HOUILLE
toujours exempte d’odeur sulfureuse. Dans la plupart (les forges de la France, on à substitué le coke au charbon de bois pour le traitement du minerai de fer et sa conversion en fonte. Les houilles maigres, c’est-à-dire peu bitumineuses, sont propres aux travaux des forgerons. Mais quelques-unes ne donnent point du tout de bitume par la distillation; elles ne s’enflamment que très-difficilement, et forment une espèce distincte sous le nom d'anthracile. Quoique l’on puisse encore en tirer parti, ce n’est que par la disette des autres espèces que l’on se décide à user de celle-ci, parce que sa combustion doit être entretenue par des soulflets d’une très-grande force. Aux États-Unis de PAmériqne du Nord, on applique mal à propos le nom d’anthracite à toutes les espèces de charbon de terre, même aux plus combustibles, en sorte que les lecteurs pourraient être induits en erreur et croire que les Anglo-Américains ont trouvé Part de brûler les houilles qui chez nous se prêtent le moins à la combustion.
A poids égal, les houilles grasses, c’est-à-dire très-chargées de bitume, donnent presque le double de chaleur qu’aucune sorte de bois, et doivent être préférées, surtout pour le chauffage des machines à vapeur. On leur reproche avec raison leur fumée subtile, qui noireit tout, et contre Haquelle il est si difficile de maintenir la propreté du linge et des meubles. Le coke n’a pas ces graves inconvénients; mais il chauffe beaucoup moins, et son emploi dans le foyer n’est pas aussi commode. Les bonnes ménagères reprocheront encore à la houille que ses cendres sont inutiles pour les usages domestiques; mais l’agriculture les réclame comme un excellent engrais, et ses demandes méritent bien aussi qu’on ne les refuse point. Fee y.
Les Anglais, qu’une expérience qui a depuis Jongtemps devancé la nôtre en cefte partie a mis à même de mieux
uger les qualités de la houille, ont reconnu toutes les nuances qui en différencient les variétés. Mais, pour se renfermer dans les limites que prescrivent les travaux pour lesquels elles sont employées dans leurs usines, ils se bornent à un classement de tout le charbon minéral en trois sortes principales. Toutes les houilles qui sont principalement com-
posées de bitume appartiennent à la première espèce, quine
produit que peu ou même point de coke. Il n’y a guère de cette sorte de houille exploitée en France. Le jaillet du gisement d’Alais, en Languedoc, s’en rapproche sous certains rapports. La deuxième espèce donne abondamment un bon coke, très-combustible, et qui émet beaucoup de chaleur, La troisième espèce produit en abondance un coke terreux, friable, d’un mauvais emploi. PELouzE père.
M. de Villenfagne, qui a fait un mémoire sur la découverte du charbon de terre dans le pays de Liège, la recule de l’année 1198 à l’année 1049 environ. Des chroniqueurs ont raconté qu’un ange avait montré à un pauvre maréchal usage du charbon , et des écrivains moins crédules se sont imaginé qu’au lieu du mot angelus il fallait lire anglus, attendu que d’après eux l’usage du charbon était déjà connu en Angleterre, Les houillères du Haïnaut n’ont été exploitées que plus tard.
Il semblerait que le charbon de terre n’était pas ignoré des anciens, s’il est vrai que Théopompe parlait de celui qu’on découvriten Thesprotie. Marc-Pol, au treizième siècle, prit le charbon de terre pour une pierre noire et inflammable, et s’émerveilla de voir qu’elle brülait plus longtemps que le charbon. Cette substance parut tont aussi nouvelle dans le quinzième siècle an célèbre Ænéas Sylvius (depuis pape sous le nom de Pie II), pendant son séjour en Écosse. Arnot, en son Histoire d’Édimbourg, cite le passage où il rapporte que les pauvres recevaient, au lieu d’aumône, à la porte des églises, des morceaux de pierre avec lesquels ils s’en allaient bien joyeux, et qui, contenant du soufre ou quelque autre matière inflammable, servaient de bois à brûler dont le pays était dépourvu. Le témoignage de ces deux écrivains fait voir qu’autrefois dans Europe méridionale on ne connaissait pas du tout ce combustible,
Même en 1520, on consulta la Faculté de Médecine de Paris sur l’insalubrité prétendue du feu de charbon de terre. En Belsique, au contraire, et dans la Grande-Bretagne, il était d’un usage journalier, du moins au temps d’Ænéas Sylvius.
