‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 105 sur 522 · HORTENSIUS — HOSANNA · texte numérisé non relu

HORTENSIUS — HOSANNA

hommes. s'ils n'étaient point amis, avaient au moins l’esprit de le paraître. Ils suivaient la même ligne politique, soutenant le plus souvent le sénat contre le peuple et défendant l’ordre de choses établi. Un jour même Hortensius faillit être assassiné par les gladiateurs de Clodius : c’est encore lui qui fit entrer Cicéron dans le collége des augures. I mourut peu de temps après, en l’an de Rome 701.

Hortensius s’occupait de littérature et de poésie; mais il dédaignait les études philosophiques, bien que Cicéron, qui lui a dédié son traité De Philosophia, se vante de lavoir sonverti. Aucune de ses œuvres, vers, harangues ou plaidoyers, ne nous est parvenue. Il se maria deux fois, et son second mariage nous offre un trait curieux des mœurs romaines : il était devenu amoureux de la femme de Caton d’Utique , son ami ; ne pouvant maitriser sa passion , il en fit Vaveu à Caton lui-même. En vrai stoicien, celui-ci, pour récompenser sa franchise et l’encourager à la vertu , renonça à l'épouse qu'il chérissait, et la lui céda , bien qu’elle fût alors enceinte et déjà mère de deux enfants.

La fille de l’orateur, HortensiA, est également célébrée par |

les anciens comme un modèle d’éloquence. W.-A. Duckerr.

HORTICULTURE (de hortus, jardin, et cullus, eulture), culture des jardins. La limite entre les attributions de l’horticulture et de l’agriculture est fixée par ce qui établit la distinction entre les jardins et les champs. C’est à l’agriculture qu'il est réservé d'appeler à son aide la puissance des machines et la force des animaux auxi-

liaires de l'homme; l’horticulteur n’a que ses bras et des |

outils de la plus grande simplicité. La charrue, la herse, les différentes sortes de semoirs, etc., appartiennent à la culture caampêtre; la bêche et ses diverses modifications, les ciseaux de l’élagueur, le sécateur, les instruments pour greffer, sont entre les mains du jardinier. Quelques opérations sont communes à ces deux divisions de la culture, et toutes les connaissances qui peuvent éclairer et guider Phorticulteur font partie des sciences agronomiques.

La passion toujours croissante en France de l’horticulture a contribué fortement à l'institution de sociétés dont le but est d'enrichir les jardins et de perfectionner l’art de les cultiver. On leur devra plus et mieux que des écrits; elles font des expériences, forment des pépinières, se procurent et naturalisent des plantes exotiques, etc. Si les des. tinées du genre humain ne sont pas trop défavorables, ces utiles associations se Consoliderent, et, sûres d’une longue existence, elles entreprendront les essais dont la durée excède celle de la vie d’un individu.

parler des tulipes et jacinthes de la Hollande, disons que les produits annuels de l’horticulture, à Paris seulement, excèdent six millions. Grâce à la facilité des communications, Dijon lutte pour les cerises avec Montmorency, Orléans pour les fraises avec Fontenay-aux-Roses, Châtenay, et Bagnolet; la Touraine pour ses fruits avec Montreuil, etc. Et si nous passons en revue les produits propres aux jardins fleuristes, combien nous trouverons de progrès effectués, de variétés créées par une hybridation bien conduite parmi les camélias, les rosiers, les rhododendrons et les azalées, les pélargoniums, les pivoines, les œillets, les fuchsias, les liliacées, les orchidées, etc.

HORTULAIRES. Voyez CLANCULAIRES.

HORUS, en égyptien Or, fils d’Osiris et d’Isis, est la personnification du soleil caniculaire, arrivé à la plus grande intensité de sa vertu calorifique. Les Grecs reconnurent teur Apollon dans ce dieu égyptien, qu’on représente sur les monuments avec une tête d’épervier. Typhon essaya vainement de contester sa légitimité; il fut déclaré le vérifable fils d’Isis et d’Osiris. Il est en effet Horus CAnouphis, nouveau soleil qui éclaire la nature depuis l’équinoxe du printemps jusqu’à l’équinoxe d'automne, c’est-à-dire lors- * que le soleil verse partout les flots de sa lumière, féconde la terre et prolonge les jours. De là vient qu’on le représente, comme le dieu Priape, avec tous les caractères de

