‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 127 sur 522 · HUILE · texte numérisé non relu

HUILE

brûler entièrement lorsqu'on enflamme l'essence ; c’est de cette combustion imparfaite que provient la fumée. La composition des huiles essentielles ne ressemble à celle des huiles fines qu’en ce qu’elle résulte de la combinaison de deux corps immédiats, l’un solide (la s{éaroptène), l'autre liquide (l’oléoptène). Le plus ordinairement le siége deces huiles est dans la racine, l'écorce de la tige, les feuilles, le calice des fleurs, les enveloppes des fruits et dus semences. Elles sont en général facilement solubles dans l’acool et \ dans l’éther, difficilement combinables avec les alcalis. | Chaqueplante fournit l’huile essentielle qui lui est propre, quelquefois par simple expression : ce sont celles dans les | alvéoles desquelles l’huile repose en gouttes distinctes, | telles que dans l'écorce de l'orange, du citron, ete. D’autres fois on emploie la distillation. Enfin, des procédés particuliers sont nécessaires pour recueillir certaines essences, telles que celles de lis, de tubéreuse, de jasmin, de jacinthe, de violette, ete., qui, n’étant point conservées par la plante dans des réservoirs particuliers, se volatilisent aussitôt qu’elles sont produites,

En général, la couleur des huiles essentielles est blanche, tirant sur le doré; presque toutes jouissent au plus haut degré de l’odeur et de la saveur de la plante d’où l'huile a été extraite. Beaucoup d’entreelles perdent en veillissant leur odeur propre eten partie leur fluidité. Elles dissolvent avec une extrème facilité le camphre, le soufre, le phosphore, les baumes, les résines, les savons, les huiles grasses, les fécules colorantes, et même quelques oxydes métalliques. Les principales huiles volatiles extraites par distillation, et dont on fait le plus d'usage, sont celles de cannelle, degirofle, de cédrat, de bergamote, de citron, de lavande, de genièvre, d'origan, de térébent hin e. L'hydrogène et le carbone, l'hydrogène surtout, sont les éléments prédominants dans la composition des huiles. Voilà pourquoi, à la distillation destructive, elles fournissent en plus grande quantité qu'aucune autre substance connue, un gaz d'éclairage fort abondant, très-carburé, et dont par conséquent la propriété illuminante est très-considérable.

Les huiles essentielles ont de nombreux emplois dans les arts. La facilité avec laquelle elles dissolvent les huiles fixes et les graisses les rend propres à enlever les taches produites par les corps gras. Dans la fabrication des vernis, elles servent à dissoudre les résines. Elles sont encore recherchées par la parfumerie et la thérapeutique. Enfin quelques-unes forment un des principaux éléments de certaines liqueurs de table. Aussi l’appât d’un gain illicite est-il souvent cause de la falsification des essences, falsification qui s'opère soit par leur mélange entre elles, très-difficile à reconnaître sens une grande habitude des odeurs particulières à chacune, soit par leur mélange avec de l’huile fixe ou de l'alcool, Une essence mélangée d’alcool blanchit l’eau que l'on agite avec elle. Quant aux essences dans lesquelles on a introduit de l’huile fixe, si on en verse une goutte sur un papier et que l’on approche celui-ci du feu, l'essence sera volatilisée et il restera une tache grasse accusatrice de la fraude,

HUILE. Les distillateurs donnent ce nom à certaines liqueurs d’une apparence huileuse à la vue et au goût, commel'Auile de rose ; apparence due à la haute dose de sirop de sucre qu’elles renferment.

HUILE ( Parfumerie). Les parfumeurs donnent le nom d'huile à divers produits de leurs officines, ayant tous pour bases des huiles fixes ou essentielles.

Huiles dites antiques. On eaploie pour leur préparation les huiles d'amande douce, de ben, d'avelines, d'olive trèspure, ete. On les obtient emfaisant infuser les fleurs dans ces huiles, ou en les aromatisant par des huiles essentielles. Celles qui se font par infusion sont d'oranger, de rose, de cassis, de jasmin, de seringat, de jonquille, de tubéreuse, de violettes, de clématite, d’aubépine, etc, et de toutes les fleurs fugaces : elles sont d'autant plus odorantes qu'on a :

| répété plus souvent les infusions.

Page 1