HUGUENOTS
en France pour aller gross r l’armée du roi de Navarre. On sait que les ligueurs fin:rent par se prononcer contre Henri III lui-même, lequel se vit réduit à se jeter dans les bras du parti protestant, et à implorer les secours du roi de Navarre. C’est au moment où les deux rois étaient venus mettre le siége devant Paris insurgé, que Henri LIL tomba sous le poignard de Jacques Clément (1589). Cet événement imprévu changea complétement la nature de la guerre. Les ligueurs, plutôt que de reconnaître le roi de Navarre comme héritier de la couronne, proclamèrent l’avénement au trône du vieux cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X; et la lutte se prolongea encore pendant cinq ans.
L’édit deNantes (1598) avait pour but de cicatriser les dernières plaies de cette longue et sanglante série de dissensions civiles et d’en clore à jamais le cours. En essayant d'en violer les dispositions, en rétablissant violemment dans le Béarn le culte catholique, qui n’y existait plus depuis le règne de Jeanne d’Albret, Louis XIII provoqua la neuvième guerre de religion. On accusa les huguenots, non sans quelque fondement, d’avoir eu l’idée de se soustraire à l’autorité royale pour fonder dans les provinces où ils dominaient une république fédérative, à l'instar de celle des Provinces-Unies. Des revers et des défections les contraignirent à demander la paix, qui fut signée en 1623, à Montpellier. Le traité, tout en maintenant les stipulations de l’édit de Nantes relatives au libre exercice de leur culte, restreignit aux villes de Montauban et de La Rochelle les places de sûreté accordées aux protestants.
Deux ans plus tard, au commencement de 1625, eut lieu la dixième guerre de religion, provoquée, cette fois encore, par la mauvaise foi de la cour, qui cherchait à éluder les stipulations du traité de Montpellier. Mais dès le mois de février Richelieu, inquiet de la situation générale de l’Europe , se hâtait d’y mettre fin en renouvelant un traité qui lui laissait la libre disposition de toutes ses ressources pour peser dans la balance des destinées du monde. L’Angleterre et l'Espagne comprenaient trop combien une aussi puissante diversion pouvait favoriser leurs projets pour ne pas exciter le parti huguenot à prendre les armes, et alors éclata la onzième et dernière guerre de religion (1627). Richelieu, résolu d’en finir, alla mettre le siége devant La Rochelle, qui, après une résistance de quatorze mois, prolongée par le secours de l'Angleterre, dut ouvrir ses portes à l’armée royale. En vain Rohan avait essayé, avec les subsides de l'Espagne, de prolonger encore quelque temps la lutte dans le midi de la France. La prise de ce boulevard de la réforme avait été un coup mortel porté aux huguenots, comme parti politique, ainsi qu'aux velléités d'indépendance d’une certaine partie de la noblesse. Pamiers, Privas, Montauban furent successivement pris par l’armée royale ; et la paix de Nimes (1629), tout en maintenant les huguenots en possession de la liberté de leur culte, leur enleva leurs places de sûreté, leurs forteresses, leurs assemblées, ainsi que leur organisation républicaine et fédérative par églises, créée huit années auparavant.
Il est assez curieux de remarquer que durant les guerres religieuses de France, les trois plus grands adversaires de la réforme avaient épousé des femmes huguenotes, savoir : le duc de Guise, la princesse Anne d’Este ; le duc de Montpensier, Jacquette de Longwi; et le maréchal de Saint-André, Marguerite de Lustrac. En ces temps de désordre, un baron de Pardaillan, zélé huguenot, était abbé de Citeaux.
Dans lesactes officiels, sous Louis XIII et sous Louis XIV, le mot huguenot est presque toujours remplacé par cette désignation : ceux de la religion prétendue réformée.
Louis XIV révoqua l'édit de Nantes, et fit poursuivre les huguenots; les dragonnadesen tirent convertir quelquesuns; d’autres furent envoyés aux galères; le plus grand nombre quitta la France, et porta nos arts en Allemagne et en Angleterre.
Sous le règne de Louis XV, on prit de nouveau des me-