‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 112 sur 522 · HOTTENTOTS — HOUDETOT · texte numérisé non relu

HOTTENTOTS — HOUDETOT

lle ne compte pas moins de {7 villages avec {7 écoles fréquentées par 1,200 élèves et dirigées par des missionnaires hernhutes. Un corps de chasseurs à cheval, qui y tient garnison, et qu’on appelle les Cape-Mountain-Rifles, ne se compose que de Bastards et de Hottentots.

HOUBLON, genre de la diœcie pentandrie de Linné, de la famille des urticées de Jussieu. Ce genre ne renferme qu’une seule espèce, le Aoublon grimpant (humulus lupulus, L.). Le houblon est une plante vivace, à tige herbacée ou sousligneuse, anguleuse , rude au toucher, et volubile de gauche à droite autour des branches qui lui prêtent appui; ses feuilles, opposées et palmées, rappellent un peu la forme de la feuille de vigne, et sont accompagnées de larges stipules membraneuses et quelquefois bifides au sommet : ses fleurs, toutes mâles sur quelques tiges, toutes femelles sur les autres, sont disposées en grappes paniculées et groupées au sommet des rameaux chez les individus mâles, chez les individus femelles aux aisselles des feuilles supérieures : la fleur mâle est formée d’un calice profondément divisé en cinq lobes, et de cinq étamines, dont les courts filaments supportent des anthères oblongues ; la fleur femelle naît dans un cône ovoïde, formé d’écailles membraneuses, ovales, imbriquées, et contenant un ovaire chargé de deux styles subulés, à stigmates filiformes. Le fruit qui résulte de la fécondation de l'ovaire est un petit akène arrondi, lenticulaire, <t enveloppé dans l’écaille calicinale. On distingue quatre variétés de houblon, qui croissent à l’état sauvage dans les haies et sur la lisière des bois de l’Europe septentrionale : de ces quatre variétés, deux seulement sont cultivées en

grand dans les plaines dela France, de l'Allemagne, de l’An- | gleterre, etc. Du reste, la culture du houblon exige de nom- breux soins. En thérapeutique, la fleur du houblon est re- | gardée comme tonique, sudorifique, antiscorbutique ; on | l'emploie surtout dans les affections scrofuleuses et dans les maladies cutanées ; elle possède également des propriétés narcotiques, et les anciens thérapeutistes prescrivent souvent l'emploi d’un sommier de fleurs de houblon, comme un moyen simple et facile de procurer du sommeil aux enfants ; mais la principale utilité que l’homme retire du houblon | lüi vient de ses fruits, qui jouent un rôle important dans la | fabrication de la bière, à laquelle ils donnent sa saveur | franchement amère et son odeur caractéristique. | BELFIELD-LEFÈVRE.

| HOUBRACKEN (ArNoLo), peintre flamand plein de | talent, né à Dordrecht, en 1660, mort à Amsterdam, en 1719, | s’adonna surtout à la peinture du portrait. On a cependant aussi de lui quelques gravures sur cuivre. Il est connu sur- } tout par un excellent ouvrage intitulé : Groote Schouburgh der nederlandsche Konstschilders en Schildressen, etc. (Amsterdam, 1718).

) Son fils, Jacques HouBrackex, peintre et graveur dis- |tingué, né à Dordrecht, en 1698, mort à Amsterdam en 1790 , prit pour modèles Edelingk et Drevet, et grava plus | de 600 portraits, qui presque tous ont une haute valeur, en raison de la remarquable facilité avec laquelle ils sont exé- -cutés, et aussi de la force et de l’énergie de coloris qu’on y remarque.

| HOUCHARD (JEan-Nicoras), né en 1740, à Forbach (Moselle), quitta à quinze ans la maison paternelle pour s'engager dans le régiment royal-allemand cavalerie. D’abord simple soldat dans ce corps, devenu plus tard capitaine dans celui de Bourbon-dragons, il fit en Allemagne la plus grande partie de la guerre de sept ans, et prit ensuite part à la conquête de la Corse. Il était parvenu au grade de lieutenant-colonel et avait obtenu la croix de Saint-Louis, jau moment où éclata la révolution, dont il embrassa les |principes avec ardeur, à la différence de la grande mayJorité des officiers d'alors, qui passèrent à l'étranger, s'imaginant que leur absence laisserait la France sans armée. Il fut nommé en 1792 colonel d’un régiment de chasseurs à cheval 1qui faisait partie de l’armée de Custine, et il se distingua, jau mois de septembre, par son intrépidité devant Spire. Son

