‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 124 sur 522 · HUGO — HUGUENOTS · texte numérisé non relu

HUGO — HUGUENOTS

in-8), autre roman, plus dénué encore d'intérêt, En 1867, le gouvernement impérial avait permis, à l’occasion de l'exposition universelle, que le Théâtre-Francçais reprit Hernani; celte reprise eut un très-grand succès.

Aussitôt après le 4 septembre, M, Victor Hugo vint à Paris, où l’on récita sur diverses scènes des pièces des Chätiments, aux applaudissements du public. Durant tout le siège il se maintint strictement dans les devoirs communs à tous les citoyens et refusa d'exercer aucunes fonctions publiques. Élu, le 8 février 1871, député à l’Assemblée nationale, par le département de la Seine, le second sur la liste des représentants, ilse vit violemment interrompu dans la séance du 9 mars, au moment où il faisait l'éloge de Garibaldi, et donna sa démission. Pendant l'insurrection de la Commune, il résida à Bruxelles; il s’y trouvait le 26 mai, et protesta contre la déclaration du gouvernement belge refusant l'asile aux réfugiés de la Commune, Des manifestations menaçantes eurent lieu devant Sa demeure, et il reçut l’ordre de quitter la Belgique. 11 passa en Angleterre, d’où il ne tarda pas à revenir en France. Candidat de l'opinion radicale pour l'élection complémentaire de Paris à l’Assemblée nationale, le 7 janvier 1872, il refusa le mandat impératif, et se prononça pour le « mandat contractuel » ; il échoua, avec 95,900 voix, contre 122,395 données à M. Vautrain, Cette mêmeannée, il publia Actes et Paroles (in-8), volume contenant ses proclamations, ses discours et ses lettres depuis sa rentrée en France; l’Année terrible (in-8), recueil de poésies, qui résumait éloquemment les récents désastres de Ja France, et fonda, avec MM. François Hugo, Meurice et Vacquerie, une feuille démocratique à cinq centimes, le Peuple souverain, qui fut supprimée au mois d'août 1873, A Ruy Blas, que reprit l'Odéon en 1872, succéda, en 1873, la reprise de Marion de Lorme au Théâtre-Français, et celle de Marie Tudor à la Porte-Saint-Martin.

Outre les ouvrages cités, on a encore de M. Victor Hogo : William Shakespeare (1864, in-8), et Quatrevingt-treize (1874), roman en trois volumes. Des éditions générales de ses œuvres ont été données dans la collection Charpentier (1857 et suiv.), et dans la collection Hetzel (1858 et suiv.). Mme Victor Hugo, morte le 28 août 1868, est regardée comme l’auteur de l'ouvrage intitulé : Victor sd raconté par un témoin de sa vie (1863, 2 vol. in-8).

HUGO (Crarces-Vicror), fils aîné du précédent, né le 2 novembre 1826, à Paris, fit ses études au collége Charlemagne, et fut attaché en 1848 au ministère des affaires étrangères comme secrétaire de Lamartine. Collaborateur de l’Evénement, il fut condamné à deux mois de prison pour un article contre la peine de mort. Après le 2 décembre, il suivit son père en exil. Il concourut en 1869 à la fondation du journal Ze Rappel, auquel il collabora activement, et fut condamné à quatre mois de prison, le 8 janvier 1870, pour un article sur les soldats. 11 est mort à Bordeaux, le 13 mars 1871. — On a de Ini : Le Cochon de Saint-Antoine (1857), la Bohéme dorée (1859), a Chaise de paille (1859), une Famille tragique (1860), et un drame tiré du roman des Misérables , qui fut joué en 1862, à Bruxelles.

HUGO (Fraxçois-Vicror), second fils de Victor Hugo, naquit le 22 octobre 1828, à Paris. Élève, comme son frère, du collége Charlemagne, et collaborateur de l'Événement, il suivit aussi son père dans l'exil. On lui doit une remarquable traduction de Shakespeare (1860-1864, 13 vol. in-8). Il a publié , en outre, Jersey, ses monuments, son histoire (1857), et concouru à la rédaction du Rappel, Il est mort à Paris, le 26 décembre 1873, -HUGTENBURGH ou HUCHTENBURCH (Jan van),

