‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 12 sur 522 · HERAULT · texte numérisé non relu

HERAULT

La première de ces deux rivières n’est navigable que sur une étendue de 12 kilomètres , depuis le pont de Bessan jusqu’à l'entrée du port d'Agde; elle est flottable dans un espace de 56 kilomètres. Ce département n’a de navigation intérieure que celle du canal des deux mers et celle des étangs. Le canal entre dans l'arrondissement de Béziers , où l’aqueduc de Frenicoupe traverse, après un cours de 24 kilomètres, la montagne percée de Malpas; & kilomètres plus loin, il descend, par neuf écluses, dans la vallée de l’Orbe, franchit cette rivière, avec laquelle il confond un moment ses eaux, et, après un nouveau cours de 2 myriamètres , il aboutit au port d'Agde. Là commence le canal des étangs, qui, se succédant sous les noms de Thau, d'Engril, de Vic, de Maguelonne, de Lattes et de Mauguio, forme une navigation continue de 60 kilomètres, à laquelle viennent s'embrancher les petits canaux de Lunel, du Ler, de Vic et de Cette, et qui va communiquer au Rhône par le canal de Beaucaire, Le port de Cette est au centre de ces étangs, et par là s’écoulent vers toutes les parties du globe les productions de la contrée.

Vers les montagnes, surtout vers la chaîne granitique qui unit les Pyrénées aux Cévennes, et qui forme au nord la limite des départements de l'Hérault et de l'Aveyron, sont exploités de riches et de nombreux filons de houille; vers la limite des départements du Tarn et de l’Aude, et dans les montagnes intérieures de Néfiés et de Roujan, il en existe quelques autres gisements, moins importants. Des mines de fer, des carrières de marbre, enrichissent encore ces montagnes. On y frouve aussi du plomb argentifère, près du hameau de Cazilhac.

Les principales cultures du département sont celles des céréales, de l’olivier, du mûrier et de la vigne ; mais cette dernière envahit progressivement toutes les autres. Les gros vins de Béziers ne sont pas les seuls du pays; il fournit aux gourmets les vins rouges de Saint-Georges, de Sussargues et de Saint-Christol ; les muscats de Lunel, deFro ntignan, de Maraussan etautres terroirs de l'arrondissement de Béziers. La culture de l'olivier a considérablement diminué. Ilen est de même des céréales. Le mürier, abandonné quelque temps, a heureusement repris faveur ; et ans le fait le climat de ce pays est plus propre à la propagation des vers à soie que la plupart des contrées qui semblent vouloir lui disputer cette production. Dans ce climat, ordinairement si doux pendant l'hiver , le thermomètre s’élève à 35° centigrades pendant l'été; et la récolte de la soie y est aussi assurée que celle du vin. Celle-ci ne craint que l'extrême sécheresse, dans un pays où il n’est point rare de voir passer six mois sans pluie, à moins que des orages n’y viennent arroser la terre au risque dela dévaster. Le défrichement des bois explique ce phénomène, et l’on prétend que le duc de Montmorency, gouverneur de la province, en donna l’exemple en faisant abattre une vaste forêt de pins, sous prétexte qu’elle servait de refuge aux pirates ; mais il sera difficile de convaincre les habitants de la nécessité d’en replanter. Aussi les prairies se trouvent-elles dans une étonnante disproportion avec les autres terres cultivées. Elles n’en font pas la trentième partie , ce qui rend le pays peu propre à élever des chevaux et des bêtes à corne. Les bœufs et les mules qui traînent ses charrues lui viennent des autres provinces. On rencontre cependant dans les contrées marécageuses, près des étangs ou sur les bords des rivières, des troupes de chevaux maigres et presque sauvages, qu’on appelle aigues dans le patois du pays. Mais ces animaux ne rendent d'autre service quede battre les blés en les foulant aux pieds. Bes bêtes à laine y sont plus multipliées : il n’est pas de grand propriétaire qui n’ait un froupeau dans sa métairie, et ils s’efforcent d’en améliorer la race. .