En 1245, Henri IN, roi d'Angleterre, fit faire des fouilles pour le charbon de mer (de carbone maris), et fixa le salaire des ouvriers qui y étaient employés. En Écosse, l’abbaye de Dumferline obtint, en 1281, la permission de faire dans la province de Fife des fouilles pour le charbon. Les renseignements authentiques de la ville de Newcastle: concernant le commerce de ce combustible ne remontent pas plus haut, quoiqu'il y ait lieu de croire qu’on en faisait l'extraction bien antérieurement. En effet, l'éditeur des Voyages métallurgiques de Jars, de l’Académie des Sciences de Paris, croit qu’on doit fixer en 1066 la date decetteextraction, puisque Guillaume le Conquérant disposa cette année des mines de charbon de Newcastle, qui même pouvaient bien être connues avant cette époque. DE REIFTENPERC.
C’est surtout pour l’Angleterre que l'exploitation de la houille est une question de premier ordre. « On a dit que Angleterre est une île de houille et de fer. C’est presque vrai à la lettre, écrit M. Chemin-Dupontès. On compte dans le Royaume-Uni, sur une superficie de près de { million 600,000 hectares, environ 3,200 mines de houille, dont l'exploitation donne du travail, sur et sous le sol, à près de 300,000 ouvriers, hommes , femmes et enfants, et emploie un capital qu’on évaluait dès 1849 à 800 millions de francs.
« Vers le commencement de ce siècle, l’Angleterre ne produisait, dit-on ( car sur ce point il n’existe pas de données officielles), que 5 à 6 millions de tonnes de houille, Suivant Mac-Culloch, l’extraction, prodigieusement activée de 1820 à 1830 et depuis, par l'application de la houille au travail du fer et par la création des railways, s'élevait vers 1840 à près de 17 millions de tonnes. Enfin, en 1851, d’après la récente statistique de Poole, la production atteignait en minimum 34 millions de tonnes, et ce chiffre, des personnes bien informées, croyons-nous, le portaient à près de 40 millions , soit 40 milliards de kilogrammes. C’est quatre fois environ ce que produisent la France et la Belgique réunies. Voici, du reste, un aperçu de la production générale des charbons minéraux dans les principaux pays producteurs : Angleterre, 34 millions de tonnes; Belgique, 5 millions de tonnes; France, 4 millions et demi de tonnes; Prusse et Autriche, 4 millions de tonnes; États-Unis 2 millions et demi de tonnes; total : 50 millions de tonnes.
« Sur ce total approximatif et à peu près officiel de 34 millions de tonnes de houilles anglaises, 12 environ sont consommés dans les forges d'Angleterre, 6 dans les autres usines et manufactures et bâtiments à vapeur, et 12 à 13 vont au chauffage domestique ou à l'éclairage au gaz. Total de la consommation anglaise, 30 millions 500,000 tonnes. Le reste, soit 3,500,000 tonnes, est exporté, savoir : 600,000 tonnes aux possessions anglaises d'outre-mer, et 2 millions 900,000 à l'étranger. Là-dessus, nous prenions en 1852 560,000 tonnes, c’est-à-dire qu’il ne vient en France que la soixantième partie environ de la production houillère britannique, ou le sixième de l'exportation totale, tandis que nous recevons les 89 centièmes des houilles belges exportées. Il est vrai que ces chiffres subiront sans doute de graves modifications, par suite du décret impérial du 22 novembre 1853 qui a diminué les droits d'importation des houilles en même temps que ceux des fers. L’Angleterre envoie de ses houilles aux États-Unis, au Brésil et jusque dans les mers de l'Inde.
« Les charbons de Newcastle, qui de 1835 à 1845 se co taient en moyenne, sur le carreau des mines, 10 fr. 50 c. par tonne, étaient tombés en 1851 à 9 fr. Les énormes besoins de 1853 ont relevé ce prix moyen à {2 fr. environ. Chez nous comme en Belgique les prix sur la fosse ne sont guère plus élevés ; mais rendues aux centres de consommation, souvent fort distants des mines, nos houilles reviennent
deux , trois et quatre fois plus cher que les charbons anglais. La manufacture britannique a donc sous ce rapport un grand avantage sur la nôtre; mais l’extension de nos chemins de fer améliorera notre situation relative.