peintre de batailles distingué, né à Harlem, en 1646, eut pour Mmaïtres à Rome son frère Jacques Van HUGTENBURER, mort prématurément, et à Paris Van der Meulen'; mais ses modèles . Principaux furent les ouvrages de Phil. Wouverman. Le

prince Eugène de Savoie fit peindre par lui 1es batailles qu’il avait livrées en 1708 et 1709 avec le duc de Marlborough; elles ont été gravées, et forment un volume in-folio (La Haye, 1725). En1711 Hugtenburgh se rendit à la cour de l'électeur palatin, où ilexécuta divers ouvrages et fut en grand honneur. Il passa presque toute sa vieillesse à La Haye, et mourut à Amsterdam, en 1733. Il surpassait van der Meulen, et approchait de Wouverman pour la délicatesse du toucher et même pour la perspective aérienne. Son habileté à caractériser les diverses passions, les individus et les peuples, excitait à bon droit l'admiration de ses contemporains. Ses eaux-fortes et ses gravures sur cuivre ont aussi beaucoup de mérite.

HUGUENOTS. Ce nom, célèbre dans l’histoire des guerres de religion, ne fut d’abord qu’un sobriquet populaire donné par les catholiques aux protestants, ou réformés de France. Mais d’où vient-il? Suivant les uns, les partisans de la liberté à Genève, s'étant fait admettre parmi les confédérés suisses, en auraient pris la qualification d’eignots ou huguenots, de l'appellation allemande eidgenossen, confédérés, associés au même serment, ou de Besançon Huques, chef d’un parti religieux et politique, négociateur de l'alliance avec les cantons. Pasquier, dans ses Recherches, fait dériver ce mot de Huguet, Hugon, ou Chat-Huant, lutin qu’on saluait du titre de roi, et qui, dans la croyance du peuple , courait les rues de Tours, pendant la nuit, à l'heure où les premiers protestants allaient au prêche, De Thou le fait venir d’un endroit des environs de cette ville, où les religionnaires tenaient leurs réunions, et où l’on assurait que l’ombre de Hugues Capet se montrait dans la nuit. Selon Guy Coquille, ils auraient été ainsi appelés parce qu'ils soutenaient les droits des descendants de Hugues Capet contre les Guises, qui se prétendaient issus de Charlemagne. Enfin, le père Maimbourg, et, après lui, Voltaire, sans citer son autorité, supposent que cette dénomination aura été formée en France, par corruption, du mot hollandais huitgenoten, habitants de la même maison ou membres de la même famille, parce que les prédicants clandestins commencaient leurs prêches par cette apostrophe : Myne libe Huitgenoten!

On a donné le nom d’Auguenote à un petit fourneau de {erre ou de fonte, auquel s'adapte une marmite, qui se ferme hermétiquement. Les huguenots s’en servaient pour faire cuire de la viande secrètement et sans bruit les jours défendus. De là ce proverbe œufs à la huguenote, pour dire des œufs cuifs non canoniquement les jours maigres. L’esprit de parti ne se contenta pas en France du tilre injurienx de huguenots : on appelait les protestants parpaillots en Languedoc, fribours en Poitou, du nom d’une monnaie de peu de valeur et très-décriée; christodins, ailleurs, parce qu’ils ne parlaient que du Christ.

La première levée de boucliers des huguenots, eut lieu en 1562, sous le règne de Charles IX et ouvrit la série des guerres dites de religion. Elle fut provoquée par le massacre de Vassy. A la nouvelle de cet attentat, les huguenots coururent partout aux armes, et les hostilités commencèrent au nord et au midi du royaume. Vainqueurs d’abord sous Condé et Coligny, tandis que Guise, Montmorency et Saint-André marchaient à la tête des catholiques, et s’étant tout aussitôt rendus maîtres de diverses places importantes, comme Grenoble, Lyon, Montauban, Montpellier, Or léans, Rouen, Tours, etc., ils ne tardèrent pas à perdre successivement ces positions. L’année suivante ils sc soumettaient à l’édit depacification donné à Amboise le 13 mars 1563, et déposaient les armes.

