‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 116 sur 522 · HOUSSAYE · texte numérisé non relu

HOUSSAYE

gâté par la nature, où il apprit peut-être à l’aimer. Lorsqu'il fallut étudier, il s’en consola en travaillant peu; il avait une manière à lui de faire l’école buissonnière : il courait à la bibliothèque lire Ovide, son maître de philosophie , si toutefois il a jamais eu un maître ; car Arsène Houssaye a la prétention de tout savoir sans avoir rien appris, ou plutôt il a la prétention plus prétentieuse de ne rien savoir, et c’est pour son usage qu’il a écrit cet aphorisme profond : 4pprendre, c’est perdre. Il n’a guère étudié qu’en plein vent. Le collége lui a toujours paru une vraie tour de Babel. 11 n'avait pas $eize ans, qu'il aurait voulu se faire soldat pour délivrer la Belgique; mais la Belgique ne l’attendit pas, et il resta sous le Loit natal. Que faire pourtant avec cet espritinquiet et indisciplinableP Son père le poussait à l’étude des lois, mais il aimait mieux suivre les lois de l’esprit que l'esprit des lois. Il devint laboureur. Il est vrai qu’il faisait plus de vers que de sillons. Tout alla bien pendant quelque temps ; mais le père ne tarda pas à s’apercevoir que son jeune laboureur avait des mains trop délicates pour continuer ce rude métier. « Eh bien! mon père, vous avez, là, tout près de la ferme, un vieux moulin pittoresquement juché sur la montagne; c’est une charmante retraite pour un réveur comme moi. Rembrandt a conduit le moulin de son père, Van Dyck a dérangé le moulin de sa maîtresse ; laissezmoi gouverner le vôtre. » Il alla donc s’enfariner. D'un vieux moulin à vent j'avais la dictature Comme un fier nautonier, que de fois j’ai bravé Les orages du cœur, et ceux de la nature, . Qui, dans leurs bras d’air vif, m'ont si haut soulevé ! J’aïmais le vieux moulin et son architecture, Comme un pays perdu, comme un pays rêvé.

Un moulin ! direz-vous, par quelle fantaisie ? Sachez donc que j'étais misanthrope à seize ans. Les moulins ont souvent logé la poésie ; Rembrandt y médita; Van Dyck tout un printemps Y vécut amoureux d’une blanche Aspasie ; Coucy pour sa beauté s’enfarina longtemps.

Mais on était en 1832; on croyait à une ère nouvelle. Il s'élevait tous les jours à l'horizon un dieu nouveau. « Il faut, dit le poëte, que j'aille saluer tous ces dieux en habit à Ja française, » Il partit une nuit sans mot dire et sans argent. Le futur directeur du Théâtre-Français rencontra une troupe de comédiens ambulants. C’était la seconde édition du Roman Comique. Un des plus huppés de la troupe vint boire à la fontaine. « Nous avons bu dans le même verre, dit Arsène Houssaye, soyons amis. Un poëte et un comédien peuvent parcourir le même chemin. Où allez-vous ? — Je ne sais pas, dit le comédien philosophe. — Puisque nous allons au même endroit, reprit Arsène Houssaye, nous pouvons faire la route ensemble, » k

En marchant tout droit devant lui le voilà à Paris, où il descend dans un hôtel de la place de Cambrai, dont le choléra avait emporté tous les locataires, moins un poëte excentrique, Paul Van del Heil, qui se réjouit de son arrivée, parce que, disait-il, la mort pourrait faire une nouvelle bouchée dans la maison avant de l’atteindre. Mais ce n’était pas assez de braver la mort, il fallait braver la vie. Après huit jours passés à rêver dans les musées et sur les quais, Arsène Houssaye n'avait plus un sou. Son compagnon avait la même fortune, Ils vécurent tout un mois À improviser, pour les chanteuses des rues, des chansons à la manière de M. de Béranger. Heureux, après tout, les poëtes dont les cigales chantent les chansons! Ils passèrent de la chanson au mélodrame, du mélodrame au roman, sans devenir plus riches. Ils se perdirent de vue aux émeutes de juin et ne se retrouvèrent plus. Arsène Houssaye se résigna à étudier le droit ; mais il connut Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Roger de Beauvoir, Camille Rogier et Alphonse Esquiro, qu’il parvint plus tard à sauver du conseil de guerre. Ils se réunirent et vécurent ensemble, comme dans un conte d’'Hoffmann. I1s fondèrent ainsi la bohème littéraire, mais la behème dorée. C'était au milieu de quelques maisons

en ruines abritées sous une aile du Louvre. Gautier en a raconté les bonnes fortunes dans la Revue des Deux Mondes, Gérard de Nerval a écrit la Bohéme Galante, Houssaye en a dit quelque chose dans l'Histoire du quarante el unième Jauleuil, ce beau livre déjà classique.