régiment s’illustra dans cette campagne en maintes rencontres avec les vieilles bandes de Frédéric, regardées comme les meilleures troupes de l’époque, En mai 1793, il fut nominé général en chef de l’armée du Rhin en remplacement de Custine, et passa peu de temps après à celle dela Moselle, qu'il ne quitta que pour remplacer le même général dans le commandement en chef de l’armée du nord. Custine avait été destitué ; on l’accusait d’avoir causé la perte de l’armée de Mayence; et Houchard fut l’un de ses principaux accusateurs. De brillants faits d'armes signalèrent la reprise de l'offensive dans les Flandres contre les coalisés, qui furent battus devant Dunkerque, dans les célèbres journées des 6 et 7 septembre 1793. Le siége de Dunkerque fut levé, et le lendemain, 8 septembre, les Anglais furent défaits à Hondschoote; cernée de toutes parts, leur armée entière tomba au pouvoir des républicains. Furnes, Menin et d’autres places importantes leur furent enlevées ; cependant, on reprocha au général en chef de n’avoir pas su tirer tout Le parti possible de ses succès. Il eût pu, disait-on , faire prisonnière toute l’armée ennemie.

Par suite des accusations auxquelles il se vit en butte, il fut arrêté à Lille le 24 septembre, conduit à Paris et traduit devant le tribunal révolutionnaire. Il était alors âgé de cinquante-trois ans. L’acte d'accusation rappelait l'accusation qu’il avait lui-même portée contre Custine ; elle lui reprochaït d’avoir négligé de secourir Mayence, d’avoir, au moment où il pouvait s'emparer de Sancroi et de Kaiïse, ordonné la retraite, malgré les ordres des représentants, d’avoir refusé d’exécuter le plan d’attaque de Menin , d’avoir changé celui qui avait été envoyé par le comité de salut public lors du siége de Dunkerque, d’avoir fait perdre le fruit de la victoire de Hondschoote, où il pouvait faire prisonnier le duc d’York et toute l’armée anglaise, etc. Il se défendit lui-même devant le tribunalrévolutionnaire. « J’ai pu, dit-il, en terminant l'exposé de sa conduite faire des fautes : quel est le général qui n’en fait pas? Mais je n’ai jamais été un traitre : les jurés me jugeront dans leur âme et conscience; quant à moi, je puis dire que la mienne est pure et tranquille. » 11 fut condamné à mort, le 26 brumaire an 11 (27 novembre 1793). 11 montra sur l’échafaud le même courage que sur le champ de bataille. DcrEy (de l'Yonne).

HOUDETOT (Famille d). Cette famille de bons gentilshommes français , assez ancienne pour que, moyennant un peu de complaisance, on en découvre au moins un membre dans l'annuaire militaire du temps des croisades, doit son nom à une ancienne seigneurie de Normandie, érigée en marquisat en 1724. Elle ne compte plus aujourd’hui que deux représentants mâles : 1° le comte Frédéric-Christian »'HoupeTor, ex-pair de France de la création de 1819, dont toute la biographie se résume dans ce mot; 2° le comte Frank »’Houpetor, général de division, ancien aide de camp de l’ex-roi Louis-Philippe, que la Restauration avait trouvé lieutenant-colonel. C'était un des serviteurs les plus dévoués de son royal maître, auprès duquel il continua son service d’aide de camp dans l'exil avec plus de zèle qu'il n’en mettait, dit-on, lorsque Louis-Philippe était aux Tuileries. Député sous le dernier règne, M. d’Houdetot faisait partie de cette majorité trop aveugle ou trop docile qui a précipité la chute du trône.

Un mot maintenant de M"° d'Houdetot, la grand’mère de nos deux honorables contemporains , si célèbre au dernier siècle par sa liaison avec Saint-Lambert, et l’objet de l’ardent amour de Jean-Jacques.

