‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 122 sur 522 · HUDSON — HUERTA · texte numérisé non relu

HUDSON — HUERTA

agents de la Compagnie; 4° enfin, le département de Columbia, comprenant l’ancien district de la Nouvelle-Calédonie et l'ik de Vancouver, avec le fort Victoria. HUDSON (Fleuve). Arrivé, lors de son troisième voyage, à l’embouchuredu fleuve de l'Amérique du Nordqui porte anjourd’hui son nom, Hudson voulut l'explorer; il le renjvnta l’espace de 200 kilomètres, et fut frappé de son caractère imposant, car presque partout il mesurait un mille de largeur ; ses eaux étaient assez profondes pour les navires; des bassins naturels s’ouvraient sur ses rivages

pour les radouber; une riche végétation animait ses deux |

rives : c'étaient de grands arbres , des sapins et des chênes

pour la construction, et d'innombrables poissons le remon- |

taient et le descendaient avec le flux et le reflux de la mer. Seulement une immense solitude y régnait; à peine quelques sauvages abandonnaient leurs huttes et s’exposaient près de son vaisseau pour l’admirer avec curiosité, ou échanger des pelleteries contre des bagatelles d'Europe. Aujourd'hui l’'Hudson est devenu l’une des plus grandes artères de la civilisation du Nouveau-Monde ; il traverse l’État de New-York et baigne une partie du New-Jersey ; les canaux que l’on a coupés sur ses bords lui ont donné une importance extraordinaire. Il communique avec la Delaware par le canal de Morris, qui a 100 milles de longueur ; le grand canal de l’Érié, dont l’étendue est de plus de 362 milles, le met en communication avec le lac Érié et tout le haut Canada; le canal Champlain, de 62 milles et demi, l’unit au lac Champlain; enfin, un autre canal, de 65 milles, joint encore un point de ses rives à celles de la Delaware. D’opulentes et magnifiques villes lui doivent leur grandeur : Alban y, où commence le canal de l'Érié, possède de beaux édifices, un riche capitole, une bibliothèque, un théâtre; son immense commerce de transit la rend l’une des plus importantes cités de l'Amérique ; Troy vient de naître, et déjà elle compte plus de 20,000 habitants, une fabrique d’armes et de toiles; Hudson, Sandy- Hill, et enfin New-York, la grande capitale des États- Unis, et l’un des foyers dela civilisation de l'univers : c’est un peu au-dessous de cette ville qu’il se jette dans l’Océan. 11 faut avoir vu l’étonnante activité qui règne le long de ce fleuve , les innombrables navires qui s’y donnent rendezvous de toutes les parties du globe, les mille paquebots à vapeur qui se croisent dans tous les sens au milieu de ses canaux, pour se faire une idée des richesses que le commerce y accumule et de la splendeur que l'avenir réserve aux belles contrées qu’il arrose. Nulle part ailleurs l’industrie hamaine n’a réalisé de plus gigantesques conceptions. Thtogène PAGE , Vice-amiral,

HUDSON LOWE (irS Hupson Lowe), général anglais, né le 28 juillet 1769, en Irlande, entra en 1785 comme volontaire au 50° régiment d'infanterie de ligne anglais, et fut nommé lieutenant en 1791. Il assista à l’expédition de Toulon, et, dans la campagne de Corse, prit part

à l'attaque de la tour de Martello, à l'assaut de la redoute

de la Convention, et aux siéges de Bastia et de Calvi; il servit ensuite deux ans en Portugal et un an à Minorque. Il fit, sous Moore, la campagne d'Égypte, devint secrétaire de la commission de conciliation à Malte, obtint en 1800 le brevet de major dans ie régiment des chasseurs corses , CE fut mis à la demi-solde en 1802. Appelé au service actif en 1803, avec le grade de major, il fut envoyé par lord Hobart, avec des missions secrètes, en Portugal et en Sardaigne; l’année suivante il compléta le régiment des chasseurs corses, obtint en récompense le rang de lieutenantcolonel, et servit ensuite à Naples, sous les ordres de sir James Craig. Commandant de l’ile de Capri depuis 1806, il fut forcé de la rendre aux Français en 1808, après une vaillante défense, et, en vertu de la capitulation, il se retira en Sicile avec armes et bagages. A l'attaque de Naples, il * commandait le premier ordre de bafaille ; il contribua à la prise d'Ischia , assista au siége de Zante et de Céphalonie, et fut dans cette dernière ile membre du gouvernement

