HOSANNA — HOSPODAR
on lave ses pieds, on prépare ce que l’on a de meilleur pour son repas; l’enfant de la maison lui cède sa couche, et il , part chargé de bénédictions. Abraham et Sara, dans les | champs chaldéens, exercent l’hospitalité à l'égard de trois célestes voyageurs. On la retrouve au milieu de l'antiquité païenne, dans la fable de Philémon et Baucis. Les nations ne donnaient pas de moindres preuves d’hospitalité que les individus : quand les Athéniens abandonnèrent leur ville à l’armée de Xerxès, leurs vieillards, Icurs femmes , leurs enfants, se retirèrent à Trézène, Après avoir pourvu au besoin de tous, les habitants de cette ville nommèrent des maîtres d'école chargés d’instruire les jeunes Athéniens, et on leur permit de prendre dans les jardins tous les fruits qu’ils désireraient. L’hospitalité s'exerce encore parmi les Arabes et les peuples de l'Orient , ainsi que chez les planteurs de l’Amérique ; on la rencontre aussi dans certaines contrées du nord de l’Europe : avant d’aller aux champs, le paysan dalécarlien pose sur une table, au milieu de sa cabane (dont la porte n’est fermée extérieurement que par une corde nouée), un pain et un vase de lait, afin que le voyageur se rafraîchisse en passant. L’hospitalité prend un caractère différent dans les pays où le commerce, l’industrie, l’étude des sciences et des arts agitent la population, et la déplacent sans relâche ; chez les particuliers, elle ne consiste guère qu’en démonstrations bienveillantes; de la part des gouvernements, elle résulte surtout des intérêts politiques. Un des peuples modernes qui a exercé l’hospitalité avec le plus de magnificence a été le peuple polonais, lors de l’émigration française, qui commença en 1790. Les révolutions qui depuis plus de soixante ans ont troublé l’Europe et amené tant de proscriptivns feront renaître les vertus hospitalières que l'esprit religieux seul avait conservées. Dans presque tous les couvents on recevait les voyageurs et on leur donnait des secours pour continuer leur route : cela se fait encore en Italie et en Espagne. Aujourd’hui que des opinions différentes, prévalant successivement dans divers états, y condamnent à lexil tant de citoyens , tous les peuples européens pourront à leur tour exercer l’hospitalité les uns envers les autres; et celui qui dans la pratique de cette vertu déploiera le plus de générosité et de persévérance sera sans nul doute la première nation du monde. C“° DE Brani.
HOSPODAR , titre des souverains de la Moldavie et de la Valachie alors qu’ils étaient placés sous la suzeraineté immédiate de la Turquie, Æuspudar, en langue slave, veut dire maitre de la maison, maître d’une terre, celui qui régit tout , qui est à la tête de tout. En polonais, on le nomme gospodarz. Telle est la véritable signification de ce mot ; mais la dérivation du nom Aospodar donné à un souverain est complexe, et se compose de deux mots : Aospod et dar. Hospod, en idiome slave, signifie Dieu, Le Seigneur, le Tout-Puissant ; dar veut dire don. Les Valaques devinrent au quatorzième siècle tributaires de la Pologne. En 1443, Ladislas III, roi de Pologne par le choix de la nation, et sacré par le primat du pape, donna de sa main, comme don de Dieu, Élie, fils d'Alexandre, pour souverain à la Valachie, et lui déféra le titre de kospodar, c’est-à-dire maitre donné par Dieu et par l'entremise du roi de Pologne, considéré comme un de ses lieutenants sur la terre,
Telle est l’origine que les Valaques assignent à ce titre dans leurs chroniques. Les Polonais soutiennent que les rois de Pologne, regardant la Valachie et la Moldavie comme leurs fiefs, nommaient des vice-rois pour gouverner en leur nom ces provinces. La signification stricte du mot Aospodar vient à l'appui de cette assertion. De nos jours encore le peuple slave, en parlant de l'empereur de Saint-Pétersbourg, le désigne sous le nom de Aospodar de toute la Russie. Sanir-Pacna (Michel CZAYKOwWSkI ).
En Moldavie et en Valachie, le peuple désigne ses princes, dans sa langue maternelle romane, sous le nom de domnu, qui répond au latin dominus, dont le mot Aospodar n’est que la traduction slave.
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