Élisabeth-Françoise-Sophie de La Live de Bellegarde, comtesse »’Houperor, née vers 1730, était fille d’un fermier général et belle-sœur de M°° de La Live d’Épinay. On la maria très-jeune, et malgré elle, en 1748, au comte d’Houdetot, bon militaire, mais joueur, chicaneur , très-peu aimable, et qu’elle n’aima jamais. Trouvant dans Saint-Lambert tous les mérites de son mari, avec des qualités plus agréables, de l'esprit, des vertus , des talents, elle s’attacha à lui; et le temps, qui légitime ou sanctionne tant de choses,

tit jusqu’à la fin, regarder comme respectable dans l’opipion du inonde, cet attachement mutuel, dont on vantait déjà la constance à l’époqne où Rousseau écrivait ses Con- Jessions. À vrai dire, toute la vie de M%* d’Houdetot est dans celte liaison , laquelle ne fut troublée que par les soins qu’elle dut prodiguer à Saint-Lambert, qui, tombé dans une sorle d’enfarice, ne cessait de se plaindre de cette amie si dévouée et heureusement mourut avant elle. La folle passion de Rousseau pour cette femme charmante altéra peut-être aussi un peu la douceur d’une union si tenace et si prolongée; mais en résumé il paraît bien que M®* d'Houdetot fut la plus heureuse femme du monde, et la meilleure preuve, c’est qu’elle vécut jusqu’à quatre-vingt-trois ans, et mourut, sans agonie, comme sans remords, le 28 janvier 1813. Il faut, d'ailleurs, renoncer à peindre cette femme, après le portrait qu’en a fait Rousseau. Il y aurait plus d’une chose à reprendre sans doute dans ce portrait, admirable, du reste, de simplicité, de candeur et, jusqu'à un certain point, d’onction; mais il ne faut pas oublier que c’est un amant délicat et malheureux qui l’a tracé, et que cet amant est Rousseau. Ce grand écrivain avait trop de raisons de mépriser certaines lois sociales qu’il appelait des préjugés, pour ne pas se montrer indulgent envers une femme qui se jouait avec elles en les outrageant, et qu'il aimait par-dessus le marché, comme jamais, de son propre aveu, il n'avait aimé. M°° d’Houdetot a laissé quelques Pensées. Charles Nisarp.

HOUDON (JEaAN-ANTOINE), né à Versailles, en 1741. C’est peu d’années après la mort de Nicolas et de Guillaume Coustou, lorsque vivait encore Bouchardon, qu’un nouveau statuaire venait de naître , et il devait paraître avec d'autant plus d'éclat qu’il se forma presque seul et en prenant pour modèle les ouvrages de ces grands artistes. Houdon reçut pourtant quelques conseils de Jean-Baptiste Lemoine et de Jean-Baptiste Pigale. Il n'avait que vingt ans lorsqu'il remporta le grand prix de sculpture à l’Académie. Arrivé en Italie, il y fut bientôt éclairé par le flambeau de l'antiquité que Winckelmann venait de rallumer. 11 eut alors un bonheur bien rare pour un étudiant et pour un étranger, c’est celui de faire pour léglise des Chartreux’ à Rome une statue colossale de saint Bruno, leur fondateur. Rien de plus simple, de plus vrai que cette statue : c’est l’idéal de l'humilité sous la forme et le costume d’un pieux cénobite; sa vue produit la plus vive et la plus durable impression, et, suivant l'expression du pape Clément XIV, cefte statue parlerait si la règle de son ordre ne lui prescrivait le si- Lence. De retour à Paris, notre statuaire fit une grande figure connue sous le nom de l’Écorchéde Houdon, qui est devenu depuis un sujet d’étude dans tous les ateliers.

Franklin, durant son séjour dans la capitale , détermina notre artiste à l’accompagner à Philadelphie pour faire le buste de Washington, et, d’après ce modèle, il fit ensuite à Paris la statue en marbre de cet iliustre général, de ce grand citoyen. Plus tard, Houdon fit pour l’impératrice Catherine II une statue de Diane. Ce n’est pas sans raison qu’on lui a reproché d’avoir représenté la chaste déesse des forêts aussi peu vêtue que pourrait l’être la déesse de Cythère. II fit ensuite la statue de Voltaire , assis et drapé à l'antique : le marbre est maintenant placé dans le vestibule du Théâtre-Français, et le modèle se trouve dans la galerie d'introduction de la Bibliothèque impériale, à qui il a été donné par son auteur, On lui doit aussi la statue de l’amiral Tourville , une charmante figure allégorique, si connne sous le nom de La Friteuse, puis enfin une statue de Cicéron placée au palais du Luxembourg. Houdon fit aussi un grand nombre de bustes remarquables par la ressemblance et par la finesse des détails : nous citérons ceux de Voltaire et de Rousseau, Buffon, D’Alembert, Gerbier, Gluck, Sacchini, Franklin, l'abbé Barthélemy et Mirabeau.

Tant de travaux méritèrent à Houdon plusieurs honneurs : il fut successivement nommé membre de l'Académie, professeur de l'École, et membre de la Légion d'Honneur, 4l

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