HOTEL-DIEU
en conséquence, ces architectes furent chargés de la reconstruction de l'hôtel de ville,
HOTEL-DIEU, le plus ancien et le plus célèbre l:6pital de Paris. 11 se compose d’une réunion de bâtiments irrégulièrement disposés, construits en différents temps, les uns silués dans la Cité, depuis le Petit-Pont jusqu'au Pontau-Double, les autres plus modernes, mais presque aussi disgracieux , sur la rive gauche, en partie sur le quai Saint- Michel, en partie sur les terrains de Saint-Julien le Pauvre. Ce n’est que sur la place du parvis Notre-Dame qu'on a cherché à donner à cet amas de constructions quelque régularité. En 1804 l'architecte Clavareau construisit un pavillon de vingt-cinq mètres de développement, couronné d’une frise dorique et d’un fronton, qui forme lentrée principale de l'hôpital. À chacun de ces côtés on a ménagé deux cours fermées de grilles. Une passerelle couverte, qui a remplacé le pont Saint-Charles, récemment démoli, relie le corps principal de bâtiment à ceux de la rive gauche et ceux-ci communiquent entre eux au moyen d’une autre passerelle qui enjambe la rue de la Bucherie. L'ancienne église de Saint-Julien-le-Pauvre sert de chapelle à l'Hôtel-Dieu.
Le nombre des lits de l’'Hôtel-Dieu est de 736. On y reçoit les malades et les blessés, à l'exception des enfants, des incurables, des fous et des individus attaqués de maladies vénériennes ou chroniques. Il est desservi par les dames religieuses de Saint-Augustin. Dix médecins et #inq chirurgiens sont attachés à son service.
On a attribué la fondation de l’Hôtel-Dieu à saint Landri, évêque de Paris au septième siècle; mais cette assertion n’est appuyée sur aucun monument historique, bien que cet établissement charitable remonte peut-être à ces temps réculés. On sait en effet qu’alors il existait auprès de
| toutes les maisons épiscopales un lieu destiné à la nour-
riture des pauvres inscrits sur la matricule de l’église ; voilà l’origine de l’Hôtel-Dieu de Paris. Au commencement du neuvième siècle, on construisit pour l’usage des pauvres matriculaires une chapelle dédiée à saint Christophe, qui donna son nom à l'hôpital. En 1168 le chapitre de Notre-Dame rendit un statut portant que tout chanoine en mourant ou en quittant sa prébende serait tenu de donner un lit à l'hôpital.
A cette époque, cette maison n’était pas seulement destinée aux pauvres malades, mais aussi à ceux qui étaient en bonne santé comme dans les temps primitifs du christianisme; on l’appelait alors l’aumônerie de Sainte-Marie de Paris. Philippe-Auguste, en 1208, gratifia la Maison de Dieu de Paris de toute la paille qui avait servi à son palais (omne stramen de camera et domo nostra). Saint Louis lui accorda le droit de prise sur les denrées vendues aux halles et marchés ; il l'exempta de toute contribution, des droits d'entrée et de tout péage par terre et par eau; il en augmenta les bâtiments, les élendit jusqu’au Petit-Pont, et lui assigna des rentes considérables. Les successeurs de ce prince imitèrent quelquefois son exemple, et il serait trop long de rapporter tous les bienfaits que cet hôpital reçut à diverses époques de la part des rois et surtout des particuliers.
Le chapitre de: Notre-Dame avait depuis les temps anciens l'administration de l’'Hôtel-Dieu. Il nommait deux chanoines proviseurs de cet hôpital ; des frères et des sœurs le desservaient. La rigueur des règlements n’empêcha pas cependant l'introduction de tous les abus et de tous les désordres. Ils furenttels que le parlement en 1505 se vit obligé de renvoyer les sœurs, qu’on appelait alorsles sœurs noires, de les remplacer par des sœurs grises, et de nommer huit bourgeois de Paris pour administrer cet hôpital. Cette organisation se maintint jusqu’à la révolution.