provisoire. Nommé colonel en 1812, il vint en 1813!en qualité de commissaire anglais au quartier général de Blücher, accompagna celui-ci en France en 1814, fut dans læ même année nommé major général, et en 1815 gouverneur de Sainte-Hélène, lorsque Napoléon était dirigé sur cette ile. A son retour, il obtint, en 1821, le 95° régiment, fut nommé gouverneur des îles Bermudes, en {823 lieutenant général, et en 1842 propriétaire du 50° régiment d'infanterie de ligne. J1 mourut le 10 janvier 1844. « H. Lowe, dit Lamartine, que les séides de Napoléon et Napoléon lui-même poursuivaient d’inculpations gratuites et passionnées, n’a vait ni crime dans la pensée contre son captif nioffense dans le cœur contre l’infortune. Seulement, écrasé sous le poids de la responsabilité qui pèserail sur lui dans le cas où illaisserait s'évader l’agitateur que l’Europe lui avait donné à garder, étroit d’idées, jaloux de police, ombrageux de formes, maladroit de moyens, odieux par ses fonctions à ses hôtes, il fatigua Napoléon de restrictions, de surveillances, de consignes. Il donna tropau devoir du gouverneur de l'ile l'apparence et la rudesse d’un geôlier. »

HUE, en Cochinchine, capitale du royaume d’Annam, à l'embouchure du fleuve Hué, est la place la mieux fortifiée de l'Asie. Ee fossé qui l’entoure a 12 kilom. de tosr; et les remparts, hauts de 20 m, sont garnis de 1,200 bouches à feu. Dans Ja citadelle se trouvent le palais impérial, un arsenal, des maga sins et des casernes. La ville,

: dont on évalue la population de 30,000 à 100,000 habi-

tants, et qui consiste presque entièrement en légères maisons de bambou, fut cédée aux Français en 1787; mais ils n’en prirent pas poss ession. Elle est traversée par un canal, sur les bords duquel s'élèvent des quais avec un arsenal et des magasins, et son port sert de station à une partie de la flolte d’Annam. Bien qu’elle soit fort déchue depuis longtemps déjà, elle n’en est pas moins encore le centre d’un commerce important.

HUELV A, province d’Espagne, formée de la partie occidentale du royaume de Séville, en Andalousie, et séparée

* du Portugal par la Chanza et la Guadiana, compte une po-

pulation de 184,043 âmes. Elle est bornée au nord-ouest par la Sierra-de-Aroche , continuation de la Sierra-Morena, et y présente une agréable succession de montagnes, de collines et de vallées ; au sud-est, elle se compose de terrains bas et déserts. Elle est arrosée par la Guadiana, avecses affluents, la Chanza, le Malagon et l’Albajarilla, ainsi que par la Piedra, l’Odiel et le Tinto. Par suite de son climat chaud et de la fertilité de son sol, tous les produits du sud et la vigne notamment y abondent. Le vin de Tinto, ou Tinto da Rota, vin rouge fort épais, tire son nom du fleuve Tinto (c'est-à-dire le Coloré), dans les eaux jaunâtres et imprégnées de cuivre duquel ne peut vivre aucun animal, HUELVA, son chef-lieu, l'Onoba des anciens, au moyen âge la place forte des Arabes appelée Velba ou Vuelba, possède un port et environ 8,500 habitants. La construction des navires constitue, avec la pêche et le commerce des poissons, la principale industrie de la population; et il en est de même à Moguer, petit port de mer, à Palos, autre petit port à l’est de la baïe où vient se jeter le Tinto, et à Ayamonte, ville située à l'embouchure de la Guadiana. La ville la plus importante de toute la province est Nielba, l’Ilipa des anciens, sur le Tinto, avec un château fort et 12,000 habitants. Dès le treizième siècle Huelva, Moguer et Palos étaient en possession de produire de courageux et habiles marins. Ilenétaitencore ainsi du temps de Christophe Colomb, qui partit de Palos, en 1492, pour son premier voyage de découvertes, et à son retour débarqua le 15 mars 1493 à Salles, en face de Huelva. À cette époque, Palos était le port d'expédition de tous les voyages de découvertes qu'entreprenaient les Espagnols. HUERTA (Vicente GARCIA DE LA), poëte et critique espagnol du milieu du dix-huitième siècle, né à Zafra, faisait ses études à Salamanque, lorsqu'un protecteur haut placé l’appela à Madrid, où il se fit bientôt un nom par som