Il y a dans lAnthologie cette épitaphe d’un poëte : « Ne dites pas que Myron est mort; dites «u'il dort, puisque sa poésie rêve parmi nous. » On pourrait appliquer cette épitaphe à la jeunesse de M. Arsène Houssaye, Mais « le poëte de la jeunesse et des roses, » comme M. Sainte-Beuve a surnominé M. Arsène Houssaye, est de ceux qui seront toujours jeunes. Il a écrit de très-éloquentes pages sous ce titre : Que la jeunesse est la muse dela vie, el que ceux qui ont élé jeunes le sont toujours.

M. Arsène Houssaye s'était marié jeune à une fille de madame Edmée Brucy, une élève de Prudhon. La fille de madame Edmée Brucy semblait détachée de la galerie idéale de notre grand peintre néo-grec. La mère mourut jeune, la fille mourut jeune. Madame Arsène Houssaye à prouvé qu’elle eût écrit comme madame de Sévigné, si elle n'avait mieux aimé donner toutes ses heures à ses enfants, et sa mère a signé des portraits que Prudhon eût contre-signés.

Vint la révolution de Février. Arsène Houssaye était de l'état-major de Lamartine pendant le fameux voyage de la chambre des députés à l'Hôtel de ville. « De la royauté à la république il y a un abime, disait Lamartine. — La France le passera sur vous, » lui répondit son jeune ami.

| Une fois à l'Hôtel de ville, pendant que les sauveurs de la

patrie se dispulaient le pan de sa robe, Arsène Houssaye s'en retourna chez lui. Le lendemain, le Moniteur lui apprit que tous ses amis élaient devenus les rois de la république. Pour lui, ilredevint poëte comme devant, témoin ces strophes écriles le 25 février, où il dit qu’au palais du roi il ne reste qu’une couronne, celle de Jésus-Christ.

En novembre 1849 il fut appelé à la direction de la Comédie-Française, élégant consulat, qui, selon M. de Saint Victor, n’a péché que par l’indulgence. On prétend qu'il faut se défier comme administrateurs des hommes d’imagination ; celui-ci imagina d’enrichir le répertoire, de payer les dettes devenues proverbiales du théâtre, et de partager, en outre, cent mille francs par an entre les sociétaires.

Après le coup d’État, pendant que Victor Hugo cherchait un refuge à l'étranger, M. Arsène Houssaye, croyant qu'il fallait garder malgré eux les poëêtes à Paris, voulut jouer Marion Delorme, ce qui parut un acte insurrectionnel. M. Romieu avertit le directeur de la Comédie-Française que ce spectacle, affiché pour le lendemain, était considéré comme une bravade, et que, s’il n’était changé, M. Arsène Houssaye pouvait se regarder comme destitué. Cet avertissement ne ful pas le seul ; tout le Paris littéraire et politique s’occupa de la représentation comme d'un événement. Au foyer des acteurs il y avait des paris pour et contre la destitution, Enfin, le jour même où Victor Hugo quitiait la France, Marion Delorme, par Vicror Huco, frappait tous les yeux sur la façade du Théâtre-Français. Tout à coup un message de l'Élysée annonce que le chef de l'État assistera à la représentation. M. Arsène Houssaye vint recevoir le prince dans le salon de la loge présidentielle. Le futur empereur garda le directeur près de lui pendant la représentation. Il avait deux ministres à ses côtés, qui ecoutèrent le beau drame de Victor Hugo sans applaudir, mais sans critiquer. Le chef de l’État témoigna à plusieurs reprises son admiration pour les vers politiques du quatrième acte et dit qu’il fallait souvent donner de telles pièces.