la plus grande énergie. Jablonski trouve dans la langus cophte l’étymologie du nom d’Horus, qui voudrait dire roi, ou seigneur , ce qui convient à la force et à la puissance du soleil d'été. Il passe pour le dernier roi d'Egypte issu de race divine. Il possédait l’art de guérir et celui de prophétiser. On a remarqué la plus grande ressemblance entre Horus et Harpocrate, d’où l’on a conclu que ces deux divinités n’en faisaient qu’une, et que les Grecs les avaient distinguées mal à propos. On représente Isis, mère d'Horus, ayant sur ses genoux un enfant nouvellement né : elle lui présente la mamelle en suuriant. Les Égyptiens adorateurs de cette déesse, célébraient le 25 du mois /ybi (décembre) la fête du solstice d'hiver, ou les couches d’Isis et la naissance d’Horus. C’est alors que les prêtres tiraient de leur sanctuaire la représentation de ce mystère. Cette fête est indiquée ce jour-là dans les anciens calendriers sous le nom de natalis solis invicti. C** Alexandre Lenorr.

HORUS ( Astronomie). Voyez Cocner.

HORVATH (Micues), historien Hongrois, né en 1809, à Szentes, comitat de Csongrad , fut élevé au séminaire de de Waitzen, et entra dans les ordres. Il était attaché à la paroisse de Grosskäta, lorsque des difficultés que lui suscitèrent ses supérieurs ecclésiastiques en raison de la tendance trop libérale de son enseignement religieux, le déterminèrent à renoncer à la carrière de la prédication, malgré le succès qu’il y obtenaït, et à accepter en 1841, à Vienne, une place de précepteur dans la maison du comte Erdædy, Mais il ne tarda pas à la perdre, et obtint alors la chaire de langue hongroise au collége de Vienne appelé Theresianum. Trois ans plus tard il fut appelé aux fonctions de prévôt de l’église de Hatvan. Dans ce bourg voisin de Pesth, il eut avec les libéraux hongrois de nombreuses relations, par suite desquelles il fut nommé, en 1848, évêque de Csanad et membre de la chambre haute. L'activité qu’il y déplayalerenditextrémement populaire; aussi, après la déclaration d'indépendance, lui confia-t-on le portefeuille de l’instruction publique et des cultes (14 avril 1849). Quand la révolution fut étouffée, il réussit à se réfugier à Paris, d’où il se rendit à Zurich avec la veuve du comte Louis Batthyanyi comme instituteur de ses enfants. En 1851, une dés commissions militaires établies en Hongrie par l’Autriche le condamna par contumace à être pendu. De Suisse il alla résider en Italie et habita successivement Gênes, Florence, Livourne et Nice. En 1866, l’amnistie lui rouvrit les portes de son pays : élu député de Szege-

, din, il se fit remarquer dans l'assemblée par la fermeté L’horticulure a aussi son importance commerciale, Sans |

avec laquelle il soutint les droits historiques de la Hongrie.

Son début dans la littérature fut un Mémoire sur la civilisation des Mag'ares , au moment où ils vinrent s’établir en Hongrie. En 1838, il remporta le grand prix proposé pour une Histoire du commerce et de l’industrie de la Hongrie sous la dynastie d'Arpad. L'ouvrage le plus important qu’on ait de lui est son Æis/oire des Hongrois (4 vol., 1842-1846). IL a aussi publié : Monumenta Hungariæ historica (Peslh , 1857 et suiv., 4 vol.), Vingt-cinqg ans de l'histoire de Hongrie (Genève , 1863, 2 vol.), et Histoire de la guerre de 1848 (ibid., 1865, 3 vol.).

HOSANNA , en hébreu, Sauvez, je vous prie! formule de bénédiction ou de bon souhait. On appelait aussi Losanna, chez les Juifs, les prières qu’on récitait le septième jour de la fête des Tabernacles, et Hosannarabba, ou grand Hosanna, cette fête elle-même, parce qu’on y répétait souvent ce mot pour demander à Dieu le salut du peuple, le pardon de ses péchés et la bénédiction du ciel pour l'année commencée. Comme pendant cette fête on agitait des branches de feuillage en chantant Hosanna, on leur donna également ce nom, qu’on répéta avec enthousiasme autour du Sauveur le jour de son entrée à Jérusalem. Grotius prétend que les Juifs ne célébraient pas seulement dans cette fête la mémoire de leur sortie d'Égypte, mais aussi

l'attente du Messie, et que leurs cris vers le Sauveur étaient un témoignage public qu'ils lui rendaient en le reconnaissant pour le Messie promis. L'abbé J, Dupuess.