talent poétique. Les ennemis que Jui avaient attirés ses manières arrogantes réussirent à le faire exiler à Oran, à l’occasion de sa tragédie de Raguel. Le sentiment de son innocence et un noble orgueil le soutinrent dans ce malheur. Malgré la roïdeur inflexible de son caractère, il fut rappelé à Madrid et nommé premier conservateur de la Bibliothèque royale. Champion de la vieille poésie nationale contre ceux qui prétendaient introduire en Espagne le classicisme français, il défendit malheureusement la bonne cause avec plus de zèle que de goût et avec moins de tact que de patriotisme; ce qui ne l'empêche pas d'occuper une place honorable dans l’histoire littéraire de son pays. Il mourut à Madrid, le 12 mars 1787. Outre de petites dissertations critiques, on a de lui la Biblioteca militar española (1760) ; Obras poeticas (2 vol, 1778-1779) et Teatro español (17 vol., 1785-1786), choix d'anciens drames dans le vieux goût national. Comme poëte, il s’est essayé dans les genres lyrique et dramatique ; et dans toutes ses poésies il a montré un talent remarquable, particulièrement sous le rapport de la langue et de la versification. Sa tragédie de Ruquel, qui a pour sujet l'amour du roi Alphonse VIII pour la belle iuive Rachel, et la fin tragique de celle-ci, fut , au temps de ses premières représentations (1778), accueillie avec enthousiasme, et passe encore pour une des meilleures productions modernes du théâtre espagnol. Il arrangea aussi pour la scène espagnole l’£lectre de Sophocle, sous le titre d’Agamemnon vengado, et même la Zaïre de Voltaire,

HUESCA, province d’Espagne, formée de la partie nordest du royaume d’Aragon, séparée de la France par les Pyrénées et de la province de Lérida par la Noguera Ribagorzana, compte une population de 272,692 âmes. Elle appartient en entier au bassin de l’Ebre; et, quoique parcourue par les rivières appelées Aragon, Gallego, Alcanadre, Cinca et Noguera, est assez pauvrement arrosée ; la plaine produit des céréales de divers genres, du vin, des fruits de toutes espèces, du chanvre et du lin; dans la partie montagneuse, qui est riche en minéraux et en forêts, on se livre surtout à l'éducation du bétail.

HUESCA, son chef-lieu, bâtie dans une plaine saine et tempérée, sur larive droite del’Isuela, siége d’évêché, compte environ 11,000 habitants, possède une cathédrale, une université, fondée en {354 par Pedro IV, le grand collége de Santiago, fondé en 1587, divers établissements d'instruction publique et quelques manufactures.

Huesca est l’Osca des anciens , dans le pays des Vescidani. En l’an 76 avant J.-C., Sertorius y fonda des écoles grecques et latines ; et c’est là qu’il périt assassiné, en l’an 72. César surnomma cette ville Za Victorieuse. Les Arabes s’en emparèrent en l’an 713 de notre ère, et la nommèrent Weschka ou Weschaka. Pedro 1°", dont le père, Sancho Ramirez, mourut au siége de cette ville, le 4 juillet 1094, la reprit sur lesinfidèles à la suite d’une victoire qu'il remporta dans la plaine d’Alcoraz, qui l’avoisine ; il y fixa sa résidence et y transféra l'évêché de Jaca. A la diète qui s’y tint en 1247, on y publia le code du roi Jayme 1°", Le 24 mai 1837 les carlistes y battirent Irren Barren et Léon, qui tous deux furent tués dans l'affaire. Les autres villes de cette province sont Barbastro, siége d’évêché, et Jaca, avec une citadelle,

HUET (Pirrre-DANIEL), savant évêque d’Avranches, naquit à Caen, le 8 février 1630. Il montra de bonne heure une grande ardeur pour l'étude , et s’y livra avec passion, Descartes et Bochart, le savant auteur de la Géographie sacrée, furent ses guides. Le premier lui donna le goût de la philosophie, le second lui inspira une vive passion pour la véritable science, A cette époque, Christine, reine de Suède , attirait auprès d'elle tous les hommes d'esprit et de science qui voulaient bien quitter leur pays pour orner sa cour. Huet fut du nombre de ceux à qui la curiosité de voir cette reine »«traordinaire et le désir de se trouver avec les savants de toute l’Europe firent entreprendre ce voyage, Christine lut fit le meilleur accueil, selon son habitude, et le retint quelque temps à sa cour ; Huet en profila pour re-

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