Arsène Houssaye a toujours fait vingt choses à la fois, en ayant l'air de vivre du temps perdu, Il atraversé toutes les fortunes, les bonnes et les mauvaises, tantôt riche, tan tôt pauvre, toujours aventureux et intrépide dans la bataïile de la vie; il a écrit cette maxime à son usage : « Il y en à qui vivent pauvres pour mourir riches; moi je veux vivre riche, sauf à mourir pauvre. » Si cela ne s'appelle pas de laraison, cela peut bien s’appeler de la philosophie. A Beau-

jon il a bâti sept hôtels, quand personve n’osait s’y hasarder, et il les a tous habités. Il n’y a dans la vie que des commencements el des stations. Les esprits affamés d’idéal cherchent toujours le mieux et sont ennemis du bien,

Les œuvres d’Arsène Houssaye renferment ; Mme de la Vallière et Mn° de Montespan; le Roi Voltaire; Histoire de l’art français ; Voyage à ma fenétre ; Princesses de comédie el Deesses d'opéra; Histoire du 41e fauteuil ; Les Métamorphoses de l'amour ; Poésies complètes ; Hisdoiïe du temps perdu, souvenirs de jeune.se.M. Arsène Houssaye a eu aussi des succès comme roman: ier : témoins Mie Mariani, Le Violon de Franjole, les Fill:s d'Eve, la Verlu de Rosine, etc. Th. de Banvizee.

En quittant le Théâtre-Français (1856), M. Houssaye fut nommé inspecicur général des musées de province, place créée pour lui. Outre les ouvrages cités, on a encore de lui: Mile Cléopälre(1864), le Repentir de Marion (1865), de Roman de la Duchesse (1865), Notre-Dame de 1 hermidor (1866), Nos grandes Dames (1868, 4 vol.), Les Parisiennes (1869), Le Chien perdu et la Femme fusillée (1871), etc. Enfin il a fondé, en 1872, la Gazette de Paris, journal politique quotidien, qui cessa de paraître au bout de quelques mois.

HOUSTON (SauurL), général, né le 2 mars 1793, près Lexington, en Virginie. Ses parents étant de pauvres ouvriers, il passa plus de temps, dans son enfance, à garder les vaches qu’à l’école. A l’âge de treize ans, il perdit son père; et sa mère alla alors s’établir avec ses neuf enfants sur les bords du Tennessee, dans l’État du même nom. Houston, mis d’abord en apprentissage chez un mercier, ne tarda pas à se dégoûter de ce métier; désertant son patron, il alla se réfugier dans les bois, au milieu d’une tribu d’Indiens- Creeks, où il passa cinq années, et se familiarisa ainsi avec la vie et les mœurs des sauvages, Revenu à l’âge de dix-huit ans auprès de sa famille, il fonda sur les limites extrêmes de la civilisation une école à l’usage des enfants des rudes défficheurs de forêts. A l’époque de la guerre contre les Anglais (1813), âgé alors de vingt ans , il s’enrôla dans l’armée du Sud aux ordres du général Jackson, et se distingua particulièrement à l'affaire de Horse-Shoe, où il fut grièvement blessé. Renonçantensuite à la carrière militaire, il alla étudier Je droit à Nashvike. Il avait à ce moment vingt-cinq ans. Sa loyauté et sa perspicacilé en affaires lui eurent bientôt fait unenombreuseclientèle comme avocat. En 1821 il futnommé général-major de la milice du Tennessee, En 1823 il siégea pour la première fois dans la chambre des représentants, à Washington, et son mandat législatif lui fut encore renouvelé en 1825. En 1827, l'État de Tennessee l’élut pour son gouverneur. Après s'être démis de ces fonctions, son goût pour la vie active et accidentée le conduisit à passer encore trois années parmi les défricheurs de forêts; il découvrit à cette occasion les friponneries que commettaient les commissaires etagents de l’Union chargés de traiter avec les Indiens,

et alla en 1832 les dénoncer à Washington.

Un an plus tard, Houston partit pour le Texas, qui venait de s'affranchir de la tyrannie du dictateur du Mexique, Santa-Anna, et fut élu membrede la convention chargée de rédiger une constitution pour ce nouvel État. Santa-Anna ayant eu recours à la force des armes pour faire rentrer le Texas sous son autorité, Houston se mit à la tête de l'armée libératrice et, après avoir fait essuyer diverses déroutes aux Mexicains, les défit complétement à la sanglante bataille de San-Jacinto. Avec 700 hommes il anéantit l’arme ennemie, forte de 1,800 hommes, et dont sept individus seulement échappèrent au carnage. Parmi les prisonniers se trouvait Santa-Anna lui-même. Houston fut blessé dans cette affaire, et y eut un cheval tué sous lui. Les habitants du Texas récompensèrent leur libérateur en l'élisant pour président de leur jeune république; et Houston conserva ces fonctions jusqu'au moment de l'annexion du Te xas à l'Union. 1! l'échangea alors contre un siége dans la chambre du sénat que les électeurs lui conservèrent jusqu'en 1859,