HOSPICE. Voyez HopirTaL.

HOSPITAL (L’). Voyez L'Hosrrras.

HOSPITALIERS, nom donné aux religieux spécialement institués pour exercer l'hospitalité, desservir les hôpitaux. La première confrérie d’Aospitaliers, nommés frères de l'hôpital, date du neuvième siècle seulement. Elle fut instituée par un habitant de Sienne, nommé Soror, qui ouvrit sa petite maison aux pèlerins. Sa maison s'agrandit, et finit par devenir le vaste hôpital della Scala. Quelques personnes se joignirent à Soror; il donna à ses compagnons une règle, qui fut approuvée plus tard par l'évêque diocésain et par le pape. La réputation de la maison de Sienne se répandit. Florence, Rieti, Todi demandèrent à Soror des frères et des sœurs pour desservir les établissements que ces villes fondaient, Les congrégations d’hospitaliers ne tardèrent pas à se répandre partout. L'ordre des chevaliers de Saint-Jean, devenu plus tard ordre de Malte, el l’ordre Teutonique étaient aussi des ordres hospitaliers. En 1120 fut fondé, par Alard ou Adalard, comte de Flandre, dans le diocèse de Rodez, l'hôpital d’Aubrac, sur une montagne escarpée, au milieu d’une contrée déserte, destiné à recevoir les voyageurs. Un autre ordre d’hospitaliers, non moins célèbre, fut celai des Pontifices ou frères Pontifes. A la fin du douzième siècle, Gui de Montpellier fonda en France un hôpital qui servit bientôt de modèle à plusieurs autres. La congrégation dont il était le supérieur fut autorisée par Innocent JIT, en 1198 ; elle ne se composait que de laïcs, mais remplit si religieusement ses devoirs, qu’en 1204 le pape appela Gui à Rome pour lui confier la direction de l’hôpital di Santo-Spirito in Sassia. Les hospitaliers étaient nombreux en Angleterre. Ceux de Saint- Jean-Baptiste, à Coventry, appartenaient à l’ordre de Saint- Benoît; d’autres suivaient la règle de Saint-Augustin. L'Espagne eut aussi de bonne heure de magnifiques hôpifaux servis par des chanoïnes réguliers. Vers la fin du treizième siècle, Gui de Joinville fonda en France l’ordre des hospitaliers de la Charité. Jeaa de Dieu fut le fondadeur de l'hôpital de Grenade. Il ne donna pas de règle à son ordre ; tout ce qu’il en exigea, ce fut qu’il se consacrât au soin des malades. En 1572, le pape Pie V le soumit à la règle de Saint-Augustin; et Sixte-Quint lui donna le titre de Congrégation de Saint-Jean de Dieu. L'Espagnol Berpardin d’Obrégon fut encore au dix-septième siècle le fondateur d’une importante congrégation d’hospitaliers soumise au tiers ordre de Saint-François. Les hospitaliers nommés Bons Frères ou Bons Fils, institués à Armentières en 1615 par cinq ouvriers, appartenaient au même ordre.

Une des plus anciennes congrégations de femmes hospita- \ières est celle de Saint-Augustin, attachée d’abord à l’hôtel- Dieu de Paris. La mère Geneviève Bouquet les soumit au régime claustral. L'ordre de Saint-Jean avait des sœurs hospitalières. Celles de l'hôpital Saint-Gervais s’appelaient Filles- Dieu. Les Haudriettes étaient aussi des sœurs hospitalières, Citons en outre les religieuses de Sain{-Thomas de Villeneuve, les sœurs de Sainte-Marthe , les sœurs hospitalières de la Charité ou Filles de Saint-François , les sœurs Grises, Filles dela Charité, ou religieuses de Saint-Vincent de Paul, lessœurs de Saint-Joseph, la Congrégation du Saint- Esprit, etc., ete., qu’on retrouve encore actueliement dans nos hôpitaux.

HOSPITALITÉ (en latin hospilalilas, d'hospes, hôte), vertu très en honneur chez les anciens, et que pratiquent encore les peuples parmi lesquels la civilisation n'a pas rendu les communications assez fréquentes pour que l’Aospitalilé, telle qu'on l'exerçait dans lantiquité, soit devenue impossible, Les mœurs bibliques et homériques présentent les mêmes faits : le voyageur est non-seulement accueilli, mais on le recherche; il est introduit dans Ja famille, dont tous les membres s'empressent à le servir ;

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