Les laines sont foutes mises en œuvre dans le pays même. Le département possède depuis longtemps des manufactures de draps quiont enrichi les villes de Lodève, de ® Clermont, de Bédarrieux , de Saint-Chinian et de Saint-

Pons." Les produits de ses fabriques s’écoulent dans le Levant et serventen France à l'habillement des troupes. D’autres manufactures, établies à Montpellier, convertissent les lainesen couvertures; et leurs produits , qui vont actuellement à cent mille pièces, sont expédiés en partie pour la Louisiane, en partie pour la Suisse et l'Allemagne. Les laines du département sont loin d’y suffire. On en tire de l'Espagne, del’Italie, de la Barbarie et du reste de la France. Les fabriques de soie de Ganges ont une vieille réputation qu’elles soutiennent, et qui les soutient malgré la concurrence de Nimes. La fabrication de la bougie, du vert-de-gris, emploie encore un assez grand nombre de bras. Sur les côtes, les salines du Bagnas et autres produisent une immense quantité de sel. Les habitants des ports, des anses et des moindres criques se livrent à Ja pêche, et alimentent les villes de poissons de tuutes espèces. Citons encore les fabriques de toiles de coton et les distilleries de liqueurs et d'essences. Mais l’industrie la plus active, la plus considérable, celle qui embrasse toute l'étendue de la zone des grandes cultures, est celle des esprits appelés érois-six. On en exporte annuellement 180,000 hectolitres, et dans les marchés hebdomadaires de Béziers et de Pézénas, où il s’en vend dix fois plus que le pays n’en produit, ces liquides sont devenus un objet d’agiotage. comme les fonds publics à la

bourse de Paris. :

& chemins de fer, 7 routes nationales, 19 départemen-

tales, 2,251 chemins vicinaux sillonnent le département, dont le chef-lieu est Montpellier. Les endroits principaux sont en outre : Béziers, Lodève; Saint-Pons, chef-lieu d'arrondissement, sur le Jaur, avec 5,832 habitants, un tribunal de première instance, un petit séminaire, une industrie importante : c’éfait jadis le siége d’un évéché, suffragant de Narbonne; l’ancienne cathédrale et une grande partie des maisons sont bâties en marbre; on y voit une source curieuse jaillissant dans la ville au pied d'un rocher; Cette; Pézénas; Agde, cheflieu de canton, sur la rive gauche de l'Hérault, avec 9,586 habitants, un tribunal de commerce, une école nationalé d’hydrographie, un collége commu nal, un port de pêche et de côémmerce pour des bâtiments de 200 tonneaux, à l’embouchure de la branche inférieure du canal du Midi dans l'Hérault, un cabotage actif, un commerce considérable d'importation et d'exportation, et des communications régulières avec Marseille par bateaux à vapeur : cette ville est très-ancienne : elle doit sa fondation à une colonie de Phocéens; c’est l’Agatha des Romains; elle est entièrement bâtie des laves que jetait autrefois la montagne de Saint-Loup; Bédarieux, chef-lieu de canton, sur l’Orbe, avec 8,529 habitants, un collége, une industrie florissante : des trouples graves y éclatèrent après le 2 décembre 1851; Clermont; Ganges, chef-lieu de canton, avec une église consistoriale calviniste, une chambre consultative des arts et manufactures, une industrie et un commerce importants ; on y compte 4,349 habitants; Frontignan;Lunel,etc.] Les bourgs de 2 à 3,000 habitants-sont communs dans le pays, et les populations de ces bourgs , comme celles de presque tous les villages, sont agglomérées et encloses de murs depuis la triste et sanglante guerre des Albigeois. Le peuple en général parle le patois languedocien, dégénération de l’ancienne langue des troubadours, dont ce pays a vu naître un grand nombre. L’habitant des campagnes entend cependant le français ; maïs il a de la peine à le parler. Enfin, on trouve dans le département d’assez nombreuses ruines romaines; les vestiges de la voie Domitienne s’y montrent encore sur toute la longueur du territoire. Partout des inscriptions, des tombeaux, des fragments, des ruines de cités, d’amphithéätres, excitent la curiosité des amateurs et les investigations des savants. Près de Castelnau sont les restes d’une ville appelée Subsfantion. D’autres ruines, sans nom déterminé, existent près de Fabrègues. À un quart de lieue de Clermont était le Forum Neronis, du nom du père de Tibère. Près de Saint-Thibery, le Cessero de l’iti-

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