HOUSSAYE — HOUWALD

En 1852 Houston figurait sur la liste des candidats démocraliques pour la présidence, et dans la convention nationale tenue au mois de juin de la même année à Baltimore, il obtint les suffrages des délégnés de plusieurs États. Ce qui le distinguait comme homme politique, c'6tait un coup d’œil rapide et pratique. Comme législateur il unit l’amour de la justice au patriotisme et à l’éloquence. Samanière foule joviale d’envisager la vie le rendit très-populaire; el la foule d'aventures tantôt comiques, tantôt sérieuses, qui marquèrent sa vie, fournirent, de son vivant même, d’intarissables sujets de conversation aux veillées populaires. Nommé en 1859 gouverneur du Texas, il se prononça en 1861 contre les États du Sud,

et rentra dans la vie privée, Houston est mort en 1863. HOUTMAN (Cornéuius), le fondateur du commerce

hollandais avec les Indesorientales, était né à Gouda, vers le milieu du seizièmesiècle. Pendant un séjour de quelque temps qu’il eut occasion de faire à Lisbonne pour ses affaires, le commerce avec l'Inde, qui alors enrichissait exclusivement le Portugal, frappa vivement Son attention. Préoccupé dès lors de l’idée d’y faire participer sa patrie, il s'attacha à recueillir les renseignements les plus exacts sur la nature de ce commerce, sur la manière dont il se faisait, ainsi que sur la route conduisant aux Indes orientales. Mais ses démarches éveillèrent les soupçons des autorités portugaises ; il fut emprisonné et condamné à une forte amende. Hors d'état dela payer, il s’adressa secrètement au commerce d'Amsterdam, auquel il promit de communiquer tout ce qu’il avait appris touchant le commerce des Portugais avec les Indes orientales, si on voulait le dégager. La proposition füt acceptée ; et à peine Houtman fut-il revenu dans sa patrie (1594), que le commerce d'Amsterdam, après avoir constitué une compagnie dite des Pays lointains , armait quatre vaisseaux pour les Indes orientales, les chargeait de marchandises, et nommaïit Houtman subrécargue de cette petite escadre.

L'expédition mit à la voile le 2 avril 1595, et aborda le 23 juin 1596 à Bantam, dans l'île de Java. Accueillis d’abord avec bienveillance, les Hollandais furent bientôt brouillés par les Portugais avec les indigènes, de sorte que la flottille dut s’en retourneren Hollande après avoir perdu les deux tiers de ses équipages. Malgré l’insuccès de cette première entreprise, on en résolut immédiatement une seconde ; en même temps des compagnies semblables se formèrent , à l'exemple de celle d'Amsterdam , dans les principales villes maritimes des Province-Unies. Ces diverses compagnies finirent par ne plus constituer qu’une seule grande compagnie des Indes orientales, qui peu à peu réussit à arracher aux Portugais le commerce de l’Inde et à les chasser de ces contrées, et qui se maintint en possession exclusive de ce commerce jusque vers la fin du dix-huitième siècle,

Houtman eut le commandement de la seconde expédition, qui partit en 1598. Après avoir visité Madagascar, les Maldives et la Cochinchine, il débarqua à Sumatra, dont le roi le reçut d’abord avec amitié, mais l’enferma ensuite dans une forteresse. Les vaisseaux, qui venaient de charger, revinrent sans lui. On croyait que Houtman avait été tué, lorsque le 31 décembre 1600 il vint à bord d’un vaisseau hollandais stationnant devant Achem, déclarer que, bien que retenu dans une captivité à laquelle il ne voulait pas se soustraire , il avait encore toujours l'espoir de conclure avec le roi un traité avantageux à sa patrie. Le roi montrait réellement des dispositions favorables ; mais il céda plustard aux insinuations des Portugais, et relégua Houtman dans l'intérieur du pays, où il mourut. Pendant sa captivité à Sumatra, Houtman s'était occupé d’observations astronomiques. 11 envoya dans sa patrie les résultats de ses découvertes par le vaisseau hollandais à bord duquel il se présenta, IL avait notamment découvert plus de trois cents nouvelles étoiles, qui dans la suite furent groupées en freize nouvelles constellations.