La seconde guerre de religion éclata quatre années plus tard, à la suite d’une véritable conspiration trainée par le parti huguenot, qui avait espéré surprendre la cour, plongée, à Monceaux en Brie, dans les fêtes et les liesses. Le sang-froid, l'énergie et l’activité de Catherine de Médicis lasauvèrent du péril extrême qu’elleet ses partisans coururent à ce moment. Bientot les huguenots, ré-

duits à se retirer en Lorraine, où ils reçurent un renfort de troupes allenxandes, se virent dans la nécessité de rançonner cruellement les populations pour subsister, et soulevèrent ainsi contre eux le peuple des campagnes partout où ils portèrent leurs pas. Après avoir mis le siége devant Chartres, ils durent s’estimer heureux d'accepter, le 28 mars 1568, à Longjumeau, pour bases d’une nouvelle pacification , ce même édit d’Amboise qu’ils avaient lacéré. Enhardie par le succès, Catherine de Médicis songea, dès le mois d’août suivant, à en finir avec les novateurs et à ne plus tolérer à Pavenir dans le pays qu’une foi, une loi et un roi. Elle ossaya d'enlever Coligny et Condé, les deux chefs du protestantisme, et fit rendre, le 28 septembre, un édit par lequel tout autre culte que le culte catholique était désormais sévèrement interdit en France. La lutte qui s’en suivit eut le caractère le plus odieux. Les deux partis ne firent plus de prisonniers, et massacrèrent sanspitié femmes, vieillards, enfants. Plus faibles que leurs adversaires , dont le nombre eût suffi pour les écraser, les huguenots puisaient dans leur foi religieuse une énergie opiniâtre, qui triplait leurs forces et leurs ressources. Ainsi s'explique leur attitude toujours menaçante, même après les funestes journées de Jarnac et de Moncontour (3 octobre 1569), qui portèrent des coups si terribles à leur parti; l’année d’après, ils réparaient leurs désastres, grâce à l’activité et à l'énergie de Lanoue et de

Coligny. Les deux factions se sentaient épuisées : la paix de |

Saint-Germain-en-Laye (8 août 1570) mit fin à la éroisième guerre de religion.

Les massacres dela Saint-Barthélemy furent le signal de la quatrième guerre de religion, qui se termina le 6

juillet 1573, par l'édit de Boulogne, lequel réintégrait les |

huguenots dans leurs biens et leurs honneurs, et leur accordait la liberté de conscience en même temps qu’elle autorisait l'exercice public de leur culte dans diverses villes

importantes, notamment à La Rochelle, Montauban, Ni- |

mes, etc. Ce ne fut là toutefois qu’une trêve passagère, et dès le mois d'avril 1574 les hostilités recommençaient avec un nouvel acharnement, à la suite d’un vaste complot tramé par les protestants à l'effet d'obtenir de plus solides

garanties. L’insurrection éclata dans diverses provinces à la :

fois, Le duc d'Alençon, l’un des frères du roi, vint lui prêter

le prestige moral de son nom, tandis que l'union des poli- |

tiques ajouta à ses forces et à ses ressources ; et malgré

la victoire remportée à Fismes par le duc de Guise, la cour : dut céder et signer la paix dite de Monsieur, qui, négociée |

près de Château-Landon, termina la cinquième guerre de religion.

La sixième guerre de religion éclata à la suite de la tenue des états généraux de Blois; elle se termina, après des succès et des revers partagés, par la paix de Bergerac (17 septembre 1577). La seplième est connue sous Je nom de guerres des amoureux, sobriquet par lequel on désignait les jeunes seigneurs frivoles et débauchés qui formaient à Nérac la cour de Henri de Navarre. Ce furent leurs conseils qui déterminèrent ce prince à recommencer les hostilités contre la cour et les catholiques. Après s’être d’abord emparé de diverses places, il fut vaincu à Mont- Crabel par Biron, tandis que Matignon reprenait La Fère, dont Condé s'était rendu maitre. Cette guerre, qui ne fut qu'une série de brigandages et où de part et d'autre on visait surtout à piller les églises et les châteaux, commença en mai 1580, et se termina le 21 novembre de la même année par a paix de Fleix.

La huitième levée de boucliers des huguenots, appelée aussi la guerre des trois Henri, parce que Henri de Navarre, Henri de Guise et Henri III y commandèrent tous trois des armées, commença en 1583 et ne se termina qu'en 1594, par l'abjuration de Henri 1V et son entrée à Paris comme roi de France. Les principaux événements qui la signalèrent furent la bataille de Coutras et la sanglante défaite que Guise fitessuyer, près de Vemory et d'Auneau, aux reltres et aux auxiliaires allemands accourus

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