’existence des propositions négatives? Aussi, grande querelle dans l’école a ce sujet, les uns soutenant qu’il ne peut y avoir de propositions négatives; les autres, qu’on ne saurait les nier sans absurdité. Comment contester en effet a cette proposition, les hommes ne sont pas parfaits , la qualité de négative ? Essayons d’arranger ce différend ala satisfaction des deux parties. Il suffira, je crois, pour cela, de montrer que c’est une dispute de mots, et que chacun a raison, selon le sens qu'il attache au mot affirmatif. Assurément si l’on entend par affirmation Vexpression de l’assentiment donné a une vérité par esprit qui juge, toute proposition est affirmative; Phomme ne peut ouvrir la bouche sans affirmer quelque chose; méme s'il veut exprimer un doute, il affirme encore, car il affirme qu’il doute. Mais si l’on entend par affirmative une proposition exprimant un rapport de convenance entre deux idées, et par négative celle qui exprime un rapport de disconvenance , et qui l’exprime au moyen d'un adverbe négatif, alors on aura des propositions des deux espéces. Mais on voit que les propositions ne sont jamais négatives que dans la forme; car si, au lieu de dire : L’homme west pas parfait, je disais : L’homme est imparfait, ma proposition ne serait plus négative, et pourtant elle serait identique a la premiére. Concluons de 1a que ta pauvreté de la langue est une des grandes miséres de la philo-~ sophie. C.-M. Parre.
AFFIRMATION ( Droit ). Cest Passurance donnée, sous la foi du serment, de la vérité ou de la fausseté d’un fait ou d’un acte. En général, dans notre législation civile et criminelle ’affirmation nest pas distincte du serment proprement dit; il est cependant a remarquer que la loi emploie de préférence cedernier terine lorsqu’elle prescrit le serment
dans des circonstances graves, capitales, ou en vue de résultats décisifs. Ainsi, dans les enquétes qui précédent les procés civils ou criminels; ainsi, dans les débats publics et oraux des tribunaux correctionnels et des cours assises ; ainsi, dans les expertises ordonnées par la justice, la loi prescrit le serment aux témoins et aux experts, afin sans doute @éviter toute équivoque et de bien pénétrer ceux qui le prétent de la solennité et de la sainteté de leur action.
L’affirmation, ou déclaration avec serment, est spécialement prescrite dans une foule de cas déterminés par les Codes Civil , de Procédure et de Commerce. Ainsi, la veuve doit affirmer sincére et véritable, devant notaire, Pinventaire dressé par elle de tous les biens de la communauté, si elle veut conserver la faculté d’y renoncer (C. Civ., art. 1496); le maitre actionné en justice par ses ouvriers ou domestiques pour le payement ou la quotité de leurs gages ou sa-~ laires est cru sur son affirmation ( id., art. 1781). Pareillement, l’affirmation de l’assuré, en cas de naufrage , suffit pour lui faire allouer les frais de recouvrement (C. Comm., art. 381). On affirme de méme une créance, une dette saisie, un voyage, un compte, un procés-verbal, etc. Cependant, jl ne faut pas croire que le serment soit toujours et absolument nécesssaire pour valider affirmation. Dans plusieurs cas la loi, sinon dans son texte, du moins dans son esprit interprété par une saine jurisprudence, n’entend prescrire qu’une affirmation pure et simple. Tel est le sens véritable de Varticle 534 du Code de Procédure Civile, aux termes duquel le comptable commis par justice doit présenter et affirmer son compte. en présence du juge-commissaire. Le législateur, en effet, n’a pas dd vouloir prostituer en quelque sorte le serment dans l’acccmplissement dune foule de menues formalités.
En matidre de procés-verbaux judiciaires, Vaffirmation, qui est le serment prété par Vofficier public sur la sincérité de son procés-verbal, a une grande importance ; car son défaut vicie et annule tous les procés-verbaux pour lesquels la loi aspécialement prescrit cette formalité ; et méme il importe, A peine de nullité , que Pacte constatant le serment soil signé par Je fonctionnaire qui l’a prété. Moyennant cette formalité accomplie dans le délai voulu, les procés-verbaux font foi en justice, les uns jusqu’d inscription de faux, comme ceux des gardes et agents forestiers, des employes des contributions indirectes et des douanes; les autres , seulement yusqgu’a preuve contraire, comme ceux des gardes champétres, des maires , juges de paix , commissaires de police, etc. Sont néanmoins affran- Chis de laffirmation les procés-verbaux dressés pour simples contraventions de police par les maires, adjoints et commissaires, et ceux qui émanent, a quelque titre que ce soit, des officiers de gendarmerie, sous-officiers et simples gendarmes. Quant aux procés-verbaux des gardes champétres et forestiers , institués pour constater les contraventions et délits ruraux , notamment les délits de chasse, ils doivent toujours étre a/firmés dans les vingt-quatre heures entre Jes mains d’ une officier municipal. Voyes Serment et Procés- VERBAL. Aug. Husson.
AFFIXES (du latin affixus, joint 4), On donne ce nom a certaines lettres ou syllabes qui dans les langues sémitiques ont la valeur des pronoms de la premiére, de la deuxiéme ou de la troisiéme personne, et qui s’'ajoutent a la fin des substantifs et des verbes de maniére a ne faire plus qu’un avec eux,
AFFLEUREMENT. En géologie on désigne sous ce nom l'extrémité d'une couche, d'un sillon ou dun dike qui se montre ala surface du sol. La connaissance des affleurements des couches, qu’on distingue en perméables et en imperméables, est surtout nécessaire lorsqu’on se propose de pratiquer des puits ardésiens, dans les divers lieux compris dans l’étendue d’un bassin géologique. Il faut un coup d’ceil exercé pour bien estimer la direction des couches par les