HOUWALD (Curisropue-Ennesr, baron be), écrivain dramatique allemand, né en 1778, à Straupitz, dans la

HOUWALD

basse Lusace, entra, après avoir achevé ses études univeraitaires, dans l'administration de sa province; et quand elle subit, en 1815, une complète réorganisation , par suite de la cession de la basse Lusace à la Prusse, il se retira dans Ja solitude de sa terre de Sellendorf, où le sort lui amena l'ami de sa jeunesse Contessa. Élu en 1852 syndic de sa province par les états de la basse Lusace, il s'établit alors à Neubaus, près Lubben, où il mourut, le 28 janvier 1845.

Dès sa jeunesse il avait rimé quelques chansons et même abordé la tragédie. Plus tard, sous le nom d’Ærnest de Waluhdo (anagramme de son nom), il publia quelques morceaux de poésie dans les journaux et les recueils littéraires. Mais ce ne fut qu’à partir de 1815 qu'il se livra tout à fait à la poésie. Après ses Nouvelles, intitulées Accords romantiques et publiées par Contessa, parut son Zivre pous les enfants des classes instruites (3 vol. ; nouv. édit., 1833), Indépendamment de divers petits poëmes tragico-drama tiques, tels que Za République, Le Retour, il donna, en 1821, Le Portrait, Le Fanal, Malédiction et Bénédiction, qui fondèrent sa réputation; plus tard encore, la pièce de circonstance intitulée Le Prince et le Citoyen (1827) et les tragédies Les Ennemis (1825) et Les Brigands (1830).

L'élément lyrique domine trop chez ce poëte; les quelques passages saisissants qu’on trouve dans ses œuvres dramatiques ne rachètent pas une sentimentalité qui tourne trop souvent au larmoyant et à la fadeur.

HOUX, genre d’arbrisseaux de la famille des nerpruns, ou plutôt des rhamnées, selon la méthode de Jussieu, et de la tétrandrie tétragynie de Linné. On en compte plusieurs espèces intéressantes à connaître. L'espèce principale et type du genreest le koux commun de nos forêts (ilex aquifolium, Linné); il peut s'élever à la hauteur d’arbre, cinq ou six mètres, si sa végétation n’est pas contrariée On le remarque par sa couleur, d’un vert foncé et luisant, qui dure constamment, et qui ressort surtout quand la neige couvre la terre. Comme tous les arbres verts, il est une parure d'hiver. L’écorce de la tige est lisse, les feuilles sont entières, alternes, pétiolées, ovales, et leurs bords sont garnis d’aiguillons très-aigus , ce qui lui a valu le nom d’épine toujours verte. Les fleurs, axillaires, pelotonnées, à pédoncules courts, ont un calice à quatre dents, une corolle blanchâtre en forme de roue, et divisée aussi par quatre incisions profondes. Il leur succède des baies d’un rouge de corail, et qui contribuent à embellir cet arbre, quand les autres sont pour la plupart dépouillés de leurs feuilles. D’autres espèces se distinguent, soit par des feuilles entièrement hérissées d’aiguillons sur leurs bords comme sur leur face, soit par un feuillage panaché en blanc ou en jaune; il en est dont les formes des feuilles ressemblent à celles du chêne, du myrte, du laurier, etc.

Le houx est utile sous différents rapports, et sa culture mérite d’être encouragée. Plusieurs espèces exotiques pourraient aisément s’acclimater chez nous; mais la plus intéressante, comme objet d'utilité, est celle qui croît facilement sur les flancs des montagnes exposées au nord, el méme dans tous les lieux qui ne sont pas humides. On la multiplie aisément par les semis. Le bois se recommande par sa dureté et par le poli dont il est susceptible, ainsi que par une belle couleur noire qu’on peut lui communiquer, et qui rappelle l’ébène. 11 sert à confectionner les manches de divers outils, des dents de moulin, etc. ; on en a même fait des meubles beaux et solides. On peut employer ces arbrisseaux pour former des haies ; les espèces panachées , et qu’on peut mélanger, permettraient d’avoir des clôtures difficiles à franchir, et qui plairaient à l’œil l'été comme l'hiver. Malheureusement, on moissonne trop tôt ces arbrisseaux pour fabriquer des manches de fouet ou des cannes. C’est avec la seconde écorce que l’on prépare la meilleure glu. En médecine, les feuilles de houx furent longtemps recommandées dans :la goutte et les entérites chroniques, mais on en faisait peu usage, principalement en France. Depuis, on a dé couvert que les feuilles sont un excellent suppléant du quin-

DICT, DE LA CONYERS. — T. XI

— HOW ITT 195$ quina ; administrées en poudre et dans du vin blanc, elles suffisent pour prévenir les accès de fièvre intermittente. Nous croyons que les feuilles du buis possèdent la même propriété. De plus, on a extrait du houx un principe appelé ilicine, et auquel on attribue une puissance égale À cede du sulfate de quinine.

