‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 126 sur 522 · HUGUENOTS — HUILE · texte numérisé non relu

HUGUENOTS — HUILE

sures contre les huguenots, mais elles furent moins sévères, et en 1746 ils osèrent se montrer publiquement dans le Languedoc et le Dauphiné. Peu à peu de nombreuses voix sélevèrent pour réclamer la tolérance religieuse. Montesquieu donna le signal ; néanmoins, ce qui produisit le plus d’effet, ce fut, en 1762, la publication d’un écrit sur la toléranee, écrit sorti de la plume de Voltaire, dont l'indignation avaitétésoulevéeparlesortdeCalas.Malesherbes aussi écrivit en faveur des huguenots. Ils ne furent plus inquiétés depuis. Louis XVI, par sa déclaration du 29 janvier 1788, leur rendit même l’usage des droits civils. Ils ne pouvaient cependant occuper encore d'emplois publics. La révolution de 1789 les fit jouir de la plénitude de leurs droits de citoyens. L'empire constitua leurs églises. Au retour des Bourbons, en 1815, ils se virent de nouveau menacés : à Nimes et dans plusieurs localités du midi, ils furent en butte à de sanglantes agressions, auxquelles les passions politiques n'étaient pas étrangères. Cependant, la charte de Louis XVIII leur avait accordé le libre exercice de leur culte, en salariant même leurs pasteurs, mais en proclamant le culte catholique religion de l’État. Il fallait la charte de 1830, confirmée sur ce point par la constitution impériale, pour consacrer l'égalité des cultes en France.

HUGUES, comte de Provence et roi d’Italie, fils de

de Lothaire I, roi de Lorraine. Ce prince, qui descendait de Charlemagne par sa mère, fut proclamé roi d'Italie, en

926 , à la place de Raoul de Bourgogne, que ses sujets ve-

naieut de chasser. Cinq ans plus tard, il s’associa son fils Lothaire; mais ses cruautés rendirent sa domination odieuse. Déjà il avait fait crever les yeux à son prepre frère Lambert, duc de Toscane ; il réservait le même sort à son neveu Bérenger, marquis d'Ivrée; mais celui-ci le prévint, et levant contre lui l’étendard de la révolte, le contraignit à se réfugier en Provence, où il mourut, en 947. I avait épousé en secondes noces Berthe, veuve de Raoul de Bourgogne.

HUGUES !e Grand, dit aussi le Blanc ou l'Abbé, à cause des abbayes qu’il possédait, fils de Robert, comte de Paris, et neveu d’Eudes, qui furent tous deux rois, et père de Hugues Capet. Hugues le Grand dédaigna de ceindre la couronne, se contentant d'être beaucoup plus puissant que son suzerain, lui faisant la guerre et disposant par trois fois du trône de France, tantôt au profit de sa propre famille, tantôt en faveur des derniers carlovingiens. Il mourut en 956.

HUGUES CAPET, roi de France, chef des Capétiens, c’est-à-dire de la troisième dynastie. Il était déjà comte de Paris ét duc de France, lorsqu’en 987, après la mort de Louis V, le dernier des Carlovingiens, il se fit proclamer roi, dans une assemblée des grands vassaux tenue à Noyon, et sacrer à Reims. 11 fit de Paris sa capitale, associa l’année suivante son fils Robert à la couronne, triompha par trahison de Charles de Lorraine, oncle du feu roï, qui avait été reconnu roi à Laon, et mourut en 996, laissant la couronne à son fils Robert.

HUIG (Jupa). Voyez DicrionnaiREe, tome VII, p. 558.

HUILE (en grec Eatoy). On donne ce nom à diverses substances assez mal définies, résultant de la combinaison, eu proportions variables, de plusieurs principes gras. Les huiles diffèrentdes graisses en ee qu’elles restent liquides à une fempérature de 10 à 15° centigrades. Elles sont ou végétales ou animales. Parmi ces dernières figurent l’ Huile de poisson, l’huile de Joie de morue et quelques autres , telles que celle que la simple pression permet d’extraire du jaune des œufs d’oiseaux, ou encore l'huile produite par la distillation des matières organiques azotées (sang, os, muscles, etc.). Cette dernière , que l’on appelle huile animale empyreumatique où huile animale pyrogénée , est brune, épaisse, d’une odeur fétide; soumise à plusieurs distillations successives, elle perd ces diverses propriétés, et devient l'huile animale rectifiée de Dippel,

DICT, DE LA CONVERS. — T. XI

ainsi nommée du chimiste qui la fit connaître, et employée

| autrefois dans le traitement des fièvres intermittentes et de

quelques maladies du système nerveux.