« En face de l'immense consommation de houille qui se fait chaque année dans le monde, on s’est quelquefois demandé si un moment ne viendrait pas où les gites houillers, qui donnent si libéralement le combustible minéral, se trouveraient enfin épuisés. Cette question a dans un temps très-vivement intéressé l’Angleterre en particulier, où la houille forme l’un des premiers éléments de la richesse publique. Des recherches attentives ont été faites, et il en est résulté que dans les seuls comtés de Durham et de Northumberland et dans le pays de Galles, où se trouvent, il est vrai, les principaux bassins carbonifères, on comptait près de 2,000 milles carrés non encore exploités ; or, comme chaque mille carré est réputé contenir environ 36 millions de tonneaux, cela suppose pour ces trois dépôts seulement un total de 72 milliards de tonnes, c’est-à-dire de quoi alimenter la consommation anglaise pendant deux mille quatre cents ans. Si l’on ajoute maintenant que toutes les autres mines de houille connues jusqu'ici dans le monde peuvent fournir à peu près autant, et que de plus l'enveloppe de notre globe en recèle probablement beaucoup d’autres d’une incalculable richesse, on voit que l'humanité n’est pas près de mourir de froid faute de combustible minéral. »
HOUKOULS. Voyez GORALES.
HOULAGOU. Voyez DiINGHIZKHANIDES.
HOULANS. Voyez HuLans.
HOUPELANDE ou HOUPPELANDE, sorte de vétement large, qui se met par-dessus l’habit , dit l’Académie. Après la révolution de 1789, pour dissimuler la carmagnole de rigueur, et pour se garantir aussi du froid, on adopta une large et longue redingote de ce nom, en étoffe grossière de laine brune, à longs poils, avec une bordure en peluche de laine, bleue, rouge, ou noire, à laquelle plus tard les musca dins substituèrent du velours cramoisi ou noir, Longtemps auparavant on avait donné dans l’armée le nom de houpelande à un grand manteau, à manches, ressemblant fort à nos cabans d’aujourd’hui.
HOUQUE,, genre de graminées auquel M. Kunth assigne les caractères suivan{s : Épillets biflores, à fleur inférieure hermaphrodite , mutique, à fleur supérieure munie d'une arête, souvent dépourvue de pistil; deux glumes et deux glumelles membraneuses, presque de même longueur ; trois étamines; ovaire pyriforme, glabre; deux styles terminaux, très-courts; stigmates plumeux, à poils simples. La caractéristique de Linné était plus vaste; il admettait dans le genre holcus des espèces à épillets uniflores, dont on a fait depuis le genre sorghum (voyez Sorcno).
[Le genre Aolcus ne renferme plus que huit espèces. L'une des plus intéressantes est la houque laineuse (holcus lanatus, Linné), vulgairement nommée b/anchard velouté. Cette herbe vivace est l'une de celles qui se trouvent le plus abondamment répandues dans beaucoup de prairies naturelles en sol moyen, et surtout dans les prairies qui reposent sur un sable frais, dont elle compose souvent les deux tiers; elle est tellement hâtive que, cultivée seule, elle forme un pré qu’on peut faucher vingt jours avant les prairies ordinaires; sa hauteur est de 45 à 60 centimètres ; elle est touffue; on peut en faire deux coupes pour faner en foin et obtenir un bon pâturage pour troisième récolte. Le blanchard velouté est sans contredit l’une des meilleures herbes de prairie, soit qu’on le sème seul ou avec d’autres plantes pour prairies à faucher ou pour prairies de dépaissance, pour ces dernières surtout, qui sont destinées à être pâturées par les bêtes à cornes; cette plante se trouve souvent dans la proportion de plus de soixante-quinze parties sur cent dans le mélange naturel des herbes qui composent les herbages si célèbres du pays de Brai, d’où le beurre, le meilleur qu’on puisse trouver, e# apporté chaque semaine à Paris; c’est aussi à la présence de la houque ou blanchard velouté qu'il