Le houx est principalement cultivé en Écosse : la forêt de Neadwood en contient un grand nombre d'individus remarquables par leur élévation. Les branches servent à orner le bonnet des montagnards dans les jours de fête; mais on le cultive en ce pays d’une manière qu’on devrait adopter chez nous : c’est de le planter le long des chemins, où il sert de borne et de guide quand la neige couvre la terre. Dans plusieurs localités montagneuses de la France, cet usage serait très-utile. Les rameaux du houx servent aussi pour conserver les viandes salées et les préserver des rats. Le houx est encore réputé dans les classes ignorantes comme propre à contre-balancer l’action des sorts on des maléfices, et comme tel on le trouve suspendu dans beaucoup de maisons de paysans. D' CHARBONNIER.

Parmi les espèces exotiques, une des plus célèbres est le houx maté (ilex male, Aug. Saint-Hilaire), vulgairement herbe du Paraguay, thé du Paraguay. On sait en effet aujourd’hui que c’est de cette plante que provient le thé du Paraguay, certitude acquise au prix de la captivité du savant Bonpland.

Le houx apalachine (ilex vomitoria, Aït.), qui croît spontanément dans les parties maritimes de la Caroline et de la Floride, doit son nom spécifique latin aux propriétés vomitives que possèdent ses fruits et l’infusion de ses feuilles prise à haute dose. Cette même infusion, prise à dose peu élevée, est tonique et diurétique. Aussi cet arbrisseau portet-il vulgairement le nom de {hé des Apalackhes.

HOUX (Petit). Voyez FRAGoN.

HOWARD (Famille). Voyez NorForx.

HOWARD ( Catherine), l’une des cinq femmes du roi d'Angleterre Henri VIII.

HOWARD (Gsorces, comte DE CARLISLE), homme d’État anglais. Voyez CARLISLE.

BOWE (Ricnarp, comte), amiral anglais, né en 1722, entra au service en 1736, s'embarqua avec Anson pour l'océan Pacifique, et fut nommé capitaine en 1746. Lors de la guerre contre la France, il prit part, sous les ordres de sir Édouard Hawke, en 1757, à la conquête de l’île d’Aix, et détruisit le port de Cherbourg. En 1779 il fut nommé contre-amiral et commandant des forces navales anglaises dans la Méditerranée, et la guerre de l'indépendance américaine lui fournit de nombreuses occasions de se distinguer. En 1782, on le chargea dé ravitailler Gibraltar. A la paix, il fut nommé premier lord de l’amirauté, charge qu’il déposa en 1788 et qu'il reprit plus tard, lorsqu'il fut créé comte. En 1793 il fut nommé amiral of the white flag, et chargé en cette qualité du commandement üe la flotte dans le canal. Il bloqua pendant quelque temps le port de Brest, battit les Frangais le 1°" juin 1794, à Ouessant, et fut nommé en 1795 général des troupes de la marine. Quoiqu'il eût déjà résigné le commandement de la flotte, l'influence toute particulière qu’il exerçait sur l'esprit des matelots, qui l'avaient surnommé Dick le Noir en raison de son teint, fortement basané, lui permit d’apaiser une grave sédition à bord des flottes de Portsmouth et de Plymouth. Il mourut le 5 août 1799.

HOWICR (CnarLes GREY, vicomte). Voyez GREY.

