‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 108 sur 522 · HOTEL DE VILLE · texte numérisé non relu

HOTEL DE VILLE

encore imparfaits les abords du monument qu’enserrait de toutes parts le dédale des pelites rues environnantes. Tombé tout de suite au pouvoir de l'insurrection en février 1848, peu s’en fallut qu’autant lui en arrivât encore en mai et juin suivant. Aussi en 1849, en même temps que l’on décidait la continuation de la rue de Rivoli, entre le Louvre et l'hôtel de ville, on ordonnait l'isolement du monument et la construction de la caserne Napoléon pour le protéger. La rue Lobau, la rue du Mouton et la rue de la Tixeranderie furent alors supprimées. Enfin, un récent décret du 28 sep tembre 1854 vient de complèter le dégagement du coté de Péglise Saint-Gervais et de relier par un large boulevard l'entrée du palais municipal à la place du Châtelet, achevant ainsi la création d’un magnifique quartier sur l'emplacement de la plus hideuse partie du vieux Paris.

Quant à l’agrandissement même de l’hôtel de ville, tout l'honneur en revient au gouvernement de Juillet,

L'ancien corps principal et ses deux pavillons du style de la renaissance ont été conservés à peu près intacts; mais on a doublé Ja longueur de l'édifice en y ajoutant deux autres corps de bâtiment et deux autres pavillons d’un style plus moderne, qui forment transition avec l'architecture lourde et sans caractère des trois autres côtés. On reproche encore aux continuateurs du Cortone de n’avoir pas su donner à leur œuvre cette solidité qu’on remarque dans celle de l'architecte Florentin. Quatre-vingt-quatorze niches à frontons ont été réservées dans les entre-colonnements pour recevoir les statues des hommes célèbres qui ont illustré la ville de Paris. On y voit déjà Étienne Boyleaux, Hugues Aubriot, Juvenal des Ursins, Guillaume Budé, François Miron, La Vacquerie, de Harlay, Matthieu Molé, Colbert, Voyer d’Argenson, La Reynie, Turgot, Bailly, Frochot; Gozlin, Saint-Landry, Maurice de Sully; Saint-Vincent de Paul, l'abbé de L’Épée, Montycn; Philibert Delorme, Pierre Lescot, Jean Goujon, Le Sueur, Le Brun, Mansard, Perronet, Gros; Molière, Boileau Despréaux, Voltaire, D’Alembert, Buffon, Rollin, Condorcet; Ambroise Paré, Papin, Robert Étienne, Lavoisier, Monge; Catinat, Lafayette, etc.

La porte principale de l’hôtel de ville, qui en 1835 encore, avant que le sol de la place n’eût été exhaussé, se trouvait au haut d’un perron, est surmontée d’un grand bas-relief en bronze représentant Henri IV à cheval. Cet onvrage est de M. Lemaire, et reproduit exactement celui qui fut détruit pendant la révolution et que Pierre Biard avait fait sur le modèle de la statue de Marc-Aurèle au Capitole, Du reste, l'entrée du palais municipal est loin de répondre à ses vastes proportions ; en effet, par la malencontreuse disposition du terrain, qui se relève brusquement en montagne, disposition que l'architecte du seizième siècle a recherchée évidemment, mais qui ne convient plus à nos idées modernes, il faut gravir un escalier de dix-neuf marches pour arriver à la principale cour, qui se trouve ainsi plus élevée d’un étage que la place et les deux cours modernes de droite et de gauche. Toutes trois ont d’ailleurs la forme d’un trapèze, celle du centre en sens inverse des autres; cela a été fait ainsi pour donner aux façades nouvelles de l’hôtel de ville agrandi le parallélisme qui manquait au vieil édifice.

Du reste, la cour d'honneur est Ja seule remarquable : elle est bordée d’arcades avec des colonnes engagées d'ordre ionique; on y voit une statue de bronze et en pied de Louis XIV par Coysevox. Les deux bas-reliefs du piée destal, très-médiocres d’ailleurs, représentent l’Ange de la Royauté donnant du pain au peuple pendant la grande famine de 1662, et La Religion et la France foudroyant l'Hérésie, c'est-à-dire la révocation de l'édit de Nantes, Cette belle statue, érigée en 1690, fut enlevée et demeura cachée pendant tout le temps de la révolution; elle ne reparut que sous l'empire. Elle avait remplacé une première statue du même monarque, par Jacques Sarrazin; lartiste avait figuré le roi, vêtu à la romaine, foulant sous ses pieds la Fronde, et la montrant vaincue de sa main droite qui . tenait un bâton de commandement. Un jour de réjouissance

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