Les huiles végétales se divisent en huiles fixes ou grasses, et huiles volatiles ou essentielles. Les premières sont presque complétement inodores, et ne laissent percevoir à la langne qu’une sensation d’onctuosité; les secondes offrent des caractères tout opposés, une odeur plus ou moins intense, une saveur plus ou moins âcre et irritante. Pendant que celles-ci se volatilisent, mais sans se décomposer, à une températeure de 150 à 1602, celles-là restent liquides jusqu’à 200 et même 300°, pour se transformer alors en huile volatile, en acide acétique, en gaz oxyde de car« bone et en hydrogène carboné.

Les huiles grasses renferment toutes au moins deux principes gras, l’un solide (la margarine), l’autre liquide (l’oléine); la stéarine ne se trouve que dans les huiles et les graisses d’origine Le. Elles sont saponifiables par les akcalis : dans cette action, l’alcali se substitue à la gl y cérine, en se combinant avec l’acide gras naturellement contenu dans l’huile employée. On subdivise les huiles fines’ en huiles siccatives huiles non siccatives, les unes durcissant à l’air, les res y rancissant. Toutes les huiles

, fixes peuvent s’obtenir, soit par la pression (procédé le plus Thibaut, comte d'Arles et de Provence, et de Berthe, fille :

généralementusité), soit par l’ébullition dans l’eau des corps qui les contiennent. On se procure par expression ou pression des substances huileuses celles qui en général sont le plus utiles dans les arts. Quant aux huiles obtenues par ébullition, ce sont principalement celles dont la consistance est butyreuse ou sébacée, comme le beurre de cacao, de coco,l'huile de palme, l'huile de baies de laurier, et

: peaucoup d’autres. Le procédé pour les huiles de cette ca-

tégorie consiste à broyer les matières, à les faire bouillir dans l'eau; l'huile vient nager à la surface du liquide, où elle est recueillie dans un état d’impureté plus ou moins grand, et soumise ensuite à la rectification, au moyen d’une nouvelle fusion sur un feu doux, suivie quelquefois de filtrations à chaud , et autres procédés de purification appropriés suivant l’espèce et les circonstances.

Quand on presse au moulinles graines à l'huile, celle qu’on retirela première, et par la simple expression, est la meilleure et la plus douce : onla nomme huile vierge. On donnele nom d’échaudée à Ia seconde huile, qu’on extrait des tourleaux le la première, avec effort, et au moyen de plaques chaudes, ou à l’aide de l’eau bouillante liquide, ou, encore mieux, de la vapeur d’ean. On appelle {ourteau le marc qu’on retire de la presse, bons tourteaux ceux qui contiennent encore un peu d'huile, et éourteaux secs ceux qui en sont épuisés.

L'huile grasse existe foute formée dans les graines, les amandes des fruits, et dans la pulpe de ceux qui la recèlent; mais pour qu’elle y soit sensible, et pour qu’on puisse la retirer, il faut que ces substances aient acquis de la maturité, et qu'une partie du liquide aqueux surabondant s’en soit évaporée; sans quoi, à la presse, on n’obtiendrait qu’une liqueur laiteuse ou émulsive. Dans le pressurage de la plupart des fruits, il se mêle toujours à l'huile grasse une certaine quantité d'huile volatile. En perdant de son mucilage, l'huile grasse devient rancescible, et elle acquiert quelques-unes des propriétés de l’huile volatile : elle devient alors, comme celle-ci l’est éminemment, en partie soluble dans l'alcool. Les deux huiles existent concurremment dans la plupart des graines, et dans ce cas c'est dans l’amande ou périsperme que se tient l'huile grasse , et dans la pellicule l'huile vouatile.

Les principales huiles non siccatives sont celles d'olive, de colza, de navette, d'amande douce, de faîne, de ben, dericin, etc.