HOWITT (Waiziam et Mary), couple poétique qui, par ses travaux originaux et ses traductions de l'allemand et d’autres langues étrangères, s’est fait un nom honorable dans la littérature anglaise contemporaine. William Howitt est né en 1795, à Heanor, dans le Derbyshire , de parents quakers, et fut élevé dans les dogmes et les principes de cette secte, En 1822 il épousa Mary Botham , née et élevée dans la même foi religieuse que lui, et qui partageait ses goûts littéraires. Dès 1823 les deux jeunes époux

publiaient un recueil de poésies sous le titre de The forest Minstrel, qui fut parfaitement accueilli ; bientôt après ils entreprirent un voyage à pied en Écosse, et quand ils l'eurent terminé, le mari , qui possédait des connaissances étendues en chimie, en botanique, en physique, etc., s'établit pharmacien à Nottingham. Les travaux de sa profession ne l'empêchèrent pas de continuer à cultiver les lettres. IL puolia de nouveau un poëme lyrique composé en société avec sa femme, The Desolation of Eyam, puis un grand nombre d'articles dans les revues et les almanachs, et en 1831 son Book of Seasons, pour lequel il ne trouva pas d’abord d'éditeur et qui depuis a obtenu sept éditions. Son His{ory of Priestcraft ( 1833 ; 8° édition, 1852 )irrita beaucoup les partisans de l’Église établie, mais en revanche lui valut tant de popularité qu'il fut élu au nombre des aldermen de Nottingham. 11 renonça alors à la pharmacie, et se retira à Esher, dans le comté de Surrey, où il passa trois années uniquement occupé de travaux littéraires. En 1836 parut son livre intitulé Rural Life in England (2 vol.) , où il décrit 1es mœurs etles habitudes, les travaux et les divertissements du peuple des campagnes en Angleterre; en 1840, les Visils Lo remarcable places, old halls, battle-fields and scenes illustralive of English history and poetry, ouvrage de luxe, et qui malgré son prix élevé obtint un débit considérable. Les deux époux se rendirent alors en Allemagne pour l'éducation de leurs enfants, et s’établirent à Heïidelberg, qu’ils habitèrent jusqu’en 1844. Ce séjour lournit au mari le sujet de divers ouvrages sur les mœurs et les habitudes de l'Allemagne, tandis que sa femme s’attachait à traduire quelques-uns des meilleurs romans publiés en Allemagne, en Danemark et en Suède.

Aprèsavoir pris part en {846 à la fondation du People’s Journal, Howilt s’en retira l’année suivante, pour créer un journal à lui, Howitl's Journal, qui lui occasionna des embarras d'argent. Un ouvrage co mposé en société par le mari et la femme, Literature and R omance cf Northern Europe (1851, 2 vol.), produisit une vive impression. Au printemps de 1852, Howitt, en compagnie de ses deux fils, s’embarqua pour l'Australie, la parcourut en tous sens ainsi que la Tasmanie, et revint à Londres à la fin de 1854. Ce voyage lui fournit matière à plusieurs ouvrages : Land, labour andgold (1855, 2 vol.), Tallangetta (1857), the Man of the people (1860), et Australia, Tasmania and New-Zealand (1865). On lui doit aussi un exposé des théories du surnaturel et des pratiques superstitieuses, sous le titre de History of supernalural in all ages and nations (1863, 2 vol.), et Woodburne Grange (1867), roman. — Sa fille, Marie, a écrit des romans et des articles liltéraires.

HOY À, ancien comté de l’Empire, aujourd’hui dépendance du Hanoyre, comprenant une superficie de 38 myriam. carrés. @étle province est arrosée par le Weser, l'Aller et la Hunte, et se compose en partie de terrains de marches, et en partie de bruyères et de sables. On la divise en comtés supérieur et inférieur,

HOZIER (Famille D’). Voyez D'Hozen,

HRABAN-MAUR ou HRABANUS-MAURUS , un des hommes les plus remarquables du siècle de Charlemagne, et qui contribuèrent à répandre les premiers éléments de la civilisation en Allemagne, était né à Mayence, et fut élevé dans le monastère des Bénédictins de Fulde, d'où il se rendit à Tours pour achever ses études sous Alcuin. A son retour, en 804, il établit à Felde une bibliothèque conventuelle ainsi que la première école monastique qu’ait eue l'Allemagne, et d'où sortirent dans la suite tant de savants distingués, tels que Walafried, Strabo, Otfried , etc. En 822 il fut sacré abbé de Fulde, et durant les vingt années qu’il remplit ces fonctions il eut la satisfaction de voir s’accroitre de plus en plus l'influence bienfaisante de sa savante école, exerçant une action salutaire sur l'introduction d’une discipline véritablement chrétienne, AMigé des troubles de son temps , il résigna ses fonctions, en 842, pour terminer ses

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