C'était alors l'établissement de charité le plus riche de l'Europe, et peut-êtrele plus mal tenu. Tous les amis de Phumanité demandaient avec instance sa translation sur un emplacement plus convenable ou sa division en plusieurs maisons. Chamousset, Duhamel, Petit avaient fait à ce sujet de vives représentations, qui demeurèrent inutiles,
Enfin, en 1786, Bailly fit paraître son fameux mémoire, auquel répondirent les administrateurs de l’Hôtel-Dieu. Louis XVI, ému de ces révélations, demanda un rapport à l’Académie des Sciences. Ce rapport fut publié, et bientôt chaque pauvre malade put coucher seul dans un lit, tandis qu'auparavant on en mettait jusqu’à huit dans une couchette à deux étages. La construction de quatre hôpitaux, qu? proposait le rapport pour remplacer l’hôtel-Dieu, fort amoicdri du reste par l'incendie qui, le 30 septembre 1772, en dévora une grande partie, fut ordonnée par le roi, qui invita les bons citoyens à concourir avec lui à celte œuvre de bienfaisance. En peu de temps le total des souscriptions s’éleva à 2,226,807 livres; mais celtesomme considérable fut détournée de sa destination.
Aujourd’hui cet hôpital ne présente plus de traces de son ancien et affligeant état. Dans ces derniers temps, en raison même de sa situation au centre de la ville, on agita le projet de le démolir pour dégager les abords de Notre- Dame. Plusieurs plans furent présentés, et celui qui le transportait sur les terrains du quai Napoléon, au nord de la Cité, fut adopté. Les travaux commencèrent en 1863. L'Académie de médecine, la Société de chirurgie, la presse médicaleet scientifique protestèrent contre ce plan ; on lui reprochait d’être exéculé au centre de l’agglomération parisienne, et de présenter le grave défaut de la disposilion de pavillons parallèles et en cul-de-sac, laquelle est un obstacle à l’aération du bâtiment. Rien ne put triompher de l’obstination de M. Haussmann. La révolution du 4 septembre 1870 empêcha lPachèvement du nouvel hôtel-Dieu, qui avait coûté iusque-là 40 millions, dont 22 en constructions et 18 en expropriations. Après bien des discussions, le conseil municipal se décida, en 1873, à en continuer les travaux, mais en y apportant des modifications.
HOTEL GARNI. On désigne sous ce nom une maison meublée, teuue par une personne patentée, qu' loue chaque chambre, chaque appartement séparément, au mois et au jour : Les hôtels garnis sont sous la surveillance immédiate de la police, C’est surtout dans les grandes villes que la surveillance est le plus active à cet égard. La policeexige une déclaration préalable de la part des personnes qui se proposent de tenir des chambres etdes appar-
temeuts,garnis. Les maîtres d'hôtels garuis portent à la
police le passeport des locataires qui logent chez eux, et cela dansles vingt-quatre heures, sous peine d'amende ; à défaut de déclaration faite par ie maître d'hôtel, le portier doit faire la sienne. Les maîtres d'hôtels garnis doivent tenir un registre, qu’ils font viser à la police à certaines époques. A Paris, il y a des inspecteurs de police qui ont mission d’aller visiter les hôtels garnis, attendu qu’il serait trop embarrassant pour les bureaux de police d’avoir une multitude de livrets à examiner journellement.
À Paris, il y a des maisons meublées qui ne sont pas des hôtels garnis et qui ne sont pas soumises aux rigueurs de la police comme les hôtels. Dans une maison qui n’est pas totalement meublée, la police exige que l’on fixe à la porte d’entrée un petit écriteau jaune, sur lequel sont écrits les mots appartements meublés où chambres garnies. Les personnes qui tiennent ces appartements ou ces chambres doivent également avoir un livret de police.
L'hôtel garni rernplace l'auberge, où on logeait à pied et à cheval, et l'hôtellerie, qui avait plus de prétentions, mais où on logeait encore à la nuit. Il n’y a guère d'hôtels, du résie, que dans les grandes villes, où les voyageurs font un séjour un peu prolongé. L'auberge et l'hôtellerie n’existent plus guère que dans les villes de passage, et encore les chemins de fer ne tarderont pas à les faire disparaître. A Paris les hôtels ont des aspects différents, suivant les quartiers : près des Tuileries vont les riches Anglais etautres étrangers; près de la Bourse et des boulevards, les personnes que les affaires appellent à Paris; les petits commerçants de pro