L'huile d'olive, extraite de la pulpe des fruits de l’olivier, est la plus estimée. Maisil faut choisir avec soin le moment propice à la récolte des olives qui doivent servir à sa fabrication, L'olive trop mûre donne une huile pâteuse *

encore verte, elle fournit une huile amère, qui a reçu des anciens le nom d'huile omphacine (de ôugaë, raisin vert, verjus). L'huile d'olive vierge est verdâtre. L'echaudée est jaune ; mêlée à l'huile vierge, elle donne l’huile d'olive ordinaire employée comme aliment. Cette huile est souvent falsifiée avec de l’huile d’œillette. On reconnait cette fraude à l’aide de l’acide hypo-azotique, qui solidifie la première et laisse la seconde à l’état liquide.

L'huile decolza provient des graines du brassica campestris oleifera. Cette huile, d’une couleur jaune, d’une légère odeur piquante de crucifère, sert comme aliment, et aussi pour l'éclairage , pour la fabrication du savon vert, le foulage des étoffes, la préparation des cuirs, etc.

L'huile de navette, qui offre à peu près les mêmes propriétés que la précédente et qui s’emploie aux mêmes usages, s’extrait des graines d’une autre variété de chou, le brassica napus oleifera.

L'huile de cameline est préférable pour l'éclairage aux huiles de colza et de navette, parce qu’elle donne moins de famée en brûlant. ,

L'huile de faïne à une saveur douce, agréable ; sa couleur est jaune, son odeur , très-lég, C’est incontestablement la meilleure, comme huile entaire, après celle d'olive,

L’huile d'amandes douces, douée d’une saveur agréable, est incolore ou faiblement jaunâtre. On la retire des fruits de plusieurs amandiers: On l’emploie en pharmacie pour la préparation du liniment volatil et du savon médicinal.

L'huile de ben est recherchée par la parfumerie, à cause de la propriété dont elle jouit de ne rancir que très-diflcilement. Elle provient du moringa oleifera.

L'huile de ricin, ou huile depalma-Christi, est trèsemployée en thérapeutique, C’est, avec l’Auile de croton et l'huile épurge, une des plus purgatives des huiles grasses, L'huile de ricin, agitée avec son vulume d’alcool rectifié, se dissout en totalité; elle laisse un résidu, si elle a été falsifiée avec une autre huile.

L'huile de sésame est propre à l'alimentation et à la faorication des savons durs.

Dans la catégorie des huiles siccatives , il faut ranger les huiles de lin, de noix, de chènevis, d’œillette, ete,

L'huile de lin est toujours plus ou moins celorée; elle a une odeur piquante et une saveur désagréable. Elle entre dans la composition des couleurs à l'huile, des vernis gras et de l'encre d'imprimerie, On augmente sa propriété siccative en la faisant bouillir avec de la litharge, ou d'au tres sels ou oxydes métalliques. Ainsi préparée, elle sert à la fabrication des taffetas gommés, des toiles cirées, etc.

L'huile de noix est jaune. Son odeur est légère. Préparée à froid, elle a une saveur douce, et est employée comme aliment. Obtenue à chaud, elle est plusou moins âcre, et sert pour l’éclairage, pour la peinture, et pour la préparation des vernis et du savon vert. Elle est plus blanche que les huiles de lin et de chanvre, mais moins siccative.

L'huile de chènevis ou huile de chanvre est jaune et d’une saveur désagréable. Elle est employée pour la peinture, l'éclairage et la fabrication du savon vert.

L'huile d'œillette, ou huile de pavot, est jaunâtre. Elle n’a ni odeur ni saveur bien sensible, ce qui permet de s’en servir pour sophistiquer l'huile d'olive, On l'emploie aussi comme aliment, ét pour la peinture et l’éclairage. Mais elle est fort mauvaise à brûler.

Les huiles volatiles, huiles essentielles, ou encore essences, outre les caractères que nous leur avons assignés plus haut, sont généralement peu solubles dans l’eau ; distillées avec ce liquide, elles lui communiquent leur odeur. Elles prennent feu à l'approche d’un corps en cumbustion, et brûlent avec une longue flamme, en répandant beaucoup de fumée, causée par la grande quantité de carbone et d'hydrogène que ces huiles renferment, Ces éléments 8e trouvent en assez grand excès pour ne pouvoir

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