HOTEL DE VILLE
publique, que Louis XIV vint dîner à l’hôtel de ville, il dit en entrant dans la cour : « Otez cette figure, elle n’est plus de saison. » Aussitôt, et dans la même nuit, le prévôt des marchands, de Fourey, fit retirer la statue.
L'hôte! de ville, avant d’être brûlé en 1871, se divisait en trois parties principales : Le corps de bâtiment du nord, qui donnait sur la rue de Rivoli, était entièrement aflecté aux bureaux de la préfecture de la Seine. L'étage inférieur du pavillon du midi formait les appartements particuliers da préfet, à qui étaient réservés aussi la cour du midi et le jardin demi-cireulaire qui avançait sur le quai de la Grève. Les salons de réception embrassaient l'étage principal, à peu près sur toute la longueur des trois autres côtés. Nous citerons, entre autres, la salle du Trône, ornée à ses deux extrémités de deux cheminées mouumen- {ales. Sous la révolution , elles avaient été masquées par des tribunes où le peuple venait assister aux séances de la commune de Paris. Les quatre grands panneaux faisan{ face aux fenêtres étaient occupés par quatre peintures ce MM. Gosse et Séchan, représentant la Ville de Paris personnifiée sous les traits d’une femme. aux Ve, XII6, XVIi* et XIXe siècles. C'est dans la salle du Trône que se donnaient les banquets officiels. La galerie de marbre était décorée de huit paysages d’Hubert Robert, provenant de l’ancien hôtel Beaumarchais. Le salox aux arcad’s étail peint par Picot, Aug. Hesse, Schopin et Vauchelet; le plafond principal avait pour sujet la Ville de Paris entourée des hommes célèbres nés à Paris; le gouvernement provisoire s’y installa en février 1848. La salle à manger était revêtue en stuc et décorée de sujets de chass : ei de pêch: par Jadio. Le salon de l’Empercur, tendu 1e satin vert semé d’abeilles, contenait un portrait de Napoléon I°' jar Gérard, et un plafond peint par Ingres représentant l’Apothéose de Napoléon I. La galerie des fêles était une des plus vastes salles de bal qu’il y eût au monde; elle était éclairée sur la place Lobau par 13 baies en arcades,
et ornée de 32 colonnes dégagée: d'ordre corinthien, servant de point d'appui aux retombées de la voûte qui porfait le plafond. M. Lehmann en avait décoré les voussures et les pendentifs de 56 sujets, formant une véritable épopée de l’histoire de la civilisation depuis les premiers elforts de l’homme pour vaincre les éléments jusqu’à son merveilleux développement actuel, La salle des cariatides était d’une singulière originalité de construction; les voûtes en pendentifs portaient une tribune carrée décorée de cariatides. Le salon de la paix renfermait un plafond et huit caissons d'Eugène Delacroix. Enfin la bibliothèque était logée à l'étage le plus élevé du bâtiment, du côté de la place Lebau; elle devait son origine à un legs de M. Moriaux, procureur du roi en 1759, et comptait plus de 60,000 volumes.
L’hôlel de ville de Paris fut incendié, le 24 mai 1871, par les agents de la Commune expirante; il n’en resta plus que des murs en ruines. Une délibération du Conseil municipal, en date du 25 mai 1872, décida que le m inument serait reconstruit, en utilisant dans la plus large nesure possible les murs existant, eten conservant dans l’axe de Vavenue Victoria la façade principale, qui reproduirait exactement l’ancienne façade du Boccador. Le programme du concours ouvert pour cette reconstruction portait que les bâtiments devaient coxprendre : les appartements de réception et le logement particulier du préfet; les salles du conseil municipal et du conseil général, du conseil de préfecture, des réunions publiques ; les cabinets et les bureaux du préfet, du secrétaire général, des quatre directeurs; les caisses municipales, avec une vaste cour couverte pour le public; une bibliothèque pouvant contenir dix mille volumes, un bureau de poste, de télégraphie, - deux corps de garde, trois loges de concierge, des écuries, etc, C’est le 13 janvier 1873 que fut clos le concours, et le 15 mars suivant que le jury prononça entre les projets; | celui de MM. Ballu e! Deperthes obt nt le premier rang:
DICT. DE LA CONVERS. — T, XI